26/08/2026
Pour progresser dans ma pratique de coach, j’ai dû accepter une certaine dose de frustration.
Car ma tendance naturelle, c’est de proposer à mon client davantage que ce dont il a besoin.
Comme un architecte d’intérieur qu’on consulterait pour le salon, et qui répondrait avec des étoiles dans les yeux qu’il a des idées géniales pour refaire toute la maison.
Rien de mercantile là-dedans. Je ne cherche pas à facturer le maximum.
Je lutte juste avec une puissante envie d’explorer tous les possibles, toutes les ouvertures, toutes les pistes qui me viennent à l’esprit.
Si un client me sollicite pour surmonter un coup dur professionnel, j’ai envie de creuser avec lui l’écho existentiel de cette épreuve. Forcément.
S’il veut de l’aide pour préparer une décision majeure, j’ai envie de lui transmettre un maximum d’outils pour éclairer son choix. Forcément.
Si l’approche de la cinquantaine commence à le titiller sur le sens de sa vie, le champ d’exploitation devient presque infini.
Vincent Lenhardt, qui m’a formé au métier, m’avait mis en garde : « Jérôme, les offres d’accompagnement trop fournies, c’est de la sur-qualité et ça fait plus peur qu’envie ».
Il avait raison. Mais on ne se refait pas.
Régulièrement, je dois batailler contre ma propension naturelle à proposer la « totale ».
J’accepte mieux la frustration : elle m’indique que j’ai su m’arrêter à temps. Mais c’est toujours de la frustration.
Pour placer le curseur au bon endroit, je me cale sur le besoin de mon client. Pas juste sa demande, son besoin. Et pas plus ni moins que ce besoin !
Reste ensuite à installer chez mon client une dynamique de désir. L’ingrédient majeur des coachings qui réussissent.
Cette dynamique ne surgit pas un beau matin par magie. Elle se joue entre trois polarités, trois opérateurs modaux si l’on utilise le vocabulaire de la PNL :
• il faut : ce qui s’impose à moi de l’extérieur, via un parent, une figure d’autorité, une norme sociale,
• je dois : ce que je m’impose à moi-même compte tenu de mes valeurs et croyances,
• j’ai envie : ce que je désire spontanément, sans m’encombrer de règles.
La majorité des coachings portent sur un objectif que le client désire, mais qu’il se refuse, car il n’en assume pas les conséquences.
L’élan du « j’ai envie » se fracasse sur les murs du « il faut » ou du « je dois ». D’où l’indécision qui paralyse.
Installer une dynamique de désir, c’est analyser ce conflit assez finement pour l’expliciter. Démasquer derrière les « il faut/on doit » les interdits, les superstitions, la peur de transgresser, etc.
C’est le chemin vers une indépendance assumée et une posture adulte.
En résumé : les deux clés d’un coaching qui fonctionne, c’est un coach frustré (un peu) et un client porté par une dynamique de désir (beaucoup).
Jérome Curnier