Laboratoire Expérientiel sur les Arts et les Spiritualités LEAS

Laboratoire Expérientiel sur les Arts et les Spiritualités LEAS Les recherches du laboratoire se développent en trois axes :

Les interventions par les pratiques artistiques (ex.

Fondé en 2025 et dirigé par le professeur Alfonso Santarpia, le Laboratoire explore, dans une perspective humaniste-existentielle, l’art, la spiritualité et les états modifiés de conscience face aux crises existentielles. Le laboratoire LEAS, intégré au sein du Département de Psychologie de l’Université de Sherbrooke (Québec, Canada), s’inscrit dans une approche d’orientation humaniste/existentielle et dans une perspective « embodied » (incarnée) de l’être. Une attention spécifique est portée sur l’expérience subtile du contact affectif et sur les perceptions/expériences du corps, exprimées à travers les métaphores du corps et/ou les images mentales. cinéma, poésie, présence clownesque, danse, peinture, musique) dans des contextes de crise (deuils, soins palliatives, situation de maladie, sentiment de vide, angoisse de mort, sentiment de peur généralisé, incertitude);
Les expériences thérapeutiques dans le cadre des pratiques religieuses et spirituelles (états de transe, expansion de la conscience, expériences mystiques, hortithérapie, chamanisme, l’expérience de l’AWE ou sublime) ;
Les représentations et les expériences du corps dans le champ de la psychopathologie et de la psychothérapie (la notion de présence, l’usage de métaphores du corps/images mentales dans la psychothérapie, dans les traités de psychopathologie, le récit de l’expérience corporelle dans le champ de la psychopathologie). Méthodologies

Le laboratoire combine des études qualitatives, quantitatives et mixtes. Une attention particulière est portée sur les recherches qualitatives et sur l’acte d’interprétation (d’orientation humaniste/existentielle) en lien avec les logiciels d’analyse du contenu (LIWC, T-LAB, Nvivo, Tropes, THEME). Sur le versant quantitatif, on s’intéresse à l’analyse de marqueurs psychophysiologiques, biomarqueurs cancéreux et d’endorphines en lien avec des dispositifs logiciels et matériels de prise de données psychophysiologique (capteurs et logiciels BIOPAC, et le logiciel de traitement de données AcqKnowledge).

Une étude récente publiée dans Science Advances apporte des résultats intéressants sur les liens entre présence sociale ...
09/29/2026

Une étude récente publiée dans Science Advances apporte des résultats intéressants sur les liens entre présence sociale et régulation physiologique.

Les chercheurs montrent que la proximité sociale peut favoriser une régulation plus efficace de différents systèmes physiologiques, notamment face à une charge en glucose, au froid ou au stress.

Ces résultats invitent à penser la régulation de l’organisme non seulement comme un processus individuel, mais aussi comme un phénomène en partie relationnel.

Masalha, M., et al. (2026). Social physiology: Human homeostasis is more efficient in social proximity. Science Advances, 12(39), eaeg4937.
https://doi.org/10.1126/sciadv.aeg4937

https://www.science.org/doi/10.1126/

Physiological homeostasis is traditionally viewed as an individual process optimized through evolution to minimize the energetic costs of regulation. However, it remains unknown whether social proximity enhances the efficiency of homeostatic regulation, ...

Le courage de regarderTiticut Follies (1967) de Frederick Wiseman et Vol au-dessus d’un nid de coucou de Miloš Forman (1...
09/25/2026

Le courage de regarder
Titicut Follies (1967) de Frederick Wiseman et Vol au-dessus d’un nid de coucou de Miloš Forman (1975) empruntent deux chemins différents (le documentaire et la fiction) pour nous conduire devant une même réalité : la vulnérabilité humaine lorsqu’elle est exposée au regard et au pouvoir de l’autre.

Wiseman filme ce qui existe derrière les murs d’une institution psychiatrique pénitentiaire. Forman passe par la fiction pour interroger la folie, l’enfermement, le soin et la normalité.
Mais au fond, quelque chose de plus essentiel les rapproche : comment regardons-nous un être humain lorsqu’il est profondément vulnérable ?
Cette question est aussi au cœur de la clinique.

