Laboratoire Expérientiel sur les Arts et les Spiritualités LEAS

Laboratoire Expérientiel sur les Arts et les Spiritualités LEAS

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Le Laboratoire, dirigé par le professeur Alfonso Santarpia au Département de Psychologie de l’Univ.

de Sherbrooke, se distingue par son approche humaniste-existentielle orientée vers la phénoménologie de la création artistique dans la crise existentielle. Le laboratoire LEAS, intégré au sein du Département de Psychologie de l’Université de Sherbrooke (Québec, Canada), s’inscrit dans une approche d’orientation humaniste/existentielle et dans une perspective « embodied » (incarnée) de l’être. Une

07/30/2026

Projet de recherche déposé au LEAS

Notre doctorante Anaëlle Moreau a déposé son projet de recherche intitulé :

**L’expérience du chant choral dans le processus de deuil parental**

Elle le défendra en septembre devant un jury de trois personnes.

Félicitations à Anaëlle pour cette étape importante de son parcours doctoral.

07/26/2026

Avoir des images mentales est l’une des expériences les plus énigmatiques de l’être humain.

Elles constituent une manière de saisir la réalité, mais aussi de la prolonger au-delà de son caractère éphémère. Ce qui disparaît du monde peut continuer d’exister en nous sous une autre forme.

Publié en 2008 dans Pratiques Psychologiques, cet article propose une traduction et une adaptation françaises du Vividness of Visual Imagery Questionnaire (VVIQ). Cet outil permet d’évaluer, à l’aide d’un score quantitatif, la vivacité avec laquelle une personne évoque intérieurement des visages, des paysages, des couleurs ou des scènes vécues. Il peut soutenir la recherche et nourrir, dans certains contextes, la réflexion clinique.

Les images mentales sont souvent des restitutions du réel. Elles conservent quelque chose de ce qui a été perçu, vécu ou ressenti. Mais, dans certaines conditions, elles sont également transformables.

Une image liée à un souvenir peut évoluer, se déplacer, s’enrichir de sensations et devenir un scénario métaphorique. Le visuel peut alors ouvrir vers le son, le mouvement, le toucher, les sensations corporelles et l’émotion.

Une image issue du monde réel peut aussi se greffer à des images plus vastes, porteuses d’une dimension symbolique qui dépasse parfois l’expérience individuelle. Le souvenir singulier s’ouvre alors sur des questions universelles : la perte, la séparation, la naissance, la mort, la solitude ou le désir de recommencement.

Cette possibilité prend une importance particulière dans le travail clinique. L’événement passé n’est ni effacé ni réécrit. Mais lorsque l’image intérieure se transforme, la manière de porter l’expérience peut elle aussi se modifier. Le rapport émotionnel, corporel et symbolique à la réalité vécue devient plus mobile.

L’image mentale n’est donc pas seulement une trace du monde. Elle peut devenir un espace où l’expérience personnelle rencontre des questions universelles et où une nouvelle relation à la réalité peut émerger.

Aujourd’hui, cet article compte 10 602 lectures et 41 citations, signe que la traduction et l’adaptation françaises du VVIQ continuent de soutenir les recherches consacrées à la vivacité des images mentales.

📄 L’article est disponible gratuitement sur ResearchGate.

Référence
Santarpia, A., Blanchet, A., Poinsot, R., & Thizon-Vidal, S. (2008). Évaluer la vivacité des images mentales dans différentes populations françaises. Pratiques Psychologiques. https://doi.org/10.1016/j.prps.2007.11.001

07/23/2026

Un souvenir de la Journée de la recherche en psychologie de l’Université de Sherbrooke, le 7 novembre 2025.
-Présentation du laboratoire LEAS

Cette photographie exprime pour moi une belle collaboration scientifique, mais aussi la richesse d’un accompagnement doctoral fondé sur le dialogue, la créativité et la confiance.

