06/04/2026
Ce que les arts martiaux t'apprennent que l'école ne t'apprend pas ✍️✍️
La première fois que j'ai gagné une compétition de Jiu-Jitsu, j'étais convaincu que ce serait le moment le plus satisfaisant de mon parcours martial. Des mois d'entraînement, plusieurs défaites accumulées, et enfin une victoire! 🔥 Pourtant, quelque chose m'a surpris ce jour-là : je n'étais pas aussi heureux que je l'avais imaginé.
Ce qui m'a le plus marqué de cette compétition, c'est un combat que j'ai perdu dans la même journée, en NoGi. J'en suis sorti avec plus d'énergie, plus de clarté, plus de satisfaction que du combat gagné. C'est là que quelque chose a cliqué : sur les tapis, ce n'est pas l'adversaire en face de moi que j'affronte vraiment. C'est moi-même. Et cette réalisation a complètement changé ma façon de voir chaque entraînement, chaque défaite, chaque progrès.
Parce qu'à l'école, on nous apprend à avoir les bonnes réponses. L'erreur est quelque chose à cacher, à corriger rapidement, à oublier. Sur le tatamis, c'est exactement l'inverse. Chaque défaite arrive avec quelque chose de précieux : une direction claire, une indication précise sur ce qu'il faut aller travailler. La déception du moment est réelle après tout, l'adrénaline du combat fait son travail 🤯 mais une fois qu'elle retombe, c'est comme si une carte s'ouvrait devant toi avec les indications déjà inscrites (encore mieux que Google Map 😜). Je ne connais pas beaucoup d'endroits dans la vie où l'échec est aussi généreux.
Ce cheminement, je le vois se répéter chez mes élèves. Les nouveaux arrivent souvent avec une tendance bien humaine : on leur montre une technique, ils en veulent douze. Ils ont l'impression de maîtriser rapidement ce qu'on vient de leur enseigner et c'est normal, c'est comme ça qu'on nous a appris à apprendre. Mais le Jiu-Jitsu et le Kung Fu ne laissent pas beaucoup de place à cet égo-là. Dans un sport de combat où les blessures arrivent vite, ou dans une discipline qui demande des milliers de répétitions pour progresser, l'égo devient un obstacle réel parfois même dangereux. Avec le temps vient un moment, différent pour chacun, où je vois quelque chose changer. C'est eux qui demandent à attendre avant d'apprendre une nouvelle technique, qui réalisent l'ampleur de ce qu'il y a à maîtriser et qui veulent le faire bien plutôt que vite. Ce moment-là, pour moi, c'est le vrai début de leur chemin martial. 🥋
Je vais vous confier quelque chose. Après 16 ans de pratique, même quand c'est moi qui enseigne, je trouve toujours que mes techniques ne sont pas assez bonnes, pas assez travaillées. Ce n'est pas de la fausse modestie c'est ce que les arts martiaux m'ont appris à ressentir : qu'il y a toujours quelque chose à affiner, toujours un niveau de plus à explorer. L'école nous donne des diplômes pour nous dire qu'on a fini d'apprendre. Les arts martiaux, eux, ne vous disent jamais que vous avez terminé. Et c'est exactement pour ça qu'on y revient, semaine après semaine. 💪👊
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