Le 8 septembre 2023, un séisme d'une extrême violence a dévasté toute une région du Maroc située au sud de Marrakech. Au cœur du Massif du Haut Atlas, sous le Mont Toubkal, le village de Aremd situé à 1900 m d'altitude, a subi des dégâts irréversibles. Au-delà des maisons en très grande partie détruites, ce sont les réseaux d'irrigation et les terrasses agricoles, la route, les pistes et les chemins, les gites ruraux, les petits commerces, le bétail, qui ont été anéantis en l'espace de quelques secondes. Les autorités ont décrété que rien ne pouvait être restauré, tout doit être rasé et reconstruit à partir de zéro. Aujourd'hui, la population vit sous des tentes et abris de fortune, dans des conditions extrêmes. Chacun s'acharne à travailler pour permettre la survire de tous, mais le chantier est titanesque, et aucune aide structurée n'est encore parvenue au village. Au lycée Gabriel Fauré d’Annecy, trois professeurs et leurs élèves s'engagent dans un défi d'envergure qui se prolongera sur toute l'année scolaire: contribuer à remettre Aremd sur pied. Il s'agit d'une action solidaire et collaborative entre le village et établissement: l'association du village s'engage à envoyer régulièrement de l'information documentaire par photos, vidéos, audios, témoignant des travaux, des besoins et difficultés, des parcours de vie de certaines familles, support d'un travail pédagogique mené par les classes. Les élèves et leurs professeurs s'engagent à mettre en œuvre des actions permettant de récolter des fonds pour aider le village et ses habitants. Concrètement, il s'agit dans un premier temps de mettre en place une aide d’urgence, car en effet se joue une course contre l'hiver qui s'installe, impitoyable dans cette zone de montagne. Puis jusqu’à l'été 2024, diverses actions seront organisées pour récolter de l'argent, toujours en lien avec l'évolution des besoins du terrain, que les élèves vont suivre de près. Le projet est donc à plusieurs dimensions. D'une part étudier une catastrophe d'envergure ainsi que la résilience individuelle et collective dans un village de montagne au Maroc. Mais surtout mettre en oeuvre des actions en coopération avec le village, afin de l'aider à se réorganiser d'un point de vue humain et économique, ce qui aura par ailleurs des effets d'entrainement sur l'ensemble de la zone. Car en effet, Aremd est la principale porte d'entrée dans le Massif du Toubkal, point de départ de très nombreux trekkings. Aremd doit sortir de sa paralysie afin que l’économie locale puisse se redresser, et permettre aux habitants de tout un massif de vivre de leurs propres ressources à nouveau, qu'elles soient agricoles ou touristiques. Voilà le combat que les élèves et leurs professeurs se proposent de suivre et de mener, d'un point de vue tant pédagogique que humanitaire.