Sandra Lachance déposera prochainement sa thèse portant sur les pratiques artistiques et le deuil chez les personnes proches aidantes. Son travail contribue à mieux comprendre comment la création peut donner forme à l’expérience de la perte, soutenir la transformation du lien avec la personne décédée et participer à la reconstruction du sens.

07/23/2026

Un souvenir photographique retrouvé.

Un honneur d’avoir rencontré Robert A. Neimeyer lors d’une conférence en 2018. Ses travaux ont profondément renouvelé notre compréhension du deuil en plaçant au cœur de cette expérience la reconstruction des significations.

Selon Neimeyer (2001), le décès d’un proche ne provoque pas seulement une souffrance émotionnelle. Il peut aussi bouleverser le système de significations grâce auquel une personne comprend sa vie et lui donne une cohérence. Ses croyances, ses valeurs, ses rôles, ses projets d’avenir et même son identité peuvent alors être remis en question. Le travail du deuil implique ainsi une reconstruction progressive de ces significations, afin de retrouver une certaine continuité dans son histoire de vie. Cette reconstruction peut concerner la manière de comprendre la perte, de se redéfinir, de transformer la relation maintenue avec le défunt et d’envisager l’avenir.

Référence
Neimeyer, R. A. (2001). Meaning reconstruction & the experience of loss. American Psychological Association.

07/23/2026

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Le journal de bord en recherche qualitative : un espace de réflexivité et d’exploration du vécu
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Le journal de bord est fréquemment utilisé en recherche qualitative, mais son rôle demeure parfois imprécis. Il ne s’agit pas simplement d’un carnet de notes ou d’un recueil d’observations, mais d’un outil méthodologique qui peut soutenir la compréhension du phénomène étudié tout au long du processus de recherche.

Il est utile de distinguer deux formes de journal de bord, qui répondent à des fonctions complémentaires : le journal de bord de la chercheuse ou du chercheur et le journal de bord des participantes ou des participants.

-Le journal de bord de la chercheuse ou du chercheur

Le journal de bord de la chercheuse constitue avant tout un outil de réflexivité. Il accompagne l’ensemble de la démarche de recherche et permet de documenter les réactions personnelles, les questionnements, les hypothèses émergentes, les valeurs, les présupposés, les choix méthodologiques ainsi que les décisions prises au fil de la collecte et de l’analyse. L’objectif n’est pas d’éliminer la subjectivité de la chercheuse, mais de la rendre explicite afin de mieux comprendre la manière dont elle participe à la construction des connaissances.

La tenue d’un journal réflexif contribue ainsi à la transparence et à la rigueur de la recherche qualitative. Elle permet de conserver une trace du cheminement interprétatif de la chercheuse, des transformations de sa compréhension et des décisions qui orientent progressivement la démarche de recherche (Creswell & Poth, 2024; Ortlipp, 2008).

Le journal peut également soutenir l’organisation et la traçabilité du processus d’analyse. Cette fonction est particulièrement importante lorsque l’analyse est accompagnée par des logiciels d’analyse qualitative. Comme nous l’avons montré ailleurs, ces logiciels facilitent l’organisation, la gestion et la documentation des données, sans jamais se substituer au travail interprétatif du chercheur ni à sa compréhension globale de la problématique (Santarpia, 2021).

Le journal de bord de la chercheuse peut notamment être organisé autour de quelques catégories simples :

* réactions personnelles;
* réflexions méthodologiques;
* hypothèses émergentes;
* valeurs et présupposés;
* décisions prises au cours de la recherche.

Dans la section Méthode, il est pertinent de préciser que ce journal sera tenu tout au long de la recherche et d'expliquer la manière dont les éléments réflexifs seront mobilisés pour documenter le processus scientifique.

-Le journal de bord des participantes ou des participants

Le journal de bord des participantes poursuit une autre finalité. Il constitue un espace souple permettant de recueillir des notes, des souvenirs, des pensées, des sentiments, des émotions, des images mentales, des métaphores, des phrases marquantes ou tout autre élément en lien avec l’expérience étudiée.

