SORO koumah KAN

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Djakaria Touré

23/02/2025

𝐆𝐏𝐒 𝐄𝐍 𝐀𝐂𝐓𝐈𝐎𝐍

DISCOURS INTÉGRAL DU PRÉSIDENT DE GÉNÉRATIONS ET PEUPLES SOLIDAIRES
DEVANT LA COMMISSION ARTS ET CULTURE DE GPS.

Samedi 22 février 2025
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Mesdames et messieurs les membres de la Commission Arts et Culture de Générations et Peuples Solidaires (GPS),

Je tiens d’entrée, à vous adresser mes chaleureuses salutations et à vous dire ma joie de vous retrouver dans le cadre des rencontres que j’ai entreprises avec l’ensemble des organes et structures techniques de notre mouvement depuis le début de cette année 2025.

Recevez mes sincères remerciements pour les propos bienveillants exprimés à mon endroit et en retour, tous mes vœux de bonheur et de santé à chacune et chacun de vous.

Par ailleurs, je salue l’important travail de réflexion ainsi que les actions que vous avez déjà initiées dans le cadre de votre commission. Je vous en félicite et vous encourage à poursuivre, avec plus de pugnacité, cette mission de valorisation des arts et de la culture, que nous considérons comme un fondement de la construction de la nation ivoirienne.

Mes chers compatriotes,

Notre Mouvement, Générations et Peuples Solidaires (GPS), à travers son projet de société cherche à inculquer une vision et un but commun dans une société juste, égale et libre, où prévalent la tolérance et le respect mutuel. Pour ce faire, une identité nationale forte est essentielle pour que les citoyens puissent vivre et travailler ensemble en paix et dans l’harmonie, en respectant les valeurs d’éthique, de déontologie et d’intégrité. Un tel résultat ne peut s’obtenir en dehors de ce qui constitue l’âme de tout peuple, à savoir son patrimoine culturel.

Loin de la considérer comme un maillon accessoire, GPS entend faire de la culture, le socle identitaire de l’édification d’une nation ivoirienne unie et solide. Nous partageons l’idée que la participation des individus à une même dynamique culturelle contribue à développer la conscience d’appartenance à un même peuple et est un facteur important d’intégration, d’unité et de lien national. Au-delà, la culture est un facteur indéniable de développement.

Mais avant d’aller plus loin, ensemble, appréhendons certains concepts importants.

Mesdames et messieurs,

La culture se définit comme un ensemble de comportements, d’institutions sociales, de productions matérielles et immatérielles qui définissent un groupe humain. D'un point de vue sociologique et anthropologique, la culture fait référence aux aspects qui distinguent une société ou un groupe particulier et qui se transmettent de génération en génération comme les croyances, les règles, les rituels, les usages sociaux, entre autres.

Du point de vue intellectuel et artistique, la culture désigne l'ensemble des savoirs, des domaines d'étude et des modes d'expression qui participent à l'épanouissement de l'esprit et à la construction de l'identité d'une personne ou d'une collectivité. En substance, la culture est un assemblage complexe et en constant changement qui traduit comment les individus et les groupes cohabitent, réfléchissent et interagissent dans une société.

En ce qui concerne le patrimoine traditionnel, il représente toutes les composantes culturelles et matérielles héritées des ancêtres, qui sont perpétuées de génération en génération au sein d'une communauté ou d'une société. Le patrimoine traditionnel englobe les connaissances, les habitudes, les traditions, les artefacts, les édifices, les lieux et les langues qui possèdent une valeur spécifique due à leur signification historique, sociale, artistique ou symbolique. De plus, le patrimoine traditionnel se divise en deux principales catégories : le patrimoine tangible et le patrimoine intangible.

- le patrimoine tangible englobe les éléments matériels tels que les édifices, les constructions, les instruments, les créations artistiques ou encore les lieux archéologiques qui revêtent une importance culturelle et historique pour une collectivité ;
- le patrimoine immatériel englobe les coutumes, les rites, les convictions, la musique, la danse, l'artisanat et le savoir traditionnel qui représente un élément fondamental de l'identité et de la mémoire collective d'un groupe.

On considère le patrimoine traditionnel comme un trésor favorisant la connexion avec l'histoire, renforçant l'identité culturelle et contribuant à la diversité culturelle à l'échelle mondiale.

Il convient également de distinguer clairement la notion d'industrie culturelle (musique, cinéma, littérature, etc) de celle relative aux éléments culturels : les unes permettent à leurs auteurs de gagner de l'argent et de vivre de leur art tandis que les autres représentent une infrastructure psychologique immatérielle, transmissible mais non cessible.

