10/09/2026
Et si nos langues africaines étaient beaucoup plus grandes que les frontières de nos pays ?
Quand on parle de langues africaines, on pense souvent à une langue associée à un peuple, une région ou un pays.
Pourtant, certaines de ces langues traversent les frontières depuis bien longtemps.
Prenons le fulfulde.
Cette langue, sous ses différentes variétés, est parlée dans des communautés réparties dans 17 pays africains, du Sénégal au Soudan.
Le haoussa, quant à lui, est utilisé bien au-delà du Nigeria et du Niger. On le retrouve notamment au Ghana, au Cameroun, au Tchad, au Bénin, au Togo et dans d'autres pays de la région.
Ces langues sont donc loin d'être « petites ».
Elles sont parlées, transmises, utilisées pour commercer, raconter, enseigner, échanger et créer du lien entre des communautés séparées par des frontières nationales.
Alors pourquoi sont-elles encore si peu visibles dans le monde numérique ?
Le problème est réel.
L’UNESCO estime qu’aujourd’hui, sur plus de 7 000 langues parlées dans le monde, seulement environ 1 000 sont présentes en ligne de manière significative.
Et lorsqu'il s'agit d'intelligence artificielle, de traduction automatique, de reconnaissance vocale ou de ressources éducatives numériques, de nombreuses langues africaines restent encore sous-représentées.
Autrement dit :
Nous pouvons avoir des millions de locuteurs…
une langue peut être parlée dans plusieurs pays…
des générations peuvent continuer à la transmettre…
…et pourtant, cette langue peut rester presque invisible sur Internet.
C'est là que se trouve l'un des grands défis de notre époque.
Préserver une langue ne signifie pas seulement conserver des mots dans un dictionnaire.
C'est aussi lui donner une place dans :
→ L'éducation
→ Les médias
→ Les outils numériques
→ L'intelligence artificielle
→ La traduction
→ Les réseaux sociaux
→ La transmission intergénérationnelle
Car une langue qui n'entre pas dans le monde numérique risque progressivement de devenir une langue que les technologies comprennent de moins en moins.
Et pourtant, derrière chaque langue, il y a des histoires, des savoirs, des proverbes, des façons de penser et une mémoire collective.
Les Langues de Chez Nous par son application AKILANG veut contribuer à changer cette réalité.
Parce que nos langues ne sont pas seulement des héritages du passé.
Elles ont aussi leur place dans le futur numérique de l'Afrique.
Et si nous commencions par mieux les connaître, mieux les documenter et surtout… mieux les faire entendre ?
Derrière chacune de nos ressources, une même ambition : faire vivre nos langues aujourd’hui et demain tout en construisant AKILANG, le premier traducteur IA dédié aux langues africaines.