01/04/2026
HE! TU AS DÉJÀ VU LE VÉRITABLE AMOUR ? Mon histoire te le révèle mais ne pleure surtout pas quand tu verras ce qu'un homme peut faire pour une femme. Lis...
Titre: Je t’aime
à
en mourir
Auteur: Serthy Ayissi
Genre: fantastique
# Chapitre 1 : Le trio d'Efoulan
La sonnerie du Lycée Bilingue d'Efoulan n'était pas une mélodie délicate. C'était une sirène stridente, presque agressive, qui déchirait la lourde chaleur de midi. Dès la première note, le brouhaha habituel de la cour gonfla d'un coup.
Moi, j'étais adossé au mur décrépi du bâtiment de la série scientifique, le nez plongé dans un cahier qui n'était pas le mien.
— Many, tu as bientôt fini avec ça ? Le prof de physique ne rigole pas aujourd'hui.
Je levai les yeux. Katie se tenait devant moi, les bras croisés, le regard sévère mais avec cette petite étincelle de douceur qui ne la quittait jamais vraiment. Sa voix, bien posée, tranchait avec le vacarme de nos camarades. Elle portait l'uniforme réglementaire – la veste bleu ciel sur une chemise blanche immaculée, et la jupe bleu marine – avec une élégance naturelle que je feignais toujours d'ignorer.
— Laisse-moi respirer, la mère, grognai-je en copiant frénétiquement la dernière ligne de l'équation. Je suis un esprit rebelle, moi. Les formules de cinématique, ça bride ma créativité.
Elle leva les yeux au ciel, un soupir amusé lui échappant. Son teint, d'un noir profond et persistant, contrastait avec le col blanc de sa chemise. Sous le soleil d'Efoulan, elle rayonnait. Évidemment, je me serais coupé la langue plutôt que de lui avouer une chose pareille. Pour elle, j'étais son meilleur ami. Son "grand frère" de cœur depuis l'époque lointaine où l'on se courait après dans les rues d'Olézoa.
Soudain, une masse colossale vint occulter le soleil et s'abattit devant nous.
— Les gars ! Vous avez vu la vidéo de la nga-là sur Facebook hier soir ? Ah ! Le Mboa va mal, je vous jure.
C'était Assako Léonel. Mon ombre. Mon complice de toutes les galères. Quand on le voyait débouler avec ses deux mètres de hauteur et ses épaules de déménageur, on s'attendait à entendre une voix de tonnerre. Au lieu de ça, il avait la tchatche d'un « congossa » professionnel de quartier. Son pantalon bleu marine, toujours un peu trop court pour ses longues jambes, révélait des chaussettes dépareillées.
— Quelle vidéo encore, Assako ? demanda Katie en récupérant finalement son cahier de mes mains. Vous passez votre vie sur les réseaux sociaux au lieu de réviser. On est en Terminale C, je vous rappelle. L'année du Bac.
— Laisse ça ! s'exclama Assako en tapant dans ses mains. La fille pleurait que son *sugar daddy* l'a déchargée au rond-point Nlongkak en pleine nuit ! Tout ça pour une histoire de fausses mèches brésiliennes ! E ne dzeu !
J'éclatai de rire, refermant mon stylo avec un claquement sec. J'ajustai ma propre veste, conscient du regard désapprobateur mais affectueux de Katie. J'aimais cultiver cette image de gars intraitable, un brin turbulent, avec mes cheveux coupés ras selon le règlement stricte de l'établissement. Celui qui se foutait des notes et des règles absurdes du bahut. Ça m'évitait de montrer à quel point ma propre réalité m'angoissait. Mes notes bataillaient pour atteindre la modeste moyenne de 10. Katie, elle, planait allègrement autour de 15.
— Tu es bête, Assako, lachai-je en lui tapant l'épaule. Viens, on rentre en classe avant que le surveillant général ne vienne distribuer des heures de colle.
