Le Français

Le Français C'est une langue belle qui convient à nos cœurs. Administrateurs: JB / Alain Rozès AR La page a été fondée le 28 mai 2010

Cette page est créée pour les étudiants en français et pour tous qui veulent les aider avec leurs commentaires et leurs conseils.

26/08/2026

Qui se connaît, connaît aussi les autres, car chaque homme porte la forme entière de l’humaine condition.

Michel de Montaigne

26/08/2026

On m’a mis au collège

On m’a mis au collège (oh ! les parents, c’est lâche !)
en province, dans la vieille ville de H...
J’ai quinze ans, et l’ennui du latin pluvieux !
Je vis, fumant d’affreux cigares dans les lieux ;
et je réponds quand on me prive de sortie :
« Chouette alors ! » préférant le bloc à la partie
d’écarté, chez le maire, où le soir, au salon,
honteux d’un liseré rouge à mon pantalon,
j’écoute avec stupeur ma tante (une nature !)
causer du dernier bal à la sous-préfecture.

Germain Nouveau (1851-1920)

25/08/2026

Respire

Respire, respire, respire, espère…

Encore l'insomnie, sonnerie du matin
Le corps engourdi, toujours endormi, miroir, salle de bain
Triste face à face, angoisse du réveil
Reflet dans la glace, les années qui passent ternissent le soleil (OK)

Aux flashs d'infos : les crises, le chômage
la fonte des glaces, les particules fines
Courir après l'heure, les rames bondées
Les bastons d'regards, la vie c'est l'usine
Hamster dans sa roue
P'tit chef, grand bourreau
Faire la queue partout, font la gu**le partout
La vie c'est robot

T'as le souffle court (respire)
Quand rien n'est facile (respire)
Même si tu te perds (respire)
Et si tout empire (espère)

T'as le souffle court (respire)
Quand rien n'est facile (respire)
Même si tu te perds (respire)
Et si tout empire (espère)

Encore fatigué, la cloche du midi
Le corps assommé, toujours épuisé, les masques sont mis
Triste face à face, poursuite du bonheur
Reflet dans la glace, les années qui passent flétrissent les fleurs (OK)

Les écrans, le bruit, l'argent, les crédits
Les phrases assassines, les cons, les cancers
Le temps qui s'écoule, le vide qui se fait
Le silence épais, la vie c'est la guerre
Tourner dans l'tambour
Amour placébo
Faire semblant pour tout, c'est violent partout
La vie c'est Rambo

T'as le souffle court (respire)
Quand rien n'est facile (respire)
Même si tu te perds (respire)
Et si tout empire (espère)

T'as le souffle court (respire)
Quand rien n'est facile (respire)
Même si tu te perds (respire)
Et si tout empire (espère)

Les yeux ouverts, ne trouve pas l'sommeil, dans le lit tourne tout l'temps
Les phares des voitures balayent le plafond de leurs ombres dansantes
La nuit étouffe, la chaleur est lourde, l'orage est en suspens
Où sont les rêves ? Où sont nos rêves d'enfants ?

S'échapper, déserter les rangs
S'évader des tapis roulants
Chercher le silence et l'errance
Raccrocher, trouver sa cadence
Se fo**re des codes, des routines étroites
Quitter son rôle, les cases et les boîtes
Ne pas craquer, claquer, cramer
Desserre ton col pour respirer

T'as le souffle court (respire)
Quand rien n'est facile (respire)
Même si tu te perds (respire)
Et si tout empire (espère)

T'as le souffle court (respire)
Quand rien n'est facile (respire)
Même si tu te perds (respire)
Et si tout empire (espère)

Respire, respire, respire, espère…

T'as le souffle court (respire)
Quand rien n'est facile (respire)
Même si tu te perds (respire)
Et si tout empire, espère

Gaël Faye

25/08/2026

Sortir par le haut

Se tirer d'une affaire avantageusement.

