20/12/2022
DE L'ESCLAVAGE À LA COLONISATION ET DE LA COLONISATION AU NÉO-ESCLAVAGISME: COMMENT S'EN SORTIR, COMMENT ÉMERGER
De: Jules Chrysostome Fouda Nguili
Tel. 699219763
Ce texte est une réflexion sur l'anthropophagie /cannibalisme d'État... En attendant la civilisation.
On a tant écrit sur la traite négrière et pas encore assez. Un procès (tout au moins philisophique) de la traite négrière et de la colonisation reste névralgiquement attendu comme signe annonciateur d'un nouveau et meilleur monde et aucun mensonge ne doit arrêter l'aspiration la plus forte à décrier puis réparer cette plaie béante de l'histoire universelle. Autant l'Afrique est appelée à se servir de ce carburant psychologique négatif (à positiver au préalable) autant elle doit se bâtir une nouvelle vision de puissance en dirigeant son regard vers l'avenir. C'est son droit le plus absolu de pleurer son malheur avant de se mettre debout pour chercher ses bourreaux...
On raconte partout que les africains vendirent leurs propres enfants aux acheteurs d'esclaves, que les chefs africains vendaient leurs sujets pour de la pacotille et des liqueurs... L'histoire étant écrite par les vainqueurs, il ne peut qu'en être ainsi. Toutefois l'heure de la vérité arrive toujours et avec elle la reddition des comptes. Si les bêtes sauvages peuvent donner leur vie pour protéger leur progéniture ou leurs semblables, comment se fait-il que les africains soient arrivés à pareille inhumanité ?
La vérité de l'esclavage et de la colonisation, c'est qu'il s'est agi et s'agit encore à ce jour de SYSTÈMES D'EXPLOITATION HAUTEMENT RAFFINÉS. En effet, pour l'esclavage comme pour la colonisation (esclavage *in situ*) il s'agissait de vaincre d'abord militairement les États de la côte, asservir leur souverains désormais à la merci du maître / vainqueur et y installer un système raffiné construit tant sur la menace politico-militaire que la corruption permanentes matérialisées respectivement par l'imposition d'un lourd tribu d'esclaves à pourvoir et la distribution de piètres avantages irrévocables tels que des étoffes, des liqueurs, des armes à feu également destinées à mieux assurer la mission du vaincu: offrir sa propre chair même à contre-cœur !
La similitude presque parfaite avec les systèmes colonial et néo-colonial ? Le véritable bourreau n'était plus perceptible et même le commanditaire financier ne laissait aucune trace derrière l'acheteur d'esclaves lui-même ne représentant qu'un simple maillon de la macabre chaîne. On ne voyait plus alors que les pauvres nègres se massacrant ou très rarement en compagnie de quelques arabes dont le rôle demeurait souvent flou. Même si le monde arabe lui-même avait longuement et profondément organisé et joui de la même besogne par un passé récent et bénéficiait de son expérience en la matière.
Autant sur le terrain africain que dans le domaine de l'occidental
qui se faisait "maître" de l'esclave, la politique demeure identique : *"se servir du chien du pays pour attraper le lièvre du pays"*. Ainsi l'esclave de maison est exploité pour contrôler et dominer l'esclave des champs généralement moins docile. Le jeu se joue alors sur la vraie fausse absence du maître et de la domination extérieure qui cède sa place à une domination plus endogène, plus subtile parce qu'incarnée par les victimes elles-mêmes. Dans l'état colonial, la relation homothétique voudrait que se culpabilise ou soit culpabilisée la victime alors que le bourreau est déculpabilisé, voire loué comme un dieu, un sauveur (Banque mondiale, FMI, etc), situation d'autant plus renforcée par un système religieux savamment construit autour des sentiments d'amour du prochain, du pardon, de la pitié, de la promesse d'un paradis ou de la grand-peur d'un enfer ou feu dévorant après une vie misérable...
Autrement dit, les chaînes métalliques de jadis sont remplacées dans l'état néo-exclavagiste par celles spirituelles d'un système éducatif, religieux et économique structuré en véritable CODE NOIR BIS.
Ce Code noir bis légifère pour :
1- Tout ce qu'il est permis de savoir (brigade intellectuelle)
2- Tout ce qu'il est permis de consommer et comment il faut le consommer ( brigade économique)
3- Tout ce qu'il est permis de cultiver ou de produire industriellement ou artisanalement (brigade économique bis)
4- la monnaie ou devise ayant cours
5- la perception ou conception de soi et de Dieu à travers les religions ayant cours légal alors que celles locales sont bannies.
CONSÉQUENCES:
Dans l'État fantoche ainsi créé, le peuple déshumanisé est réduit à son expression la plus élémentaire et animale. Chacun n'aspire qu'à assouvir les besoins ou appels les plus instinctifs et égocentriques : se marier, faire des enfants, se loger, se nourrir, etc et toute intervention dans les champs politique, intellectuel ou spirituel est soit auto-censurée soit censurée ou limitée directement ou indirectement /subtilement par le système d'exploitation en place. Le peuple est appelé à déifier son "souverain" qui est lui-même tenu en respect par le Grand-Maître distant (remote control). Comme dans le syndrome de Stockholm, la victime loue son bourreau et espère et attend tout de lui. À longueur de journée, il est question du souverain et la centralisation ou centralité du pouvoir est capitale dans cette situation. Si nécessaire, il faut y parvenir coûte que coûte.
SOLUTIONS :
Au regard de la stratégie consistant en violence initiale puis mise en place d'un système entraînant la zombification des masses, avec pour conséquence un niveau général d'éducation et donc d'éveil spirituel très bas, avec également une propension à la reproduction des classes favorisées par le biais du népotisme, de la corruption systématique et systémique grâce et avec le soutien des puissances externes, la question est de savoir ou trouver comment lutter contre un adversaire invisible et pourtant présent ? Comment renverser un système dont on est devenu soi-même un élément ? Pour y parvenir, les étapes suivantes qui se résument à l'accroissement du niveau d'éveil spirituel et intellectuel, bref à l'amélioration quantique du niveau éducatif, s'imposent :
1- Comprendre le système et son fonctionnement dans les moindres détails
2- Entraîner le plus grand nombre possible de frères et sœurs à la compréhension du système et de ses chaînes. Autrement dit, démocratiser la connaissance libératrice en en faisant une affaire de tous. Dévoiler par conséquent au grand nombre la matrice du système.
3- Penser / concevoir le contre-système sur les plans spirituel, éducatif, économique, monétaire, financier, géopolitique, etc.
4- organiser un nouveau cadre de défense par l'investissement scientifique et technologique, ainsi que la coopération politique et militaire.
ANNEXE : LE SYSTÈME ESCLAVAGISTE EN OCCIDENT /ORIENT CAPITALISTE
Le système esclavagiste se trouve à la base même de très nombreux États capitalistes dans le monde.
Ses méthodes :
1- exclure une partie de la population nationale (...) du système éducatif et /ou économique.
2- Utiliser cette partie de la population comme esclaves "libres" ou ouvriers / prolétariat.
3- Structurer intellectuellement la culpabilisation des victimes du système. Justifier rigoureusement et vigoureusement le système par toutes sortes de théories, thèses académiques et programmes / programmations scolaires et académiques.
4- Se servir de la victime elle-même pour la perpétuation du système à travers une plus grande manipulation médiatique et éducative et grâce à l'appui du système religieux :"heureux soient les pauvres" et "puissent-ils pardonner à leurs bourreaux pour mériter le paradis"
Humblement vôtre 🙏🏿