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MONGO FAYA, l'homme qui en une journée avait épousé six femmes.Il était musicien, guérisseur traditionnel. Toutes les fe...
09/04/2020

MONGO FAYA, l'homme qui en une journée avait épousé six femmes.

Il était musicien, guérisseur traditionnel. Toutes les femmes qui allaient le voir pour exposer leurs Problèmes de couple tombaient sous son charme et il les épousaient.

La rumeur racontait alors qu'il avait le don d'ensorceler les femmes rien qu'avec son regard. C'est ainsi que ses voisins de quartier interdisaient scrupuleusement à leurs femmes et filles de passer devant la concession de Mongo Faya.
Lorsqu'il arrivait dans un service public toutes les femmes présentes prenaient leurs jambes à leur cou afin de ne pas se faire ensorceler.

Plusieurs légendes ont été véhiculées sur MONGO FAYA dont la fameuse légende de son Lac plein de poissons ou encore la légende de la fameuse chanson "coller chewing-gum".

La réputation de Mongo Faya dépassait le Cameroun, à tel point que plusieurs télévisions occidentales se sont rendues au Cameroun pour tourner des documentaires sur l'homme.

MONGO FAYA était aussi un très grand guérisseur. Plusieurs icônes de la musique Camerounaise encore vivantes aujourd'hui ont été soignées par celui ci alors qu'on leur prédisaient une mort certaine.

A travers son orchestre , il a collaboré avec plusieurs artistes Camerounais et a contribué à leurs formations.

MONGO FAYA était surtout un homme très charismatique, il n'avait pas besoin de parler pour être remarqué. Lorsqu'il était présent quelque part, on ressentait son aura envahir les lieux.

MONGO FAYA c'était aussi des scènes extravagantes, on se souvient que pour faire ses courses, il se déplaçait dans un grand bus accompagné de ses femmes. Scène cocasse, ses femmes étaient allées lui porter plainte au tribunal parce qu'elles voulaient un autre bus plus spacieux.

MONGO FAYA était très attachée aux valeurs traditionnelles.

C’est l’histoire d’un homme qui à l’âge de 35 ans avait déjà 36 femmes. On le découvre réellement dans les années 80 lorsqu’il épouse le 11 juillet 1987 six femmes à la fois dans La mairie de Deido à Douala. Vers la fin de cette même année-là, il a épousé 15 autres épouses, pour le meilleur et pour le pire.

Auteur-compositeur, il était spécialisé dans le Bikutsi et s’est essayé aussi à plusieurs rythmes dont le Makossa. Il se produisait sur scène avec ses épouses, on lui doit notamment les titres « Antasia », « belle vie au Cameroun », « mon Ade », « stop apartheid ».

Son rêve était de réaliser un grand voyage de noces aux USA avec ses épouses. On lui attribuait des pouvoirs mystiques. Il n’aimait pas être comparé à l’artiste Nigerian Fela qui lui-même avait plusieurs épouses ; il disait : « Fela c’est Fela » et « Mongo Faya c’est Mongo Faya ».

Il est décédé samedi 6 juillet 2002 à l’hôpital central de Yaoundé des suites d’une maladie.
On évalue le nombre de ses femmes à la fin de sa vie à une quatre-vingtaine et un nombre inconnu d'enfants.

07/04/2020

Manu Dibango et les têtes brûlées...
Extrait de "Paris c'est l'Afrique".

26/03/2020
Manu, gone...Manu Dibango est né à Douala de parents protestants, Michel Manfred N'Djoké Dibango, père fonctionnaire iss...
26/03/2020

Manu, gone...

Manu Dibango est né à Douala de parents protestants, Michel Manfred N'Djoké Dibango, père fonctionnaire issu de l'ethnie Yabassi et d'une mère couturière à la maison, issue de l'ethnie douala.

