02/12/2025
Chronique n*09
Ma société Kongo se retire dans les tranchées, ça tire sur tous les fronts, l’ennemi en face est de taille, il s’agit de la souffrance.
Pendant la guerre, les tranchées servent de refuge, hélas que pour ma société Kongo, ils représentent plus des cimetières.
Dans ce récit, je fais parler la société Kongo, je lui demande de me dire ce qu’elle était avant l’arrivée de la guerre, non la souffrance, et ce qu’elle est devenue aujourd’hui.
´´A l’époque je consommais l’huile de palme, elle était produite par mes propres efforts, elle était saine et me revenait peu cher, mais aujourd’hui cette huile que je consomme je ne suis pas si sûr;
je consommais du poisson salé, fumé, en provenance du Nord tout comme du sud du pays, que je mangeais presque gratuitement accompagné de quelques feuilles sauvages que j’ai appris à reconnaître et à cueillir auprès de mes aïeux, des aliments sains, locaux, bref les plaisirs de mon pays, mais aujourd’hui ils deviennent rares et luxueux pourtant mon pouvoir d’achat ne correspond pas à la réalité ´´
Cette raison m’a donc poussé à trouver refuge dans une première tranchée, qui s’appelle la malbouffe.
Les congelés qui traversent des milliers de kilomètres, conservés longtemps avec des produits de synthèse, des produits avec un niveau sanitaire douteux, envahissent mon alimentation quotidienne. La souffrance ne me permet plus de manger sainement.
J’ai trouvé refuge dans les cuisses de poulet, à prix concurrentiel, hélas que ma santé a été hypothéquée.
´´Avant je ne pouvais assister ma fille ou mon fils qui se plaignait d’une douleur quelconque, car je savais bien faire la distinction entre la santé et l’alimentation, mais aujourd’hui je me demande entre nourrir les enfants et dépenser de l’argent pour voir un médecin qu’est-ce qui est prioritaire, lorsque j’imagine l’état de ma poche ´´
Cette deuxième constatation, m’a poussé dans la deuxième tranchée, celle de l’automédication et de l’inaction. Je ne peux dépenser de l’argent pour de simples maux de tête, je suis devenu un parent qui ne gère que des affaires d’une extrême urgence 🚨, et très souvent lorsque l’urgence s’installe le pire se produit.
Je suis devenue une société morte, la souffrance m’a transformé, j’ai adopté des stratégies pour survivre, hélas que ces tranchées dans lesquelles j’ai trouvé refuge n’étaient que des cimetières.
Nous jeunes Kongo devrons créer une société qui nous garanti le minimum, où l’on ne se pose aucune question lorsqu’il s’agit de se rendre à l’hôpital parce que dans une société où la souffrance règne, la santé devrait être gratuite.
Philosophe de lumière
Mavie Parfait MBAMA
19/11/2025
Chronique des jeunes Kongo n*8
Mon époque était animée par des rythmes, des chansons, des mimes, des récitations,…
Mon époque était construite par des femmes et des hommes intègres: ils s’appelaient le maître et la maîtresse.
Ils ont façonné nos vies, aiguisé nos cerveaux et surtout bâti notre conscience sur des valeurs morales à travers l’éducation civique. C’était la dernière époque de l’âme kongo consciente, respectueuse, travailleuse et inspirée.
Le maître et la maîtresse, avaient de l’imagination, de l’inspiration, tout simplement de la pédagogie. Ils ont manipulé nos cerveaux, inclus de la lumière à l’intérieur, pour ce faire il fallait de la créativité: les chansons.
Oui la chanson, elle savait nous bercer, nous caresser le cerveau en lui donnant l’impression de s’amuser. c’était l’époque de l’apprentissage par la joie. Ah qu’est-ce que l’on était motivé d’y aller !!!
On a connu saligo eh eh saligo alinga mossala, c’était une manière de nous apprendre le goût du travail et l’entretien de notre société;
On a connu mwa bitichi eh, wa baka lossa, pour l’assainissement;
On a récité à ma mère, ma main, le jeune marin,…
Ma chanson préférée c’était « maintenant nous allons à la maison, au revoir madame, merci camarade, au revoir madame, merci à demain. 🤣🤣🤣
Nos débats au retour de l’école se focalisaient sur la répétition des règles d’hygiène avec la traditionnelle question « que devrons nous faire pour être en bonne santé? », les réponses, sans nul doute, vous les connaissez non !!!
Aujourd’hui, le maître et la maîtresse n’ont plus de rôle, les enfants écoutent tété ketch, zik seigne,…
Soit c’est la bêtise, soit c’est l’incitation à la violence.
Hommage à mon école de l’époque, hommage à la maîtresse et au maître.
