04/08/2021
Et si on apprenait à apprendre
Tout est dans le titre...Et si on apprenait à apprendre !
Qu’est-ce que j’entends par là allez vous dire ? …En fait par là, je n’entends rien ^^
Je vous préviens par avance, que je ne vais pas vous expliquer telle ou telle méthode. Il n’est pas question ici de parler de l’éducation positive, de méthode naturelle, de renforcement positif, de cliker ou autres fariboles.
Je ne vais pas vous expliquer non plus, comment on fait pour faire assoir, coucher, aboyer, sauter un chien ou bien même le faire marcher sur la tête.
Aujourd’hui, je vais vous parler pédagogie.
Vous savez, l’art de l’éducation.
« Faire preuve de pédagogie » signifie avoir l’aptitude à enseigner et à transmettre à un individu ou un groupe d’individus un savoir ou une expérience par l'usage des méthodes les plus adaptées à l'audience concernée. En la matière, aujourd’hui, un canidé.
Je voudrais que vous preniez conscience qu’il n’existe pas qu’une seule façon de faire.
Ici, je vais vous parler de la manière dont je m’y prends pour apprendre à mes chiens.
Apprendre quoi ?
Mais tout; les bonnes manières, comme des exercices de différents sports.
Alors commençons par le commencement.
Savez-vous combien de temps on doit passer (par jour) pour apprendre quelque chose à un chien ?
Chaque fois que je pose la question en cours, la réponse varie le plus souvent entre 1h00 et 2h00.
Donc pour le commun des mortels, apprendre à mon chien à s’assoir, par exemple il faut y passer deux heures par jour….
Pauvre chien et pauvre maître… Le chien et le maître auront pété un câble avant d’y arriver ^^
La réalité est toute autre, sachez qu’il ne faut consacrer qu’une ou deux minutes au grand maximum pour tout nouvel apprentissage. Une ou deux fois par jour. Nous sommes loin des 2 heures.
Passé les 2 minutes, la concentration du chien passe à autre chose.
Je vais essayer de décomposer tout cela.
A la base il y a l’apprentissage, puis vient le renforcement, et enfin l’entraînement.
On peut faire un comparatif avec la conduite automobile. Au début, c’est doucement, ensuite on va plus vite quand on a compris ce que l’on doit faire et que l’on a l’habitude.
L’apprentissage est un ensemble de mécanismes menant à l’acquisition de savoir, de savoir-faire, de savoir-être ou de connaissances. L'acteur de l'apprentissage est appelé apprenant. Donc pour simplifier, notre chien est un apprenant.
En matière d’apprentissage, il faut savoir que tout ce qui est appris par la gentillesse, la joie, l’amour, le jeu, la complicité est acquis à vie.
A contrario, tout apprentissage fait dans la douleur et la violence, bien que acquis, ne sera que volatil, éphémère… et vite oublié.
Prenons un exemple tout simple, faire assoir votre chien. Sur ordre, évidement. Tous les chiens savent s’assoir tout seul, mais s’assoir sur ordre, c’est une autre histoire.
Plusieurs solutions s’offrent à nous : On peut appuyer sur le cul du chien jusqu’à ce qu’il obéisse. Tirer sur la laisse pour obtenir le même résultat. Etc…etc... On peut lui donner l’ordre « ASSIS » une bonne dizaine de fois avant d’être obéi. D’aucun essayera même de lui demander gentiment jusqu’à ce que le chien ait appris le langage humain. Du genre « Mon gentil Médor, pourrais-tu avoir l’obligeance, dans ta bienveillance à mon égard, faire l’effort de poser tes fesses, et de t’assoir s’il-te-plait. Quand on ne rajoute pas, je sais que l’herbe est mouillée, mais ensuite je t’essuierai ton petit cul…».
