23/09/2026
"L’histoire seule dira qui a produit, qui a construit, qui a innové, qui a combattu, qui a libéré et qui a trahi".
Jean-Paul Pougala
----------------
Introduction à la formation Rinvindaf Bafang-22 de la Pougala Academy du 24 septembre 2026 à Bafang au Cameroun
-------------------
Jour J-1
L'Afrique est réduite à se contenter des hommes en jupettes qui fuient la vraie compétition de l'IA, de l'électronique, de l'innovation avec les autres vrais hommes pour vanter la polygamie, chanter les louanges du Dieu créé par d'autres hommes et célébrer ses faux ancêtres Egyptiens qu'il s'est frauduleusement procurés.
Les autres vrais hommes inondent le monde entier du fromage qu'ils ont inventé, du vin qu'ils ont fait vieillir, de l'avion qu'ils ont sortis de leurs usines, pendant que l'homme africain est spécialiste de gouter, de manger, de jacasser avec ce que les autres vrais hommes ont produit.
Il est spécialiste des faux dossiers, des faux débats, des fausses compétitions qui ne servent à personne.
Installez-vous un instant pour regarder les thèmes que débattent les groupes africains sur whatapps ou les directs Youtube.
Vous avez envie de leur dire une seule chose : Andate à Lavorar (allez vous trouver un emploi en italien).
Personne d'eux n'a la compétence sur aucun sujet, mais nous sommes face à une armada d'incultes qui ont pris d'assaut les inventions des autres hommes, pour mettre en scène le spectacle piteux, et pitoyable de leur décadence, de leur décrépitude intellectuelle, de leur nullité.
J'ai honte d'assister au XXIème siècle à de tels spectacles des gens qui utilisent les moyens technologiques des autres hommes pour annoncer au monde qu'ils se sont trompés de siècles, qu'ils sont les rescapés d'un passé fait de prison mentale qui refuse de mourir.
Je suis inscrit sur des forums Whatapps, italiens et africains. La différence idéologique entre les deux est abyssale.
Le colonisé africain, même quand il est bardé de diplôme choisit volontaire de rester un sous-homme, jusque dans la qualité de ses conversations.
Demain s'ouvre ici à Bafang, la dernière formation en terre camerounaise de la Pougala Academy, version Rinvindaf.
Comme d'habitude, notre role n'est de promettre ce que nous ne pouvons tenir, mais exclusivement de faire sortir des décombres de l'esclavage et de la colonisation, des hommes et des femmes, des vrais hommes cette fois, qui refusent de continuer comme les autres à porter les jupettes de la servitude, pour enfin porter les pantalons la libération.
Notre role est de faire sortir cette seule pousse qui au milieu de tout un pannier de semences pourries, va réussir à sortir les pétales.
Même si un seul, peut à la fin comprendre que l'Afrique l'attend pour se retrousser les manches et se lancer dans les vraies compétitions de l'intelligence avec les autres peuples du monde.
Si cela peut arriver pour un seul d'entre eux, c'est que c'est tout le continent qui aura gagné un guerrier, un combattant de la liberté qui a encore tout son cerveau.
Ne me demandez pas "où sont les gens que Pougala a formés jusqu'à on a vu".
Car Seule l'histoire jugera ce que chacun de nous aura fait ou consciemment omis de faire au service de notre peuple meurtri, affamé, assoiffé, appauvri et humilié.
Je laisse que ce soit, à me juger, les hommes et femmes qui viendront au monde lorsqu'aucun de nous qui assistons à ces évènements ne sera plus là.
Ils auront la distance du temps, pour juger et dire si l'obstination de Pougala avait un sens, de croire qu'on peut cibler un flanc de la bataille, comme celui d'expliquer le système.
Ce qui permet de doter les autres du manuel d'instruction du monde dans lequel ils vivent, pour arrêter de courir dans le sac, et mener finalement les seules batailles que leurs conditions misérables exigeaient en priorité.
C'est cela le sens de l'histoire, le fait de mettre ensemble les hommes qui voient ce que les autres ne voient pas dans l'immédiat et leur capacité d'oser, leur audace d'essayer, et de faire ce que les autres prisonniers n'envisagent pas pour sortir de leur géôle à ciel ouvert appelée banalement : Afrique !
De quoi s'agit-il ?
Nous partons d'un constat : L’Afrique vit dans un décalage historique !
L’Afrique contemporaine n’est pas en re**rd : elle est juste en décalage de système.
