06/08/2026
Le jour de la Bombe
Le 6 août 1945 Hiroshima était détruite par la bombe atomique
Chaque année la ville commémore la catastrophe par des cérémonies devant le monument aux morts qui contient les noms des victimes dans un grand cénotaphe faisant face au Dôme de la Bombe, le soir des lanternes sont allumées et lancées sur les flots de la rivière Ota (torodashi).
L’actuel parc de la paix, où se trouve le monument ainsi que le musée de la paix a été aménagé au point zéro de l’explosion (500 m plus haut). L’endroit était autrefois un quartier proche du centre avec une rue commerçante et de nombreuses maisons de bois et quelques bâtiments de béton. Un pont en T sur l’Ota fut choisi, d’un simple critère pratique, comme point de repère du largage de la bombe.
Malgré l’étendue des destructions et les souffrances des victimes survivantes la ville d’Hiroshima n’a pas été totalement détruite, toute une partie a survécu parfois sans dommages importants. Il faut comprendre que la bombe utilisée à Hiroshima était l’une des premières et, comparée aux bombes actuelles, était beaucoup moins puissante (15 kilotonnes). La ville d’Hiroshima quant à elle était une ville très étendue sur les différentes îles d’un vaste delta.
Hiroshima avait été la ville la plus importante de l’Ouest de l’Honshû dès l’époque Edo sous le règne des daimyôs Asano, à l’époque Meiji la ville avait connu une forte croissance et accueillait de nombreuses activités modernes mais aussi faisait fonction de noeud de transport important. La ville comptait au moins 255 000 en 1945, peut-être plus car elle accueillait aussi des réfugiés venus d’autres villes bombardées. Hiroshima n’avait jusque là pas été touchée par les bombardements, ce que les Japonais continuent à voir comme un geste préparatif volontaire de la part des Américains (juger des effets de la bombe sur une ville intacte) sans que cela soit prouvé.
D’un point de vue militaire la ville approvisionnait la base navale de Kure non loin de là, disposait d’industries militaires et était le siège d’un corps d’armée. C’était surtout un centre logistique important. On y trouvait aussi un camp de prisonnier qui comptait des détenus américains, les Coréens y étaient nombreux à travailler dans ses usines. Ces aménagements militaires furent en fait peu touchés, ils étaient pour la plupart installés en banlieue ou en dehors de la ville à plusieurs kilomètres du rayon de l’explosion. La capacité logistique d’Hiroshima ne fut pas non plus durablement touchée puisque la gare de la ville continua à fonctionner après l’explosion. Les Etats-Unis ayant étudié la cible ne pouvaient pas ignorer ces faits.
Lorsque la bombe explosa au dessus d’Hiroshima à 8h16 le 6 août, elle provoqua une boule de feu qui détruisit tout sur un rayon d’un à deux kilomètres et provoqua de grands incendies. Etant donné l’étendue d’une ville de plaine comme Hiroshima, une bonne partie de ses banlieues furent épargnées, certains quartiers furent protégés par des collines qui fournirent un abri au souffle de l’explosion. La gare d’Hiroshima, restée fonctionnelle, se situait à la limite des 2 kilomètres.
Les bâtiments de béton survécurent mieux à l’explosion, le fameux dôme de la bombe en est un témoignage mais on trouve des bâtiments restés debout à 200 mètres de l’explosion (380m pour la succursale de la banque du Japon qui reouvrit deux jours après).
Du point de vue des victimes aussi on retrouve cette limite, les brûlures furent constatées entre 1.5 km et 2.4 km de l’explosion selon le degré d’exposition, les maladies dues aux radiations touchèrent les victimes situées à 2.5 kilomètres du centre. Certaines personnes qui se trouvaient à l’abri de constructions solides ou dans des caves survécurent entre 1 kilomètre et 2 kilomètre de l’explosion. Les blessures aux yeux furent celles qui furent ressenties le plus loin.
Le nuage radioactif s’éleva au dessus de la ville mais s’étendit rapidement avec des retombées qui touchèrent les banlieues et les campagnes alentours dans une extension allant de 15 à 30 kilomètres du point zéro. Cette exposition secondaire est celle qui toucha le plus les suvivants irradiés qui subirent des conséquences plus insidieuses sur le long terme.
Au total le nombre de victimes s’est élevé entre 80 000 et 140 000 selon les estimations, à jamais incertaines. Une partie de ces victimes sont décédées dans les incendies qui ont ravagé la ville de bois après l’explosion ou dans les jours et semaines suivantes du fait des radiations. Les survivants et leurs descendants ont été qualifiés d’Hibakusha et furent ostracisés par la société. La notion de sang et de pureté étant importante au Japon, les radiations furent vécues comme une souillure autant physique que morale. Les natifs d’Hiroshima peuvent encore aujourd’hui rencontrer des obstacles lorsqu’ils se marient, leur belle-famille craignant la contamination du sang transmise à leurs éventuels enfants.