07/10/2025
Ex oriente lux, la lumière vient d’Orient, telle fut la devise il y a un siècle du grand archéologue Gordon Childe, partagée encore largement dans une vision méditerranéo-centrée de l’Europe.
Le soleil se lève à l’est, illumine le sud et se couche à l’ouest. Pourquoi le nord, privé de la lumière du soleil, devrait-il être laissé dans l’ombre ou mis de côté par les livres d’histoire ?
Alors, retournons la carte !
La genèse de cet ouvrage repose sur un parti-pris assumé : écrire une histoire de l’Europe qui se détache des représentations classiques faisant de la Méditerranée antique et médiévale une sorte de centre du monde au-delà duquel tout ne serait que périphéries.
Il s’agit de s’intéresser pour eux-mêmes aux espaces situés au nord du 50e parallèle, de dessiner, en faisant usage des sources textuelles comme de celles de l’archéologie, les grandes évolutions des sociétés qui les ont habitées, les liens qu’elles ont entretenus entre elles, des premiers peuplements jusqu’au début du XIIe siècle, à l’heure de l’affirmation, à peu près partout, de royaumes chrétiens. C’est ici que réside la deuxième grande originalité de l’entreprise : s’inscrire résolument dans une histoire de la très longue durée incluant la Préhistoire.
Enfin, les mondes du Nord ne se réduisent pas à la Scandinavie des vikings. Chapitre après chapitre, cet ouvrage montre que les limites des Nords se déplacent et fluctuent avant de se fixer autour des îles britanniques et de la Scandinavie, dans les régions riveraines des mers du Nord, de l’Atlantique à la Baltique.
Une telle perspective dans un même ouvrage écrit par quatre spécialistes reconnus de ces sujets constitue une entreprise absolument inédite.
Vivien Barrière est maître de conférences en histoire et archéologie à CY Cergy Paris Université. À travers les fouilles et les recherches qu’il mène à Nîmes, Autun ou Genainville, il s’intéresse aux changements induits par la présence de Rome en Gaule du Sud comme en Gaule du Nord et, plus largement, dans la partie occidentale de l’Empire.
Stéphane Coviaux enseigne l’histoire en classes préparatoires littéraires au lycée Fénelon (Paris). Il a récemment publié La fin du monde viking (2019), un essai consacré à la christianisation de la Scandinavie ancienne.
Alban Gautier est professeur d’histoire médiévale à l’Université de Caen Normandie. Ses travaux portent sur l’histoire des îles Britanniques au début du Moyen Âge. Il a publié Beowulf au paradis. Figures de bons païens dans l’Europe du Nord au haut Moyen Âge (2017) et Le roi Arthur (2019).
Anne Lehoërff est professeur des Universités, titulaire de la chaire Inex « Archéologie et patrimoine » à CY Cergy Paris Université et membre senior de l’Institut universitaire de France. Elle a publié récemment Préhistoires d’Europe. De Neandertal à Vercingétorix (2022 pour la nouvelle édition) et Mettre au monde le patrimoine. L’Archéologie en actes (2023).