Pendant que les nations productrices du XXIᵉ siècle s’affrontent dans les compétitions de l’IA, de l’électronique, des télécoms, de la robotique, de la biotechnologie, une grande partie de nos espaces publics africains s’est enfermée dans des débats qui ne produisent aucune valeur, aucune technologie, aucune innovation.
Les réseaux sociaux africains sont saturés de polémiques sans enjeu, de discussions sans compétence, de querelles identitaires sans projet, de nostalgies mal informées (faux ancêtres Egyptiens), et d'imitations superficielles de modèles extérieurs.
Ce n’est vraiment pas une question de nature humaine. Mais une conséquence mentale de trois siècles de ruptures à cause de virées esclavagistes européennes sur les africains, de leur colonisation, de destruction des classes productives, d'effacement des institutions de virilité politique, et d'absence de bourgeoisie nationale.
Tout cela nous amène à un constat amère :
L’Afrique n’est pas en re**rd : elle a été désinstitutionnalisée.
Le problème aujourd'hui n'est plus ce qui nous est arrivé, mais celui d'une élite africaine diplômée mais non productive.
Nous avons aujourd’hui une élite diplômée, très connectée, équipée, numérisée, globalisée, mais non productive.
Elle consomme les technologies des autres peuples, mais ne produit pas les siennes. Elle utilise les plateformes des autres peuples pour s'insulter et jacasser, mais ne crée pas les siennes.
Elle débat des idées des autres peuples, mais ne formule pas les siennes.
Ce n’est pas une question de valeur humaine, mais nous avons à faire à un problème plus profond de structure économique :
Sans bourgeoisie productive, il n’y a pas de pensée productive. Sans pensée productive, il n’y a pas de débat productif. Et Sans débat productif, il n’y a pas de projet collectif.
Et c'est à ce niveau qu'arrive la Pougala Academy, pour faire émerger un autre type d'Africains.
Demain, pour la 22ème fois ici à Bafang, nous allons former une cuvée d'un nouveau modèle d'Africains.
Le rôle du Rinvindaf à travers la Pougala Academy est de reconstruire les institutions de virilité politique
Le Rinvindaf n’est pas une école de morale, ni une école de promesses.
Nous ne sommes pas une école de slogans.
Le Rinvindaf à travers la Pougala Academy, est une école de reconstruction institutionnelle.
Notre mission est simple : Faire émerger, au milieu des décombres de la colonisation, une minorité d’hommes et de femmes capables de redevenir des acteurs productifs du monde moderne.
Nous ne cherchons pas la masse. Nous cherchons la pousse rare, celle qui refuse la passivité, celle qui refuse la distraction, celle qui refuse la dépendance, la résignation, celle qui refuse la consommation comme identité.
Nous cherchons le guerrier intellectuel, celui qui comprend que la liberté n’est pas un slogan, la liberté est une compétence, la liberté est une technologie, la liberté est une production.
L'AFRIQUE A BESOIN DE VIRILITE POLITIQUE
La “Virilité politique” n’a rien à voir avec la biologie ou la masculinité individuelle. Ce n’est pas une question de testostérone, de force physique, de genre, ni de “vrais hommes”.
Ce n’est pas une opposition entre “jupettes” et “pantalons” au sens biologique ou sexué. Dans le langage institutionnel, la virilité politique signifie, la capacité d’un individu ou d’un groupe à exercer une puissance d’action autonome dans le monde moderne.
Autrement dit, la capacité à penser par soi-même, à produire par soi-même, à décider par soi-même, à construire par soi-même, à se projeter par soi-même.
C’est une notion politique, et non pas une notion se****le.
Cette expression décrit une fonction institutionnelle disparue.
Dans l’histoire des sociétés humaines, la “virilité politique” désigne la capacité d’un groupe à créer des institutions, à défendre ses intérêts, à produire ses technologies, à imposer ses normes, à organiser son économie, et à structurer son État.
Les sociétés africaines précoloniales comme celle des Bamileke au Cameroun, avaient cette capacité. Elles avaient des classes guerrières, des aristocraties, des systèmes de filiation, des rites d’initiation, des institutions de décision, des systèmes productifs.
Ces institutions ont été détruites par trois siècles de ruptures. Et la Pougala Academy parle de “reconstruction” parce que l’Afrique contemporaine souffre d’une désinstitutionnalisation :
1) absence de bourgeoisie productive,
2) absence de systèmes technologiques endogènes,
3) absence de classes politiques autonomes,
4) absence de pensée stratégique structurée,
5) absence de continuité étatique précoloniale.