Il peut inviter les participantes à décrire des situations concrètes, des moments significatifs, des impressions, des souvenirs ou des réflexions sans chercher immédiatement à les expliquer. L’objectif n’est donc pas de produire une analyse théorique, mais de recueillir des traces de l’expérience vécue.

Lorsque les participantes acceptent d’en partager tout ou partie, le journal de bord peut également constituer un matériau empirique complémentaire utile à l’analyse des résultats. Les éléments consignés peuvent enrichir les entrevues, soutenir l’interprétation des données et contribuer à une compréhension plus fine du phénomène étudié. Selon les objectifs de la recherche, le journal pourra être utilisé comme source principale de données, comme matériau complémentaire ou comme soutien à l’interprétation; ce statut devrait être clairement explicité dans la section méthodologique.

Le journal peut également être organisé en fonction des différentes étapes de la collecte des données. Une première partie peut porter sur la préparation à l’entrevue en invitant les participantes à noter les éléments qu’elles souhaitent aborder. Une seconde peut être consacrée aux expériences, aux émotions, aux souvenirs ou aux réflexions qui émergent entre les entrevues ou à la suite de celles-ci.

Quelques questions ouvertes peuvent soutenir cette écriture :

* Décrivez une situation significative en lien avec votre expérience.
* Quels mots, images, souvenirs ou métaphores vous viennent spontanément à l’esprit ?
* Quels sentiments ou quelles émotions émergent lorsque vous pensez à cette expérience ?
* Y a-t-il un aspect que vous aimeriez approfondir lors de la prochaine rencontre ?

Une autre possibilité consiste à proposer quelques catégories simples :

* notes;
* pensées;
* sentiments;
* émotions;
* images mentales;
* métaphores;
* autres.

Dans une perspective phénoménologique, cette utilisation du journal rejoint l’invitation de Van Manen (2014) à revenir aux situations concrètes, aux souvenirs, aux impressions et aux significations telles qu’elles sont vécues par les personnes. Le journal favorise ainsi une proximité avec l’expérience avant qu’elle ne soit organisée ou interprétée.

Selon les objectifs de la recherche, les participantes peuvent choisir de partager l’ensemble de leur journal, seulement certains extraits ou aucun de ses contenus. Cette possibilité doit être clairement expliquée dans le formulaire de consentement et dans les consignes remises aux participantes. Le journal demeure d’abord un outil au service de leur propre réflexion; son utilisation comme donnée de recherche doit toujours reposer sur un consentement libre et éclairé.

Lorsqu’un journal de bord est proposé aux participantes, un exemple de sa structure, de ses consignes et de ses questions peut être présenté en annexe. La section Méthode devrait également expliquer précisément la manière dont son contenu sera recueilli, analysé et intégré aux résultats.

Ainsi conçu, le journal de bord devient bien davantage qu’un simple instrument de collecte de données. Pour la chercheuse, il constitue un espace de réflexivité, de transparence et de documentation du processus scientifique. Pour les participantes, il devient un espace de mémoire, de mise en mots, de symbolisation et d’approfondissement de leur expérience. Dans les deux cas, il contribue à une compréhension plus riche, plus rigoureuse et plus nuancée des phénomènes humains.

Références

Creswell, J. W., & Poth, C. N. (2024). Qualitative inquiry and research design: Choosing among five approaches. SAGE Publications.

Flick, U. (2022). An introduction to qualitative research. SAGE Publications.

Ortlipp, M. (2008). Keeping and using reflective journals in the qualitative research process. The Qualitative Report, 13(4), 695-705.

Santarpia, A. (2021). Les logiciels d’analyse textuelle. Dans A. Bioy, M. Castillo, & M. Koenig (dir.), Les méthodes qualitatives en psychologie clinique et psychopathologie (chap. 14, pp. 239-251). Dunod.