- On allait voir ce qu’on allait voir. En cas de « Brexit », le « moteur franco-allemand » devait à nouveau passer à plein régime et permettre aux Vingt-Sept de sortir par le haut de la crise créée par Londres. En fait, c’est exactement l’inverse qui est en train de se passer. — (Merkel acte la fin du couple franco-allemand, blog du monde)

Château de Chantilly (Oise) Musée Condé
24/08/2026

Château de Chantilly (Oise) Musée Condé

24/08/2026

Alexandre Dumas : Les Trois Mousquetaires Chapitre 67 (suite)

— On vous impute des crimes qui ont fait choir des têtes plus hautes que la vôtre, dit le cardinal.
— Lesquels, monseigneur ? demanda d’Artagnan avec un calme qui étonna le cardinal lui-même.
— On vous impute d’avoir correspondu avec les ennemis du royaume, on vous impute d’avoir surpris les secrets de l’État, on vous impute d’avoir essayé de faire avorter les plans de votre général.
— Et qui m’impute cela, monseigneur ? dit d’Artagnan qui se doutait que l’accusation venait de milady : une femme flétrie par la justice du pays, une femme qui a épousé un homme en France, et un autre en Angleterre, une femme qui a empoisonné son second mari, et qui a tenté de m’empoisonner moi-même.
— Que dites-vous donc là, monsieur ? s’écria le cardinal étonné ; et de quelle femme parlez-vous ainsi ?
— De milady de Winter, répondit d’Artagnan, oui, de milady de Winter, dont, sans doute, Votre Éminence ignorait tous les crimes lorsqu’elle l’a honorée de sa confiance.
— Monsieur, dit le cardinal, si milady de Winter a commis les crimes que vous dites, elle sera punie.
— Elle l’est, monseigneur.
— Et qui l’a punie ?
— Nous.
— Elle est en prison ?
— Elle est morte.
— Morte ! répéta le cardinal, qui ne pouvait croire à ce qu’il entendait ; morte ! n’avez-vous pas dit qu’elle était morte ?
— Trois fois elle avait essayé de me tuer, et je lui ai pardonné ; mais elle a tué la femme que j’aimais, alors, mes amis et moi, nous l’avons prise, jugée et condamnée.
D’Artagnan alors raconta l’empoisonnement de Mme Bonacieux dans le couvent des Carmélites de Béthune, le jugement dans la maison isolée, l’exécution sur les bords de la Lys.
Un frisson courut par tout le corps du cardinal, qui cependant ne frissonnait pas facilement.
Mais tout à coup, comme subissant l’influence d’une pensée muette, la physionomie du cardinal, sombre jusqu’alors, s’éclaircit peu à peu et arriva à la plus parfaite sérénité.
— Ainsi, dit-il avec une voix dont la douceur contrastait avec la sévérité de ses paroles, vous vous êtes constitués juges, sans penser que ceux qui n’ont pas mission de punir et qui punissent sont des assassins.
— Monseigneur, je vous jure que je n’ai pas eu un instant l’intention de défendre ma tête contre vous, je subirai le châtiment que Votre Éminence voudra bien m’infliger. Je ne tiens pas assez à la vie pour craindre la mort.
— Oui, je le sais, vous êtes un homme de cœur, monsieur, dit le cardinal avec une voix presque affectueuse : je puis donc vous dire d’avance que vous serez jugé, condamné même.
— Un autre pourrait répondre à Votre Éminence qu’il a sa grâce dans sa poche ; moi je me contenterai de vous dire : ordonnez, monseigneur, je suis prêt.
— Votre grâce ! dit Richelieu surpris.
— Oui, monseigneur, dit d’Artagnan.
— Et signée de qui ?… du roi ?…
Et le cardinal prononça ces mots avec une singulière expression de mépris.
— Non, de Votre Éminence.
— De moi ! vous êtes fou, monsieur.
— Monseigneur reconnaîtra sans doute son écriture.
Et d’Artagnan présenta au cardinal le précieux papier qu’Athos avait arraché à milady, et qu’il avait donné à d’Artagnan pour lui servir de sauvegarde.
Son Éminence prit le papier et lut d’une voix lente et en appuyant sur chaque syllabe :
« C’est par mon ordre et pour le bien de l’État que le porteur du présent a fait ce qu’il a fait.
« Au camp devant La Rochelle, ce 3 août 1628.
« Richelieu. »
Le cardinal, après avoir lu ces deux lignes, tomba dans une rêverie profonde, mais il ne rendit pas le papier à d’Artagnan.
— Il médite de quel genre de supplice il me fera mourir, se dit tout bas d’Artagnan. Eh bien ! ma foi, il verra comment meurt un gentilhomme.
Le jeune mousquetaire était en excellente disposition pour trépasser héroïquement.
Richelieu pensait toujours, roulait et déroulait le papier dans ses mains. Enfin il leva la tête, fixa son regard d’aigle sur cette physionomie loyale, ouverte, intelligente, lut sur ce visage sillonné de larmes toutes les souffrances qu’il avait endurées depuis un mois, et songea pour la troisième ou quatrième fois combien cet enfant de vingt et un ans avait d’avenir et quelles ressources son activité, son courage et son esprit pouvaient offrir à un bon maître.
D’un autre côté, les crimes, la puissance, le génie infernal de milady l’avaient plus d’une fois épouvanté. Il sentait comme une joie secrète d’être à jamais débarrassé de ce complice dangereux.
Il déchira lentement le papier que d’Artagnan lui avait si généreusement remis.
— Je suis perdu, dit en lui-même d’Artagnan.
Et il s’inclina profondément devant le cardinal en homme qui dit : « Seigneur, que votre volonté soit faite. »