On peut aussi, comme certains, attendre que le chien veuille bien s’assoir naturellement, et profiter de la situation pour lui dire que c’est bien « assis ». L’opportunité, c’est bien mais bon…Pour moi elle a ses limites.
Ne rigolez pas, toutes ces manières de faire, je les ai toutes rencontrées.
Moi, je préfère la méthode qui consiste à prendre en main, une récompense et la présenter au dessus de la tête de Médor juste entre les deux yeux et une fois que le chien s’intéresse à ce que je lui propose, je recule doucement la dite récompense entre les oreilles, voire jusqu’au milieu du cou. Et là, 99 fois sur 100, Médor pose son cul pour suivre des yeux la croquette convoitée. (Et surtout je lui donne la récompense). Voilà, le tour est joué. Mais encore une fois, toutes les méthodes sont bonnes, du moment que le résultat est au rendez-vous. Toutes me direz-vous ? Non, je retire la violence et la coercition de toutes méthodes.
La coercition ou la violence sous quelques formes n’est pas une solution.
Vous voyez, que pour un simple geste, il existe pléthore de possibilités.
Quelque sois la méthode utilisée, nous sommes là dans la phase d’apprentissage.
Le chien vient de faire un grand pas dans la connaissance. Il vient de découvrir un mécanisme qui consiste à poser ses fesses.
Ne croyez pas que c’est gagné. Le chien vient juste de faire une découverte.
Va-t-il recommencer ? Ça ce n’est pas sûr à 100%.
Mais ne faites pas durer cela trop longtemps. Une minute, voire deux minutes c’est un maximum.
Une ou deux fois par jour, cela suffit.
Donc après l’apprentissage, est venu le temps du renforcement.
On va donc passer à l’étape suivante.
Le renforcement, c’est un procédé qui augmente la probabilité de répétition d’un comportement. (Comportement précédemment acquit dans l’apprentissage par exemple).
Je ne vais parler ici (pour simplifier) que du renforcement positif, qui consiste à donner à un chien, un stimulus agréable pour augmenter la fréquence de l’apparition d’un comportement.
Dans l’exemple prit précédemment le stimulus sera la récompense.
Une petite digression sur la récompense.
Sachez qu’il n’existe pas une récompense, mais « des » récompenses.
Il existe autant de récompense que de chien.
Récompenser son chien ne consiste pas à le nourrir.
Récompense n’égale pas nutrition.
Donc, s’il vous plait, n’utilisez pas les croquettes que vous donnez dans la gamelle pour le récompenser. Et quand bien même, le feriez-vous, pensez à en déduire la quantité donnée à la ration journalière.
Evitez aussi de tomber dans le panneau du commercial qui vous propose des récompenses pour Médor en biscuit qui ressemblent à un os, ou qui vous coutent un bras ….
La récompense ne doit pas faire plaisir au maître, mais avant tout au chien.
Un jour, j’ai vu une de mes clientes envoyer à son chien un «truc» vert. Plus t**d, je la surprends à envoyer un autre «truc» orange. Et son cavalier King Charles de se jeter dessus. Renseignement pris, c’était de la courgette et de la carotte crues coupées en petits dés. Son chien en était fou.
A titre perso, je passe du dé de gruyère, au dé de saucisse. Ça, mes chiens en son fous … J’ai bien essayé les crudités, mais j’ai reçu un « fin de non recevoir »^^
Technique utilisée : Je prends une saucisse de Strasbourg et je la coupe en deux dans le sens de la longueur, puis je recoupe chaque morceau une fois de plus dans le sens de la longueur. En fait, je la coupe en 4 dans le sens de la longueur.
Ceci fait, je reconstitue la dite saucisse et je coupe des rondelles fines. Ce qui me donne une multitude de ¼ de rondelles qui ne sont pas plus grosses qu’un ongle du petit doigt…
Mes chiens font en moyenne entre 35 et 50 kilos. Et je les récompense avec un quart de rondelle à chaque fois.