Philosophe de lumière
Mavie Parfait MBAMA
18/11/2025
Chronique N*07
C’ÉTAIT MON ÉPOQUE, C’ÉTAIT MA GRANDE JEUNESSE,
Celle des hommes et des femmes audacieux, qui vivaient tous dans les mêmes quartiers, délabrés et réputés pauvres dans la capitale.
On partageait les mêmes ruelles, donc difficile de ne pas se voir, pourtant on avait ni téléphone, ni sms, ni WhatsApp. C’était l’époque ou les relations humaines étaient notre seul moyen de communication.
Les filles étaient protégées et conservées par les familles contre les petits renards remplit de boutons au visage, signe d’une grande transition: la puberté.
Il fallait donc de l’audace
Les filles étaient plus obéissantes à leur parents, car à chaque fois qu’elles acceptaient d’aller faire des petites courses au coin de la rue où siégeait le boutiquier, c’était une occasion en or. Une occasion pour le renard, de chuchoter à l’oreille, de convaincre, de faire rêver par des présents, de prouver qu’il est le renard de la situation parmi les renards. C’était la dr**ue à l’ancienne.
On avait rien, donc il fallait de la magie, du pouvoir de persuasion, des belles phrases et surtout des promesses alléchantes gratuites. Il fallait de l’audace…
Les filles avaient une chance à nous donner, comme si elles étaient nos dieux, oui à cet instant elles étaient des dieux, on courrait derrières elles, donc oui elles étaient des pierres précieuses. Elles n’avaient rien à nous offrir, on était tous des fauchés, mais pourtant elles estimaient avoir une chance à nous donner.
Nous petits renards on avaient rien, on jonglait entre fausses promesses et belles paroles. Nos présents ne dépassaient que très peu les 500 fcfa, que l’on économisait en se privant du petit déjeuner.
On promettait tout, des voitures, des belles maisons, pourtant nous étions fauchés.
Ah quelle Audace , où peut être des rêves de drogués .
Ma jeunesse
Philosophe de lumière
Mavie Parfait MBAMA
02/11/2025
Chronique des jeunes Kongo N*6
« Mon sang 🩸 doit être versé en martyr, et non pas le contraire »
Il parle, ce sang que nous sommes entrain de verser, ce sang juvénile qui a pris la coloration noir et qui assombrit le quotidien des paisibles citoyens (mais pas innocents);
Il parle ce sang devenu noir par l’accumulation des fautes commises par les uns et les autres, dans cette société Kongo, donc ce sang pleure et clame son innocence;
Oui son innocence !!! Il accepte de couler, ce sang noir, pour nettoyer notre société, mais il refuse de couler inutilement sans couler la machine qui a servi à le rendre noir;
Il parle ce sang, il pleure, parce que son sacrifice risque d’être oublié, d’où cette chronique pour témoigner de ce sang 🩸.
Je suis née innocent, vide d’esprit, mon cerveau tout blanc n’attendais qu’à être chargé par ce que vous, mes parents avaient voulus, pourtant je suis mort, moi le bébé d’ange à la naissance, comme bébé noir.
Oui je suis innocent, lorsque vous mes parents avaient installés des bars partout autour de vous et que la musique que j’écoutais m’a pollué le cerveau;
Oui je suis innocent, lorsque vous mes parents avaient déroulé le tapis rouge à ces musiciens dont la musique représente notre hymne du banditisme;
Oui je suis innocent, parce que la culture du chanvre c’est auprès de vous que je l’ai découvert;
Je suis innocent, lorsque vous mes parents fumiez pendant que j’étais dans le ventre, voilà comment j’ai appris le goût du tabac, puis des diverses drogues;
Je suis innocent, lorsque mes parents m’ont conçus dans une boîte de nuit, sous l’effet de l’alcool;
Je suis innocent, lorsque mes parents se battaient devant moi, et que de ce trauma j’ai appris la violence;
Oui je suis innocent,
Lorsque mon père est libre de refuser une grossesse,
Lorsque mes parents m’ont appris à acheter les diplômes,
Lorsque mes parents partaient en boîte et moi seul à la maison,
Lorsque qu’ils n’avaient rien dans la poche mais voulaient avoir des enfants,et que pour me nourrir je devrais aller soulever des charges chez les voisins;
….
Ma société toute entière m’a trahis, elle a fait de moi un bébé noir, autrefois un ange.
J’ai accepté de mourrir, ce que je demande, c’est que mon sang versé soit celui d’un martyr et non pas celui d’un kuluna.
Martyr pour l’éducation qui doit changer, martyr pour les parents irresponsables, martyr pour une prise de conscience.
La délinquance parentale nous a tué.
Cette chronique est inspirée par la lumineuse Marjorie NZIHOU, elle ne vise pas à défendre les kulunas mais pointé du doigt les causes de cette situation qui fait couler les 😭.
