17/09/2026
une bonne grosse paire le mr
Le 21 juin 1972, le pilote d'essai français Jean Boulet s'installe aux commandes d'un hélicoptère Aérospatiale SA 315B Lama au-dessus d'Istres, en France, bien décidé à pousser l'aviation à voilure tournante jusqu'à son plafond absolu. Débarrassé de tout poids superflu pour affronter une atmosphère dangereusement raréfiée, l'appareil s'élève bien au-delà de ses limites opérationnelles habituelles. Boulet propulse l'hélicoptère jusqu'à l'altitude stupéfiante de 12 442 mètres (40 280 pieds), établissant ainsi un record du monde absolu d'altitude pour hélicoptères, toujours inégalé à ce jour.
Les conditions extrêmes régnant à cette altitude provoquent immédiatement une situation d'urgence critique : la température de l'air chute à −63 °C, entraînant l'extinction et l'arrêt complet de la turbine. L'air étant trop rare pour permettre un redémarrage du moteur à cette altitude, Boulet se retrouve soudain sans propulsion, à des milliers de mètres au-dessus du sol, aux commandes d'un appareil glacé et inerte.
Faisant preuve d'un sang-froid extraordinaire face à la situation, Boulet entame une longue et périlleuse autorotation, une manœuvre consistant à laisser le flux d'air descendant entraîner les pales du rotor — à la manière d'un moulin à vent — pour conserver la maîtrise de l'appareil. Il gère cette descente délicate sur plusieurs kilomètres, guidant l'hélicoptère jusqu'à un atterrissage en douceur et en toute sécurité, sans aucune assistance moteur ; cet exploit lui vaut, par la même occasion, un second record : celui de l'atterrissage en autorotation (sans moteur) effectué depuis la plus haute altitude dans l'histoire de l'aviation.