29/09/2026
La spiritualité n'est pas l'opposé de la science. Dans l'accompagnement, ce sont deux jambes qui avancent ensemble.
Le soufisme m'accompagne depuis des années, personnellement et professionnellement. Alors quand je vois la psychologie occidentale et la tradition soufie se répondre sur un même sujet, je ne peux pas m'empêcher d'en parler.
Jung refusait une psychologie qui réduit l'humain à son comportement, sa biologie ou son conditionnement social. Il prenait au sérieux les rêves, les symboles, le besoin de transformation intérieure. Ce qu'on oublie souvent, c'est que la tradition soufie avait déjà, bien avant lui, une carte fine de l'intériorité humaine, le nafs, l'égo dans ses états changeants, le qalb, le cœur qui perçoit et reçoit, le ruh, l'esprit, le sirr, le secret le plus intime.
Des chercheurs comparent aujourd'hui sérieusement l'individuation chez Jung et la tazkiya, la purification de l'âme dans la tradition soufie. Les deux visent une relation plus consciente à ce qui, en nous, échappe à notre contrôle immédiat. Mais elles ne s'arrêtent pas au même endroit. Jung vise un Soi plus intégré. La tazkiya vise un cœur purifié, réorienté, tourné vers le Réel. L'une cherche l'intégration. L'autre cherche l'orientation.
Dans ma pratique, cette distinction change tout. Comprendre un mécanisme psychologique ne suffit jamais à transformer une vie. Il faut aussi une direction, un sens vers lequel orienter ce que l'on a compris de soi. C'est ce que le soufisme m'a appris, et c'est ce qui transpire dans la façon dont j'accompagne mes clients à avancer.
La science de la vie, la vraie, ne sépare jamais la profondeur psychologique de la profondeur spirituelle. Ce sont deux jambes. Avec une seule, nous boitons.