29/07/2023
Bonjour à toutes et à tous,
➡️ PARACETAMOL ET GROSSESSE, AUTISME ET TDAH.
❓DU NOUVEAU EN 2023 ?
Plus d'une femme sur deux prend du paracétamol durant sa grossesse, fort heureusement le plus souvent de manière ponctuelle.
Les résultats de plusieurs études font suspecter que l'exposition prolongée du fœtus au paracétamol (> 20 jours) puisse induire des troubles du développement neurologique de l'enfant.
Une publication norvégienne de l'Acta Obstetricia et Gynecologica Scandinavica fait le point sur les nombreuses études récentes concernant les risques fœtaux liés à la prise de paracétamol durant la grossesse.
Des biomarqueurs pour mesurer l'exposition fœtale au paracétamol
Alors que les premières études avaient été faites à partir des données déclaratives, des études plus récentes ont utilisé des biomarqueurs pour évaluer plus précisément l'exposition du fœtus au paracétamol, et elles suggèrent qu'il existe un lien positif entre celle-ci et les anomalies du développement neurologique de l'enfant.
L'étude norvégienne MoBa a trouvé des différences dans la méthylation de l'ADN au sang du cordon, entre les enfants atteints du trouble de déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) exposés in utero durant plus de 20 jours au paracétamol, et les enfants atteints du même trouble qui n'avaient pas été exposés.
Les différences de méthylation portaient sur des gènes impliqués dans le stress oxydatif, les voies de la transmission neuronale et les voies de la transmission olfactive.
Une étude faite à partir de la Boston Birth Cohort a trouvé qu'il existait un lien entre les taux des métabolites du paracétamol au sang du cordon et le risque de TDAH et de troubles du spectre de l'autisme (TSA).
Et une autre étude a retrouvé un lien entre les taux maternels de biomarqueurs de la prise de paracétamol, évalués durant les trois premiers jours du post-partum, et le risque de l'enfant de développer un TDAH.
En 2020, une étude prospective canadienne a montré qu'il existait une association positive entre l'exposition fœtale au paracétamol, évaluée par l'analyse du méconium, et le risque de TDAH chez l'enfant. Ce risque serait multiplié par deux.
Un risque de TDAH en rapport avec la dose de paracétamol à laquelle le fœtus a été exposé
Ces quatre études ont montré que le risque était en rapport avec la dose de paracétamol à laquelle le fœtus avait été exposé. Si de longues durées d'exposition in utero, c'est à dire supérieures à 20 ou 30 jours, sont associées à une augmentation du risque chez l'enfant, il semble n'exister que peu ou pas de risque en cas d'exposition de courte durée. Ces études ont néanmoins des limites méthodologiques, des facteurs confondants n'ayant pas toujours été pris en compte.
Diverses hypothèses physiopathologiques ont été explorées pour expliquer comment le paracétamol pouvait affecter le développement neurologique du fœtus.
La recommandation des auteurs de cet article est que les femmes enceintes ne devraient prendre du paracétamol, à la dose efficace la plus faible, et pour la durée la plus courte possible, uniquement pour traiter des troubles qui présentent un risque pour le fœtus, tels qu'une douleur sévère ou une fièvre élevée.
Nilsen K et coll. Paracetamol use in pregnancy : Not as safe as we may think? Acta Obstet Gynecol Scand.
➡️ Le paracétamol predispose à l’asthme du nourrisson
Plusieurs des études qui font le lien entre paracétamol et asthme du nourrisson sont entachées par un biais, l’utilisation préférentielle du paracétamol chez les bébés « siffleurs », quand elles sont transversales, et par un facteur de confusion, les infections respiratoires, à la fois motif de prescription du paracétamol et facteur déterminant de l’asthme. L’enquête prospective de A Amberbir et coll. évite le biais et tient compte du facteur de confusion.
Cette enquête est « nichée » dans le programme de santé publique d’une région d’Ethiopie en grande partie rurale. Une cohorte de naissances a été formée avec un millier de singletons nés en 2005-2006.
Les mères ont été questionnées sur les infections respiratoires des enfants à 2 mois, et sur la prise de paracétamol, un wheezing (assimilé à de l’asthme) ou un eczéma à 1 an et à 3 ans. Les enfants ont bénéficié d’un examen des selles à 1 an et à 3 ans pour identifier une infestation par des nématodes transmis par le sol (ankylostomes, ascaris et trichuris).
Il y a eu relativement peu de sorties d’étude (10 % à 1 an, et 5 % de plus à 3 ans).
A 1 an, plus du tiers des enfants avaient été exposés au paracétamol, et 4 % étaient infestés par des géohelminthes.
La majorité (88,5 %) des enfants restant dans la cohorte à 1 an n’avait jamais eu de wheezing au cours de la 1ère année de vie. A 3 ans, 7,7 % des enfants indemnes à 1 an, soit environ 1 sur 13, avaient fait au moins un épisode de wheezing, autrement dit étaient devenus asthmatiques.
Il existait une association significative entre l’exposition au paracétamol au cours de la 1ère année et l’incidence de l’asthme entre 1 et 3 ans (p