Il arrive que l’autre se présente à nous presque sans protection. La souffrance met parfois à nu quelque chose de très profond : la peur, la solitude, la honte, le besoin d’être aimé, la difficulté d’exister.
Il faut alors savoir regarder cette nudité de la vérité sans en faire un spectacle, sans vouloir immédiatement l’expliquer, la corriger ou la faire disparaître.
Et je crois que la qualité de ce regard dépend aussi de notre capacité à être en contact avec nos propres blessures.
Non pour les projeter sur l’autre. Mais parce que celui qui peut reconnaître sa propre vulnérabilité a peut-être moins besoin de se protéger de celle de l’autre.
C’est là que cinéma et clinique peuvent se rencontrer : dans une certaine éthique du regard.
Avoir le courage de voir.
La délicatesse de ne pas envahir.
Et l’humanité de reconnaître, dans la blessure de l’autre, quelque chose de notre commune fragilité.

Pr Alfonso Santarpia
Directeur du LEAS

Que signifie réellement la solitude existentielle ?Dans leur article publié dans BMC Psychology, McKenna-Plumley et al. ...
09/22/2026

Que signifie réellement la solitude existentielle ?

Dans leur article publié dans BMC Psychology, McKenna-Plumley et al. (2023) explorent cette question à partir d’une enquête qualitative en ligne auprès de 225 personnes âgées de 16 à 72 ans.

Parmi elles, 175 récits sont analysés selon une analyse thématique réflexive (Braun & Clarke) afin d’identifier les principaux thèmes structurant l’expérience vécue de la solitude existentielle.

Les auteurs montrent que cette solitude ne se réduit pas à l’isolement social. Elle apparaît comme une forme plus profonde de solitude, marquée par un sentiment de déconnexion, des pensées et émotions négatives, ainsi qu’un lien avec le stress, les transitions de vie et la santé mentale.

Une formulation des participants résume fortement cette expérience :

« C’est un sentiment de déconnexion complète. »

L’article met ainsi en lumière une solitude qui touche à une séparation radicale : avec les autres, le monde, parfois même le sens de sa propre existence.

Cette recherche décrit avec précision les dimensions restrictives de la solitude existentielle : la déconnexion, le vide, l’incompréhension, la perte de sens.

Pourtant, certains participants évoquent également l’acceptation, une meilleure connaissance de soi ou la redécouverte d’un but dans la vie.

Une question demeure alors ouverte : la solitude existentielle est-elle uniquement une expérience de restriction et de séparation, ou peut-elle parfois devenir un espace à partir duquel émergent de nouvelles formes de sens, de création, de relation ou de présence au monde ?

Référence :
McKenna-Plumley, P. E., Turner, R. N., Yang, K., & Groarke, J. M. (2023). “It’s a feeling of complete disconnection”: Experiences of existential loneliness from youth to older adulthood. BMC Psychology, 11, 408.

Image. Le “Cri” d'Edvard Munch, réalisé à partir de 1893.

Être corps : sensations et métaphoresDans la lignée des travaux de Bessel van der Kolk, qui ont montré combien certaines...
09/16/2026

Être corps : sensations et métaphores

Dans la lignée des travaux de Bessel van der Kolk, qui ont montré combien certaines souffrances psychiques laissent une trace sensorielle, corporelle et perceptive ne pouvant être travaillée uniquement par l’analyse verbale, ce chapitre explore l’intérêt d’une approche psychocorporelle attentive au corps vécu, aux sensations, aux perceptions et aux possibilités de transformation de l’expérience corporelle.

On y trouve différentes propositions cliniques destinées notamment à des personnes souffrant de formes psychotiques et de troubles alimentaires, ainsi qu’un travail centré sur des micro-expériences corporelles.

Ces micro-expériences peuvent favoriser l’émergence de nouvelles métaphores du corps, capables de faire pont entre les sensations et les représentations, entre l’éprouvé corporel immédiat et sa mise en sens progressive.

L’enjeu est important : dans certaines problématiques, le soin ne passe pas seulement par l’interprétation ou l’élaboration verbale, mais aussi par la possibilité de transformer peu à peu le rapport au corps, l’expérience sensorielle et la manière d’habiter sa propre présence.

Référence :

Santarpia, A., Abouchar, M., & Zabern, A. (2020). La clinique psychocorporelle. Dans L. Dany (dir.), Psychologie du corps et de l’apparence : L’image corporelle dans tous ses états (pp. 171–189). Presses Universitaires de Provence.

Le chapitre est disponible sur ResearchGate, dans le profil du professeur Alfonso Santarpia.

Image créée avec ChatGPT (OpenAI), dans l’univers visuel du LEAS.

