21/05/2025
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Une crèche associative en danger et sur le point de fermer cet été !
9 salariées licenciées, 32 enfants sans mode de garde à la rentrée scolaire 2025
La crèche associative "les Bulles d'Enfants" créée en 2002 et implantée dans le quartier du Rochasson (Gap) dispose d'un agrément de 16 places et accueille aujourd'hui 32 enfants (25 familles).
Cette structure est gérée par un Conseil d'Administration constitué de parents bénévoles et emploie une équipe de 9 salariées.
Comme partout en France, les sources de financement sont principalement issues :
- des aides de la Caisse Commune de Sécurité Sociale (CAF 05)
- de la contribution des parents (calculée suivant les revenus du foyer)
- des subventions versées par les partenaires (majoritairement la collectivité locale).
Les prestations de la Caisse Commune de Sécurité Sociale et les participations parentales étant très strictement encadrées, les crèches associatives sont largement tributaires des contributions des collectivités allouées au bon vouloir de leurs élus.
La crèche rencontre des difficultés financières depuis plusieurs années, jusqu'à présent amorties ou compensées par les fonds de réserve, comme cela a été le cas en 2024 avec un exercice déficitaire de près de 40000€.
Aujourd'hui, les recettes obtenues ne permettent plus de couvrir les charges malgré tous les efforts entrepris pour alléger les coûts (suppression des contrats d’apprentissage, plus aucun investissement, aucune activité extérieure sans financement, optimisation des plannings, gestion des achats à minima). La loi nous a imposé en 2024 une revalorisation importante des salaires (cf. l'évolution au 01/01/2024 de la convention collective nationale des acteurs du lien social et familial). Ceci a entraîné une augmentation conséquente du coût de la masse salariale, sans augmenter pour autant le nombre de personnels.
Malgré le travail collectif et engagé de l'équipe de parents bénévoles dans la recherche et l'obtention de subventions, la crèche ne peut plus équilibrer son budget et accuse un déficit de près de 30 000€ en 2025.
Un déficit qui apparaît comme étant structurel et qui a selon nous pour origine la contribution financière insuffisante de la ville de Gap, au regard notamment du coût annuel pour la commune d'un enfant en crèche municipale (près de
5 000€/an contre 2 900€/an pour un enfant inscrit en crèche associative).
Les 3 crèches associatives implantées sur la commune font partie des crèches les moins bien financées par la collectivité locale dont elles dépendent, à savoir la ville de Gap, alors même que Gap dispose du plus gros potentiel financier du département.
L'équipe a alerté à de nombreuses reprises la mairie de Gap quant à la situation. Les réunions et temps d'échanges n'ont abouti à rien : aucun dialogue n'a pu être engagé. Le seul argument avancé étant un taux d'encadrement trop important, on nous a recommandé de licencier un poste d'encadrement supplémentaire. Or, le taux d'encadrement et la masse salariale associée apparaissent selon les observations du service départemental de la Protection Maternelle Infantile (PMI) "en cohérence avec les budgets observés sur des structures comparables du département" des Hautes-Alpes.
Un dernier courrier adressé au Maire de Gap et aux partenaires au mois d'avril (avec réponse attendue pour le 12 mai ?) demandant une aide exceptionnelle pour clôturer l'année 2025 et une revalorisation à hauteur des besoins réels de la subvention annuelle pour les années suivantes, est resté sans réponse.
Nous ne pouvons que constater que pour la ville de Gap, l'accueil des jeunes enfants n'est clairement pas une priorité et doit se limiter au strict minimum (le moins de personnel possible auprès des enfants car trop coûteux, personnel le moins qualifié possible car trop coûteux, le moins expérimenté possible car trop coûteux, …).
Les représentants de la politique petite enfance sur le territoire que sont la PMI et la Caisse Commune de Sécurité Sociale restent également muets face à la situation que connaît notre crèche.
La stratégie municipale en matière d'accueil de la petite enfance est inintelligible à nos yeux. Malgré un manque criant de places d'accueil, la municipalité condamne 16 places de crèche. A quoi bon la création d'une nouvelle crèche associative souhaitée par la mairie dans des locaux flambants neufs à Chabanas financés par la municipalité ? L'opération est nulle. A court terme, dans ces conditions, les crèches associatives n'existeront plus sur le territoire gapençais, alors qu'elles sont en capacité d'offrir près de 90 places d'accueil.
En tant que parents bénévoles, nous avons la conviction de contribuer à une mission primordiale de service public. Bien que la petite enfance constitue l'un des principaux piliers du développement d'un territoire, la Mairie refuse fermement de revaloriser sa participation financière et d'aider notre crèche à la hauteur de ses besoins.
Découragés par le manque de vision d'avenir du maire de notre ville et dans l'impossibilité financière de poursuivre, nous sommes contraints d'engager la liquidation judiciaire de notre crèche.
Ce sont donc 16 places qui accueillent en alternance 32 enfants qui disparaissent sur la commune et toute une équipe de professionnelles investies auprès des enfants qui seront licenciées d'ici l'été, sauf si la municipalité s'engageait in extremis à agir en conséquence.