Tandis que nous marchions tous les trois vers notre salle exiguë, Assako continuait de gesticuler en racontant les détails du scandale. Je marchais légèrement en retrait, les mains dans les poches. Du haut de mon mètre soixante-treize, je devais lever la tête pour regarder mon meilleur ami, mais c'était la silhouette de Katie, juste devant nous, qui accaparait discrètement toute mon attention.
L'allure décidée, un ou deux livres toujours serrés contre sa poitrine, elle slalomait entre les élèves agités avec une aisance impressionnante. « Un livre fermé », voilà comment on pouvait la décrire. Brillante, ouverte d'esprit pour aider les autres, mais résolument impénétrable sur ce qu'elle ressentait au plus profond d'elle.
Un élève de Première, courant à l'aveuglette, la bouscula violemment, manquant de la faire tomber. Mes poings se resserrèrent instantanément. Je bondis en avant, agrippant solidement le col de la chemise du garçon avant qu'il ne puisse s'excuser ou fuir.
— Hé ! Tu n'as pas de yeux, eh ? crachai-je avec une agressivité qui me surprit moi-même. Demande pardon avant que je te montre le vrai goût du goudron.
— C'est bon, Many ! Laisse-le, intervint Katie en posant une main douce sur mon bras. Je n'ai rien.
Le contact de ses doigts sur ma manche agit comme une décharge électrique. Je relâchai le garçon, qui détala sans demander son reste, en me jetant un regard terrifié. J'essayai de me recomposer, ajustant mon masque de dur à cuire.
— Je ne supporte pas le manque de respect, marmonnai-je, le regard fuyant, pour justifier mon excès de zèle.
Derrière nous, Assako laissa échapper un petit rire étouffé. Je me retournai sèchement vers lui, mais il leva immédiatement ses immenses mains en l'air, l'air faussement innocent. Ce grand idiot n'était pas aussi bête qu'il en avait l'air. S'il y avait bien une personne à Efoulan qui suspectait la tempête de sentiments que je dissimulais derrière mes accès de colère protecteurs, c'était lui.
La sonnerie de fin de pause retentit une nouvelle fois. Le cours de physique nous attendait, et avec lui, un retour brutal à notre réalité d'élèves de Terminale scientifique. Mais pour l'instant, marcher simplement à côté de Katie suffisait amplement à mon bonheur inavoué.
# Chapitre 2 : La fille du garagiste
La fin des cours fut une libération. La chaleur de l'après-midi écrasait les toits en tôle d'Efoulan, et nos chemises collaient à nos dos.
Dès qu'on eut passé le grand portail rouillé du lycée, Assako tira sur le col de sa veste pour respirer.
— Gars, je suis mort aujourd'hui, souffla-t-il avec l'accent lourd des quartiers populaires. Le prof de SVT là, il wanda trop avec ses pilonnages de leçons. Mon cerveau a même déjà chauffé.
— Tu dis quoi ? rigolai-je en lui donnant une tape sur le bras. Ton cerveau n'a jamais rien calculé. Si tu mettais la moitié de l'énergie que tu perds sur TikTok dans tes cahiers, tu serais le major.
Katie, qui marchait un demi-pas devant nous, se retourna à moitié. Son français était toujours d'une limpidité troublante, sans les raccourcis de langage qu'Assako et moi utilisions instinctivement comme un code.
— Vous exagérez toujours, vous deux, dit-elle posément. Le cours sur la génétique était pourtant fascinant. Si on ne comprend pas comment l'ADN fonctionne, comment espérer avancer en Terminale C ?
— Laisse d'abord ça, la mère, la coupai-je avec un geste de la main. Le seul truc que mon ADN demande là maintenant, c'est de l'eau glacée et du repos.
On arriva au niveau du carrefour principal où nos chemins devaient se séparer. Les motos-taxis klaxonnaient dans tous les sens en soulevant des nuages de poussière ocre.
— Bon, je vous laisse, lança Assako en pointant du doigt la direction de Mvolyé. On se check demain, et Many, n'oublie pas le way dont on a parlé. Ciao la miss !