Il est à souligner que l'économie créative est un domaine économique axé sur la création, la production et la vente de produits et services fortement marqués par des aspects culturels, artistiques ou intellectuels. Elle inclut des industries et activités liées à la créativité, à l'innovation à l'expression artistique et, utilise des ressources intellectuelles comme la culture, les talents ainsi que les savoir-faire pour générer de la valeur économique. Cette économie créative est souvent perçue comme un moteur de croissance économique, car elle génère des emplois, attire des investissements et participe à l'innovation dans d'autres secteurs. Elle joue également un rôle essentiel dans la diffusion et la valorisation de la culture, en contribuant à la diversité culturelle tout comme à la création de nouveaux produits et services. Dans un pays, l'économie créative peut être stimulée si la culture, le patrimoine et le tourisme culturel sont pris en compte et mis en valeur.

Le tourisme culturel se réfère à une sorte de tourisme axé sur la découverte et l'exploration de la culture, du patrimoine et des coutumes d'un endroit ou d'une collectivité. Il offre aux touristes la possibilité de découvrir les facettes culturelles, historiques, artistiques et patrimoniales d'un lieu en se rendant dans des endroits tels que des musées, des édifices historiques, des festivals, des salons, des manifestations artistiques ou encore des sites archéologiques. Ce genre de tourisme a pour but d'approfondir l'expérience des voyageurs en leur offrant la possibilité de saisir et de valoriser les aspects culturels locaux, tout en protégeant et en mettant en valeur le patrimoine tangible et intangible des communautés visitées. Le tourisme culturel a aussi la capacité de promouvoir les interactions interculturelles et d'appuyer l'économie locale en participant à la valorisation des ressources culturelles.

Mesdames et messieurs

Intéressons-nous à présent aux origines et à l’histoire de la culture.

En effet, il y a environ 6 à 7 millions d'années, les premiers hominidés (ancêtres de l'Homme) ont émergé en Afrique, donnant naissance aux premières expressions culturelles à travers diverses pratiques sociales ; la création d'outils, l'élaboration de langages, la formulation de croyances et la mise en place de rituels. De plus, les premiers artefacts symboliques (tels que les œuvres d'art rupestres et les sculptures) ont été trouvés en Afrique, en particulier dans des lieux tels que les grottes de Blombos en Afrique du Sud où des indices d'art préhistorique et de symbolisme primitif remontent à 75 000 ans.

Il est également pertinent de souligner que les premières expressions d'art, de musique, de danse et de rites religieux ont vu le jour sur le continent africain. Ces facteurs ont graduellement modelé des cultures diversifiées et distinctes à travers le continent. Il est important de noter qu’au-delà de la nature même de la culture, l'Afrique est un continent d'une diversité remarquable ; non seulement en termes de langues, mais aussi de traditions, de croyances, d'arts et de styles de vie. Au fil des siècles, chaque région a élaboré ses propres cultures, dotées de pratiques sociales et de systèmes de connaissances qui demeurent vivants et foisonnants de nos jours.
De ce qui précède, il faudrait comprendre qu’il existe de façon enracinée des civilisations africaines et une culture africaine avec la nuance qui sied. Oui, des civilisations africaines et non une civilisation africaine uniforme parce que l'Afrique est un continent extrêmement vaste et diversifié, avec des milliers de groupes ethniques, de langues et de traditions distinctes. Ceci indique qu'en Afrique, on retrouve une diversité incroyable de civilisations et de cultures, toutes avec leurs spécificités, principes et développements propres.

Qu’en est-il de l’évolution culturelle de la Côte d’Ivoire ?

La culture ivoirienne n’est pas née à une date précise, car elle résulte d’un processus long et évolutif lié à l’histoire, aux interactions entre les peuples, et à la transmission des traditions à travers les siècles. Cependant, on peut analyser son origine à travers plusieurs étapes historiques.

1- Les racines préhistoriques et les premières sociétés

La culture ivoirienne trouve ses origines dans les premières communautés humaines ayant peuplé la région, bien avant la colonisation. Ces populations ont développé des modes de vie, des pratiques spirituelles, et des techniques agricoles adaptées à leur environnement. Les traces les plus anciennes de ces cultures incluent les vestiges archéologiques et les traditions orales qui témoignent des pratiques communautaires et spirituelles.