Rédigée par votre humble serviteur
Le Philosophe de lumière
Mavie Parfait MBAMA
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28/10/2025
Chronique des jeunes Kongo N*5
« Racourcir la chaîne des erreurs, pour allonger la chaîne des victoires »
La vie de l'homme est une succession d'erreurs qui aboutit à quelques petites victoires.
Il faut donc travailler sur le raccourcissement de cette chaîne d'erreurs, pour atteindre un équilibre entre erreurs et victoires.
Sur nos statuts, tous sommes beaux, belles, tous sommes en bonne santé, mais en arrière plan nos vies ressemblent à un champs d'erreurs, lesquelles nous accumulons et répétons au fil des années.
Si tu affiche ta réussite, tu affaiblis les autres; si tu affiche les erreurs que tu a commis avant de parvenir à ta réussite, tu permettra aux uns et aux autres de faire moins d'erreurs et de parvenir vite aux résultats.
À ma jeunesse kongo, c’est amusant de lancer des challenges de danse, d’afficher ses plus belles photos aux meilleurs endroits visités, mais tout cela n’est pas encore la solution aux problèmes de notre société.
Je viens à vous ma chère jeunesse, proposer de lancer un challenge qui consistera à afficher sur son statut ses erreurs ayant aboutit plus t**d à des réussites après plusieurs essais.
Que ce numéro, qui se veut une source de motivation et surtout de réussite dans vos projets, vous apporte la lumière.
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Philosophe de lumière
Mavie Parfait MBAMA
24/10/2025
Chroniques des jeunes Kongo N*4
« Nous les avons oublié »
Ces femmes qui ont trouvé la mort sur le lit de l’hôpital en voulant donner naissance à la vie, soit par incompétence, soit par négligence car considérées comme pas prioritaires, lorsque qu’au lendemain nous avons repris nos vies comme si rien ne s’était passé;
Ces médecins qui ont prêté serment devant l’état, payés par l’état, pourtant prennent l’hôpital comme leur propre entreprise par des réseaux de corruption, rendant ainsi l’hôpital l’endroit le moins sûr. En absence des sanctions, ce cancer a pris de l’ampleur et la société toute entière paye un lourd tribu;
Ces enfants qui courraient nos rues, à la recherche de quoi à manger, ces enfants qui faisaient la vente ambulante avec des cuvettes sur la tête, ces enfants désespérés qui jouaient le rôle des policiers routiers dans nos ruelles en espérant gagner du pain, lorsqu’aucune mesure n’avait été prise pour garantir leur éducation et que la seule éducation qu’ils avaient reçu c’était la loi de la rue qui les a transformé en bébé noir. Les élimer était sans doute la solution la plus difficile, que je ne critique pas, par contre on aurait pu éviter d’en arriver là en prenant la solution la plus facile, celle qui consistait à garantir l’éducation pour tous;
Ces élèves du lycée technique qui ont brillamment réussi à copier une pelle à système hydraulique en usant de seringues, car ils méritaient d’être encadrés afin de faire mûrir cet esprit créatif qui bouillonnait en eux;
Ces enfants qui ont été abusés par leur parents, de toutes les manières possibles, lorsqu’aucun système de protection social fiable et juste n’a été créé;
Ces filles qui ont abandonné l’école, parce qu’harceler par les enseignants et d’autres qui ont été obligées de se livrer sexuellement pour y demeurer et réussir à tout prix, dont les vies ont été ruinées de manière irréversible. Oui nous les avons oublié car la société n’a pris aucune mesure concrète et certains enseignants continuent tranquillement à faire régner le viol en usant de leur influence;
Ces filles et fils du pays qui sont morts dans des guerres tribales inutiles, parce que nous continuons à entretenir jalousement le tribalisme …
À chaque problème qui surgit dans notre société, il convient d’en tirer des leçons et de définir des mesures pour prévenir le désastre. Banaliser une fois, c’est rendre légal.
Philosophe de lumière
Mavie Parfait MBAMA
20/10/2025
Nous avons perdu l’esprit inventif, aux yeux du monde nous sommes devenus que des simples guignols, qui représentent une charge dans cette humanité.
On nous nourrit, on nous soigne, on nous gouverne, tout ça parce que nous avons tué l’esprit créatif au profit de l’esprit destructeur.
La honte, c’est de n’avoir pas sauvegarder l’héritage de nos ancêtres.
20/09/2025
C’est à ce stade de pensée que l’humain devient dangereux.
L’humilité, c’est le maître de notre esprit qui empêche de virer à la haine.
30/08/2025
C’est ainsi que nous regrettons certains morts et accordant peu d’importance à certains vivants inutiles.
Les humains sont liés les uns les autres, et les œuvres sociales sont le ciment de ses liens.
Philosophe de lumière
Mavie Parfait MBAMA