19/08/2026
C'est la rentrée ...des cours en ligne
En cette période de rentrée imminente, je suis bombardée de publicités pour des cours en ligne. Cela fait un moment que ça dure (avec une explosion post période COVID), mais je vois que de petites nouvelles font encore leur apparition ! Ce qui est frappant, c'est le nombre de formations au CAP éligibles aux financements (CPF notamment). C'est sûr, se former depuis chez soi, à son rythme, c'est tentant. Mais il y a des choses qui me gênent dans tout ça.
D'abord, concernant le CAP couture, la publicité mensongère consistant à vendre cette formation comme préparant à devenir créatrice ou créateur indépendant à son compte. C'est faux, le CAP ne prépare pas du tout à cette activité. Le CAP forme des opérateurs et opératrices, capables de suivre à la lettre des instructions professionnelles pour réaliser des produits conformes à un cahier des charges. Quant au niveau de patronage, il ne prépare pas non plus à réaliser des pièces en sur-mesure. Préparer un CAP permet de bien maîtriser les techniques de couture et de s'initier à quelques techniques de coupe à plat et il serait temps de remettre l'église au milieu du village à ce sujet ! Quand derrière on ne vous vend pas l'idée que vous allez gagner plus de 2500€ par mois à la fin de votre formation, vous avez de la chance ...
Par ailleurs, ces cours en ligne créent une vraie distorsion de concurrence par rapport à des cours en présentiel : on peut vendre une vidéo en ligne des centaines, des milliers de fois quand, en cours physique, on ne peut pas dépasser la taille d'un petit groupe de 4 à 6-7 personnes lors d'un cours qui n'a lieu qu'une fois pour ces personnes. Cela signifie que le travail réalisé dans la formation en ligne est hautement plus rentable économiquement (d'ailleurs, ce n' est pas un hasard s'il y a autant d'offres!). Les prix des ces cours en ligne sont-ils plus bas qu'en présentiel comme on pourrait s'y attendre ? Pas forcément ! Les vidéos sont parfois vendues plus de 20€ de l'heure 😱. Loin de moi l'idée de dénigrer systématiquement le travail de ces plateformes, ainsi que la qualité de leurs contenus. Mais c'est un fait : la profusion de ces formations ne favorise pas l'émergence et la pérennité des ateliers qui proposent des activités en présentiel ... Leur sport favori est d'ailleurs d'afficher leur très grand nombre d'élèves : des centaines, des milliers, comme si c'était un gage de qualité ?
Prendre des cours en ligne, acheter du tissu et de la mercerie en ligne : après on s'étonne que les centres-villes se vident ... Parce que l'enjeu est aussi là : le recours systématique et généralisé à la pratique en distanciel, que ce soit pour la formation ou les achats, c'est la mort des enseignes physiques ! La disparition des lieux de rencontre, c'est le vide qui ronge nos environnements proches...
A Brest, en un an, 3 enseignes de vente de tissu ont mis la clé sous la porte (Toto, Self tissu et Bouchara), les merceries tirent la langue. Même si je ne les fréquentais pas beaucoup, c'est un mauvais signal. Parallèlement à cela, des enseignes se créent à tire-larigot sur le net ...
Bref, je fais juste un constat : depuis 2008, année de création de Salut les Bobines, les temps ont changé. Plus de tissu au marché, moins de qualité avec la disparition des enseignes où je me fournissais localement (Lesneven, Quimper ...), toute cette concurrence en ligne ... L'atelier va bien pour le moment, ce n' est pas la question. Mais ces évolutions m'interrogent ...