Félicitations à notre doctorante Catherine Leblanc, qui a présenté avec succès son projet de recherche devant son jury :...
09/10/2026

Félicitations à notre doctorante Catherine Leblanc, qui a présenté avec succès son projet de recherche devant son jury :

« L’usage de ChatGPT dans l’expérience des personnes souffrant de crises existentielles »

Son projet s’intéresse à la manière dont une intelligence artificielle conversationnelle peut prendre place dans l’expérience subjective de personnes traversant une crise existentielle, notamment dans leur façon de réfléchir, de donner du sens à ce qu’elles vivent et d’entrer en relation avec elles-mêmes.

Ce travail s’inscrit, de manière critique, dans la continuité des recherches du LEAS sur l’intelligence artificielle et le dialogue créatif avec ChatGPT.

L’acceptation de son projet par le jury permet maintenant à Catherine de poursuivre pleinement son travail doctoral.

Bravo Catherine pour cette étape importante et pour la qualité du travail accompli jusqu’ici.

Image générée avec ChatGPT (OpenAI).

Au-delà des frontières du corps : le corps métamorphiqueDans « Metamorphic Body in Altered States of Consciousness », Al...
09/10/2026

Au-delà des frontières du corps :
le corps métamorphique

Dans « Metamorphic Body in Altered States of Consciousness », Alfonso Santarpia développe la notion de corps métamorphique : ces expériences où le corps ne se contente plus d’être représenté autrement, mais se vit autrement.

Elles peuvent apparaître notamment dans l’hypnose, la méditation, l’immersion musicale, la respiration ou l’usage de substances psychédéliques.

Par exemple : se sentir devenir un arbre, se dissoudre dans la lumière, se vivre comme un paysage ou comme une matière en transformation.

Le chapitre propose une catégorisation de différentes formes de transformation du corps vécu, pensée comme une boussole clinique et narrative plutôt que comme une classification rigide.

Ces expériences semblent en partie difficiles à saisir avec les seuls outils psychométriques standardisés, car elles engagent des dimensions corporelles, symboliques et narratives qui débordent les mesures classiques.

Cette proposition est illustrée par une étude de cas en psycho-oncologie autour de MUSICANDO, un protocole d’écoute immersive de musique classique développé à l’Université de Sherbrooke dans le cadre du projet Interventions par l’art en contexte de crise. Le programme comprend 16 séances réparties sur deux mois à partir d’une sélection de 30 œuvres classiques.

Projet financé par le Fonds de recherche du Québec – Société et culture (FRQSC)
Interventions par l’art en contexte de crise
DOI : 10.69777/296206

Références

Santarpia, A., Blanchet, A., Venturini, R., Cavallo, M., & Reynaud, S. (2006). La catégorisation des métaphores conceptuelles du corps. Annales Médico-Psychologiques, 164(6), 476–485. https://doi.org/10.1016/j.amp.2005.01.008

Santarpia, A. (2024). Body-related Poetry Therapy in Psycho-Oncology. In A. Bleakley & S. Neilson (Eds.), Routledge Handbook of Medicine and Poetry (pp. 261–271). Routledge.

Santarpia, A. (sous presse). Metamorphic Body in Altered States of Consciousness. In M. S. Neubern & R. C. C. Rabello (dir.), Altered States of Consciousness and Healing: Methodological Approaches. Springer.

Pr Alfonso Santarpia, directeur du LEAS

Image générée avec ChatGPT (OpenAI).

Comment le cinéma nous met-il en contact avec l’expérience vécue?Cette question a traversé un cours sur l’écriture docum...
09/08/2026

Comment le cinéma nous met-il en contact avec l’expérience vécue?

Cette question a traversé un cours sur l’écriture documentaire avec Rosario Gallone, cinéaste, monteur et enseignant à Pigrecoemme, école de cinéma en Italie.

La discussion est partie de la frontière, parfois poreuse, entre documentaire et fiction. Un fait filmé ne suffit pas toujours à faire vérité. Celle-ci peut émerger d’une action, d’un geste, d’un regard, d’un silence ou d’une relation créée par le montage.

Cette réflexion rejoint les travaux du LEAS sur le cinéma comme dispositif de contact. Dans notre étude de la série Dexter, la rencontre avec le personnage permet à une personne dévitalisée de reprendre contact avec une dimension vitale : son énergie, sa puissance d’agir et sa capacité à réinvestir son existence.

Le travail doctoral d’Alex Lachance, réalisé sous la direction de la professeure Anne Brault-Labbé, montre également comment les œuvres de fiction peuvent offrir un terrain de travail sur soi dans des situations d’adversité existentielle.

