03/05/2026
Dans les accompagnements VAE avec nos stagiaires AS et aussi AES, nous prenons le temps d’aborder leur rôle propre.
Contrairement à l’infirmier, l’aide-soignante ne dispose pas d’un rôle propre défini par le Code de la santé publique. Toutefois, depuis le décret du 23 juillet 2021, elle réalise de manière autonome des soins courants de la vie quotidienne, dans un cadre sécurisé et sous responsabilité infirmière ;Cependant, et heureusement la vie d’un être humain, y compris d’un malade ou résident, ne se résume pas à des soins , examens et diagnostics.
Contrairement au français, la langue anglaise distingue d’ailleurs deux dimensions du soin : ‘cure’, qui renvoie aux actes techniques visant à traiter la maladie, et ‘care’, qui désigne l’attention portée à la personne dans sa globalité. Si les professionnels de santé participent aux deux dimensions, l’aide-soignante occupe une place centrale dans le ‘care’, en assurant une présence quotidienne, une écoute et un accompagnement essentiels à la qualité de vie des patients.
Ainsi, il est légitime de considérer un rôle propre à l’AS dans ce domaine : D’un côté surveiller et alerter dans le cadre des décrets pour le « cure », mais aussi développer avec le soigné ou le résident une attitude basée sur le « care » : écoute, bienveillance, échange.
La notion de “care” a été largement développée par Joan Tronto, politologue américaine, qui définit le soin comme une activité fondamentale visant à maintenir, continuer ou réparer notre monde afin d’y vivre aussi bien que possible. Selon elle, le « care » ne se limite pas à des actes techniques, mais englobe une attention constante portée aux besoins des autres, en particulier des personnes vulnérables. Elle identifie plusieurs dimensions du care, telles que l’attention, la responsabilité, la compétence et la réactivité. Cette approche met en lumière l’importance des relations humaines dans le soin et valorise des pratiques souvent invisibles, comme celles réalisées au quotidien par les aides-soignantes, au cœur de l’accompagnement et de la qualité de vie des patients.
En résumé, si les textes réglementaires ne reconnaissent pas à l’aide-soignante un rôle propre au sens juridique, son intervention quotidienne lui confère un rôle essentiel dans la qualité de vie des personnes soignées. Par sa présence continue, sa proximité relationnelle et son attention aux besoins fondamentaux, elle participe à un soin global qui dépasse largement la simple réalisation d’actes. Elle est souvent la professionnelle la plus proche du patient, celle qui perçoit les variations de l’état moral, les besoins implicites et les attentes non exprimées.
C’est en soi un rôle propre essentiel.