2- Les civilisations précoloniales

Avant l’arrivée des colons, la Côte d’Ivoire était habitée par plusieurs groupes ethniques (Akan, Mandé, Krou, Gour) qui ont chacun contribué à façonner la culture ivoirienne. Ces civilisations précoloniales possédaient des structures politiques, sociales et économiques bien organisées, comme les chefferies et royaumes, dont certains ont laissé des traces importantes, notamment :
- les Akan (ex : Baoulé, Agni) et leur riche tradition artistique, comme la sculpture sur bois et les masques ;
- les Mandé connus pour leur tradition de griots (dépositaires de la mémoire orale) ;
- les Krou, avec des pratiques agricoles innovantes et des techniques de navigation.
- Les Gour avec les cérémonies initiatiques telles que le poro.

Ces sociétés possédaient une culture riche fondée sur des récits mythiques, des danses rituelles, et une spiritualité profondément ancrée dans la nature.

3- La colonisation et l’émergence d’une culture nationale

Avec l’arrivée des colons français à la fin du 19ᵉ siècle, les cultures locales ont été profondément affectées. La colonisation a imposé une nouvelle organisation sociale, marginalisant les structures traditionnelles et introduisant une éducation eurocentrée.

4- L’impact de l’islam

Parmi les influences étrangères, il ne faut pas oublié l'islam avec les mosquées soudanaises au Nord et la langue arabe comme véhicule de communication. Cette intégration a changé notre approche de Dieu.

5- La culture ivoirienne contemporaine

Malgré cette imposition culturelle, les traditions locales ont survécu à travers la résilience des populations et l’adaptation aux nouvelles conditions.

La culture ivoirienne moderne a commencé à se structurer véritablement après l’indépendance, en 1960. Sous Félix Houphouët-Boigny, le premier président de la Côte d’Ivoire, une identité nationale a été promue, intégrant les diversités ethniques, tout en valorisant des symboles culturels unificateurs, tels que :
- les fêtes nationales et les danses traditionnelles ;
- la mise en avant de l’artisanat ivoirien (sculptures, tissages, poteries) ;
- la diffusion des musiques locales qui sont devenues des symboles culturels.

Aujourd’hui, la culture ivoirienne est le résultat d’un métissage entre traditions anciennes et influences modernes. Elle est marquée par :
- une diversité linguistique (environ 60 langues locales) ;
- une richesse musicale et artistique ;
- une cuisine variée qui reflète les pratiques agricoles et les échanges historiques.

Au total, la culture ivoirienne est un héritage riche, né de la coexistence de nombreuses civilisations anciennes, influencé par la colonisation et consolidé après l’indépendance. Elle continue de se réinventer, mêlant modernité et tradition pour affirmer l’identité nationale dans un monde globalisé.

Mesdames et Messieurs,

Bien que nous puissions être fiers de notre richesse culturelle et artistique, il est indéniable qu'il reste de nombreux défis à surmonter pour affirmer véritablement notre identité nationale.

Aujourd’hui, quatre insuffisances majeures, et ce n’est pas tout, freinent l’essor de notre secteur culturel :

1- L’absence d’infrastructures adaptées : nos musées sont en déclin, nos bibliothèques sont désertes, nos salles de spectacles sont insuffisantes et mal entretenues. La culture ne peut prospérer sans des lieux où elle peut s’exprimer.

2- Une éducation culturelle marginalisée : l’histoire de nos peuples, l’apprentissage de nos langues locales et l’initiation aux arts restent absents du système scolaire. Comment forger une identité nationale forte si nos enfants grandissent sans repères culturels ?

3- Un sous-financement chronique : la part du budget national allouée à la culture est dérisoire. Pendant que d’autres nations font de la culture un levier économique puissant, nous, nous la traitons comme un luxe optionnel.

4- Un manque de rayonnement international : nos œuvres d’art dorment dans les musées occidentaux, nos cinéastes manquent de financement, nos artistes peinent à exporter leur talent. Il est temps d’imposer la Côte d’Ivoire sur la scène culturelle mondiale.

Fort heureusement, ces faiblesses ne sont pas une fatalité. Elles sont le résultat d’un manque de volonté politique. Nous devons agir vite, fort et maintenant.

Mes chers camarades de GPS,

Vous qui me pratiquez depuis un moment connaissez mon amour pour la culture et les traditions de notre pays. Vous vous souviendrez sans doute de l’innovation majeure que j’avais introduite à l’Assemblée nationale, à l’occasion des cérémonies solennelles d’ouverture et de clôture des sessions. Je mettais à l’honneur les régions de notre pays, à tour de rôle, pour qu’elles expriment devant la représentation nationale toute la symbolique culturelle et civilisationnelle qu’elles possèdent. Vous vous souviendrez également du Tchologo Festival que j’ai institué à Ferké, chaque fin d’année, et qui a fini par gagner tout le pays avec des initiatives similaires dans diverses régions.