Mr Manu Dibango est allé en France nous sommes en 1949 il accoste par Marseille où il est accueilli par son correspondant Mr Chevalier.
puis par l'aval de son ami Francis Beybey il a découvert le piano et plut**d le saxophone. Hommage à notre légende.

13/03/2020

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21/02/2020

Génocide français au Cameroun...
C'est notre histoire!

LCCLC- Bernard Folon, le Socrate CamerounaisBernard Nsokika Fonlon (24 novembre 1924 - 26 août 1986) était un ministre d...
19/02/2020

LCCLC- Bernard Folon, le Socrate Camerounais

Bernard Nsokika Fonlon (24 novembre 1924 - 26 août 1986) était un ministre du gouvernement et un leader intellectuel du Cameroun.

Il est né à Kumbo, Nso, Province du nord-ouest, Cameroun et a étudié à Christ-Roi Collège au Nigeria, pour ensuite rejoindre le Bigard Memorial Séminary avec l'intention d'entrer dans le sacerdoce. Plus t**d, il enseigne au Collège St Joseph, à Buea, puis décide d'obtenir une bourse. Il est diplômé de l'Université d'Irlande, de la Sorbonne et de l'Université d'Oxford, spécialisé en littérature.

En 1961, il devient secrétaire du premier ministre du Cameroun du Sud, puis travaille pour le Président jusqu'en 1964. Fonlon est ensuite élu au Parlement Fédéral, où il reste jusqu'en 1970, et sert dans le cabinet, d'abord en tant que sous-ministre des affaires étrangères, puis ministre des transports, plus t**d, des postes et des télécommunications, puis de la santé et de la protection sociale.

Fonlon quitte le service public en 1971 pour rejoindre l'Université de Yaoundé, où il enseigne la littérature, jusqu'à devenir chef du Département de littérature négro-africaine et publier un certain nombre d'ouvrages. Il prend sa retraite en 1984, et décède quelques années plus t**d lors d'un voyage au Canada.

Homme aux capacités multiples, Fonlon a été surnommé le « Socrate camerounais ».

Il a été un grand promoteur du bilinguisme, comme en témoigne la r***e Abbia: R***e Culturelle du Cameroun qu'il a fondée en 1962

Arol KETCH
Fourmi Magnan égarée
Rat des archives

Qui part dire à ceux avec qui nous étions ce que le derrière est devenu!!!C'était le 6 février 1953, après un séjour de ...
06/02/2020

Qui part dire à ceux avec qui nous étions ce que le derrière est devenu!!!

C'était le 6 février 1953, après un séjour de près de 7ans a oveng adopté par une famille beti, que je revenais à bamendjou manger la maison de mon pere et j''avais alors 17 ans. Rien n'a été facile jusqu'à ce jour rien n'est facile.

À partir de 1955, soucieux du devenir de ce pays malgré mon jeune âge, j'ai pris une part active à la lutte d'indépendance et à la libération de mon pays.

j'ai refusé que je ne pouvais pas arrêter ma nourriture entre mes mains, laisser le colon blanc manger et je ne sois réduit qu'à ne lècher que les feuilles.

Cela m'a valu torture, misère, brimades et par moment j'ai frôlé la mort mais mes ancêtres m'ont toujours gardé. Ces colons m'ont fessés, m'ont torturés, m'ont emprisonné mais jamais je n'ai fléchi car pour moi le pays de quelqu'un n'est comparable a rien.

Nous nous sommes battus mais l'indépendance à été passé par la fenêtre et remis a ceux qui n'avaient rien demandé et on s'est dit "au lieu que ça se brûle, mieux ca cuit mal". Le blanc noir à pris la place du blanc et malgré tout nous continuons la bataille pour la construction de ce pays.
Le café est prospère, les planteurs vivent du fruit de leurs travail, les FO'O sont dignes et donnent de la valeur à la chefferie, la royauté pèse, chacun voit comment la plante Cameroun lance les légumes et la récolte du haricot est abondante . Malgré que nous soyons dans un régime ou personne ne peut ouvrir la bouche, chacun mange à sa faim et dort son sommeil sans tousser.