— Au revoir, Léonel. Ne rentre pas trop t**d, lui répondit Katie.
Assako s'éloigna avec sa grande démarche dégingandée. Je me retrouvai seul avec elle pour affronter la montée vers Olézoa. C'était toujours le moment de la journée que je préférais, celui où je n'avais plus à faire semblant. Je pouvais ralentir mon pas pour le calquer sur le sien.
La circulation était dense. À l'approche du rond-point, un vieux taxi jaune cabossé freina brusquement devant nous, les pneus crissant sur le goudron brûlant. Le chauffeur, le bras nonchalamment posé sur la portière, pointa l'index vers le centre-ville. J'ai répondu par un refus de la tête.
Je n'ai pas pu m'empêcher de sourire en observant la carrosserie rouillée s'éloigner dans la fumée de son pot d'échappement. Les taxis jaunes, c'était le métronome de notre quartier. Depuis que j'étais gosse, ils faisaient partie de mon horizon quotidien. C'était là, exactement à ce grand carrefour, que nos deux mondes se croisaient tous les matins, bien avant qu'on ait l'âge de porter l'uniforme du lycée. Mon père venait s'y tenir très tôt, ses grosses mains épaisses toujours un peu blanchies par le ciment de la veille, guettant un "clando" pour aller un peu partout chercher des chantiers. Un modeste maçon qui ne disait jamais un mot plus haut que l'autre. Quelques mètres plus loin, sous le même soleil matinal, patientait la mère de Katie, toujours impeccablement vêtue, pour rejoindre l'école maternelle où elle enseignait. Ces matins-là marquaient nos différences invisibles, que la rue lissait d'une certaine façon. Ma propre mère, elle, ne prenait jamais de taxi : elle filait bien avant le lever du jour, à pied, avec sa charge de marchandises sur la tête. Elle était bayam sellam, vendant des vivres au marché pour que l'on puisse joindre les deux bouts.
Pourtant, dans l'insouciance de notre enfance, ces murs sociaux fondaient au soleil. Nos maisons étaient voisines. Je passais le plus clair de mon temps à traîner avec Katie. Je voyais parfois son père, ce gestionnaire de garage toujours sombre et terrifiant d'autorité, qui ne tolérait ni le bruit ni l'échec. Très jeune, et sans trop savoir pourquoi, je m'étais érigé en bouclier pour elle. Je revoyais encore ces fins de journées où on fuguait silencieusement de nos concessions pour s'aventurer du côté des vieux ravins, en quête de mangues sauvages. Je n'avais pas peur des propriétaires menaçants ni des branches fragiles. J'escaladais toujours l'arbre le premier. Juste pour la voir sourire.
— Many ? Tu m'écoutes ou tu comptes les voitures ?
La voix de Katie me ramena d'un coup sur le bitume d'Olézoa. Je clignai des yeux, chassant la douceur des souvenirs.
— Je... j'étais ailleurs, avouai-je en reprenant mon allure de dur. Tu disais quoi ?
— Je disais que mon père sera sûrement de bonne humeur ce soir, soupira-t-elle, le regard soudain moins vif et plus inquiet. On a reçu les notes du devoir d'algorithmique et j'ai eu la meilleure note.
— 19 sur 20 ? tentai-je pour détendre l'atmosphère.
— 18,5. C'est suffisant pour éviter un interrogatoire. Et toi... tu n'as pas voulu regarder ta copie ?
Je glissai mes mains dans mes poches, fuyant son regard noir et perçant. Dans mon sac froissé reposait une feuille raturée d'encre écarlate, ornée d'un pitoyable 08. L'éternel rappel de qui j'étais aux yeux des adultes, face à son inatteignable excellence.
— Ça va, bougonnai-je, reprenant sans effort mon jargon familier. Le prof m'en veut, c'est tout. Viens, on avance. Je n'ai pas envie que ton daron te gronde parce que tu as traîné en chemin avec un cancre comme moi.