En outre, les voyages que j’ai eu la chance d’effectuer pendant mes fonctions au sommet de l’Etat, au cœur des puissances émergentes de l’Asie, m’ont enseigné que l’un des secrets de leur développement réside dans leurs traditions et coutumes qui inculquent chez leurs citoyens un fort esprit civique ancré dans leur culture.

C’est mu par cette passion, ces expériences et ces convictions que mes équipes et moi avons défini les principales orientations de notre projet de société en matière de développement du secteur culturel ivoirien.

Notre vision stratégique est de faire de la culture, un puissant levier de transformation économique et sociale par :
- la valorisation de l’identité nationale en vue de renforcer l’attachement des Ivoiriens à leurs racines culturelles et civilisationnelles ;
- la création d’emplois via le développement des industries culturelles et des infrastructures touristiques ;
- le positionnement international de la Côte d’Ivoire comme une destination touristique incontournable en Afrique.

Mes chers concitoyens,

Une fois parvenu au pouvoir, je m’engage avec GPS d’une part, à reconstituer la mémoire culturelle de notre pays de façon tangible et structurelle, d’autre part, à développer notre industrie culturelle et le tourisme culturel.

Au titre de la reconstitution de notre mémoire culturelle, notre action aura pour piliers les axes suivants :

1- Identifier et documenter les éléments de la mémoire culturelle

Nous devons restaurer notre héritage historique, revaloriser nos récits, nos figures oubliées, nos symboles nationaux et nos traditions orales.

Cela consistera à :
- faire l’inventaire exhaustif de notre patrimoine culturel, notamment des sites historiques, monuments, pratiques culturelles, danses, musiques et langues locales. Une collaboration sera établie avec des chercheurs, des historiens et les communautés locales pour collecter les récits oraux ;
- digitaliser le secteur en mettant en place une base de données numériques pour sauvegarder ces éléments (manuscrits anciens, œuvres d’art, enregistrements de récits) ;
- élaborer une cartographie culturelle en procédant à l’identification des zones géographiques riches en histoire et culture pour des interventions prioritaires.

2- Restaurer, protéger et moderniser le patrimoine matériel et immatériel

Il s’agira :
- de procéder à la restauration des sites historiques : réhabiliter les monuments en danger, comme ceux de Grand-Bassam ou autres lieux symboliques ;
- de veiller à la protection des pratiques culturelles : valoriser les traditions en les inscrivant sur les listes de l’UNESCO (si elles ne le sont pas déjà) ;
- d’encourager les artisans par un soutien plus accru aux sculpteurs, aux tisserands et aux créateurs locaux afin de préserver les savoir-faire ancestraux.

3- Intégrer la culture dans l’éducation pour transmettre aux jeunes les fondements de leur identité

Cela passera par :
- le renforcement de l’enseignement de l’histoire de nos peuples dans les programmes scolaires en mettant en avant les civilisations précoloniales ;
- l’instauration de l’apprentissage des langues locales et la sensibilisation aux arts afin de reconnecter les jeunes à leurs racines ;
- l’organisation des journées culturelles et des visites pédagogiques pour rapprocher les élèves de leur patrimoine.

4- Renforcer les institutions culturelles

A ce niveau, nous :
- procéderons à la modernisation des musées existants et à la création de nouveaux (surtout - la création de musées régionaux) pour exposer des pièces historiques et organiser des expositions temporaires régulières ;
- investirons dans la conservation des archives historiques ;
- procéderons à la création ou au soutien des institutions spécialisées dans la recherche sur l’histoire et la culture ivoiriennes ;
- renforcerons l’implantation nationale des structures de formation culturelles et touristiques.

5- Promouvoir la mémoire culturelle à l’international

Nos traditions, nos langues, nos arts doivent être protégés et promus pour renforcer l’unité du peuple ivoirien et raffermir notre souveraineté culturelle.

Nous travaillerons à :
- la restitution des œuvres d’art pillées en initiant des négociations avec les musées européens pour le retour des œuvres d’art ivoiriennes exposées à l’étranger ;
- l’organisation des festivals et des expositions pour présenter la culture ivoirienne à l’étranger ;
- la promotion de la diplomatie culturelle qui vise à utiliser la culture comme un outil de soft power pour améliorer l’image de la Côte d’Ivoire dans le monde.

6- Encourager une participation communautaire

Cela passera par :
- l’implication des populations locales en permettant aux communautés de documenter elles-mêmes leurs traditions et leurs récits ;
- la valorisation des aînés en mobilisant les détenteurs des savoirs traditionnels pour transmettre leurs connaissances aux générations futures (mettre en place une institution des anciens) ;
- la création de coopératives culturelles afin de favoriser des initiatives locales autour de la préservation et de la promotion du patrimoine (artisanat, spectacles, etc.).

