21/01/2024
Dévalorisation, manque de confiance et impression de ne pas être à sa place, le syndrome de l’imposteur touche 70 % de la population. C’est un réel fléau qui touche surtout les jeunes adultes. Comment sortir de cette situation négative ?
Avec Pauline Freiermuth, psycho-praticienne et autrice du livre Non au syndrome de l'imposteur, en finir avec la dévalorisation sorti en septembre dernier aux éditions L'Étudiant.
Le syndrome de l'imposteur, ce sentiment d'être une arnaque. Cette sensation qu'on nous prête des qualités et des compétences qu'on n'a pas vraiment. Pour Pauline Freiermuth, invitée de l’émission, si vous ne vous sentez jamais à la hauteur, si vous doutez toujours de vos capacités, si vous procrastinez ou, au contraire, avez tendance à être perfectionniste, peut-être que vous êtes concerné par le syndrome de l'imposteur.
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Les origines du syndrome de l’imposteur
Comme le rappelle le rédacteur en chef de l’émission, Cyril Lacarrière, c’est à deux psychologues américaines qu'on doit ce terme, Pauline Rose Clance et Suzanne Imes. Rose Clance va en tirer un livre publié en 1985 Le phénomène de l'imposteur. À l’époque, on ne parle pas de syndrome. Les deux femmes enseignent alors sur deux campus d'université américaine et c'est en discutant avec leurs étudiants qu'elles réalisent que parmi eux, certains vivent un complexe d'infériorité. Et ce, malgré des cursus brillants et de grandes ambitions. C'est leur première découverte, le phénomène de l'imposteur touche principalement les personnes aux parcours d'excellence**, celles et ceux qui réussissent absolument tout.
Mais en anglais, la psychologue parle de phénomène qui se traduit par complexe, nulle part, on ne parle de syndrome. C'est au docteur Valérie Jung qu'on doit ce mot dans un autre livre sorti en 1986, Les pensées secrètes des femmes qui réussissent : pourquoi les personnes compétentes souffrent du syndrome de l'imposteur et comment s'en sortir malgré tout ?
Mais pour l'inventeur du concept, Pauline Rose Clance, on ne peut pas parler de syndrome quand il ne s'agit pas d'une pathologie. C'est un phénomène parce qu'il s'agit d'une expérience vécue. Pour la psychologue, « Les symptômes liés à ce phénomène ne remplissent pas les critères d'un trouble mental. »
Syndrome ou phénomène, qu'est-ce que ça traduit ? Qui est touché ? Comment savoir que l’on traverse une telle expérience ? Comment y remédier ? Est-ce que c'est la société qui le fait vivre aux femmes, ce phénomène de l’imposteur ? Où est-ce qu'il se manifeste le plus ? Peut-on l’éradiquer ?
Ni un trouble mental, ni une maladie
Pour Pauline Freiermuth, le syndrome de l’imposteur n’est ni un trouble mental, ni une maladie, il se rapproche plus du manque d'estime de soi et de confiance en soi : « C’est la tendance qu'ont certaines personnes à dévaloriser leurs réalisations et à toujours s'en remettre au regard des autres pour attendre un jugement ou une sanction. Ce sont des personnes qui ont beaucoup de mal à s'auto-évaluer. Elles sont très subjectives dans leur façon de voire leurs réalisations. Elles vont avoir tendance, face à une nouvelle tâche, à développer une forte anxiété et elles vont être face à deux attitudes possibles. La première, ça va être de procrastiner et de mettre cette tache de côté. Et puis l'autre attitude très courante, c'est le perfectionnisme. La personne va redoubler d'efforts pour faire une tâche qu'en réalité elle pourrait faire simplement. »
Un cercle vicieux
Le cycle de l'imposteur, c’est donc ce cercle vicieux qui donne lieu soit à un perfectionnisme exacerbé, soit à une procrastination insurmontable. Pour Pauline Freiermuth, ce sont les premiers signes au même titre que l’anxiété. Mais le syndrome de l’imposteur peut autant trouver sa source dans l'éducation qu’elle peut se manifester à l'âge adulte et notamment dans les périodes de transition de vie : « Toutes ces périodes où on est confronté à des nouveautés, dans lesquelles on manque d'expérience et où on ne se sent pas forcément légitime, pas à sa place. Et puis ça touche plus particulièrement les femmes. La bonne nouvelle, c'est que souvent, avec l'âge ou avec les faits d'expérience, ce syndrome va avoir tendance à diminuer et à disparaître...
Dévalorisation, manque de confiance et impression de ne pas être à sa place, le syndrome de l’imposteur touche 70 % de la population. C’est un réel fléau qui touche surtout les jeunes adultes. Comment sortir de cette situation négative ?