27/06/2023
Voici un commentaire composé sur la mort de Manon dans Manon Lescaut, écrit avec Raphael que je remercie de son attention.
Au XVIIIe siècle, apparaît un retour de la sensibilité après le rationalisme des Lumières. L’Abbé Prévost est un homme d’église, un romancier et un journaliste du XVIIIe siècle. Il a écrit de nombreux romans de mœurs et d’aventure notamment « Manon Lescaut » qui est le 7e tome des « Mémoires et aventures d’un homme de qualité qui s’est retiré du monde ». Ce roman éponyme relate l’histoire d’une jeune femme qui est versatile et qui, pour combler son manque d’argent, séduit des hommes même si elle tombe éperdument amoureuse du chevalier Des Grieux avec lequel elle va vivre de nombreuses aventures. Dans l’extrait étudié, qui se situe à la fin du roman, Manon Lescaut meurt de fatigue avec le chevalier Des Grieux à ses pieds. Nous étudierons comment la mort pathétique de Manon donne un sens à sa vie. Dans première partie, nous évoquerons la sobriété du récit puis dans une seconde partie la mort pathétique de Manon et enfin, dans la dernière partie, le sens donné à la mort de Manon.
Le récit est sobre comme le rappellent les caractéristiques de la narration.
L’utilisation du « je » à travers le texte désigne le chevalier et en fait une autobiographie fictive. Le « je » est sujet quand Des Grieux nous raconte son histoire mais il complément avec « me » quand il nous fait part de ses souffrances et qu’il subit la mort de Manon. D’ailleurs le point de vue de ce texte est interne pour que le lecteur puisse partager les souffrances de Des Grieux. Le chevalier s’adresse à l’homme de qualité qui va à son tour le raconter au lecteur donc le récit se transmet. Il faut savoir que le véritable narrateur de ce texte est le marquis de Renoncour qui relate les aventures de Des Grieux.
Grâce à l’utilisation du présent d’énonciation et de l’impératif « pardonnez » le chevalier Des Grieux recherche l’absolution. Les premières lignes de cet extrait sont écrites au présent de narration pour préparer le lecteur au récit, c’est ce qui créé un effet d’attente. Puis le récit bascule et l’utilisation de l’imparfait et du passé simple dominent le deuxième paragraphe. Ce sont les temps du souvenir qui correspondent au récit du chevalier.
La sobriété du récit en fait un récit impossible. C’est un récit difficile pour le chevalier Des Grieux comme le prouvent les périphrases « un récit qui me tue » et « un malheur qui n’eut jamais d’exemple ». Les périphrases placent la narration sous un registre tragique comme le prouve l’utilisation du champ lexical du malheur (tue, malheur, pleurer et horreur). La personnification avec « mon âme semble reculer d’horreur » prouve qu’il a du mal à continuer son récit. Le connecteur logique « mais » exprime la douleur du sentiment qui anime des grieux car il a du mal à raconter cet évènement, il aimerait l’oublier. L’utilisation de « sans cesse » et de « chaque fois » prouves que ses sentiments vont le suivre à jamais.Les hyperboles « toutes » et « jamais » donnent une grande importance à la mort de Manon.
Après cette courte introduction le lecteur attend donc le récit de la mort de Manon.
Même dans la mort pathétique de Manon le couple reste uni.
La Louisiane est un lieu où ils souhaitaient se marier pour se racheter. Le désert est très significatif car il révèle la suprématie de la grâce car Manon est graciée de ses péchés par Dieu. C’est dans le désert que Jésus a combattu le diable. Les deux personnages son unis par le pronom personnel « nous » qui se sépare en un « je » et « elle ». Le chevalier Des Grieux utilise une périphrase amoureuse pour désigne Manon « ma chère maitresse endormie ». L’utilisation des possessifs « miennes » et « ses » rappelle qu’ils s’appartiennent mutuellement. Le symbole de leur union est leurs mains qui est répété plusieurs fois dans le texte. Elle représente leur rapprochement physique, main qui signifient unions, mariages et du réconfort. Jusque dans la mort ils restent un couple uni « je reçus même des marques d’amour, au moment même qu’elle expirait ». Cette union soulève bien le pathétique de la scène.
La scène est pathétique car ils se retrouvent seuls, loin de toute civilisation. La mort de Manon est comparée au sommeil car la scène est romantique. Les adjectifs « froids » et « tremblante » rappelle la mort dont on retrouve le champ lexical « sa dernière heure », « soupire », « silence » et « la fin de ses malheurs ». Le registre romantique permet l’utilisation des euphémismes pour représenter la mort. Manon et Des Grieux sont des personnages préromantiques dont la mort est pathétique. La mort de Manon est progressive donc on peut apercevoir une gradation « elle est endormie » « elle a froid » « sa voix faiblie » « elle soupire » et « expire ». Le chevalier Des Grieux conclus par « je la perdis » qui est un nouvel euphémisme.