Il ne faut pas que le chien passe ¼ d’heure à mastiquer sa récompense. Elle doit être avalée en une seule bouchée.
Nous sommes loin des récompenses du commerce, tant sur le plan nutritionnel que sur le plan financier.
Loin de moi l’idée de vous dire que c’est la récompense ultime. Je me suis vu chez un de mes clients, faire saliver une grosse femelle Saint Bernard de 60 kilos avec une raclure de fromage de chèvre.
Pour connaître les préférences de votre ami, proposez-lui plusieurs sortes de récompense, laissez votre imagination marcher. Il choisira lui-même celle qu’il préfère.
ATTENTION, je ne suis pas un distributeur de bouffe, et j’ai encore moins envie de me trimb***er à vie avec un sac de récompenses au coté, chaque fois que je promène Médor.
Donc, en apprentissage, soit 2 mm par jour, je récompense pour que le chien prenne du plaisir « à faire ».
Tout travail méritant salaire, je paye à chaque fois.
Durant le renforcement, je paye chaque fois au début, ensuite, une fois sur deux, puis une fois sur trois, une fois sur 5 etc., puis de façon aléatoire jusqu’à supprimer définitivement la dite récompense.
La récompense sous forme alimentaire sera remplacée par un câlin, une caresse, un mot doux, la b***e etc…
Cela va sans dire, (mais il vaux mieux le rappeler), mais le câlin, la caresse et les mots doux seront distribués en même temps que la récompense nutritive.
Quoiqu’il en soit, il faut arrêter les récompenses avant 12 mois. Donc, mettez-vous bien ça dans la tête, réduisez les assez vite pour y mettre un terme de façon définitive et rapidement.
Regardez autour de vous les maîtres obligés d’acheter une banane (sacoche des années 80 qui s’attache autour de la taille) pour y stocker les quantités de nourriture utile pour l’heure de formation ^^
Posez-vous aussi la question ; « Et le jour où je n’ai pas plus de récompenses, comment va faire mon chien pour m’obéir ? »
Et, quand bien même estimez-vous que ce soit une bonne chose, vous voyez-vous au bord de la plage, ou en ville, avec 1 kilo de saucisse au coté pour faire avancer Médor ?
Attention si vous désirez récompenser votre chien avec sa b***e, la croquette ça calme, la caresse aussi, la b***e ça excite …
Fin de la petite digression sur la récompense.
Je reprends le cours.
Faites répéter l’exercice précédemment acquis durant la phase d’apprentissage.
Je parle bien de répétition, donc « bis répétita ». Recommencez cet exercice.
Mais ne faites pas durer cela trop longtemps. Une minute, voire deux minutes maximum. Je sais, je me répète, mais j’ai tellement vu de maîtres passer trop de temps à vouloir faire durer le plaisir jusqu’au désespoir du chien.
Et surtout, je dis bien SURTOUT finissez l’exercice sur du « positif ». J’entends par là, que même si au cours de la répétition, notre ami ne réalise pas correctement ce qu’il vient d’apprendre, ce n’est pas grave, mais l’exercice doit obligatoirement se terminer sur une réussite.
Ne jamais terminer un exercice sur un échec.
Exemple, vous avez décidé de faire sauter à votre chien un panneau de 1 mètre de haut.
Si, il n’y parvient pas, ne vous focalisez pas sur les «1 mètre». Descendez la hauteur à 50 cm, voire moins. L’important, c’est que le chien saute, pas que l’égo du maître soit gonflé à bloc.
Si il ne passe pas 1 mètre aujourd’hui, il le fera demain, ou après demain…
Une fois que le chien a bien appris (apprentissage) le principe (exemple « le assis »), puis que l’on a renforcer (renforcement) cette connaissance, on passe à la phase suivante, l’entraînement.
L’entraînement vise l’entretien et l’amélioration des connaissances.