7- Investir dans la modernisation et l’innovation

Il s’agira de :
- promouvoir les technologies numériques par la création d’applications interactives permettant de découvrir l’histoire et les cultures locales ;
- développer des circuits touristiques thématiques autour des mémoires historiques et culturelles ;
- d’encourager la production de films, documentaires et séries sur l’histoire de la Côte d’Ivoire.

8- Sensibiliser et mobiliser la population

Ce volet sera concrétisé par :
- l’organisation de campagnes de sensibilisation pour informer les citoyens sur l’importance de préserver leur patrimoine ;
- l’institution de fêtes culturelles nationales à travers des journées nationales pour célébrer la mémoire culturelle ivoirienne ;
- le développement de mécénat et de partenariats dans le but d’encourager les entreprises privées et les philanthropes à financer des initiatives culturelles.

Au titre du développement de notre industrie culturelle et du tourisme culturel dans notre pays, nous travaillerons à :

1- Améliorer quantitativement le dispositif national des infrastructures culturelles notamment à l’intérieur du pays ;

2- Soutenir la production littéraire par la mise en place d’une politique spécifique de production et de promotion du livre ;

3- Stimuler la production cinématographique. Pour ce faire, l’accent sera mis sur la construction de salles modernes de cinéma dans toutes les régions du pays. De plus, il sera mis à disposition un fonds de soutien à la production cinématographique ;

4- Apporter un plus grand soutien financier aux artistes locaux afin d’accroître leur capacité de production. Les artistes locaux seront régulièrement identifiés et bénéficieront d'une couverture en matière d'assurance santé et vie ;

5- Positionner la Côte d’Ivoire sur la scène internationale : nos artistes, nos écrivains, nos cinéastes et nos artisans doivent briller au-delà de nos frontières. Nous devons investir pour faire de notre pays une référence incontournable en matière de création et d’innovation culturelle en Afrique ;

6- Créer des opportunités économiques : la culture ne doit plus être un secteur marginal. Elle doit devenir un moteur de l’emploi et de la prospérité à travers le développement des industries créatives, du tourisme culturel et des infrastructures modernes. La culture et le tourisme étant imbriqués, GPS en fera un seul ministère dans l'architecture gouvernementale.

Mes chers camarades de GPS,
Mes chers compatriotes,

Un peuple sans mémoire, sans expression artistique et sans enracinement culturel est un peuple fragile.

C’est pourquoi, comme vous avez pu le noter, nous avons décidé à GPS de faire de la culture un pilier essentiel de notre projet de société.

Reconstituer la mémoire culturelle de la Côte d’Ivoire et promouvoir notre patrimoine culturel est une entreprise ambitieuse mais nécessaire pour renouer avec l’identité nationale, renforcer le lien social et la cohésion nationale. En valorisant le passé, en investissant dans l’avenir et en impliquant toutes les composantes de la société, nous pouvons construire une Côte d’Ivoire fière de ses racines et rayonnante sur la scène internationale. Ce processus est une promesse de souveraineté culturelle et un moteur pour le développement économique et social que nous envisageons pour notre pays afin qu’il soit effectivement un modèle d’espérance pour tous comme le souligne notre hymne national.

Je m’engage à ce que cela soit une réalité.

Oui, je suis prêt ! GPS est prêt à réécrire avec vous les pages nouvelles de la vie culturelle de la Côte d’Ivoire. Rejoignez-nous pour qu’ensemble, nous puissions faire de la révolution culturelle un véritable pont de la tranquillité dans notre pays.

Je vous remercie !

Guillaume Kigbafori SORO

04/02/2025

L'ex-président américain, Barack Obama, lors de son discours historique au siège de l’Union africaine à Addis Abeba, en Éthiopie, le 28 juillet 2015.
IL TANCE LES DIRIGEANTS AFRICAINS QUI S’ACCROCHENT AU POUVOIR D'ÉTAT DANS LEURS PAYS AU MÉPRIS DES CONSTITUTIONS:

« Les progrès démocratiques en Afrique sont en danger quand des dirigeants refusent de quitter le pouvoir à l’issue de leur mandat
La loi est la loi, et personne n’est au-dessus, pas même les présidents, (...) personne ne devrait être président à vie .
Je ne comprends pas pourquoi certains veulent rester si longtemps au pouvoir. Surtout quand ils ont beaucoup d’argent .
Quand un dirigeant essaie de changer les règles au milieu de la partie simplement pour rester en poste, il s’expose à l’instabilité et à la discorde, comme nous l’avons vu au Burundi
Si un dirigeant pense être le seul capable d’unir sa nation, alors ce dirigeant n’a pas réussi à réellement bâtir son pays.
Les progrès de l’Afrique dépendront aussi de la démocratie, parce que les Africains, comme tout le monde, méritent la dignité de pouvoir contrôler leurs propres vies.
les ingrédients d’une vraie démocratie : élections libres et équitables, liberté d’expression et de la presse, liberté de réunion, ces droits sont universels. Ils sont écrits dans les constitutions africaines.
Cependant, en ce moment, ces libertés sont refusées à de nombreux Africains. La démocratie, ce n’est pas juste des élections. Quand les journalistes sont mis derrière les barreaux pour avoir fait leur travail, des militants sont menacés alors il y a une démocratie qui n’en a que le nom mais pas le contenu...». Barack Obama
Djakaria Samory Touré

18/09/2024

CÔTE D'IVOIRE ACTUALITÉ 🇨🇮
𝐃𝐄́𝐂𝐋𝐀𝐑𝐀𝐓𝐈𝐎𝐍 𝐍° 𝟎𝟎𝟗 𝐃𝐄 𝐆𝐄́𝐍𝐄́𝐑𝐀𝐓𝐈𝐎𝐍𝐒 𝐄𝐓 𝐏𝐄𝐔𝐏𝐋𝐄𝐒 𝐒𝐎𝐋𝐈𝐃𝐀𝐈𝐑𝐄𝐒 (𝐆𝐏𝐒) 𝐑𝐄𝐋𝐀𝐓𝐈𝐕𝐄 𝐀̀ 𝐋𝐀 𝐕𝐈𝐄 𝐃𝐄 𝐋𝐀 𝐍𝐀𝐓𝐈𝐎𝐍

Lors de sa réunion du samedi 14 septembre 2024, le Cadre restreint de Générations et Peuples Solidaires (GPS), s’est penché sur plusieurs sujets de l’actualité socio-politique internationale et nationale.

𝐑𝐞𝐧𝐟𝐨𝐫𝐜𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐩𝐫𝐞́𝐬𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐟𝐨𝐫𝐜𝐞𝐬 𝐞́𝐭𝐫𝐚𝐧𝐠𝐞̀𝐫𝐞𝐬 𝐞𝐧 𝐂𝐨̂𝐭𝐞 𝐝’𝐈𝐯𝐨𝐢𝐫𝐞

Selon le Wall Street Journal (WSJ), un journal quotidien international fondé en 1889, basé à New York, de solide réputation et parmi les plus influents au monde, les États-Unis ont renforcé leur présence en Côte d'Ivoire en déployant des Bérets Verts et des avions de surveillance, dans le cadre de leur lutte contre les « menaces terroristes croissantes en Afrique de l'Ouest ». Ce déploiement marque une nouvelle phase dans leur stratégie régionale de sécurité. Parmi les initiatives les plus significatives figure l’envoi de Bérets Verts en Côte d’Ivoire, dans le but, selon le Wall Street Journal, de « renforcer les capacités de défense locales par une formation spécialisée de l'armée ivoirienne ». En outre, des drones de surveillance américains sont désormais basés à Abidjan, fournissant des renseignements cruciaux aux forces ivoiriennes pour contrer les menaces terroristes dans le pays et dans la région.

Ce sujet, relatif à l’installation d’une base américaine en Côte d’Ivoire, a déjà fait l’objet d’une de nos déclarations officielles. Le gouvernement ivoirien s’était alors pourfendu en dénégations captieuses, dépréciant ainsi la parole gouvernementale et sapant la confiance dans nos institutions.

P*s, les mensonges du gouvernement se manifestent à nouveau avec l’annonce, largement médiatisée du retrait de l'armée française de la Côte d'Ivoire. Non seulement celle-ci maintient sa présence, mais elle prévoit de mutualiser sa base avec les forces ivoiriennes et d’y établir un centre de formation militaire à vocation internationale.

✓ Atteinte à la souveraineté nationale

La présence accrue de forces militaires étrangères sur le sol ivoirien constitue une violation flagrante de la souveraineté nationale. L’indépendance de la Côte d’Ivoire, acquise au prix de luttes historiques, est mise en péril par l’installation de bases militaires et de dispositifs étrangers sans l’approbation formelle des institutions ivoiriennes, en particulier du Parlement, garant des intérêts nationaux. Ces décisions, prises unilatéralement par le gouvernement sans consulter le peuple ni ses représentants, fragilisent l'intégrité territoriale et remettent en cause l’autorité de l’État sur ses propres affaires de sécurité et de défense nationales.