Aujourd'hui ou en sommes nous????

La tête fibrée du macabo qui était réservé au porc est devenue le principal repas de la famille, la banane qui nourrissait le cochon est devenu le remède face à la dureté des temps....qui pouvait l'imaginer que ce pays ci allait se retrouver a ce niveau aujourd'hui ?

Le peuple côtoie la misère, la souffrance au quotidien sous le regard méprisant des dirigeants qui vivent dans une richesse insolente et que quelques uns arrêtent seulement leurs corps pour ne même pas essuyer leurs fesses avec les billets d'argent!!!

Qui part dire à mon père Atangana Simon qui m'avait adopté a Oveng que le pays est resté se gâter si bien qu'on me rappelle chaque jour que mon village c'est Bamendjou a l'ouest du pays!!!!

Qui part dire à Ernest ouandié, à Abel kingué, à Roland Moumié, à Um Nyobe, à Ossende Afana que le pays est resté se gâter si bien que les mangeurs ne saluent plus les travailleurs !!!

Qui part dire à ceux la qui, soucieux de l'avenir des enfants de demain avaient rempli le grenier avant de partir que les souris sont restés ronger tous les arachides qui étaient dans le grenier?

Qui part dire à ceux là avec qui nous étions que voici que tout est resté se gâter si bien que en allant aux élections nous connaissons déjà la part de chaque candidat qu'il aura!!

Qui part dire au FO'O Abega Martin des Ewondo a Efoufan( Efoula Meyong qui veut dire rencontre de toutes les tribus)que le pays est resté se gâter si bien que ses enfants ne peuvent plus se couper un morceaud'eau. Le derrière s'est tellement gâté qu'on identifie déjà les ressortissants de chaque tribus et leur montre la route qui va chez eux .

Qui part dire au lamido Bouba Ndjida de Rey Bouda que le derrière est resté se gâter au point où le FO'O est à la cuisine lui même pour couper sa viande, son serviteur étant devenu son adversaire politique !!!!

Qui part dire au FO'O Alexandre Douala manga Bell que le pays est resté se gâté si bien que les chefs allés au fond de l'eau rentrent sans aucun message des ancêtres parcequ'ils ne reconnaissent plus les visages qui sont devant eux, l'administration ayant tout détruit!!!

Qui part dire au sultan Seydou Djimoulu de Foumban que tout est resté changer si bien que le chef lance le cri de ralliement sur la place du marché et le peuple ne répond pas!!!!

Qui part dire aux Fons Abumbi I et II de Bafut que le derrière est resté devenir n'importe quoi si bien que l'administration a cousu les tenues aux chefs, a fabriqué d'autres chefs et les a classé en premier, deuxième, troisième, quatrième degré!!!!

Qui part dire au FO'O Pag Ndon de bouroukou que tout est resté se gâter si bien que le FO'O mange le taro sans viande?

Qui part dire à FO'O kamwa de Baham, à FO'O Fotso de Batoufam que tout resté se gâter au point où le FO'O porte lui même sa peau de panthère pour aller danser sur la place du marché, le temps est si mauvais qu'on traverse le cour d'eau avec le veuvage!!!!

Qui part dire a FO'O Naoussi de Bamougoum que l'eau est resté partir en montant si bien que le fils aîné considéré comme l'ami du père succede au père, l'enfant né hors de la peau de panthère est entrain de discuter la succession !!!!

Qui part dire a FO'O Tchumtchoua de Bafoussam que tout est resté se gâter si bien que pendant la danse le FO'O lance la queue de cheval et personne n'attrape !!!

