10/09/2026
Au sujet de la délimitation des frontières des objets/professions au sein des , cette intéressante publication spécifiquement sur le journalisme et la communication des organisations. Il est surtout intéressant de saisir les analyses d'un sur les questions d'information et de communication. Cc, Ndolo Jabea.
📰 𝐉𝐨𝐮𝐫𝐧𝐚𝐥𝐢𝐬𝐦𝐞 𝐞𝐭 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐮𝐧𝐢𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 : 𝐮𝐧 𝐝𝐞́𝐛𝐚𝐭 𝐫𝐞𝐥𝐚𝐧𝐜𝐞́ 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐟𝐫𝐨𝐧𝐭𝐢𝐞̀𝐫𝐞𝐬 𝐝𝐞𝐬 𝐦𝐞́𝐭𝐢𝐞𝐫𝐬 𝐝𝐞 𝐥’𝐢𝐧𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧
« La communication, ce n’est pas du journalisme. » La prise de position de Benaja Nkemzikann, publiée sur LinkedIn le 8 septembre 2026, a suscité une réflexion sur les frontières entre journalisme et communication. Dans une réponse publiée le lendemain, Ndolo Jabea, spécialiste de l’information documentaire et des relations internationales, invite à dépasser les oppositions trop rapides et à interroger plus largement les relations entre information et communication.
Camersic-Infos vous les deux déclarations
Benaja Nkemzikann
Président-fondateur de ACOMA
La communication, ce n’est pas du journalisme.
Cette confusion persiste encore, particulièrement dans l’espace professionnel africain francophone. Pourtant, les deux métiers ne poursuivent pas le même objectif et ne répondent pas aux mêmes logiques professionnelles. Le journalisme collecte et diffuse de l’information dans une logique d’enquête, de vérification, de traitement et d’intérêt public, avec une exigence de distance vis-à-vis des intérêts particuliers. La communication des organisations, elle, travaille notamment sur l’image, la notoriété, la réputation, l’influence et les relations entre une organisation et ses différents publics. Elle répond donc à des objectifs stratégiques propres à l’organisation. Les compétences peuvent rarement se croiser. Les professionnels peuvent aussi passer d’un métier à l’autre par une requalification des compétences . Mais changer de « profession » ( Remarquez j’ai mis profession entre guillemets du moins en Afrique) suppose de changer de posture, de méthodes et même de culture professionnelle. C’est justement cette confusion qui contribue à fragiliser la reconnaissance et la profondeur de nos métiers de la communication. Former quelques personnes au journalisme ne saurait en aucun cas construire une industrie de la communication. Publier sur les réseaux sociaux ne suffit pas non plus à être communicant. La communication n’est pas du journalisme. Tout comme le journalisme n’est pas de la communication. Il est temps de mieux délimiter nos métiers, de mieux former nos professionnels et surtout de mieux comprendre ce que chacun apporte à nos organisations et à nos sociétés.
Ndolo Jabea, Spécialiste de l'information documentaire et relations internationales
Cela fait quelque temps que je médite sur ces questions et j’ai comme l’impression que nous naviguons souvent entre a priori et réductionnismes, notamment lorsqu’on tend à présenter "la communication" à partir de la seule communication des organisations. On risque alors de confondre un concept avec une pratique située.
Le journalisme, malgré son ancrage informationnel, est aussi inscrit dans une relationalité, dans sa participation à la circulation des discours, à la formation et à la transformation des opinions dans l’espace public. Cela le distingue des stratégies de positionnement propres aux organisations, sans pour autant l’extraire du champ communicationnel.
Sur ce point, la métaphore de l’"Orchestre" proposée par l’École de Palo Alto me semble éclairante en ceci que dans l’espace public, le journalisme joue sa partition au sein d’une configuration relationnelle dont il n’est ni le seul acteur ni le seul producteur d’effets.
Mais le caractère "informationnel" du journalisme mérite lui aussi d’être interrogé. À mesure que certaines de ses technicités, notamment le référencement des sources, la citation, la vérification, la contextualisation, le traitement... peuvent être mises en regard de traditions documentaires, on peut se demander ce qui fonde précisément cette qualification d’"informationnel".
Dès lors, si l’on compare, dans le champ des , journalisme et documentation par exemple, la question de savoir comment légitimer le "I" de l'"informationnel" et par quels ressorts, me paraît essentielle. Parlons-nous de concepts ou de pratiques situées ? C’est peut-être en posant ainsi le problème que l’on peut dépasser certaines oppositions trop rapidement établies et éclairer davantage les relations entre information et communication.