10/09/2020
Sociopathie (dominance) + RSD (Régression Sociale Dirigée) = maltraitance 🤔
Je suis un peu énervé, j’avoue. 😠
J’ai consulté un chien intolérant des – et réactif aux – manipulations, diagnostiqué par un vétérinaire comportementaliste comme ‘’sociopathie’’, et traité par un psychotrope et une ‘thérapie’ de ‘’régression sociale’’ (RSD) : ‘’2 repas par jour pendant 20’, isoler quand il y a des visiteurs, toujours conditionner le contact à l’obéissance d’un ordre’’.
Mais me direz-vous : ‘’Dr Dehasse, pourquoi ça vous énerve ?’’ et ‘’Qu’est-ce qui vous énerve ?’’
-Le chien est intolérant aux manipulations : la thérapie devrait être : ‘medical training’ : habituation au contact en R+, et désensibilisation aux manipulations.
-la RSD a comme but de rabaisser le niveau hiérarchique du chien, en mettant le chien en coercition mentale et physique, en interdisant ses initiatives, en le soumettant aux ordres de l’humain : c’est une connerie éthologique, c’est inadéquat au niveau physiologique, c’est punitif : c’est de la maltraitance.
-Certains vétérinaires (comportementalistes) et certains comportementalistes (non éthiques) et certains éducateurs, utilisent le modèle de la hiérarchie de dominance (de pouvoir) pour quasi tout problème d’agression ou de réactivité et la thérapie est toujours la RSD : c’est simpliste, réductionniste, et maltraitant : l’idée même qu’il faut soumettre un être (le chien) aux ordres d’un autre être (un humain) est maltraitante : c’est de l’esclavagisme, de l’autoritarisme (un peu facilité par notre société patriarcale, et la prétention de l’être humain d’être supérieur au monde animal).
-Le mot même de ‘régression’ est insupportable : toute intervention éducative, rééducative ou thérapie a pour but de maximiser le potentiel d’adaptation d’un être, et pas de le régresser à un robot obéissant : la régression est un perte d’adaptation, la régression est un trouble, la régression est une pathologie.
-Le mot ‘sociopathie’ m’énerve aussi, et il ne devrait pas m’énerver : la ‘sociopathie’ est le nom donné à un modèle de trouble de l’organisation sociale humain-chien dans lequel le chien usurpe des privilèges (réservés au dominant = l’humain) et défend lesdits privilèges avec agressivité sociale. C’est un modèle diagnostic favori des (vétérinaires labellisés) zooppsychiatres. Publié en 1995, le modèle en soi n’est pas critiquable : c’est un modèle tautologique (comme une religion). La question est de l’appliquer adéquatement, pour obtenir des résultats efficaces et respectueux du bien-être du chien et du système familial. Ce qui m’énerve est l’abus d’application inadéquate du modèle et la prescription d’une thérapie stéréotypée inefficace et dangereuse.
Tout de même, tout n’est pas énervant dans cette histoire. Quelque chose me réjouit : les gens qui prônent (à l’excès) le modèle de dominance (sociopathie), et la RSD nous donnent des informations précieuses sur leur propre personnalité, leurs croyances, leurs techniques éducatives : croyance en leur supériorité (un peu parano ?), besoin de dominer les plus faibles (un peu harceleur ?), manipulation des règles sociales à leur profit (un peu pervers ?), intolérance de l’initiative d’autrui (un peu d’insécurité ?), besoin d’imposer son autorité ou statut dominant (manque d’autorité naturelle, de compétences, d’expérience ?). Oh, prenez cela comme une taquinerie : je ne suis pas psychologue ni psychiatre, donc inapte à proposer un diagnostic de santé mentale humaine 😉
Il y a des leçons à tirer de cette expérience :
-si un modèle médical / comportemental diagnostic engendre des techniques d’intervention inefficace / maltraitante, alors il est temps de changer de modèle 😉
-si un humain a besoin d’imposer son autorité à quiconque, alors je l’évicte de mon cercle social et professionnel 😅
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