27/06/2025
Je suis en accord total avec ce psychologue.
" Notre époque érige la victimisation en capital symbolique : exhiber sa souffrance ouvre l’accès à l’indulgence, à l’attention et à l’exonération morale. Cette logique s’appuie sur un syllogisme fallacieux : si la douleur est réelle, elle ferait loi.
Or, confondre motif et droit revient à déléguer sa conduite à l’émotion. Le bénéfice est double. Sur le plan social, la posture victimaire suspend le jugement critique ; sur le plan psychique, elle procure des bénéfices associés : maintien de l’ego, évitement de la responsabilité et justification instantanée des débordements.
Sociologiquement, cette économie de la plainte est nourrie par des dispositifs de reconnaissance qui transforment la souffrance en monnaie d’échange ; réseaux sociaux, tribunes médiatiques, politiques de compassion.
Plus la mise en scène est persuasive, plus la rétribution (empathie, visibilité, immunité) est grande. Mais le prix est élevé : on fédère autour de la faiblesse, non de la capacité, et l’individu se fige dans un rôle dont il devient otage.
Se déconditionner de ce pacte régressif exige un retournement interne : reconnaître la souffrance sans l’ériger en identité, choisir la discipline plutôt que la complaisance. Redevenir acteur, c’est réhabiliter l’effort, la nuance et la responsabilisation individuelle, trois antidotes majeurs au confort toxique de la victimisation."