02/04/2023
« United we conquer »
C’est un paysage désolé, balayé par les vents, mouillé par la bruine ou inondé par l’averse quand il ne se perd pas dans un épais brouillard. Un sol spongieux, détrempé, aspire vos bottes, retient vos pas. Sous cette sphaigne, une roche dure, granitique, permet parfois de progresser par sautillons…
A l’abri des regards, dans cette terre des Highlands, les premiers commandos de 1942, s’aguerrirent depuis le fort d’Achnacarry avant d’être projetés pour de périlleuses missions, au cœur des lignes ennemies.
C’est ici que l’âme commando s’est forgée, à la dure, par le feu et la dague. Dans cette boue mêlée de neige, sous la morsure du froid hivernal ou sous les piqûres estivales des midges (moustiques en bien pire), dans la sueur et la souffrance, les premières générations de commandos britanniques, canadiens, français ou encore polonais, trouvèrent le courage du dépassement de soi et la rage de l’affrontement ultime.
Au sein de cette école de toutes les exigences, ils acquirent et améliorèrent les techniques de la guérilla, de la survie, du camouflage ou du sabotage. Ils apprirent, pour mieux les enseigner ensuite, les fondamentaux de la résistance et du combat clandestin.
Aujourd’hui trois statues de commandos en tenues de combat, regards tendus vers le Ben Nevis (le plus haut sommet de Grande Bretagne), immortalisent à jamais le courage et l’engagement de ces jeunes hommes.
A quelques mètres de là, autour d’un gros bloc de granite, les familles et les proches de commandos, de toutes générations, déposent des fleurs, des plaques commémoratives ou de petits croix de bois. De nombreux souvenirs évoquent des disparitions plus récentes, en Afghanistan notamment, faisant écho à d’autres, plus proches, plus personnelles, mais issues de cette même famille. Une jeune orpheline a gravé une souris sur une ardoise en mémoire de son héroïque père disparu avec l’épitaphe: « I miss you Papa ».
RIP 🪦 soldats de l’ombre.