Van Manen, M. (2014). Phenomenology of practice: Meaning-giving methods in phenomenological research and writing. Left Coast Press.

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IMAGE : Illustration originale générée avec ChatGPT (OpenAI, 2026) à partir d'une description de l'auteur.

Pr Alfonso Santarpia
Professeur de psychologie clinique
Université de Sherbrooke
Directeur du Laboratoire expérientiel sur les arts et les spiritualités (LEAS)

07/23/2026

La quête de sens : une perspective humaniste-existentielle incarnée

La perte de signification peut être comprise comme une diminution de la capacité à ressentir la vitalité du corps dans le mouvement du plaisir et de la douleur, ainsi que comme une raréfaction des espaces symboliques et concrets dans lesquels investir son existence. La personne peut alors éprouver une difficulté croissante à s’engager envers elle-même, envers les autres et envers le monde, dans le présent, dans le passé, mais surtout dans l’avenir. Cette diminution des possibilités d’investissement fragilise progressivement le sentiment de continuité, de direction et de connexion à l’existence (Santarpia, 2025).

Dans cette perspective, la quête de sens ne se réduit pas à la recherche d’une explication aux événements vécus. Elle correspond à un processus de réinvestissement existentiel par lequel une personne retrouve progressivement la possibilité d’habiter son corps, de renouer avec les autres, de réinvestir le monde et de s’ouvrir à un avenir de nouveau habitable (Santarpia, 2025).

Cette conception s’appuie également sur la richesse historique et sémantique du terme sens en langue française. Le mot provient notamment du latin sensus, dérivé du verbe sentire, qui renvoie à la perception, à la sensation, au fait d’éprouver, mais aussi à une manière de penser et de comprendre une signification. L’histoire du français lui a également associé l’idée de direction, par le croisement avec l’ancien français sen, qui désignait un chemin ou une orientation (Centre national de ressources textuelles et lexicales [CNRTL], 2012a, 2012b; Touratier, 2008).

Dans une perspective humaniste-existentielle incarnée (Santarpia, 2025), cette polysémie permet de concevoir la quête de sens comme un processus articulant trois verbes fondamentaux de l’existence :

Ressentir : retrouver la capacité d’être affecté par soi-même, par les autres et par le monde.

Signifier : élaborer une compréhension vivante de son expérience, de son histoire et de ce qui lui confère une valeur existentielle.

S’orienter : redonner une direction à son existence en réinvestissant un avenir possible.

Lorsque ces trois dimensions se réarticulent, un mouvement existentiel devient de nouveau possible : la personne peut recommencer à habiter, à investir et à orienter son existence (Santarpia, 2020, 2025).

Cette perspective rejoint l’approche existentielle de Viktor Frankl, pour qui la recherche de sens constitue une motivation fondamentale de l’être humain (Frankl, 1959, 1985, 2004). Selon Frankl, dont le modèle a été approfondi par Wong (2014), la reconstruction du sens s’appuie principalement sur trois grandes sources :

La relation aux autres, à travers l’amitié, l’amour et la solidarité, qui favorisent le sentiment d’appartenance et la participation au monde.

La créativité, qu’elle soit intellectuelle, pratique ou artistique, permettant de contribuer au monde, de transformer son expérience et d’exprimer son potentiel.

L’attitude adoptée face aux épreuves, lorsque certaines situations ne peuvent être changées, mais que demeure la liberté de choisir la manière de les traverser.

Ainsi, la quête de sens ne consiste pas seulement à répondre à la question « Pourquoi ? ». Elle désigne un processus vivant par lequel une personne retrouve progressivement la capacité de ressentir, de signifier et de s’orienter. L’existence peut alors être de nouveau habitée, investie et mise en mouvement (Santarpia, 2020, 2025).

Références

Centre national de ressources textuelles et lexicales. (2012a). Sens¹ : étymologie et histoire. Dans Trésor de la langue française informatisé.

