09/12/2024
𝑼𝑵 𝑽𝑶𝒀𝑨𝑮𝑬 𝑨𝑼𝑻𝑯𝑬𝑵𝑻𝑰𝑸𝑼𝑬 𝑨𝑼 𝑪Œ𝑼𝑹 𝑫𝑬𝑺 𝑻𝑹𝑨𝑫𝑰𝑻𝑰𝑶𝑵𝑺 𝑫'𝑨𝑻𝑯 𝑫𝑶𝑼𝑨𝑳𝑨 : 𝑬𝒏𝒕𝒓𝒆 𝑵𝒂𝒕𝒖𝒓𝒆, 𝑯𝒊𝒔𝒕𝒐𝒊𝒓𝒆 𝒆𝒕 𝑪𝒉𝒂𝒍𝒆𝒖𝒓 𝑯𝒖𝒎𝒂𝒊𝒏𝒆
À notre arrivée au chef-lieu de Béni Douala, accueillis par des paysages pittoresques, gardés par des stèles à l’effigie de deux figures emblématiques de la région : Matoub Lounès et Imach Amar, qui dominaient fièrement l’horizon des hauteurs.
En poursuivant notre chemin, un sentier de randonnée nous a guidés à travers une série de paysages enchanteurs. Nous avons longé la descente d’El Kenar, traversé une passerelle menant aux lieux-dits, Tagurmet, El Hemam et puis Takaâs, pour finalement arriver à 𝐀𝐙𝐑𝐄𝐆 après environ 4 kilomètres. À l’entrée du village, nous avons découvert une salle polyvalente abritant un club sportif avec des installations dédiées au judo et au kung-fu (𝐀𝐒𝐀𝐌). Non loin de là, une bibliothèque en construction promet d’ouvrir de nouveaux horizons culturels dans cette localité nichée entre forêt et maisons isolées. Un stade de proximité, en cours de réalisation, offrira bientôt un espace aux jeunes sportifs de la région.
𝐀𝐓𝐇 𝐌𝐄𝐒𝐁𝐀𝐇
Notre itinéraire nous a ensuite menés au village 𝐝’𝐀𝐋𝐌𝐀, célèbre pour son artisanat ancestral. Jadis réputé pour le tissage de la robe kabyle, Alma conserve aujourd’hui son héritage à travers la poterie et le travail de l’argile.
En parcourant ses ruelles étroites, où l’eau d’un ruisseau s’écoule doucement, nous avons remarqué une cohabitation saisissante entre vieilles maisons délabrées et constructions modernes en briques. L’air froid et vivifiant de l’hiver ajoutait une touche poétique, et la pluie récente avait ravivé la végétation, nous offrant une véritable bouffée d’oxygène.
𝑨𝑼 𝑪Œ𝑼𝑹 𝑫𝑼 𝑽𝑰𝑳𝑳𝑨𝑮𝑬, entre le brouillard, nous avons aperçu la mosquée de 𝐍'𝐀𝐓𝐇 𝐌𝐎𝐔𝐒𝐒𝐀 Les ruelles, soigneusement entretenues par les villageois et leur comité bénévole, reflétaient une atmosphère d’harmonie et de solidarité. Malgré la fraîcheur hivernale, nous avons été réchauffés par l’accueil chaleureux de la famille de mon ami. Leur sourire sincère et un repas savoureux nous ont immédiatement mis à l’aise. Après le partage de table de dîner autour d'un repas délicieux préparé par la chef membre de la famille, la soirée fut animée : un voisin talentueux a joué des morceaux à la guitare, et nous avons accompagné ses chants en paroles fragmentée jusqu’à minuit. Après cette veillée, nous nous sommes réfugiés à l’étage ( 𝐓𝐀𝐆𝐔𝐑𝐅𝐄𝐒 ), où le réseau téléphonique était meilleur, pour répondre aux messages en re**rd avant de sombrer dans le sommeil.
À l’aube, le chant des coqs nous a réveillés. Le parfum du café fraîchement préparé par notre hôte a accéléré notre lever. La table du petit-déjeuner, garnie de produits locaux – lait de chèvre, et pain traditionnel (Agrum Akuran) – était une véritable invitation au partage. La maman de mon ami, dynamique et souriante, nous a raconté des anecdotes sur la récolte des olives, évoquant les différences entre les zones ensoleillées d’Asmar et celles ombragées de 𝐓𝐈𝐌𝐈𝐙𝐀𝐑𝐓, où l’huile d’olive est réputée pour sa finesse.
Poussés par la curiosité, nous avons exploré les ruelles du village et découvert des vestiges de maisons anciennes qui semblaient murmurer les récits du passé. Le hasard a voulu que nous croisions N’A FETA, cette potière renommée dont la mère de mon ami avait évoqué la réputation. Reconnaissant sa silhouette de loin, mon ami s’exclama avec enthousiasme.
Son sourire bienveillant illumina notre rencontre, et, en me voyant, elle sembla ravie d’accueillir un visiteur étranger au village. Sans hésitation, elle nous invita à la suivre dans son atelier, un lieu empreint d’histoire et de savoir-faire. Là, elle nous présenta ses œuvres : des gargoulettes, des porte-bougies (Lemsvih), des récipients pour henné (Lemtarin), et d’autres objets décorés avec soin de motifs berbères. Tout en nous les montrant, elle expliqua leur utilité, évoquant leur rôle central lors des cérémonies de mariage et de circoncision, ainsi que leur fonction d’objets de décoration souvent offerts en cadeau.
Sa passion pour son art, qu’elle pratique depuis 58 ans, ayant commencé dès l’âge de 20 ans, transparaissait dans chacun de ses gestes, rendant cette rencontre aussi enrichissante qu’émouvante.
Nous avons quitté son atelier en achetant 𝐄𝐋𝐌𝐄𝐒𝐕𝐀𝐇, cette brave dame avec un regard timide et une grande hospitalité nous a offert des cadeaux modelées avec ses propres main, le geste est déjà inestimable, ajoutés ainsi à des souvenirs impérissables gravés dans nos cœurs.
Nous avons ensuite gravi 𝐈𝐊𝐇𝐄𝐅 𝐎𝐔𝐆𝐌𝐎𝐔𝐍, un point culminant à 1 200 mètres d’altitude offrant une vue panoramique exceptionnelle sur la région. Là, reposent en paix les tombes de figures marquantes, dont Imach Amar, fondateur de l’Étoile Nord-Africaine. Le lieu semblait imprégner chaque visiteur d’une profonde sérénité et d’un lien fort avec le passé.
Sur le chemin du retour, nous avons rendu visite à la grand-mère de mon ami, que nous avons trouvée dans son jardin, récoltant des olives. Avec enthousiasme, nous l’avons aidée dans sa tâche tout en découvrant un jardin regorgeant de trésors : pommes de terre, navets blancs, salades et fèves en pleine croissance. Avant de partir, elle nous a offert des glands savoureux et un sourire lumineux qui resteront gravés dans ma mémoire.
De retour chez mon ami, après avoir récupéré nos bagages, nous avons échangé des au revoir émouvants. Un petit cadeau a été offert à sa maman en guise de remerciement pour son hospitalité.
En quittant le village d’𝐀𝐓𝐇 𝐌𝐄𝐒𝐁𝐀𝐇, le cœur chargé de souvenirs, nous avons promis d’y revenir. Chaque instant passé ici fut une ode à l’humanité, à la nature et à la richesse du patrimoine de l’Algérie profonde 🇩🇿 .
À d’autres découvertes…
LOTFI MOKRANI © fans