Mais Manon n’est pas morte pour rien.
Le mort de Manon a un sens et c’est d’abord un châtiment divin. Manon est une voleuse, libertine, menteuse et infidèle . « Le Ciel » fait référence à Dieu ainsi que le mot « âme » et Le Ciel » ainsi que le mot « âme » et « punis » qui sont des termes religieux. En même temp qu’elle expire elle expie ses péchés. On peut d’ailleurs remarquer l’euphonie de ces deux mots. Le chevalier Des Grieux est paradoxalement puni parce qu’il ne meurt pas. On aperçoit donc le champ lexical du châtiment (languissante, misérable et jamais). Il continue son chemin de croix. Il « renonce » à la vie mondaine et à tous plaisirs pour Manon et il oublie sa vie de libertin.
Cette mort est également rédemptrice car Manon a expié ses péchés, elle a trouvé la mort dans l’amour, la mort qu’elle a eu ne ressemble pas à la vie qu’elle a vécu. Sa mort donne aussi un sens à la vie du chevalier Des Grieux. Les adverbes « renoncer » et « volontairement » indiquent qu’il va vivre hors de la société. Le chevalier Des Grieux a retrouvé le chemin de la vertu. L’utilisation des deux adverbes « rigoureusement »et « volontairement » marquent le changement dans la vie de Des Grieux. Le chevalier Des Grieux a perdu son seul amour et il lui reste fidèle jusqu’à la mort.
La mort pathétique de Manon donne un sens à sa vie parce que en mourant elle expie tous ses péchés et devient une martyre. Les caractéristiques de narration et le récit impossible donne une certaine sobriété au récit. Le couple est uni dans la mort pathétique de Manon. Le châtiment divin donne un sens à la vie de Manon. Comme beaucoup d’héroïnes libertines Manon connaît une fin tragique tout comme la Marquise de Merteuil dans « Les Liaisons Dangereuses » de Choderlos de Laclos qui attrape la vérole et qui est obligée de quitter la cour. Le libertinage est ainsi puni et les bonnes mœurs triomphent.
Au XVIIIe siècle, apparaît un retour de la sensibilité après le rationalisme des Lumières. L’Abbé Prévost est un homme d’église, un romancier et un journaliste du XVIIIe siècle. Il a écrit de nombreux romans de mœurs et d’aventure notamment « Manon Lescaut » qui est le 7e tome des « Mémoires et aventures d’un homme de qualité qui s’est retiré du monde ». Ce roman éponyme relate l’histoire d’une jeune femme qui est versatile et qui, pour combler son manque d’argent, séduit des hommes même si elle tombe éperdument amoureuse du chevalier Des Grieux avec lequel elle va vivre de nombreuses aventures. Dans l’extrait étudié, qui se situe à la fin du roman, Manon Lescaut meurt de fatigue avec le chevalier Des Grieux à ses pieds. Nous étudierons comment la mort pathétique de Manon donne un sens à sa vie. Dans première partie, nous évoquerons la sobriété du récit puis dans une seconde partie la mort pathétique de Manon et enfin, dans la dernière partie, le sens donné à la mort de Manon.
Le récit est sobre comme le rappellent les caractéristiques de la narration.
L’utilisation du « je » à travers le texte désigne le chevalier et en fait une autobiographie fictive. Le « je » est sujet quand Des Grieux nous raconte son histoire mais il complément avec « me » quand il nous fait part de ses souffrances et qu’il subit la mort de Manon. D’ailleurs le point de vue de ce texte est interne pour que le lecteur puisse partager les souffrances de Des Grieux. Le chevalier s’adresse à l’homme de qualité qui va à son tour le raconter au lecteur donc le récit se transmet. Il faut savoir que le véritable narrateur de ce texte est le marquis de Renoncour qui relate les aventures de Des Grieux.
Grâce à l’utilisation du présent d’énonciation et de l’impératif « pardonnez » le chevalier Des Grieux recherche l’absolution. Les premières lignes de cet extrait sont écrites au présent de narration pour préparer le lecteur au récit, c’est ce qui créé un effet d’attente. Puis le récit bascule et l’utilisation de l’imparfait et du passé simple dominent le deuxième paragraphe. Ce sont les temps du souvenir qui correspondent au récit du chevalier.