Centre national de ressources textuelles et lexicales. (2012b). Sens² : étymologie et histoire. Dans Trésor de la langue française informatisé.

Frankl, V. E. (1959). Man’s search for meaning. Washington Square Press.

Frankl, V. E. (1985). The unconscious God. Washington Square Press.

Frankl, V. E. (2004). On the theory and therapy of mental disorders: An introduction to logotherapy and existential analysis. Routledge.

Santarpia, A. (2020). Introduction aux psychothérapies humanistes (2e éd.). Dunod.

Santarpia, A. (2025). Reconstructing a narcissistically dehumanized self: Cinema therapy with the Dexter series. The Humanistic Psychologist, 53(3), 425–444.

Touratier, C. (2008). Essai d’analyse sémantique du verbe sentire. Dans Des formes et des mots chez les Anciens (pp. 185–198). Institut des Sciences et Techniques de l’Antiquité.

Wong, P. T. P. (2014). Viktor Frankl’s meaning-seeking model and positive psychology. Dans A. Batthyany et P. Russo-Netzer (dir.), Meaning in existential and positive psychology (pp. 149–184). Springer.

Pr Alfonso Santarpia
Professeur de psychologie clinique, Université de Sherbrooke
Directeur du Laboratoire expérientiel sur les arts et les spiritualités (LEAS)

Photos from Sherbrooke Vibrante's post 07/14/2026

Nos sincères condoléances à la famille et aux proches de Serge Malenfant. Sherbrooke perd un artiste visionnaire qui a su faire de ses murs une véritable poésie urbaine. Merci, Serge Malenfant, pour tout ce que vous avez offert à notre ville. Votre œuvre continuera de faire vivre son histoire, sa beauté et son imaginaire. Pensées lumineuses. 💫

Photos from Laboratoire Expérientiel sur les Arts et les Spiritualités LEAS's post 07/08/2026

Dexter : l’ombre qui cherche une forme

Certaines séries vont beaucoup plus loin qu’un simple divertissement. Elles peuvent devenir des espaces symboliques où se travaillent des questions fondamentales : le trauma, l’identité, la violence intérieure, la perte de soi… mais aussi la reconstruction.

Publié dans The Humanistic Psychologist, cet article explore la série Dexter comme médiation possible en psychothérapie humaniste-existentielle.

Dexter Morgan fascine parce qu’il est un anti-héros habité par un trauma fondatif. Toute son existence semble être une tentative de donner une forme, une limite et une direction à une violence intérieure née de cette blessure originelle.

Dans cette perspective, Dexter peut être envisagé comme une figure symbolique de contact : non pas un modèle à imiter, mais une présence fictionnelle qui permet à certaines personnes, confrontées à une profonde perte de leurs repères ou de leurs ressources intérieures, d’entrer en relation avec une force psychique devenue difficilement accessible.

Lorsque certaines expériences nous font perdre le contact avec notre vitalité, notre désir de vivre ou notre capacité à nous projeter, une œuvre de fiction peut parfois ouvrir un espace de transformation et de reconstruction.

Une question demeure alors :

Comment certaines figures fictionnelles peuvent-elles devenir des médiateurs thérapeutiques et favoriser un processus de reconstruction psychique ?

Cette réflexion ouvre peut-être une nouvelle manière de penser les médiations artistiques en psychologie : non plus seulement comme des supports d’identification, mais comme des figures symboliques de contact susceptibles de mobiliser des ressources psychiques, existentielles et créatives.

Pour aller plus loin :

Santarpia, A. (2025). Reconstructing a Narcissistically Dehumanized Self: Cinema Therapy With the Dexter Series. The Humanistic Psychologist, 53(3), 425–444.

07/07/2026

Le secret de l’existence humaine consiste non seulement à vivre, mais à trouver un motif de vivre.
— Fiodor Dostoïevski, Les Frères Karamazov (1880).

