16/08/2026
Un stage, ce ne devrait pas être forcément apprendre davantage de techniques.
Apprendre 5 ou 6 techniques en quelques heures, c’est intéressant.
Mais est-ce réellement ce qui va faire évoluer notre pratique ?
Découvrir les spécificités d’un système, une autre façon de pratiquer, une autre lecture du mouvement, remettre en place certains fondamentaux… peut avoir beaucoup plus d’impact.
Repartir avec l’impression d’avoir vu quelque chose de nouveau, oui.
Mais surtout quelque chose de profond, qui va continuer à travailler dans notre pratique bien après le stage.
Additionner des techniques : c’est cool.
Se les approprier, les ressentir, comprendre pourquoi elles fonctionnent, quand les utiliser et surtout comment les adapter : c’est mieux.
On peut aussi profiter d’un stage pour remettre en question des choses que l’on pense déjà maîtriser.
Une frappe que l’on croit « au top » peut encore être optimisée. Durant un stage , un stagiaire professeur , vu son gros passé( selon lui ) dans un art martial, etait persuadé que sa frappe etait dévastatrice. Je lui en ai parlé. Je l'ai senti offusqué. Test sur plastron : sa frappe n'a pas fait tressaillir mon élève. A mon niveau, je continue à travailler ma capacité de percussion dans n'importe quelle situation , à chercher "le truc " . C'est primordial car la rue ne pardonne pas .
Un déplacement que l’on considère comme basique et acquis peut révéler des défauts.
Une réaction que l’on pensait naturelle peut disparaître dès que la distance, le rythme, l'intention adverse changent .
Et c’est là que les choses deviennent intéressantes.
On peut être capable de placer une excellente défense dans une situation connue…
Puis devenir beaucoup moins précis lorsque la distance change.
Ne pas être capable d'admettre qu'il est possible que cela ne marche pas sur tout le monde . Donc se mettre en position d'être capable de rebondir au cas où...
Être technique dans sa zone de confort…imaginer le bidule qui perturbera le rouage et en tirer des conclusions . Et ainsi , envoyer du" steak " et l'accompagner d'une possible sauce qui le rendra plus goûtu.
Se rendre compte que l'on fait soudainement « n’importe quoi » dès que l’on entre dans une situation inhabituelle. L'accepter et travailler dessus.
Ce décalage mérite qu’on s’y intéresse.
Pourquoi ai-je fait ça ?
Pourquoi cette réaction ?
Pourquoi ce déplacement ?
Pourquoi cette technique fonctionne-t-elle ici et plus là ?
Ce ne sont pas forcément les nouvelles techniques qui nous font le plus progresser.
Parfois, c’est simplement le fait de mieux comprendre celles que l’on connaît déjà ou intégrer des combos sans fanfreluches faciles à placer, surprenants et terriblement " féroces " . Deconstruire partiellement ce que l’on croit maîtriser pour en faire quelque chose de solide.
Un bon stage ne devrait donc pas seulement remplir notre boîte à outils.
Il devrait parfois nous obliger à regarder différemment ce que nous pensions déjà savoir faire.
Un stage c'est aussi reprendre de l'énergie, faire des rencontres, pratiquer dans une autre atmosphère, découvrir.