23/09/2024
La puissance de l’échange simple entre collègues
Avec Aurore, on n’est pas vraiment collègues… en fait, on est voisines et bonnes copines, et parfois, on boit un café ensemble et on se raconte nos projets du moment.
Aurore enseigne l’histoire et la musique dans une école primaire à Fribourg en Suisse à des enfants qui ont entre 9 et 12 ans (oui, l’école primaire en Suisse dure plus longtemps qu’en France). Comme je suis aussi dans le monde de l’éducation, de la formation, nous nous considérons comme des collègues et échangeons souvent comme des collègues.
Donc, mercredi dernier, on prenait un café et elle me racontait qu’elle est en train d’organiser une chasse au trésor dans Fribourg pour ses élèves sur le thème du Moyen-Âge. Sa classe doit être divisée en trois groupes pour que chacun des élèves puisse être activement impliqué dans la chasse au trésor. Trois groupes, donc trois accompagnateurs ou accompagnatrices.
Aurore me décrit ce qu’elle imagine avec beaucoup d’enthousiasme. Elle a prévu de raconter l’histoire de la Tour Rouge et du trésor caché des moines… Puis elle s’arrête un peu dubitative en disant qu’elle adore créer ce genre de projet mais que, parfois, la mise en œuvre est un peu complexe dans le peu de temps disponible pour préparer. Pour que chaque groupe puisse entendre cette histoire de trésor caché, Aurore pense que chaque accompagnateur doit en avoir connaissance. Alors, elle se voit déjà en train de préparer un texte avec les points qu’elle estime importants. Et d’ajouter : « mais moi, ce que j’aime, c’est improviser, c’est broder autour de l’histoire… et là, je dois réfléchir à l’avance à ce que je vais transmettre aux accompagnateurs pour qu’ils transmettent à leur tour. Ça tue un peu mon élan. »
La lourdeur était palpable. Et moi, un peu innocemment, je lui dis : « tu pourrais enregistrer un audio que les accompagnateurs feraient écouter aux élèves de leurs groupes ? Tu t’épargnes la rédaction, la relecture, les éventuels retours de question. C’est un enregistrement « one shot »… Qu’est-ce que tu en penses ? »
Et là, gros soulagement… Un café, une collègue, une conversation banale somme toute. Un nouveau regard. L’ouverture vers une solution plus simple, que l’on n’avait pas vue parce qu’on avait le nez dans le guidon…
Et vous, il est de quelle couleur votre guidon en ce moment ?