# Chapitre 3 : L'odeur de la jalousie
La récréation de dix heures s'abattait sur le Lycée Bilingue d'Efoulan comme une fièvre tropicale. Sous le soleil implacable qui rôtissait les tôles ondulées, la cour n'était plus qu'un océan d'uniformes en sueur, un grouillement bruyant d'où montaient le parfum rance de l'huile de friture et l'âcre poussière soulevée par des centaines de pas impétueux. C'était l'heure cruelle où les ventres creux hurlaient leur misère devant les bassines des vendeuses de beignets-haricots, dans un spectacle chaotique de faim et de cris.
Pour fuir ce déluge de chaleur humaine, nous avions cherché asile dans la torpeur de notre salle de classe. Assako, écrasé par la digestion d'un repas trop lourd englouti la veille, s'était affaissé sur son pupitre tel un titan terrassé par le sommeil. Quant à moi, je feignais d'absorber la complexe architecture des molécules de chimie organique que Katie s'évertuait à m'expliquer. En réalité, mon esprit vagabond ne se nourrissait que du timbre de sa voix et du tracé délicat de ses doigts sur le papier raturé.
C'est alors que la porte grinça, laissant entrer une insulte vivante à notre modeste réalité.
Ayuk. Le fils du Général ne marchait pas ; il glissait, souverain, au-dessus de la misère ambiante. Son uniforme, taillé dans une étoffe au tombé parfait, jurait violemment avec nos cotonnades délavées. Ses baskets immaculées, défiant le règlement intérieur, exhalaient l'arrogance de ceux qui n'ont jamais eu à braver la boue des bas-quartiers. Dans son sillage flottait une fragrance capiteuse, un parfum riche et lourd qui viola instantanément l'air confiné de notre classe, tel un effluve de paradis artificiel.
Il ignora royalement le reste de la pièce pour s'ancrer, sûr de lui, contre le pupitre de Katie. Les bras croisés, il exposait sans pudeur la lourde montre dorée qui mangeait son poignet.
— Katie, laissa-t-il tomber avec le sourire lourd et sucré d'un prédateur sûr de sa proie. Tu as toujours le nez dans tes équations. Laisse la chimie un peu. Viens, on chill à la cantine. Je te paye ce que tu veux : jus, chawarma... Commande, c'est le grand format.
Assako ouvrit un œil gorgé de sommeil, la lippe pendante.
De mon côté, un venin brûlant s'injecta dans mes veines. Une jalousie sauvage, aigre comme le fiel, m'aveugla l'esprit. Le sang cogna contre mes tempes avec la violence d'un tambour de guerre. Sans que ma raison n'ait eu le temps d'approuver, ma chaise racla le sol dans un hurlement de ferraille et je me dressai, palpitant, réduisant l'espace entre ce vaniteux et moi à une poignée de centimètres.
— Tu n'as pas entendu qu'elle travaille ? crachai-je, le regard noir comme les nuages d'orage du soir. Bouge de notre table. Ton parfum de riche pique les yeux des gens qui essaient de réfléchir.
Le sourire d'Ayuk se fana, laissant éclore un rictus chargé de dédain. Ses yeux balayèrent ma silhouette, effleurant mes chaussures éraflées et le col élimé de ma veste, pesant mon existence et la jugeant insignifiante.
— Je parlais à Katie, Many. Pas à son garde du corps, rétorqua-t-il d'une voix traînante et empoisonnée. Depuis quand c'est le maçon du quartier qui valide l'emploi du temps de la plus belle fille de la Terminale C ?
Cette évocation crue de la sueur de mon père résonna en moi comme un coup de fouet sur une plaie encore à vif. La fureur embrasa mes entrailles. Mon poing se serra, prêt à froisser la perfection insolente de son col sur mesure, prêt à fracasser cette illusion de noblesse contre l'austérité du tableau noir.