La présence de forces étrangères place la Côte d’Ivoire dans une posture de dépendance vis-à-vis de puissances extérieures, faisant de notre pays un simple théâtre d’opérations militaires dans un contexte de rivalité entre grandes puissances mondiales. En accueillant des forces de l'OTAN, la Côte d'Ivoire risque d’être perçue comme un acteur engagé dans des conflits géopolitiques qui la dépassent, ce qui pourrait entraîner des représailles ou exacerber les tensions dans une région déjà instable.

GPS considère que cette présence militaire étrangère compromet gravement la souveraineté et l’indépendance de notre nation.

GPS dénonce fermement les mensonges, les dissimulations et autres manipulations du gouvernement ivoirien sur un sujet critique qui concerne la question vitale de la sécurité nationale.

GPS demande à la représentation nationale d’exiger l’ouverture d’un débat national transparent sur la question de la présence de forces étrangères sur notre sol.

𝐃𝐞𝐬 𝐧𝐨𝐮𝐯𝐞𝐚𝐮𝐱 𝐞𝐧𝐣𝐞𝐮𝐱 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐩𝐨𝐥𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐝𝐞 𝐟𝐢𝐱𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐮 𝐩𝐫𝐢𝐱 𝐝𝐮 𝐜𝐚𝐜𝐚𝐨 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐩𝐚𝐲𝐬

Dans l’attente de la fixation du prix bord-champ du kilogramme de cacao pour la campagne 2024-2025 qui doit être déterminé d’ici la fin septembre, il y a lieu d’observer qu’en avril dernier, le prix d’achat avait été fixé à 1 500 FCFA le kilogramme. Ce tarif résultait des ventes par anticipation de la récolte de la période allant d’avril à septembre 2024.

Il faut noter avec intérêt que les autorités du Ghana, deuxième producteur mondial de cacao, ont annoncé, mercredi 11 septembre 2024, une augmentation de 45 % du prix des fèves pour la saison 2024-2025. Avec ce nouveau tarif, le prix du kilogramme de cacao au Ghana passe de 1 128 FCFA à 1 823 FCFA. Cette augmentation des prix fait suite à une hausse des prix internationaux du cacao, motivée par une baisse de la production mondiale. Les contrats à terme sur le cacao à New York ont récemment franchi la barre des 7 000 dollars (environ 4 125 000 FCFA) la tonne en raison de récoltes insuffisantes au Ghana et en Côte d’Ivoire, les deux plus grands producteurs mondiaux. Les experts estiment que l’augmentation du prix à la production de cacao pourrait inciter les agriculteurs ghanéens à investir dans leurs exploitations, ce qui pourrait atténuer la pénurie de l’offre mondiale.
Le Cameroun, troisième producteur africain de cacao, a ouvert sa campagne le premier avec un kilogramme de fèves payé en moyenne à 4 500 francs CFA, soit un peu moins que lors de la campagne écoulée, où le kilogramme de fèves était vendu à 5 000 FCFA. Toutefois, ce prix de 4 500 FCFA demeure toujours à un niveau historiquement très élevé.

Au regard de l’augmentation des prix payés aux producteurs de cacao au Ghana, la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial, ne peut rester en retrait. Par conséquent, GPS réclame une augmentation minimale de 45 % du prix bord champ à verser aux producteurs ivoiriens.

𝐃𝐞 𝐥𝐚 𝐝𝐞́𝐠𝐫𝐚𝐝𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐢𝐧𝐮𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐜𝐨𝐧𝐝𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐝𝐞 𝐯𝐢𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐈𝐯𝐨𝐢𝐫𝐢𝐞𝐧𝐬 : 𝐥𝐚 𝐂𝐨̂𝐭𝐞 𝐝’𝐈𝐯𝐨𝐢𝐫𝐞 𝐩𝐚𝐫𝐦𝐢 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐚𝐲𝐬 𝐚𝐟𝐫𝐢𝐜𝐚𝐢𝐧𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐭𝐨𝐮𝐜𝐡𝐞́𝐬 𝐩𝐚𝐫 𝐥𝐞 𝐬𝐮𝐢𝐜𝐢𝐝𝐞

La Côte d’Ivoire se classe parmi les pays africains avec un taux de mortalité par su***de élevé, estimé à 23 cas pour 100 000 habitants chaque année. M. Koné Souleymane, représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’a confirmé lors de la Journée mondiale de prévention du su***de le 10 septembre 2024. Entre 2019 et 2021, une étude du ministère de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle avec l’appui de l’OMS, a révélé 418 su***des et 927 tentatives, principalement chez les jeunes adultes (25-34 ans) et les adultes d’âge moyen (35-59 ans).