Le cardinal s’approcha de la table, et sans s’asseoir, écrivit quelques lignes sur un parchemin dont les deux tiers étaient déjà remplis, et y apposa son sceau.
— Ceci est ma condamnation, dit d’Artagnan, il m’épargne l’ennui de la Bastille et les lenteurs d’un jugement. C’est encore fort aimable à lui.
— Tenez, monsieur, dit le cardinal au jeune homme, je vous ai pris un blanc-seing et je vous en rends un autre. Le nom manque sur ce brevet : vous l’écrirez vous-même.
D’Artagnan prit le papier en hésitant et jeta les yeux dessus.
C’était une lieutenance dans les mousquetaires.
D’Artagnan tomba aux pieds du cardinal.
— Monseigneur, dit-il, ma vie est à vous, disposez-en désormais ; mais cette faveur que vous m’accordez, je ne la mérite pas : j’ai trois amis qui sont plus méritants et plus dignes…
— Vous êtes un brave garçon, d’Artagnan, interrompit le cardinal en lui frappant familièrement sur l’épaule, charmé qu’il était d’avoir vaincu cette nature rebelle ; faites de ce brevet ce qu’il vous plaira ; seulement rappelez-vous que, quoique le nom soit en blanc, c’est à vous que je le donne.
— Je ne l’oublierai jamais, répondit d’Artagnan ; Votre Éminence peut en être certaine.
Le cardinal se retourna et dit à haute voix :
— Rochefort !
Le chevalier, qui sans doute était derrière la porte, entra aussitôt.
— Rochefort, dit le cardinal, vous voyez M. d’Artagnan ; je le reçois au nombre de mes amis. Ainsi donc, que l’on s’embrasse et que l’on soit sage si l’on tient à conserver sa tête.
Rochefort et d’Artagnan s’embrassèrent du bout des lèvres ; mais le cardinal était là qui les observait de son œil vigilant.
Ils sortirent de la chambre en même temps.
— Nous nous retrouverons, n’est-ce pas monsieur ? dirent-ils.
— Quand il vous plaira, fit d’Artagnan.
— L’occasion viendra, répondit Rochefort.
— Hum ! fit Richelieu en ouvrant la porte.
Les deux hommes se sourirent, se serrèrent la main et saluèrent Son Éminence.
— Nous commencions à nous impatienter, dit Athos.
— Me voilà, mes amis, répondit d’Artagnan, non seulement libre, mais en faveur.
— Vous nous conterez cela.
— Dès ce soir. Mais, pour le moment, séparons-nous.
En effet, dès le soir même, d’Artagnan se rendit au logis d’Athos, qu’il trouva en train de vider sa bouteille de vin d’Espagne, occupation qu’il accomplissait religieusement tous les soirs.
Il lui raconta ce qui s’était passé entre le cardinal et lui, et tirant le brevet de sa poche :
— Tenez, mon cher Athos, voilà, dit-il, qui vous revient tout naturellement.
Athos sourit de son doux et charmant sourire :
— Ami, dit-il, pour Athos c’est trop ; pour le comte de La Fère, c’est trop peu. Gardez ce brevet, il est à vous ; hélas ! mon Dieu, vous l’avez acheté assez cher.
D’Artagnan sortit de la chambre d’Athos et entra dans celle de Porthos.
Il le trouva vêtu d’un magnifique habit, couvert de broderies splendides, et se mirant dans une glace.
— Ah ! ah ! dit Porthos, c’est vous, cher ami ; comment trouvez-vous que ce vêtement me va ?
— À merveille, dit d’Artagnan, mais je viens vous proposer un habit qui vous ira mieux encore.
— Lequel ? demanda Porthos.
— Celui de lieutenant aux mousquetaires.
D’Artagnan raconta à Porthos son entrevue avec le cardinal, et tirant le brevet de sa poche :
— Tenez, mon cher, dit-il, écrivez votre nom là-dessus et soyez bon chef pour moi.
Porthos jeta les yeux sur le brevet et le rendit à d’Artagnan au grand étonnement du jeune homme.
— Oui, dit-il, cela me flatterait beaucoup, mais je n’aurais pas assez longtemps à j***r de cette faveur ; pendant notre expédition de Béthune, le mari de ma duchesse est mort, de sorte que, mon cher, le coffre du défunt me tendant les bras, j’épouse la v***e. Tenez, j’essayais mon habit de noces. Gardez la lieutenance, mon cher, gardez.
Et il rendit le brevet à d’Artagnan.
Le jeune homme entra chez Aramis.
Il le trouva agenouillé devant un prie-Dieu, le front appuyé contre son livre d’heures ouvert.
Il lui raconta son entrevue avec le cardinal, et tirant pour la troisième fois son brevet de sa poche :
— Vous, notre ami, notre lumière, notre protecteur invisible, dit-il, acceptez ce brevet ; vous l’avez mérité plus que personne par votre sagesse et vos conseils toujours suivis de si heureux résultats.
— Hélas ! cher ami, dit Aramis, nos dernières aventures m’ont dégoûté tout à fait de la vie d’homme d’épée. Cette fois, mon parti est pris irrévocablement : après le siège, j’entre chez les lazaristes. Gardez ce brevet, d’Artagnan ; le métier des armes vous convient ; vous serez un brave et aventureux capitaine.
D’Artagnan, l’œil humide de reconnaissance et brillant de joie, revint à Athos, qu’il trouva toujours attablé et mirant son dernier verre de malaga à la lueur de la lampe.
— Eh bien, dit-il, eux aussi m’ont refusé.
— C’est que personne, cher ami, n’en était plus digne que vous.
Il prit une plume, écrivit sur le brevet le nom de d’Artagnan et le lui remit.
— Je n’aurai donc plus d’amis, dit le jeune homme. Hélas ! plus rien que d’amers souvenirs.
Et il laissa tomber sa tête entre ses mains, tandis que deux larmes roulaient le long de ses joues.
— Vous êtes jeune, vous, répondit Athos, et vos souvenirs amers ont le temps de se changer en doux souvenirs.