Nous ne cherchons pas à “viriliser” des individus et leur mettre comme unique compétition, la polygamie et faire le plus d'enfants possible comme trophée.
Non, nous ne faisons pas ça.
Notre role est de chercher à réinstaller les fonctions institutionnelles qui permettent à un peuple d’exister dans le monde moderne. C’est cela, la “virilité politique”.
C'est la même chose pour ma métaphore sur les vrais hommes qui “portent les pantalons” et non "les jupettes".
Tout cela est dans le sens institutionnel bien sûr, et non pas au sens biologique.
Quand je dis :
“porter les pantalons des vrais hommes”
Je parle en réalité de :
1) assumer la responsabilité de produire,
2) entrer dans les compétitions technologiques,
3) maîtriser les systèmes,
4) comprendre les infrastructures,
5) créer des innovations,
6) devenir un acteur du monde moderne.
Ce n’est pas une question de genre. Mais plutot une question de fonction politique.
La métaphore “jupette / pantalon” signifie :
jupette : passivité, distraction, dépendance, imitation.
pantalon : production, autonomie, responsabilité, innovation.
Le Rinvindaf vise à faire passer les individus du registre de la consommation au registre de la production.
L'Afrique est le seul continent où les institutions précoloniales ont été complètement détruites, les classes productives ont été empêchées d’émerger, les systèmes de décision ont été remplacés par des administrations coloniales, les rites de formation ont été criminalisés, les langues écrites ont été supprimées, les élites critiques ont été éliminées ou marginalisées.
Résultat des courses : L’Afrique a perdu ses institutions de puissance. Nous voulons les reconstruire.
La virilité politique est la capacité d’un peuple à produire ses propres systèmes, ses propres technologies, ses propres institutions, ses propres normes, et à défendre ses propres intérêts dans le monde moderne.
Ce n’est pas une question de sexe, ni de biologie.
Ce n’est pas juste une question de “vrais hommes”. Mais de puissance institutionnelle.
Pour y arriver, le défi est celui de réapprendre à penser dans un monde productif.
Le monde moderne n’est pas un monde de bavardage.
C’est un monde de systèmes, d'algorithmes, d'infrastructures, de chaînes de valeur, de normes industrielles, et de standards technologiques.
Ceux qui ne comprennent pas les systèmes sont condamnés à les subir. Ceux qui ne maîtrisent pas les technologies sont condamnés à les consommer. Ceux qui ne produisent pas sont condamnés à dépendre.
La Pougala Academy à travers le Rinvindaf est là pour donner le manuel d’instruction du monde moderne.
Nous sommes là, pour expliquer comment fonctionne un État, comment fonctionne une monnaie, une industrie, une technologie, nous sommes là, pour expliquer comment fonctionne une guerre économique.
Et notre conviction est qu'un seul homme peut changer un continent.
C'est pour cela que nous ne promettons pas de transformer des foules. Nous promettons de transformer un seul homme, s’il existe. Et s’il existe, alors : C’est tout le continent qui gagne un combattant.
Un combattant qui comprend les systèmes, maîtrise les technologies, refuse la distraction, refuse la dépendance, refuse la résignation, et la passivité.
Un combattant qui porte les pantalons de la production, et non pas les jupettes de la distraction.
CONCLUSION
L’histoire jugera
Ne me demandez pas où sont ceux que nous avons formés. Ne me demandez pas ce qu’ils ont fait. Ne me demandez pas ce qu’ils feront.
Parce que l’histoire seule jugera. L’histoire seule dira avec précision et preuves à l'appui, qui a produit, qui a construit, qui a innové, qui a combattu, qui a libéré et qui a trahi.
A la Pougala Academy, nous ne sommes que les passeurs de systèmes. Nous ne sommes que les transmetteurs de méthodes. Nous ne sommes que les révélateurs de potentialités.
Demain, à Bafang, commence la dernière formation Rinvindaf en terre camerounaise. Demain commence la bataille pour réapprendre à penser, pour réapprendre à produire, pour réapprendre à exister dans le monde moderne.
Demain commence une nouvelle session de la bataille pour sortir de la géole à ciel ouvert que l’histoire a appelée : Afrique.
Jean-Paul Pougala
Bafang, Mercredi le 23 septembre 2026
P.S : Sur la photo, une séance gratuite d'éducation populaire à l'intelligence économique et à l'économie politique, dimanche le 20 septembre 2026, l'hôtel Sawa de Bonanjo à Douala.