Qui part dire a FO'O kemajou de Bangou, à FO'O Happy de Bana que le temps est resté changé de pieds de chaussure si bien que le coq a chanté en plein jour et les * enfants des animaux* se sont mêlés des choses de la chefferie

Qui part dire a FO'O Djoumessi Mathias de Dschang que le derrière est pourri au point où le chef enlève chapeau, bracelets, tous ses attributs, porte le tricot d'un parti politique, abandonne son palais ,son trône et se retrouve au quartier à se battre dans une campagne électorale contre une partie de son peuple!!!!!!

Qui part dire à tous ceux avec qui nous étions et qui sont parti que tout est tellement gâté au point où les successeurs par des comportements deplorables ont chassés "Dieu" des lieux sacrés, les parents coupent la bière avec les enfants, les élèves tuent leurs enseignants, les parents enterrent les enfants et voient leurs malchances deux fois!!!

Que chacun sache qu'il paiera un jour le prix de tout le mal qu'il a fait à ce pays, les pleurs de ce peuple qui ne demande qu'un minimum d'attention ne peuvent pas se verser gratuitement. Ne soyez pas tellement rassasié aujourd'hui au point d'oublier que demain un autre jour se lèvera.

Rassurez-vous que le noeud que vous faites la vous serez capable de défaire vous même demain lorsqu'on vous invitera a le faire!!!

Le peuple crie, pleure ,vous restez insensible que ce n'est pas un homme et une femme qui vous avaient aussi accouché? On a fendu un arbre et vous êtes sorti dedans?

Pour ma part, j'ai vu et je continue à voir. J'ai vu ceux qui partaient, j'ai vu ceux qui revenaient . Ils m'ont menacés, m'ont torturés, j'ai mangé les cacas pour ce pays, j'ai jamais désespéré et jusqu'aujourd'hui je ne désespère pas. Je prie les Dieux de ce pays, je prie mes ancêtres afin qu'ils touchent le coeur de tous ceux qui sont habités par des mauvais esprit de mechanceté afin qu'ils comprennent que le Cameroun est au dessus de leurs calculs et intérêts, que nous passerons tous mais que le Cameroun restera et qu'il est urgent que chacun se concerte avec son coeur afin que nous pensons un nouveau Cameroun que nous transmettrons aux générations futures.

Chacun doit oeuvrer à son niveau pour la paix dans ce pays et cela doit se faire dans la vérité car on n'enterre pas la pierre au sol et malheur a tous ceux qui mangent la sauce dans 2 canaris

Pour ceux qui font encore semblant d'ignorer, dans nos traditions, on dit " Fo'o peue Sii', FO'O avec Dieu. Ma mission est divine et j'aurai des comptes à rendre a " Si'i" et a mes ancêtres et non aux humains!

Foo sokoudjou ce 6 février 2020, An 67 de mon règne , depuis mon palais a Bamendjou

La lettre de Suzanne Kala-Lobè à la diaspora reste d'actualité 11ans après publication."Il me semble en vous lisant que ...
06/02/2020

La lettre de Suzanne Kala-Lobè à la diaspora reste d'actualité 11ans après publication.

"Il me semble en vous lisant que ce que vous dites du Cameroun est en décalage avec la réalité que j’observe. Que la manière dont vous caractérisez le régime de Biya me paraît plus mécanique qu’analysé.

Lettre à la diaspora: Mes chères compatriotes et chers compatriotes, Par votre activisme débordant mais pas toujours efficace vous avez eu le mérite de faire monter à la surface de l’espace public un débat qui m’a toujours préoccupée depuis que je suis rentrée au Cameroun, il y a maintenant deux décennies: c’est le décalage qu’il y a entre un pays fantasmé, que l’on voit tel qu’on le rêve, sans savoir si on veut transformer le rêve ou le pays et le pays réel dans lequel vivent des millions de Camerounais, que nous à l’extérieur avons toujours cru ignorants, moins au fait que nous de leur réalité, du système dans lequel ils vivent que certains subissent et d’autres moins! Ce qui a motivé la lettre, c’est la lecture de tous vos tracts dont le contenu dénonciateur aurait pu enflammer les foules si le ton était plus juste et l’antienne moins ancienne. Si je crois à la fonction tribunitienne de la dénonciation, je suis fermement persuadée qu’il faut rapprocher des faits pour pouvoir gagner des millions de Camerounais à un combat pour que naisse un Kamerun Nouveau.