La sobriété du récit en fait un récit impossible. C’est un récit difficile pour le chevalier Des Grieux comme le prouvent les périphrases « un récit qui me tue » et « un malheur qui n’eut jamais d’exemple ». Les périphrases placent la narration sous un registre tragique comme le prouve l’utilisation du champ lexical du malheur (tue, malheur, pleurer et horreur). La personnification avec « mon âme semble reculer d’horreur » prouve qu’il a du mal à continuer son récit. Le connecteur logique « mais » exprime la douleur du sentiment qui anime des grieux car il a du mal à raconter cet évènement, il aimerait l’oublier. L’utilisation de « sans cesse » et de « chaque fois » prouves que ses sentiments vont le suivre à jamais.Les hyperboles « toutes » et « jamais » donnent une grande importance à la mort de Manon.
Après cette courte introduction le lecteur attend donc le récit de la mort de Manon.
Même dans la mort pathétique de Manon le couple reste uni.
La Louisiane est un lieu où ils souhaitaient se marier pour se racheter. Le désert est très significatif car il révèle la suprématie de la grâce car Manon est graciée de ses péchés par Dieu. C’est dans le désert que Jésus a combattu le diable. Les deux personnages son unis par le pronom personnel « nous » qui se sépare en un « je » et « elle ». Le chevalier Des Grieux utilise une périphrase amoureuse pour désigne Manon « ma chère maitresse endormie ». L’utilisation des possessifs « miennes » et « ses » rappelle qu’ils s’appartiennent mutuellement. Le symbole de leur union est leurs mains qui est répété plusieurs fois dans le texte. Elle représente leur rapprochement physique, main qui signifient unions, mariages et du réconfort. Jusque dans la mort ils restent un couple uni « je reçus même des marques d’amour, au moment même qu’elle expirait ». Cette union soulève bien le pathétique de la scène.
La scène est pathétique car ils se retrouvent seuls, loin de toute civilisation. La mort de Manon est comparée au sommeil car la scène est romantique. Les adjectifs « froids » et « tremblante » rappelle la mort dont on retrouve le champ lexical « sa dernière heure », « soupire », « silence » et « la fin de ses malheurs ». Le registre romantique permet l’utilisation des euphémismes pour représenter la mort. Manon et Des Grieux sont des personnages préromantiques dont la mort est pathétique. La mort de Manon est progressive donc on peut apercevoir une gradation « elle est endormie » « elle a froid » « sa voix faiblie » « elle soupire » et « expire ». Le chevalier Des Grieux conclus par « je la perdis » qui est un nouvel euphémisme.
Mais Manon n’est pas morte pour rien.
Le mort de Manon a un sens et c’est d’abord un châtiment divin. Manon est une voleuse, libertine, menteuse et infidèle . « Le Ciel » fait référence à Dieu ainsi que le mot « âme » et Le Ciel » ainsi que le mot « âme » et « punis » qui sont des termes religieux. En même temp qu’elle expire elle expie ses péchés. On peut d’ailleurs remarquer l’euphonie de ces deux mots. Le chevalier Des Grieux est paradoxalement puni parce qu’il ne meurt pas. On aperçoit donc le champ lexical du châtiment (languissante, misérable et jamais). Il continue son chemin de croix. Il « renonce » à la vie mondaine et à tous plaisirs pour Manon et il oublie sa vie de libertin.
Cette mort est également rédemptrice car Manon a expié ses péchés, elle a trouvé la mort dans l’amour, la mort qu’elle a eu ne ressemble pas à la vie qu’elle a vécu. Sa mort donne aussi un sens à la vie du chevalier Des Grieux. Les adverbes « renoncer » et « volontairement » indiquent qu’il va vivre hors de la société. Le chevalier Des Grieux a retrouvé le chemin de la vertu. L’utilisation des deux adverbes « rigoureusement »et « volontairement » marquent le changement dans la vie de Des Grieux. Le chevalier Des Grieux a perdu son seul amour et il lui reste fidèle jusqu’à la mort.
La mort pathétique de Manon donne un sens à sa vie parce que en mourant elle expie tous ses péchés et devient une martyre. Les caractéristiques de narration et le récit impossible donne une certaine sobriété au récit. Le couple est uni dans la mort pathétique de Manon. Le châtiment divin donne un sens à la vie de Manon. Comme beaucoup d’héroïnes libertines Manon connaît une fin tragique tout comme la Marquise de Merteuil dans « Les Liaisons Dangereuses » de Choderlos de Laclos qui attrape la vérole et qui est obligée de quitter la cour. Le libertinage est ainsi puni et les bonnes mœurs triomphent.