Si on parle d’entraînement, cela signifie que l’apprentissage a été fait, et que le renforcement aussi.
Ça tombe sous le sens, mais bon, une piqûre de rappel ça fait pas de mal.
Toujours avec le même exemple « le assis » : cela signifie que l’apprentissage du assis est acquis.
Le renforcement ayant été effectué, le chien sait s’assoir facilement.
Donc l’entraînement consistera à faire assoir Médor dans toutes les conditions, on peut aussi le faire assoir à distance, dans une flaque d’eau ou bien rapidement etc ….
L’entraînement, c’est quoi ?
C’est la préparation régulière et méthodique à un exercice, on va viser l’amélioration des connaissances acquises précédemment.
Pour y arriver, plus question d’une à deux minutes par jour. Nous pouvons y consacrer beaucoup plus de temps.
Celui-ci sera lié à la condition physique du chien et de son aptitude à supporter le dit entraînement.
Donc, si je résume cette partie:
L’apprentissage, c’est une à deux minutes, répétées trois ou quatre fois par jour maximum.
Le renforcement, c’est cinq à dix minutes répétées de temps en temps.
- L’entraînement c’est un peu plus sur la durée. Un exercice peut continuer beaucoup plus longtemps.
Durant toutes ces phases, j’utilise une méthode. Cette méthode, c’est celle des « 3 D », trois fois la lettre D.
Cette méthode, ce n’est pas moi qui l’ai inventée, je n’en suis que l’humble utilisateur. Je ne connais pas son créateur, mais connait-on celui qui a découvert la racine carrée ? Moi je ne le connais pas. Cela ne m’empêche pas de l’utiliser.
Donc la méthode des 3 Lettres D.
La première lettre c’est le D de Distance,
La deuxième lettre c’est le D de Durée,
La troisième lettre D c’est la Distraction.
Donc, nous allons décomposer les exercices, l’apprentissage, le renforcement ainsi que l’entraînement, en trois grandes parties : la durée, la distance et la distraction.
Qu’entends-je par là ?
Prenons un exemple : Je voudrais que mon chien reste sur place quand je m’écarte. Vous savez, une absence à vue.
La distance
Je demande à mon chien (tenu en laisse) de s’assoir (voire la cession précédente).
Je lui demande de ne pas bouger et je recule de 50 centimètres.
Si le chien ne bouge pas, je retourne immédiatement vers lui et je le félicite et/ou le récompense. Nous sommes dans la phase d’apprentissage.
Si le chien bouge et vient vers vous, c’est qu’il veut réduire la distance qu’il y a entre vous. Ne vous mettez pas en colère, ne dites rien, ne le touchez pas, remettez-le au point de départ. Et recommencez.
Ne récompensez que si le chien ne bouge pas.
Voila le premier pas de franchi, la distance de 50 centimètres.
L’apprentissage se fera de 50 centimètres en 50 centimètres. On augmentera la distance petit à petit, doucement, puis, de plus en plus loin durant le renforcement.
N’oubliez pas, nous sommes dans la distance, pas dans la durée. Revenez immédiatement au chien.
Ainsi de suite, vous allez augmenter la distance. Soyez patient, vous n’obtiendrez pas 30 mètres dans la journée. Tout dépend du taux d’attachement de votre ami envers vous. Donc, d’un binôme à l’autre, tout peux changer.
Là, où un chien tolérera de voir son maitre s’éloigner d’un ou deux mètres dans la journée, il faudra une semaine à un autre. Donc, ne soyez pas pressé, la patience est votre meilleure alliée.
Ne mettez pas la charrue avant les bœufs.
Cet exercice, comme tous les autres se fait progressivement, au rythme de votre toutou.
La durée
Quand la distance commence à être apprise, nous allons mettre une dose de durée.
Cette fois-ci, on va faire varier le temps où l’on va s’absenter.
Si au début de l’apprentissage on revient immédiatement auprès du chien, là, on va attendre une à deux secondes avant de retourner vers son chien.
