11/08/2026
COM-UDs -- 𝗨𝗻𝗶𝘃𝗲𝗿𝘀𝗶𝘁𝗲́ 𝗱𝗲 𝗗𝘀𝗰𝗵𝗮𝗻𝗴 : 𝘃𝗼𝗶𝗰𝗶 𝗹𝗲 "𝗩𝗮𝗻𝗸𝘄𝗲𝘇𝗼𝗹𝗲" 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗿𝗲 𝗹𝗮 𝗰𝗮𝗻𝗱𝗶𝗱𝗼𝘀𝗲 𝘃𝘂𝗹𝘃𝗼𝘃𝗮𝗴𝗶𝗻𝗮𝗹𝗲
À l'Université de Dschang, la recherche opérée par les experts du champ médical et pharmaceutique ne se limite pas à produire des connaissances : elle apporte des réponses concrètes aux défis de santé publique. La soutenance de Doctorat d'exercice en Pharmacie de Gillian Vankwe, organisée le 18 juillet 2026 à la Faculté de Médecine et des Sciences pharmaceutiques, en est une illustration. « 𝐶𝑜𝑚𝑝𝑎𝑟𝑎𝑡𝑖𝑣𝑒 𝐼𝑛-𝑉𝑖𝑡𝑟𝑜 𝐴𝑛𝑡𝑖𝑓𝑢𝑛𝑔𝑎𝑙 𝐸𝑣𝑎𝑙𝑢𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑜𝑓 𝐹𝑖𝑣𝑒 𝑀𝑒𝑑𝑖𝑐𝑖𝑛𝑎𝑙 𝑃𝑙𝑎𝑛𝑡𝑠 𝐴𝑔𝑎𝑖𝑛𝑠𝑡 𝐶𝑎𝑛𝑑𝑖𝑑𝑎 𝑎𝑙𝑏𝑖𝑐𝑎𝑛𝑠 𝑎𝑛𝑑 𝐹𝑜𝑟𝑚𝑢𝑙𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑜𝑓 𝑎 𝑉𝑎𝑔𝑖𝑛𝑎𝑙 𝑂𝑣𝑢𝑙𝑒 𝑓𝑟𝑜𝑚 𝑡ℎ𝑒 𝑀𝑜𝑠𝑡 𝐴𝑐𝑡𝑖𝑣𝑒 𝐸𝑥𝑡𝑟𝑎𝑐𝑡 𝑓𝑜𝑟 𝑡ℎ𝑒 𝑇𝑟𝑒𝑎𝑡𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑜𝑓 𝑉𝑎𝑔𝑖𝑛𝑎𝑙 𝐶𝑎𝑛𝑑𝑖𝑑𝑖𝑎𝑠𝑖𝑠 », tel est le titre de ce travail scientifique.
Face au jury présidé par le Prof. Michel Noubom, médecin-biologiste et par ailleurs Directeur de l’Hôpital Régional Annexe de Dschang, la jeune pharmacienne a présenté les résultats de plusieurs mois d’une recherche consacrée à une pathologie infectieuse qui affecte des millions de femmes à travers le monde : la candidose vulvovaginale. Cette infection, principalement causée par "𝐶𝑎𝑛𝑑𝑖𝑑𝑎 𝑎𝑙𝑏𝑖𝑐𝑎𝑛𝑠", touche près de trois femmes sur quatre au moins une fois au cours de leur vie. Si les traitements conventionnels existent, ils présentent néanmoins des limites importantes : résistances aux antifongiques, récidives fréquentes et échecs thérapeutiques.
Partant du constat des limites des solutions existantes, Gillian Vankwe a fait le choix d'explorer une piste prometteuse : la valorisation des plantes médicinales camerounaises dans le développement de nouveaux médicaments. Son ambition se situe dans l’identification d’un extrait végétal suffisamment puissant pour donner naissance à une formulation pharmaceutique innovante, efficace et accessible.
𝐆𝐫𝐚𝐧𝐝𝐞𝐬 𝐞́𝐭𝐚𝐩𝐞𝐬
Le travail scientifique de cette désormais pharmacienne s'est déroulé en trois grandes étapes. La première a consisté à analyser les espèces de Candida responsables des infections et à évaluer leur sensibilité aux antifongiques habituellement utilisés. Les résultats ont confirmé la prédominance de "𝐶𝑎𝑛𝑑𝑖𝑑𝑎 𝑎𝑙𝑏𝑖𝑐𝑎𝑛𝑠" tout en mettant en évidence certaines résistances, renforçant ainsi la nécessité de rechercher de nouvelles solutions thérapeutiques.
La deuxième étape représentait le cœur de la recherche. Cinq plantes médicinales ont été étudiées selon des protocoles rigoureux afin d'évaluer leur activité antifongique, leur composition phytochimique et leur pouvoir antioxydant. Après des essais en laboratoire, une plante s'est nettement distinguée : Syzygium aromaticum, plus connu sous le nom de clou de girofle. Ses extraits hydroéthanoliques ont démontré la meilleure activité contre les espèces de 𝐶𝑎𝑛𝑑𝑖𝑑𝑎, tout en présentant une richesse en composés phénoliques et flavonoïdes, reconnus pour leurs propriétés biologiques.
Mais la chercheuse ne s'est pas arrêtée à cette découverte. La troisième phase du projet visait à transformer ce résultat scientifique en une innovation pharmaceutique. Après plusieurs essais de formulation et évaluations physicochimiques, elle est parvenue à mettre au point un ovule vaginal intégrant l'extrait actif de Syzygium aromaticum. Les différents tests ont confirmé que cette formulation répond aux exigences de qualité pharmaceutique tout en conservant son activité antifongique contre les souches de Candida analysées.
𝐄𝐭 𝐯𝐨𝐢𝐜𝐢 𝐯𝐞𝐧𝐮 𝐥𝐞 𝐕𝐚𝐧𝐤𝐰𝐞𝐳𝐨𝐥𝐞
Fruit de cette démarche scientifique rigoureuse, cette nouvelle formulation, à laquelle Gillian Vankwe donne le nom de « Vankwezole » en référence à son patronyme, symbolise le passage réussi de la recherche fondamentale vers l'innovation thérapeutique. L’atteinte de cet objectif a été possible grâce l’encadrement des Professeurs Donatien Gatsing (chef de département de Biochimie à la Faculté des Sciences) et Guy Sédar Sengor Njateng (chef de département des Sciences pharmaceutiques à la FMSP).
Bien entendu, il n’est pas question d’une mise sur le marché à l’immédiat. Comme le veulent les règles dans la sphère des médicaments, il y a encore un long parcours, fait notamment d’études scientifiques complémentaires et surtout d’homologations nécessaires. Rappelons qu’à travers l’orientation des travaux scientifiques menés par ses chercheurs juniors et seniors, l'Université de Dschang réaffirme sa mission : produire une recherche d'excellence, utile à la société et porteuse d'innovations susceptibles d'améliorer durablement la qualité de vie des populations.