Une ombre colossale étouffa soudainement la lumière entre nous. Assako. Du haut de ses deux mètres, ce géant bienveillant s'imposa. Sa large main, aussi lourde qu'une enclume, s'aplatit contre mon torse, m'ancrant de force dans la réalité.
— C'est bon, le généraliste, gronda la voix caverneuse d'Assako, assombrissant le visage d'Ayuk. La go a dit qu'elle tchop pas tes chawarmas aujourd'hui. Avance doucement. Y a pas match ici.
Le fils du gradé toisa l'envergure d'Assako. L'arrogance filiale ne pesait guère face à cent kilos de muscles façonnés par les rues sans pitié de Mvolyé. Rabaissé dans son orgueil, il lissa le col de sa propre chemise avec une dignité affectée.
— De toute façon, l'odeur de craie me fatigue, lâcha-t-il en tournant les talons. On se capte plus t**d, Katie. Loin de tes molosses.
Il laissa dans son sillage un silence électrique, lourd de mille mots tus. Je respirais avec la saccade d'un fauve échoué, mes doigts encrés de craie encore tremblants de colère.
— Many, c'était quoi ça, sérieusement ?
Je baissai les yeux vers Katie, espérant y lire de la gratitude. Je n'y trouvai que la froideur d'un couperet. Son regard, sombre et accusateur, me foudroya.
— Le gars te manquait de respect, je te protège, c'est tout, balbutiai-je, cherchant un misérable abri derrière cet alibi d'amitié fraternelle. On ne sait jamais quelles sont les intentions de ces fils-à-papa qui croient pouvoir tout acheter...
— Le protéger de quoi ? De m'offrir un jus ? s'indigna-t-elle, écartant la chaise pour se lever dans un bruissement de l'uniforme. Je n'ai pas huit ans, Many. Je sais pertinemment repousser un garçon toute seule si l'envie m'en prend. Je n'ai nul besoin d'un vigile qui aboie à ma place et qui risque, par sa bêtise, de se faire renvoyer !
Ses paroles, tranchantes comme du verre pilé, m'entaillèrent l'âme. D'un geste vif et outré, elle pressa ses livres contre le tissu de sa blouse et quitta la salle, s'éloignant avec la grâce offensée d'une reine blessée par la sauvagerie de son propre cerbère.
Je restai là, pétrifié, le cœur barbouillé de regrets inutiles. Derrière moi, le craquement sinistre d'une chaise en bois annonça le réveil total d'Assako. Un sourire narquois, pareil à celui d'un bouffon cruel découvrant le secret du roi, déformait ses lippes épaisses.
— Quoi ? aboyai-je, incapable de supporter ce miroir braqué sur mes ridicules excès. Qu'est-ce que tu regardes ?
— « Je te protège, c'est tout », psalmodia-t-il en contrefaisant mon propre timbre avec une théâtralité insupportable.
— La ferme, Assako.
— Protéger la petite ? Gars, on dirait que tu es devenu aveugle de tes propres yeux. Toute la salle vient de wanda sur ton théâtre. Le gars voulait juste lui payer un chawarma pour se la péter un peu, et toi... tu voulais l'enterrer vivant ? Tu es sûr que c'est ça l'instinct de grand-frère ?
— C'était pour son bien, m'entêtai-je, fixant obstinément la morne surface de mon cahier écorché.
— Pour son bien, ouais... rit-il doucement en fouillant dans ses poches pour en extirper des cacahuètes grillées. Gars, tes yeux étaient tellement rouges d'une jalousie malade que même le général en chef de son pater aurait eu le vertige devant toi. Si ça c'est de l'amitié... je prie le Ciel pour ne jamais savoir ce qu'est l'amour.
Cette vérité, crue, nue et hideuse de clairvoyance, m'acheva. Sans oser répliquer à l'insolente sagacité de ce grand idiot, j'arrachai mon sac et désertai la salle à grandes enjambées, préférant la fuite dans le tumulte brûlant de la cour plutôt que de rester seul avec le vacarme assourdissant de mon propre cœur.