Or il me semble en vous lisant que ce que vous dites du Cameroun est en décalage avec la réalité que j’observe. Que la manière dont vous caractérisez le régime de Biya me paraît plus mécanique qu’analysé. Du coup, vos stratégies de combat passent à côté de la plaque révolutionnaire et ne vous permettent pas de gagner l’adhésion des masses. Je sais que vous me rétorquerez que les masses sont abruties, assommées par leur sort, elles coupent sur le temps de la vie, pour ne pas être décalées de leur quotidien. Que la vérité vient essentiellement de vos analyses outre-Atlantique.

Puisqu’ici, nous avons tellement le nez collé sur le guidon, que nous avons peine avoir les roues tourner! Du haut de la Tour Eifel, on peut voir les merveilles du Monde et la Tour de Pise a beau être en déséquilibre permanent, ceux d’entre vous qui rament à Venise, Paris où Londres ont la prétention et les papiers qu’il faut pour décrire le présent de l’Afrique et prévoir avec une voyance ultra lucide, ce que demain sera pour nous tous. J’ai envie de vous dire redescendez sur terre.

Redescendez vite les marches de la Tour Eiffel, écrasez avec vigueur vos lunettes grossissantes et regardons ensemble ce qui cloche dans votre démarche. Je crois qu’il vous faut dépoussiérer beaucoup de vos modèles. Plus que jamais vous devez reconsidérer vos paradigmes, vos angles d’attaque. Car ce qui fait aujourd’hui la longévité de Paul Biya ce sont les erreurs tactiques et stratégiques de ses adversaires. Et ces adversaires ont comme point commun de ne pas voir le Cameroun pour ce qu’il est, tel qu’il est avec son potentiel et ses faiblesses.

Non, ils le voient tel qu’il est vu à travers les mailles d’une grille néo-tiers-mondistes, qui fit de la critique de l’impérialisme son cheval de bataille, sans savoir si l’impérialisme avait changé de forme et quelles incidences ces changements ont provoqué dans le champ politique.

Tout se passe dans vos récriminations comme si la doctrine révolutionnaire s’était épuisée avec MaoTséToung, Castro et même Engels. Comme si la structure du système économique n’avait pas engendré de nouveaux monstres obligeant les combattants à réviser leur approche et tactique. A lire derrière vos invectives, vos colères et un peu votre désespoir, je ne peux manquer de me rappeler ces années 70, où encore jeune lycéenne, toute pétrie de mon nouveau savoir marxiste, je donnais des leçons de lutte de classe à mes parents aristo-bourgeois, du haut de mes dix huit ans.

J’avais la fougue, l’aveuglément et naturellement la mé-connaissance de la jeunesse. Mais je prenais mon ignorance pour du savoir absolu. J’avais l’utopie savante et la critique dogmatique, forcément convaincue de détenir la vérité pour sortir l’Afrique des miasmes du sous-développement. J’avais alors sous-estimé la puissance de la propagande blanche et à quel point celle-ci nous avait soumis à un lavage de cerveaux, y compris, nous qui nous croyions révolutionnaires.

Il me faudra rentrer pour comprendre dans quelle torpeur intellectuelle nous avait condamné l’arrogance de nos certitudes et saisir la manière périphérique que nous avions d’aborder la question du changement sur le continent. A l’époque, je savais qu’il y avait une imposture quelque part, mais je ne savais pas exactement où la situer. L’imposture c’était notre manière décalée et att**dée de voir l’Afrique: nous ne la voyions pas comme un continent, un tout complexe, mais comme un état gouverné par des « présidents fantoches et dictateurs, à la solde de l’impérialisme dont la réalité s’arrêtait aux portes de leur palais, aux murs des prisons et aux cris des militants.

