05/21/2016
D'OÙ VIENT NÉO?
« Yo Maria, tu veux faire une asso?
- Ight. »
Voilà comment tout a commencé. Nous étions à une fête de fin d’année l’an dernier, je pense, et, comme d’habitude, Maria et moi étions les seuls à ne pas être complétement morts. Il était très t**d, et la plupart des gens étaient rentrés ou s’étaient endormis. D’où m’est venu cette initiative spontanée de proposer de fonder un parti et de le porter candidat à l’Association Étudiante du Collège Stanislas? Difficile à dire. Maria et moi avions toujours été du genre à nous investir dans la vie étudiante, les activités parascolaires et bénévoles, etc…, et nous avions toujours été mécontents de l’association en place pendant nos années en Seconde et Première, qui, selon nous, avait failli dans leur rôle de représenter, d’écouter et de communiquer avec les élèves. Même, à un moment, nous nous étions proposés pour rejoindre leur parti, y apporter notre travail et notre passion, et ainsi le changer de l’intérieur; mais nous avions été déçu de l’opacité dans laquelle les membres du parti en place recrutaient et préparaient leur réélection. Mais, malgré tout ça, étions-nous véritablement prêts à nous lancer dans la grande aventure de fonder notre propre parti et de briguer l’Association Étudiante? Plus j’y pensait, plus je me disais que ce serait trop de travail, que je ne saurais jamais comment m’y prendre, alors que l’année de Terminale serait si importante. Et pourtant, nous voici. Alors, comment y sommes-nous arrivés? D’où vient Néo?
Ce soir-là, nous avons discuté longuement de notre vision, celle d’une vague de renouveau, de nos projets, ceux qui viendraient répondre aux demandes des gens de Stan, et, surtout, de nos candidats potentiels! J’ai instinctivement pensé à Juliette, que j’avais vu brillé comme présidente dans les Jeunes Entreprises, ainsi qu’à Quentin, critique sévère et de longue date de l’association de l’époque, tous deux se trouvant là à cette même soirée. Ceux-ci nous ont rejoint, et nous étions alors 4. Nous nous sommes quittés sans avoir avancer plus que ça; mais nous avions déjà établi la base de notre futur parti, et, avec l’été qui s’amorçait, nous allions avoir plein de temps pour nous revoir et en reparler. Ce que nous fîmes. Les réunions qui s’enchaînèrent alors virent de nombreux noms de candidats potentiels passer : Marc Haïdar, Frédérique Malecki, Alberto Slinger, Yasmin Bouissangarn, Simon Bégin, et j’en passe, et j’en oublie. Tous ne furent pas immédiatement des coups de cœur, et nous avons dû en laisser tomber plusieurs, mais, petit à petit, nos candidats potentiels se sont confirmés et notre équipe s’est agrandit : Philippe, Yara, Dorit-Lynn, Vickie, Richard, Léo (dans l’ordre d’arrivée; Léo nous a rejoint tellement à la dernière minute, puis, à cause de mes vacances, je l’ai pas rencontré avant genre la veille de la rentrée, alors vous pouvez imaginer la panique). Nous avions hâte de commencer à nous préparer, mais il fallait d’abord s’assurer que le courant passe entre nous (pas facile de faire ça quand les gens semblaient se relayer pour aller à Cuba pour qu’on soit pas tous là en même temps).
En effet, la première réunion fut plutôt intimidante car, en ce qui me concerne, je ne connaissais pas la plupart de ces gens qui étaient désormais membres du parti que j’avais fondé un peu sans trop réfléchir. Car nos recrutements de candidats se faisaient surtout en fonction de ceux qui travaillaient fort à l’école, ceux qui s’investissaient beaucoup bénévolement, ceux que l’on considérait comme populaires, et ceux que l’on retrouvait nominés au gala de fin d’année : des heures de plaisir à feuilleter les pages de l’album de fin d’année! Mais qu’importe si nous ne nous connaissions pas : il était temps de tisser des liens. Au cours des vacances, nos nombreuses réunions à la bibliothèque d’Outremont (on s’est tellement vu là-bas, c’est genre devenu un lieu saint pour nous) pour élaborer notre plateforme, notre budget et les rôles que nous allions occuper dans l’Association furent entrecoupés par des rencontres plus informelles chez quelques-uns des différents membres de notre parti (les oiseaux de Yara furent une grande source d’inspiration), en plus d’une séance photo au centre-ville, où je battais (vraiment) Richard au basket entre chaque prise, où Vickie et Juliette se battaient pour pousser l’autre dans les fontaines de la Place-des-Arts (le grand amour commençait déjà!), et où Maria nous a déniché un coin avec de beaux graffitis pour notre photo de groupe (à genre 20000h de marche de là où on était), avant qu’on s’arrête dans un « Amir » pour manger et parler encore de nos projets (il faisait tellement chaud ce jour-là, mais heureusement ça se voit pas sur les photos : merci Tara, photographe officielle!). Enfin l’équipe était soudée! Le plus gros était donc déjà fait.