Au-delà de la distinction entre documentaire et fiction, le cinéma ne se contente pas de représenter une expérience : il peut nous en rapprocher, nous mettre en contact avec elle et remettre quelque chose de vivant en mouvement.

Références

Santarpia, A. (2025). Reconstructing a narcissistically dehumanized self: Cinema therapy with the Dexter series. The Humanistic Psychologist, 53(3), 425–444.
https://doi.org/10.1037/hum0000371

Lachance, A. (2021). Bénéfices des œuvres cinématographiques de fiction en contexte d’adversité existentielle [Essai doctoral, Université de Sherbrooke].
https://usherbrooke.scholaris.ca/items/b93ca99e-de7e-48a1-90b9-4f27fa4a2388

Félicitations à notre doctorante Anaëlle Moreau, dont le projet de recherche« L’expérience du chant choral dans le proce...
09/08/2026

Félicitations à notre doctorante Anaëlle Moreau, dont le projet de recherche

« L’expérience du chant choral dans le processus de deuil parental »

vient d’être accepté par le comité du jury à la suite de sa présentation.

À travers ce projet, une question se dessine : comment l’expérience du chant choral peut-elle accompagner, soutenir ou transformer le vécu du deuil parental ?

Cette étape importante permet maintenant à Anaëlle de poursuivre et de développer son projet doctoral.

Bravo Anaëlle pour cette belle avancée !

Image générée avec ChatGPT (OpenAI).

Pour mieux connaître le LEASNous recevons régulièrement des questions et des marques d’intérêt pour les recherches menée...
09/01/2026

Pour mieux connaître le LEAS

Nous recevons régulièrement des questions et des marques d’intérêt pour les recherches menées au sein de notre laboratoire.

Pour celles et ceux qui souhaitent en savoir davantage, le site du Laboratoire expérientiel sur les arts et les spiritualités (LEAS) présente notre philosophie de recherche, nos axes, nos objets d’étude, nos publications, ainsi que les projets de recherche terminés et en cours de nos doctorantes et doctorants.

Le LEAS est répertorié parmi les centres, groupes et équipes de recherche de l’Université de Sherbrooke.

https://leas.recherche.usherbrooke.ca/

Au croisement de l’art, de la spiritualité, du corps et de ses métaphores, le LEAS explore des chemins de transformation intérieure.

Quand la souffrance rencontre le monde des plantesQue se passe-t-il lorsqu’une personne traversant une grande souffrance...
08/31/2026

Quand la souffrance rencontre le monde des plantes

Que se passe-t-il lorsqu’une personne traversant une grande souffrance psychique entre en relation avec le monde végétal ?

Les plantes ne parlent pas notre langage. Elles ne demandent rien. Elles poussent, résistent, accueillent la lumière, traversent les saisons. Leur présence silencieuse ouvre peut-être un autre espace de rencontre avec soi-même et avec le vivant.

C’est cette question que le travail doctoral de Kassandra Lachapelle, aujourd’hui psychologue, réalisé au sein du LEAS — Laboratoire Expérientiel sur les Arts et les Spiritualités de l’Université de Sherbrooke, a explorée à travers l’hortithérapie auprès de personnes vivant avec des symptômes psychotiques.

À partir du regard d’intervenants psychosociaux, cette recherche qualitative met en lumière trois dimensions essentielles :
🌿 les expériences de souffrance qui peuvent éloigner de la rencontre avec le vivant ;
🌿 la présence relationnelle des intervenants qui crée un espace de confiance ;
🌿 les expériences de mieux-être qui émergent dans le lien avec les plantes.

Au-delà d’une activité de jardinage, l’hortithérapie nous invite à réfléchir à une autre manière d’accompagner : une manière où la relation ne se limite pas aux mots, mais inclut le rythme, la beauté et la sagesse du vivant.

📖 Travail en libre lecture :
« Les effets de l’hortithérapie pour les personnes souffrant de symptômes psychotiques du point de vue de leurs intervenants psychosociaux »
Kassandra Lachapelle — Université de Sherbrooke, 2024

Lire le travail complet :
https://usherbrooke.scholaris.ca/items/ef5758c4-47f8-461b-893a-1d3d507f2372

Crédit image : création visuelle générée avec ChatGPT (OpenAI).

Adresse

Faculté Des Lettres Et Sciences Humaines Département De Psychologie
Sherbrooke, QC
J1K2R1

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