Et ainsi de suite, quand au fur et à mesure que la distance est acquise, on va ajouter du temps (des secondes).
Combien de temps faut-il pour y arriver ?
Pour paraphraser Fernand Raynaud, quand il parle du refroidissement du fût d’un canon, il faut « un certain temps ». C'est-à-dire que tout dépends de tellement de variables, qui va de la somme de travail effectué par le maître et son chien, à l’attachement etc….
La Distraction
Combien de fois ai-je entendu cette phrase : » A la maison, il obéit bien, il réussit tous les exercices, mais une fois que l’on est dehors, on ne le contrôle plus….
Tout est dans la phrase. «A la maison», ça va, dehors ça ne va plus.
Dans la maison, il n’y a pratiquement pas de distraction, pas d’éléments perturbateurs. Pas de chien, pas d’oiseau, de papillon ou autre vélo, j’en passe et des meilleurs, laissez allez votre imagination, je ne vais pas tout faire non plus ^^
Hé oui ! Vous êtes seul en tête à tête avec votre chien, rien que vous deux. Vous êtes à 100% avec lui. Et comme, il n’y a pas de stress vous êtes donc détendu. Qui dit maître détendu, dit chien détendu. Qui dit chien détendu, dit chien à l’écoute. Donc ceci explique en grande partie cela.
A contrario, quand vous êtes dehors, ou sur le terrain, la distraction est à son maximum.
L’appréhension, le regard des autres, la peur de «mal-faire», l’environnement bruyant, les chiens, oiseaux, papillons ou vélos , j’en passe et des meilleurs,…autant de facteurs stressant pour vous et donc, par voie de conséquence, pour votre animal.
Vous n’êtes plus à 100% avec lui et il vous le rend bien…Il va plus songer à jouer avec ses congénères que de vous obéir.
Donc le conseil que je vous donne, quand un exercice est acquis intra muros, donc, dans la maison, refaites-le dans le jardin, puis, sur le pas de la porte, ensuite passez dans la rue …
Saupoudrez de la distraction par dose homéopathique….
Le mimétisme :
Il existe aussi la méthode du mimétisme. Cela consiste à utiliser un chien qui sait faire quelques choses à coté d’un chien qui ne sait pas faire cette même chose.
Exemple : Un client à deux chiens, un petit beauceron de 8 mois qui revient au pied rapidement sur ordre, et un Husky beaucoup plus âgé qui fait ce que bon lui semble, et ignore l’ordre de rappel, ainsi que beaucoup d’autres.
Et bien, au lieu de brider le Husky, comme le fait son maître habituellement, on va le lâcher (en terrain clos).
On va les lâcher avec son copain le bébé beauceron.
Evidement, ils vont partir dans tous les sens et le Husky, fidèle à lui-même ne reviendra pas au rappel. Et bien, au lieu de rappeler et de donner un ordre qui ne sera pas suivi d’effet, rappelez le beauceron, roulez-vous par terre si il le faut, soyez mielleux, mais il doit revenir. De toute façon, lui, il revient ^^ donc faites lui confiance …
Vous allez assister à une scène surprenante, le beauceron revenant, le Husky va le suivre ^^
Et SURTOUT, quand il revient, ne lui sautez pas dessus pour lui mettre la laisse ….Félicitez le et récompensez-le de toutes les façons possibles.
Voilà une autre façon de procéder.
Tout n’est pas figé, personne ne détient la vérité profonde.
Rappelez vous que vous travaillez avec du «vivant», et que ce n’est pas un morceau de fer que l’on peut tordre et façonner comme il nous convient.
Ce n’est pas parce que votre voisin et son chien réussissent une prouesse que vous devez absolument faire de même…
Pour paraphraser Monsieur de La Fontaine, patience et longueur de temps font plus que force et que rage.
Education canine 85 Alain Garcia