02/09/2026
🔥 LA GUÉRISON ÉMOTIONNELLE : on ne sort pas d’une émotion en la fuyant
Il y a une phrase qui résume une grande partie de ce que nous expérimentons dans la Prière Sauvage :
[ QU'EST-CE QUE LA PRIÈRE SAUVAGE 👉 https://www.eveilsensible.fr/la-priere-sauvage ]
On ne peut pas sortir d’une pièce sans y être entré.
Eh bien, pour nos mondes intérieurs, c’est pareil.
On ne peut pas vraiment sortir de sa colère sans avoir accepté de rencontrer sa colère.
On ne peut pas traverser une blessure d’abandon ou de rejet sans avoir accepté de sentir l’endroit où elle fait encore mal.
On ne peut pas traverser ses peurs en passant sa vie à leur tourner autour.
C’est tout le chemin raconté par ce carrousel.
IMAGE 1 — RENCONTRER CE QUI A ÉTÉ REFOULÉ
Jung appelait l’Ombre cette part de nous constituée notamment de ce que nous avons rejeté, réprimé ou cessé de reconnaître comme nôtre.
Nos colères.
Nos peurs.
Notre honte.
Nos blessures.
Nos pulsions.
Nos besoins inavouables.
Notre puissance aussi.
Tout ce que nous avons appris à considérer comme « pas acceptable ».
Et le paradoxe est là : ce que nous refusons de rencontrer continue souvent d’agir en nous.
Alors la première étape n’est pas de devenir plus calme.
C’est de devenir suffisamment présent pour pouvoir dire :
« Oui. Ça aussi, c’est en moi. »
IMAGE 2 — ENTRER DANS LA PIÈCE
C’est ici que commence véritablement la Prière Sauvage.
Elle ne consiste pas à réfléchir davantage à l’émotion.
Elle invite à entrer dans son expérience corporelle.
La colère est là ?
Alors, dans un cadre sécurisé, je cesse quelques instants de vouloir être débarrassé d’elle.
Je ferme les yeux.
Je respire.
Je laisse le corps bouger.
Je laisse apparaître le geste, le son, le tremblement, la contraction, l’impulsion…
Non pour agresser quelqu’un.
Non pour alimenter mentalement mon histoire.
Mais pour rencontrer consciemment l’énergie qui me traverse.
C’est une forme de réconciliation avec notre : cette intelligence instinctive, corporelle, préverbale, que nous avons parfois tellement contrôlée qu’elle ne sait plus comment circuler.
Si je la fuis, elle me poursuit.
Si je lutte contre elle, je reste en guerre avec elle.
Si je la rencontre, quelque chose peut commencer à évoluer.
IMAGE 3 — DÉCOUVRIR QUI SE CACHE DERRIÈRE LE MONSTRE
Et puis quelque chose de magnifique peut arriver.
À mesure que l’on cesse de combattre l’émotion…
on commence à rencontrer ce qu’elle protégeait.
Derrière une immense colère peut apparaître une immense tristesse.
Derrière l’envie d’attaquer : une peur.
Derrière la peur : un enfant qui s’est senti abandonné.
Derrière l’agressivité : une part qui hurle depuis des années :
« Est-ce que quelqu’un va enfin m’écouter ? »
Le monstre commence alors à changer de visage.
Ce n’est plus seulement quelque chose dont il faudrait se débarrasser.
C’est parfois une partie de nous qui souffre.
IMAGE 4 — DE LA FUREUR À L’AUTOCOMPASSION
Et c’est là que le processus peut prendre une direction profondément différente.
Parce que je ne suis plus seulement celui qui souffre.
Je deviens aussi celui qui peut prendre soin de celui qui souffre en moi.
C’est ce que raconte la quatrième image.
La part dorée ne détruit pas la part sombre.
Elle la prend dans ses bras.
Et cette image est fondamentale.
Guérir ne signifie pas nécessairement supprimer une partie de soi.
Cela peut signifier modifier profondément la relation que nous entretenons avec elle.
Nos SPPA — nos SubPersonnalités Psycho-Actives — peuvent alors cesser progressivement d’être uniquement vécues comme des ennemies intérieures.
L’enfant abandonné.
Le contrôleur.
Le juge.
Celui qui veut fuir.
Celui qui veut attaquer.
Celui qui a peur de ne pas être aimé.
Au lieu de leur déclarer encore une guerre :
nous apprenons à entrer en relation avec eux.
IMAGE 5 — DEVENIR CELUI QUI PREND SOIN
C’est peut-être l’une des expériences les plus bouleversantes de ce processus.
L’énergie d’autocompassion peut devenir extrêmement forte.
Le corps reçoit alors une expérience différente de celle qu’il connaît parfois depuis des décennies :
« Cette fois, quelqu’un reste avec moi. »
Et ce quelqu’un…
c’est moi.
Symboliquement, c’est notre rapport à l’enfant intérieur qui se transforme. Nos vieux scénarios peuvent perdre progressivement une partie de leur emprise.
Les histoires et les dramas continuent parfois d’apparaître dans notre tête… mais nous ne sommes plus obligés de monter immédiatement dans le train.
Parce qu’une autre voie devient disponible :
Présence.
Reconnaissance.
Compassion.
Protection.
Intégration.
Sur le plan psychologique, la répétition d’expériences émotionnelles nouvelles peut participer à de nouveaux apprentissages et à la plasticité cérébrale. Je préfère parler ici de réapprentissage émotionnel plutôt que d’affirmer qu’une pratique ponctuelle « reprogramme neurologiquement » le cerveau : ce serait scientifiquement trop catégorique.
Mais subjectivement, l’expérience peut être immense :
je ne suis plus abandonné par moi-même lorsque quelque chose fait mal.
IMAGE 6 — INTÉGRER : LA GUÉRISON N’EST PAS UNE AMPUTATION
Et voilà la dernière image.
Il n’y a plus de monstre à combattre.
Plus de guerre.
Il reste une présence.
Une forme d’apaisement.
Non parce que toutes les blessures auraient miraculeusement disparu.
Mais parce que ce qui était exclu a pu retrouver une place dans la conscience.
C’est aussi l’un des grands mouvements du processus d’individuation jungien : devenir progressivement plus entier en rencontrant et intégrant ce qui avait été tenu hors de notre conscience.
Et c’est peut-être cela, la guérison émotionnelle que je cherche à transmettre :
> non pas devenir quelqu’un qui ne ressent plus de colère, de peur, de honte ou de tristesse…
> mais devenir quelqu’un capable de les rencontrer sans s’abandonner lui-même.
🔥 Entrer dans la colère pour découvrir ce qu’elle protège.
🔥 Entrer dans la peur pour rencontrer celui ou celle qui tremble.
🔥 Entrer dans la blessure pour pouvoir enfin lui apporter ce qu’elle attendait.
Et ressortir de cette « pièce » un peu différent.
Un peu plus conscient.
Un peu plus aimant.
Et surtout…
un peu plus entier.
C’est ce passage que nous explorons notamment à travers la Prière Sauvage : faire évoluer notre rapport à notre instinctivité plutôt que la réprimer, nous réconcilier avec notre primalité, puis permettre à la conscience et à l’ de rencontrer ce qui émerge.
+ SE FORMER ICI 👉 https://lemoulindabondance.com/phoenix-26/
On ne guérit peut-être pas en éliminant notre Ombre.
On commence à guérir lorsqu’on n’a plus besoin de l’abandonner dans le noir. 🔥