06/05/2026
Encore une fois, une histoire de discrimination de la langue portugaise en France, au sein de l'Éducation nationale. Jusqu'à quand?
L'ADEPBA a écrit à la Rectrice et au Directeur de l'Académie de Paris au sujet de la fermeture d'une classe au collège Pierre-Jean Béranger.
À Madame la Rectrice d'Académie,
À Monsieur le Directeur d’Académie,
Objet : fermeture d’une classe au collège Pierre-Jean de Béranger et danger pour l’enseignement du portugais.
Madame la Rectrice, Monsieur le directeur d’académie,
L’Association pour le développement des études portugaises, brésiliennes, d’Afrique et d’Asie lusophones a été alertée à propos de la suppression d’une classe de sixième à la prochaine rentrée, le Rectorat arguant d’une baisse des effectifs affectant le collège en question.Solidaire de l’ensemble des motifs que les enseignants et la communauté éducative vous ont exposés dans un courrier daté du 20 février, l’Adepba intervient ici pour souligner que cette suppression met en péril l’enseignement du portugais.
Le collège Pierre Jean de Béranger se distingue par une offre pédagogique irremplaçable et rare dans le secteur concerné puisque le portugais est enseigné au sein d’un parcours bilangue dès la 6ème. Parcours en continuité avec les enseignements de langue suivis précédemment à l’école élémentaire.
Par ailleurs, nous nous étonnons du refus exprimé par le Rectorat d’accorder des dérogations aux élèves des écoles primaires, certes hors secteur mais situées aux alentours du collège Béranger,et qui proposent l’enseignement du portugais. Ainsi, les élèves ayant bénéficié de cet enseignement sont orientés vers des collèges qui ne proposent pas cette langue. De sorte qu’ils ne peuvent pas poursuivre au collège la langue commencée en primaire ! La disparition de cet enseignement pénaliserait ces élèves et constituerait une perte irrémédiable pour l'ensemble du bassin scolaire.
Il suffirait pourtant d’accorder des dérogations dans les conditions présentées à l’instant, alimentant en cela les effectifs de la classe concernée, qui doit être préservée ! Enfin, l’Adepba, se faisant l’écho de l’inquiétude de maintes familles, exprime son incompréhension devant l’absence de continuité pédagogique entre le primaire et le collège, continuité pourtant affirmée par les accords bilatéraux entre la France et le Portugal.
En espérant que vous prendrez en compte le contenu de ce courrier, et en nous associant au soutien que la communauté locale a déjà exprimé sur ce sujet, veuillez croire, Madame la Rectrice, Monsieur le Directeur en nos sentiments respectueux.
Christophe Gonzalez
Président de l’ADEPBA
Professeur honoraire de l’Université Toulouse-Jean Jaurès