25/09/2026
🔴 MAROUA : LE RECTEUR PROMET DE METTRE LA SCIENCE AU SERVICE DE LA TRANSFORMATION URBAINE !!!
Voici son interview à l'occasion de la Journée Mondiale de l'Habitat qui se tiendra à Maroua du 28 septembre au 5 octobre.
JMH 2026 : L’UNIVERSITÉ DE MAROUA VEUT FAIRE DE LA VILLE UN « LABORATOIRE » DE L’URBANISME INTELLIGENT
À l’occasion de la 40ᵉ édition de la Journée Mondiale de l’Habitat (JMH 2026), qui place Maroua au cœur des réflexions nationales sur l’habitat et le développement urbain, le Pr Idrissou Alioum, Recteur de l’Université de Maroua, revient sur le rôle que son institution entend jouer face aux défis urbains, climatiques et technologiques de la région.
Professeur titulaire d’Histoire contemporaine, chercheur associé à l’Institut d’Études Avancées de Nantes et coauteur du volume IX de l’Histoire générale de l’Afrique de l’UNESCO, le Pr Idrissou Alioum dirige l’Université de Maroua depuis juin 2017. L’institution compte aujourd’hui près de 30 000 étudiants et dispose notamment de l’École Nationale Supérieure Polytechnique de Maroua.
UNE UNIVERSITÉ AU SERVICE DE LA VILLE INTELLIGENTE
Alors que le MINHDU a lancé le Programme National des Villes Intelligentes, l’Université de Maroua entend adapter ses formations aux nouveaux métiers de la ville connectée.
Pour le Recteur, une ville intelligente ne se limite pas à l’installation de capteurs. Elle nécessite des compétences capables de comprendre le territoire, produire et analyser les données, concevoir des infrastructures adaptées et améliorer les services urbains.
L’Université dispose déjà de compétences dans plusieurs domaines : systèmes d’information géographique, télédétection, cartographie urbaine, architecture, génie civil, hydraulique, environnement, informatique et télécommunications.
Ces disciplines peuvent notamment contribuer à identifier les zones exposées aux inondations, suivre l’expansion urbaine, améliorer le drainage, développer des logements adaptés aux fortes chaleurs de l’Extrême-Nord ou encore mettre en place des plateformes numériques et des bases de données urbaines.
L’ambition affichée est de décloisonner ces disciplines afin que géographes, informaticiens, architectes, hydrauliciens et autres spécialistes travaillent ensemble sur des solutions concrètes.
« UNE VILLE PROPRE SE CONSTRUIT D’ABORD PAR LES COMPORTEMENTS »
L’engagement de l’Université ne se limite pas aux salles de cours.
L’institution organise chaque semaine une Journée Campus Propre, mobilisant étudiants et personnels autour du nettoyage des salles, bureaux et espaces environnants.
L’objectif, explique le Recteur, est d'installer une véritable culture de la propreté et de rappeler que la salubrité des espaces collectifs constitue une responsabilité partagée.
L’Université mène également des opérations de plantation et d’entretien des arbres, particulièrement importantes dans une ville confrontée aux fortes chaleurs.
Les clubs et associations d’étudiants participent, eux aussi, aux opérations d’assainissement et aux campagnes de sensibilisation.
L’Université souhaite désormais aller plus loin en renforçant les partenariats avec les collectivités afin que les étudiants puissent également contribuer à la sensibilisation dans les quartiers de Maroua.
L’UNIVERSITÉ APPELLE À UN PARTENARIAT PERMANENT AVEC LES COMMUNES
Pour le Pr Idrissou Alioum, les universités doivent être considérées comme de véritables partenaires du développement territorial, et non comme des institutions sollicitées uniquement de manière ponctuelle.
Mémoires, thèses, articles scientifiques, rapports d’expertise, brevets et prototypes constituent déjà une importante base de connaissances sur des problématiques telles que l’urbanisation, le foncier, l’habitat, l’assainissement ou la gouvernance territoriale.
Le Recteur encourage ainsi les communes à se rapprocher davantage de l’Université pour exploiter les connaissances scientifiques déjà disponibles.
Il souhaite également que les collectivités sollicitent les universitaires en amont de leurs projets, notamment pour les diagnostics, plans d’aménagement, cartographies et études de risques.
Autre piste proposée : permettre aux communes de soumettre directement aux chercheurs des problématiques concrètes liées aux inondations, aux déchets, à la voirie ou au logement, tout en favorisant l’accueil des étudiants en stage au sein des collectivités.
DE MAROUA 2026 À DES SOLUTIONS CONCRÈTES
L’un des principaux engagements annoncés par l’Université est d’assurer un suivi scientifique des recommandations issues de la JMH 2026.
Le Recteur souhaite éviter que l’événement ne soit uniquement un moment de réflexion. Les recommandations et la future Déclaration de Maroua pour un logement adéquat pour tous doivent, selon lui, être transformées en connaissances opérationnelles et en outils d’aide à la décision.
Concrètement, une problématique sur les inondations pourrait déboucher sur une cartographie des zones à risques. Une réflexion sur le logement pourrait aboutir à la conception d’un prototype d’habitat bioclimatique.
L’Université envisage également, avec le MINHDU et les collectivités, la mise en place d’un dispositif permanent de suivi scientifique des dynamiques urbaines de Maroua et de l’Extrême-Nord.
Des indicateurs pourraient notamment permettre de suivre l’évolution de l’extension urbaine, du foncier et de l’assainissement.
FAIRE DE MAROUA UN « LABORATOIRE PÉDAGOGIQUE À GRANDEUR NATURE »
Le projet porté par le Recteur va encore plus loin : faire de Maroua un véritable terrain d’expérimentation pour les étudiants et les chercheurs.
Cartographier les zones à risques, mesurer les îlots de chaleur, modéliser le drainage, concevoir des logements bioclimatiques ou développer des observatoires urbains font partie des pistes évoquées.
L’objectif est également de développer des projets pilotes autour du quartier résilient, de l’habitat bioclimatique et de l’observation urbaine.
Pour y parvenir, l’Université souhaite mobiliser les collectivités, le MINHDU et les partenaires internationaux autour de projets de recherche appliquée.
« Notre engagement se résume ainsi : faire de Maroua 2026 un point de départ, pas un point d’arrivée »
À travers cette vision, l’Université de Maroua entend ainsi se positionner comme un acteur scientifique majeur de la transformation urbaine de la capitale de l’Extrême-Nord, en rapprochant recherche, collectivités, étudiants et politiques publiques.
Ministère de l'Habitat et du Développement Urbain
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