✓ La pauvreté et la misère : des causes profondes de désespérance

La pauvreté et la misère jouent un rôle crucial dans la montée des su***des en Côte d’Ivoire. En effet, la politique économique menée par le gouvernement, qui se caractérise davantage par la satisfaction des recommandations des bailleurs de fonds internationaux que par la prise en compte effective des besoins sociaux réels des populations et la situation de précarité engendrée par les difficultés financières, exacerbent la détresse psychologique des individus. Plus de 50% des jeunes ivoiriens sont au chômage et de nombreux ménages vivent en dessous du seuil de pauvreté. Cette précarité crée un environnement de désespérance, où l'incapacité à satisfaire les besoins fondamentaux comme l’alimentation et le logement peut mener à des sentiments d’impuissance et de désespoir.

Les conditions de vie difficiles ont un impact direct sur l’augmentation du taux de su***de. Le manque de soutien social et de services de santé mentale accessibles, particulièrement dans les zones rurales, aggrave cette situation. La faiblesse du dispositif de filets de sécurité économique et des mécanismes de soutien psychologique contribue à l’augmentation du taux de su***de, car les individus confrontés à des difficultés économiques extrêmes voient leur situation comme sans issue. Cette détresse exacerbée par les inégalités sociales nécessite une attention urgente.

GPS appelle à une réponse nationale coordonnée pour aborder cette crise de santé publique. Il est en effet crucial :

- d’ériger la question de santé mentale en préoccupation de santé publique ;
- d’élaborer une stratégie nationale de prévention du su***de, avec des campagnes de sensibilisation et des ressources accessibles pour la santé mentale ;
- de renforcer les infrastructures de santé mentale, en formant des professionnels et en créant des centres de soins dans toutes les régions ;
- de s’attaquer aux causes économiques sous-jacentes, en réduisant la pauvreté et en améliorant les conditions de vie des populations vulnérables.

𝐃𝐞𝐬 𝐞𝐧𝐣𝐞𝐮𝐱 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐩𝐫𝐨𝐜𝐡𝐚𝐢𝐧𝐞 𝐩𝐡𝐚𝐬𝐞 𝐝𝐞 𝐫𝐞́𝐯𝐢𝐬𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐥𝐢𝐬𝐭𝐞 𝐞́𝐥𝐞𝐜𝐭𝐨𝐫𝐚𝐥𝐞

Concernant le processus de révision de la liste électorale, Générations et Peuples Solidaires (GPS) constate que la Commission Électorale Indépendante (CEI) s'apprête à lancer la phase électorale de 2025 par le biais du recrutement des agents chargés de cette révision. Cette opération est supposée débuter le 30 septembre 2024 et se terminer le 30 octobre prochain.

Outre le non-respect des délais constitutionnels qui exigent une révision annuelle de la liste électorale, la CEI circonscrit celle-ci à un mois, et ce, en pleine période de rentrée scolaire. Cependant, la paupérisation des populations, aggravée par les nombreux déguerpissements inopinés, forcés et brutaux constitue une entrave certaine au succès d’une telle opération.

De plus, il est évident que la CEI a perdu toute crédibilité en raison de son passif sanglant, avec plus de 500 citoyens tués lors de la dernière présidentielle. Enfin, il y a certainement matière à suspecter une CEI aux ordres, qui fut complice de la forfaiture électorale de 2020.

GPS note qu’il est donc impératif d'ouvrir un dialogue afin de définir les conditions d'une élection apaisée et transparente en 2025, conformément à la déclaration des partis politiques de l’opposition et des organisations de la société civile en date du 9 août 2024, à laquelle GPS reste fermement engagé.

Pour finir, le Cadre restreint de GPS dénonce la torpeur dans laquelle sont maintenues les populations ivoiriennes, contraintes d’affronter dans le silence la misère quotidienne. GPS leur adresse un message d’espoir et leur réaffirme son engagement à leurs côtés dans la lutte contre les inégalités et l’injustice de la pauvreté.


Fait le 18 septembre 2024.

𝐋𝐞 𝐂𝐚𝐝𝐫𝐞 𝐫𝐞𝐬𝐭𝐫𝐞𝐢𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐆𝐞́𝐧𝐞́𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐞𝐭 𝐏𝐞𝐮𝐩𝐥𝐞𝐬 𝐒𝐨𝐥𝐢𝐝𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬 (𝐆𝐏𝐒).

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