Nous avions réduit l’Afrique à un seul schéma, sans chercher à comprendre quelles étaient ses dynamiques propres, de manière à travailler sur sa capacité de changer et sur les dynamiques sociales qui la font encore tenir debout. Nous étions de cette cécité que donne l’assurance de ceux et celles qui sont convaincus d’être au centre du savoir.

Mais qu’en était-il de nos faits de luttes? Quels combats avions nous mené en France à Londres aux Etats-Unis, pour prétendre enseigner aux autres une manière de se battre? Mes chers compatriotes et chères compatriotes de la diaspora, je retrouve dans votre hargne, ma rage de jeunesse et dans vos mots ma suprême arrogance. Je ne vous en veux pas. Mais, il faut que nous avancions. Il faut réellement que le pays change. Pour cela nous avons besoin de vous, avec plus d’intelligence que celle que vous manifestez aujourd’hui.

Nous avons besoin de vous avec plus d’humilité et un sens aigu de l’analyse. Nous avons besoin de vous pour un front de lutte mieux articulé sur des programmes fondés sur une appréhension juste de ce que nous sommes aujourd’hui. Et non pas ce que l’on nous a fourgué comme idéologie de contrebande en guise et place de toute stratégie révolutionnaire. Chers compatriotes et chères compatriotes, depuis combien de temps n’avons nous pas eu de penseurs révolutionnaires? Depuis que Marx a écrit le Capital combien d’entre vous ont prêté leur connaissance à l’élaboration de nouvelles doctrines? Combien d’entre vous, ont fouillé les entrailles de l’Afrique, pour en tirer la substantifique moelle? Peu bien peu.

Non, vous vous intéressez aux strass et aux paillettes. Aux palais et non aux paillotes. Aux côtés spectaculaires de la politique. Le visible. Le risible. Le grotesque. Aux lampions qui font briller le déplacement d’un chef d’Etat à Paris. Vous croyez donner de l’importance à un fait qui n’est que l’aboutissement d’un long processus: pourquoi n’avez-vous pas empêché le Premier ministre français à venir préparer la visite de Paul Biya le 21 juillet 2009? Pourquoi n’avez pas déclenché une grève de la faim, dès l’instant où vous saviez que les Accords de défense entre le Cameroun et la France avaient été modifiés? Pourquoi n’avez-vous pas hurlé et réprimandé sèchement Nicolas Sarkozy sur l’Etat de sa politique en Afrique? Chers compatriotes et chères compatriotes, manifestez! Exprimez-vous! Mais n’oubliez pas de réactualiser vos paradigmes et soyez un peu plus imaginatifs! Allez piocher dans votre intelligence les réserves de créativité qu’il faut pour changer la donne en Afrique.

Fouillez un peu mieux dans vos littératures pour trouver la traçabilité qu’il faut à un projet révolutionnaire. Maintenant si vous vous ennuyez et si le pays vous manque: sortez de vos HLM ou vos appartements bourgeois. Ne vous laissez pas asphyxier par la fumée nostalgique des plats -pays. Rompez avec vos habitudes d’immigrés.

Prenez un billet d’avion tous les trois mois et venez réfléchir avec nous à la meilleure stratégie pour sortir le pays des griffes de tous les imposteurs. Je sais que vous saurez me lire et je voie déjà vos objections. Mais ça ne fait rien: j’attends. je suis disposée au débat. Votre serviteur E (je tiens à cet E, final). La chroniqueuse".

Suzanne Kala Lobe est Journaliste et membre du Conseil National de la Communication

DOUALA - 20 JUIL. 2009 | La Nouvelle Expression

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