08/21/2026
La pression de l'itinérance repose essentiellement sur le dos des villes... pendant que les moyens et l'imputabilité appartiennent au gouvernement du Québec !!
Si Santé Québec pouvait reconnaitre son incapacité à planifier, prioriser, gérer et organiser les services en itinérance, elle pourrait au moins avoir la décence d'octroyer les sommes colossales dont elle dispose vers les différentes municipalités qui sont beaucoup plus conscientes et sensibles aux besoins de leur population et aux solutions à déployer.
Merci à Jean-François Aubin, Maire de Trois-Rivières pour cette lettre dans le Devoir pour laquelle nous endossons chaque mot !
Vous pouvez la lire dans la publication jointe !
Le communautaire à boutte
Vous vous demandez parfois pourquoi la Ville ne peut pas toujours régler rapidement les problèmes qui vous préoccupent?
À l’approche de la prochaine campagne électorale, je crois qu’il est important d’avoir cette conversation : nos villes ont de plus en plus de responsabilités, mais ont-elles réellement les pouvoirs et les moyens d’agir?
Cette semaine, j’ai publié une lettre ouverte dans 𝑳𝒆 𝑫𝒆𝒗𝒐𝒊𝒓 pour proposer une réflexion sur la place des municipalités au Québec et sur la nécessité de mieux reconnaître leur rôle de véritables gouvernements de proximité.
Si vous n’avez pas eu l’occasion de la lire, je vous la partage ici.
𝐋𝐞𝐭𝐭𝐫𝐞 𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐭𝐞 – 𝐏𝐨𝐮𝐫 𝐝𝐞 𝐯𝐞́𝐫𝐢𝐭𝐚𝐛𝐥𝐞𝐬 𝐠𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭𝐬 𝐝𝐞 𝐩𝐫𝐨𝐱𝐢𝐦𝐢𝐭𝐞́
À l’approche des prochaines élections, il est temps de repenser la place des municipalités dans le paysage politique québécois et d’examiner les moyens de renforcer leur capacité d’action. Deux arguments majeurs militent en faveur de cette réflexion : l’efficacité des services offerts à la population et la reconnaissance pleine et entière des villes comme véritables gouvernements de proximité.
En 2017, le gouvernement du Québec a officiellement reconnu les municipalités comme des gouvernements de proximité. Cette reconnaissance marquait une évolution importante. Longtemps limitées à la prestation de services essentiels tels que le déneigement, l’approvisionnement en eau potable, l’entretien des infrastructures ou les loisirs, les villes ont vu leur champ d’intervention s’élargir considérablement au fil des décennies. Elles jouent désormais un rôle de premier plan en matière de culture, de tourisme, d’habitation et de développement économique.
Surtout, elles se trouvent aujourd’hui en première ligne face à certains des plus grands défis de notre époque : l’itinérance, la pénurie de logements abordables, la résilience des infrastructures ainsi que l’adaptation aux changements climatiques et la réduction de leurs impacts. Les citoyens se tournent naturellement vers leur administration municipale pour obtenir des réponses concrètes et rapides.
Créatures
Malgré cette transformation profonde de leur rôle, les municipalités demeurent, sur le plan juridique, des créatures des provinces. La reconnaissance politique accordée en 2017 repose davantage sur une volonté gouvernementale que sur une protection institutionnelle durable. Cette réalité soulève une question fondamentale : ne devrait-on pas consacrer le statut des municipalités dans une éventuelle constitution québécoise ?
Une telle démarche permettrait de garantir l’autonomie municipale et d’assurer sa pérennité, indépendamment des changements politiques ou de l’évolution du statut du Québec. Elle obligerait également à clarifier les responsabilités respectives des différents ordres de gouvernement, réduisant ainsi les zones grises et les conflits de compétence.
D’ailleurs, l’Union des municipalités du Québec réclamait en décembre 2025 que soit amorcée une réflexion en ce sens. Une reconnaissance constitutionnelle constituerait aussi une protection contre les décisions unilatérales pouvant limiter l’autonomie locale sans véritable dialogue avec les collectivités concernées.
Cette proposition est loin d’être révolutionnaire. Dans plusieurs démocraties, le rôle des gouvernements locaux bénéficie déjà d’une protection constitutionnelle. En Allemagne, la Loi fondamentale garantit explicitement aux municipalités le droit de gérer, sous leur propre responsabilité, les affaires de leur communauté dans les limites prévues par la loi.
Aux États-Unis, de nombreux États ont adopté des dispositions dites du 𝐻𝑜𝑚𝑒 𝑅𝑢𝑙𝑒, qui accordent aux villes une autonomie significative en matière de gouvernance et de fiscalité et qui limitent les possibilités d’intervention arbitraire des autorités supérieures. Ce ne sont que quelques exemples, mais plusieurs pays ou États reconnaissent dans une loi fondamentale les gouvernements locaux.
Pragmatisme
Reconnaître constitutionnellement les municipalités n’a donc rien d’utopique. Il s’agit plutôt d’un moyen moderne et pragmatique d’adapter nos institutions à la réalité du XXIe siècle. Une telle reconnaissance pourrait également contribuer à assurer une plus grande prévisibilité financière en établissant un lien clair entre le transfert de responsabilités et les ressources nécessaires à leur exercice.
Au-delà des principes, cette réflexion répond à un impératif d’efficacité. Le partage actuel des compétences crée trop souvent des situations incompréhensibles pour les citoyens. Lorsqu’une artère dangereuse traverse le cœur d’une ville mais qu’elle relève de la compétence provinciale, les élus municipaux disposent de peu de moyens pour agir rapidement malgré la pression légitime de la population.
De même, face à l’itinérance, les municipalités doivent intervenir quotidiennement sur le terrain alors que les principaux leviers financiers et administratifs en matière de santé et de services sociaux demeurent centralisés à Québec.
Cette déconnexion entre les responsabilités assumées localement et les pouvoirs réels d’intervention ralentit l’action publique, complexifie la prise de décision et réduit l’efficacité des solutions mises en œuvre. Au bout du compte, ce sont les citoyens qui en subissent les conséquences.
Le Québec a tout à gagner à reconnaître pleinement le rôle stratégique de ses villes. Si nous voulons des collectivités plus dynamiques, plus résilientes et plus aptes à répondre aux besoins de leur population, nous devons leur donner les outils juridiques, politiques et financiers nécessaires pour agir.
Il est temps de franchir une nouvelle étape et de nous doter d’un cadre qui permettra aux villes du Québec de jouer pleinement leur rôle de gouvernements de proximité au service des citoyens. Il est temps que les différents partis politiques se prononcent sur ce sujet.
𝐉𝐞𝐚𝐧-𝐅𝐫𝐚𝐧𝐜̧𝐨𝐢𝐬 𝐀𝐮𝐛𝐢𝐧
Maire de Trois-Rivières
08/20/2026
08/12/2026
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