A suivre

Dassault Mirage IIIC sur un rond-point à Orange (Vaucluse)
23/08/2026

Dassault Mirage IIIC sur un rond-point à Orange (Vaucluse)

23/08/2026

Il était un fou du roi
Qui vivait l'âme sereine
Dans un château d'autre fois
Pour l'amour d'une reine

Et vive les bossus ma mère
Et vive les pendus
Et vive les bossus ma mère
Et vive les pendus

Il y eut une grande chasse
Où les nobles deux par deux
Tous les dix mètres s'embrassent
Dans les chemins qu'on dit creux

Et vive les bossus ma mère
Et vive les pendus
Et vive les bossus ma mère
Et vive les pendus

Lorsque le fou vit la reine
Courtisée par un beau comte
Il s'en fut le cœur en peine
Dans un bois pleurer de honte

Et vive les bossus ma mère
Et vive les pendus
Et vive les bossus ma mère
Et vive les pendus

Lorsque trois jours furent passés
Il revint vers le château
Et alla tout raconter
Dans sa tour au roi la-haut

Et vive les bossus ma mère
Et vive les pendus
Et vive les bossus ma mère
Et vive les pendus

Devant tout ce qu'on lui raconte
Tout un jour le roi a ri
Il fit décorer le comte
Et c'est le fou qu'on pendit

Et vive les bossus ma mère
Et vive les pendus
Et vive les bossus ma mère
Et vive les pendus

Jacques Brel.

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Biarritz
64200

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