Nous avons par la suite priorisé la rédaction de notre plateforme et de notre budget, ceux-ci étant de facto les textes fondateurs (on dirait une religion) de notre parti, et ce qui allait prendre le plus de temps. Nous avons mis beaucoup d’efforts pour poser, développer et concrétiser nos idées pour l’Association, et nous en sommes très fiers. Donc, un peu ironiquement, alors que la rentrée, et donc l’élection, approchait à grands pas, nous nous sommes retrouvés sans nom pour notre parti. Nous en avions déjà parlé durant certaines de nos réunions, et avions pensés à certaines possibilités, en suivant la tradition gréco-latine (ça fait plus « démocratie ») des noms des partis qui nous avaient précédé, mais avions convenu à ce moment que cela pouvait attendre. Or, cela ne pouvait alors plus attendre. Le nom provisoire que Juliette avait proposé et qu’elle, Quentin et moi avions désigné lors d’une réunion à trois seulement (eh oui, ça arrivait) et que nous avions gardé depuis, fut officiellement présenté et adopté par l’ensemble des membres : Néo. C’était un nom qui reflétait notre nouveauté, car on était après tout une équipe toute neuve, connue de personne, avec de nouvelles idées, et notre volonté de changer l’Association (pour ceux qui savent pas, neo, c’est nouveau en grec). Et là commença le débat le plus polarisant de notre l’histoire de Néo : le logo. Quelles seraient nos couleurs? Quels seraient nos symboles? Soleil? Pas de soleil? Vague? Pas de vague? Quel ton de jaune ou de bleu? Et est-ce qu’on met l’accent sur le « E » ou pas ?!? Bref, nous sommes parvenus à nous entendre, et, grâce à Camilo (shout out à notre graphiste officiel), nous avons eu un beau logo, que nous nous sommes immédiatement affairés à mettre sur nos affiches, nos photos, des t-shirts, des badges, des biscuits, partout, car la rentrée était arrivée, et cela voulait dire que la campagne électorale pour l’Association Étudiante du Collège Stanislas 2015-2016 n’était alors plus très loin.
Et quelle campagne ce fut! La passion et l’enthousiasme des membres et sympathisants de Néo me surpris. En effet, j’ai été témoin d’un engouement pour le parti que j’avais fondé qui me toucha. La lutte pour aller chercher chaque vote fut ardue, mais les relations avec nos adversaires furent toujours cordiales, et ce fut toujours un plaisir pour moi d’aller à la rencontre des gens de Stan et de leur parler de Néo. Notre équipe déploya musique, friandises, réseaux sociaux pour attirer des supporteurs. Enfin, le débat des chefs, théâtre d’échanges flamboyants, de questions cinglantes et d’attaques colorés, fut la digne conclusion de cette intense campagne de presque deux semaines (que nous n’aurions jamais pu réussir sans tous nos alliés de la première heure, Jean-Charles, Simon, Alison, Angel, Tara, Camilo, Yannis : merci). L’anticipation était immense à la fin de la journée de vote : nous avions tant travaillé, sans relâche, pour nous rendre là, et c’avait déjà été une expérience unique; mais nous ne sentions pas que c’était la fin. Nous nous sentions prêts à continuer, à apporter une vague de renouveau à l’Association Étudiante. Et les gens de Stan furent d’accord. L’euphorie que nous avons ressentie à ce moment est difficile à décrire avec des mots. C’est pour cela que, lorsque nous avons entendu les résultats, nous n’avons rien dit : nous nous sommes juste jetés dans les bras des uns et des autres, dans un mouvement spontané de pur bonheur et fierté.
Au moment d’écrire ces lignes, la fin de l’année est très proche. Nous en avons accompli tant, avons tellement travaillé, avons eu des bons coups et des moins bons coups, mais n’avons jamais perdu notre passion, notre détermination et notre volonté de servir et représenter les élèves du Collège Stanislas. C’est peut-être pour cela que j’ai eu cet élan de me lancer dans l’Association. Et c’est dans ce même esprit, qui nous anime tous depuis le début, que j’ai partagé avec vous l’histoire de Néo.
Antoine T., co-président de l'AECS.