07/05/2026

Vers une conception humaniste-existentielle de la conscience réflexive

La conscience réflexive est un concept clé de l’approche humaniste-existentielle. Pourtant, sa définition varie selon les traditions philosophiques, psychologiques et cliniques.

Nous proposons de la concevoir comme la capacité de porter un regard mobile sur l’expérience vécue.

Cette capacité peut être mobilisée par toute personne engagée dans une expérience : un participant à une recherche, un patient-client, un psychothérapeute, un artiste, un chercheur ou toute personne confrontée à une transition, une crise ou une quête de sens.

Éclairée par la tendance actualisante de Rogers, le processus d’individuation de Jung et l’intégration du daimonique de Rollo May, elle participe à la croissance, à l’harmonisation et à la mise en sens de l’existence.

La conscience réflexive peut se porter sur différentes figures de l’expérience qui émergent dans le processus de contact : les sensations corporelles, les émotions, les images, les rêves, les systèmes motivationnels relationnels, les récits, les états modifiés de conscience et les grandes questions existentielles.

Dans une perspective synchronique, elle permet d’entrer en contact avec ce qui se manifeste dans l’instant.

Dans une perspective diachronique, elle favorise l’assimilation de l’expérience, la construction du sens, l’émergence de valeurs et son intégration progressive dans le devenir de la personne.

Elle permet ainsi de reconnaître les répétitions qui organisent notre manière d’être au monde, tout en ouvrant la possibilité de nouvelles compréhensions, de nouveaux choix et de nouvelles formes d’existence.

Dans cette perspective, les pratiques artistiques et les pratiques spirituelles ne sont pas seulement des moyens d’expression. Elles peuvent constituer des générateurs de nouvelles expériences, offrant à la conscience réflexive de nouveaux espaces de contact, de symbolisation et de transformation.

Cette proposition s’inscrit dans un dialogue entre la phénoménologie (Husserl, Sartre, Merleau-Ponty, Zahavi), la psychologie de l’expérience (William James), la Gestalt-thérapie (Perls), la psychologie humaniste et existentielle (Rogers, Jung, Rollo May, Frankl) et les approches narratives (Neimeyer, McAdams, Hermans).

Une question pour la clinique et la recherche

Comment orienter la conscience réflexive vers les expériences de contact les plus susceptibles de favoriser la mise en sens, l’intégration et la transformation de la personne ?

Références

Santarpia, A. (2020). Introduction aux psychothérapies humanistes (2e éd.). Paris : Dunod.

Santarpia, A., Abouchar, M., & Zabern, A. (2020). La clinique psychocorporelle. Dans L. Dany (dir.), Psychologie du corps et de l’apparence. L’image corporelle dans tous ses états (pp. 171–189). Aix-en-Provence : Presses Universitaires de Provence.

Santarpia, A. (2022). An Arts-Informed Idiographic Perspective in the Oncological Context: A Humanistic-Existential View. Dans Yearbook of Idiographic Science (Vol. 10). InfoAge Publishing.

Santarpia, A., Ricci, T., Meuche, G., Gamberini, N., & Destandau, M. (2021). The Narrative Effects of Shamanic Mythology in Palliative Care. Journal of Humanistic Psychology, 61(1), 73–103. https://doi.org/10.1177/0022167818777055

Autres ressources sur la capacité réflexive du thérapeute

Lamboy, B. (2002). La conscience réflexive du psychothérapeute [Thèse de doctorat]. Université Paris VIII.

Lamboy, B., Blanchet, A., & Lecomte, C. (2004). L’opérationnalisation du concept de conscience réflexive du psychothérapeute. R***e européenne de psychologie appliquée, 54(3), 189–205.

Morin, K. (2015). Le processus de conscience réflexive dans la pratique de psychothérapie d’une doctorante en psychologie [Thèse de doctorat en psychologie]. Université de Sherbrooke.

- Alfonso Santarpia
Directeur du LEAS




Illustration photo générée avec ChatGPT (OpenAI)

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