06/03/2026
- 𝗣𝗼𝗿𝘁𝗿𝗮𝗶𝘁 -
Après 34 années consacrées à l’enseignement, dont les 26 dernières au Pensionnat Saint-Nom-de-Marie, France Belleville prendra sa retraite à la fin du mois de juin. Trente-quatre années à transmettre sa passion des mathématiques, à accompagner les jeunes avec bienveillance et à illuminer les corridors de son large sourire et de son énergie positive. Enseignante de mathématiques, mais aussi intervenante en sexologie, mentore, collègue et amie, elle a marqué tous ceux qui ont eu le privilège de croiser sa route par son humanité, sa générosité et son engagement indéfectible.
Originaire de Lanaudière, France quitte le nid familial à l’âge de 17 ans pour poursuivre ses études à Montréal. Elle entreprend d’abord une formation en technique d’hygiène dentaire au Collège de Maisonneuve avant de réaliser que sa véritable passion se trouve ailleurs. Elle se dirige alors vers les mathématiques et l’enseignement, obtenant un baccalauréat en mathématiques ainsi qu’un certificat en enseignement à l’Université de Montréal.
Au début de sa carrière, elle s’installe à Bromont avec son mari et obtient un premier poste dans une école privée de Granby. Tout en découvrant le métier qui deviendra sa vocation, elle supervise déjà la construction de sa première maison. La première d’une longue série de projets qu’elle mènera avec la même rigueur et le même enthousiasme qui la caractérisent.
Après quelques années dans les Cantons-de-l’Est, l’aventure l’appelle vers l’Ouest canadien. Elle s’établit à Calgary avec son mari et y enseigne pendant deux ans. Parmi les expériences marquantes de cette période figure sa participation à un projet pilote regroupant uniquement des jeunes filles dans un programme d’immersion française au secondaire. Une expérience qu’elle a particulièrement appréciée. « Elles posaient des questions sans gêne et participaient beaucoup. C’était valorisant de les voir évoluer rapidement », se rappelle-t-elle.
Son séjour dans les Rocheuses lui permet également de développer deux passions qui la font vibrer encore aujourd’hui : la randonnée pédestre et le ski alpin. Après deux années enrichissantes, France rentre au Québec, enceinte de la 1ère de ses trois filles. Quelques mois plus t**d, le désir de se rapprocher de sa famille, notamment de sa mère et de sa sœur jumelle, l’amène à réorienter sa trajectoire et à revenir à Montréal. C’est alors que le Pensionnat Saint-Nom-de-Marie entre dans sa vie.
Séduite par la possibilité d’enseigner à nouveau dans un milieu dédié aux jeunes filles, France rejoint l’équipe du PSNM. Elle y découvre bien plus qu’un lieu de travail : une communauté à laquelle elle s’attachera profondément et où elle laissera une empreinte durable. Vingt-six ans plus t**d, elle aime dire qu'elle a le PSNM tatoué sur le cœur.
« J’aime toujours enseigner. J’aime trouver des solutions et simplifier les notions le plus possible pour aider les élèves. Les voir s’améliorer, apprivoiser la matière et devenir moins anxieuses face aux maths, c’est ma plus belle récompense. Je dis souvent à mes élèves que c’est comme un jeu! Construire les exercices, les examens et les plans de cours me stimule, mais j’adore surtout le lien avec les ados et voir surgir l’étincelle quand elles comprennent! »
Ses collègues enseignantes ne tarissent pas d’admiration. « France est une passionnée de maths, mais surtout de l’humain », dit Chantal Gobeil. « C’est une enseignante dynamique, dévouée, organisée et tellement inspirante », ajoute Valérie Turbide. « Sa passion et son professionnalisme marquent tous ceux qui ont la chance de travailler à ses côtés. »
On dit de France qu’elle est authentique, intègre et franche. Elle ne craint pas de faire entendre sa voix et de défendre ses convictions. « C’est une personne qui n’accepte pas l’injustice et qui valorise la place des femmes dans la société », souligne son amie Chantal Simoneau. Elle emmène les jeunes filles à croire en elles et à se responsabiliser.
Femme d’action, proactive et excellente gestionnaire, France aime relever des défis. Monter un cours intensif de mathématiques en quelques semaines pour des élèves d’un programme d’échange linguistique, offrir du tutorat à domicile, organiser des rassemblements mémorables pour sa famille ou ses collègues, retourner aux études au début de la quarantaine pour entreprendre un baccalauréat en sexologie ou encore superviser les chantiers de ses maisons : elle aborde chaque projet avec la même détermination.
À l’école, son enthousiasme est tout aussi contagieux. « Un projet qui sort un peu du cadre? Une nouvelle activité à essayer? Avec France, c’était un OUI, toujours », raconte sa collègue Christianne Ouba. « France possède une qualité précieuse dont une grande école comme la nôtre aura toujours besoin : elle est rassembleuse », ajoute sa proche collègue, Sarah Toroyan.
Quels projets lui réserve la retraite? Des voyages, du temps précieux avec sa famille, des soupers avec sa gang d’amies, du yoga, de la randonnée, du ski… et probablement un peu d’enseignement. Car si l’on peut sortir l’enseignante de la classe, on ne peut certainement pas sortir les mathématiques de l’enseignante.
Et il y aura assurément de belles fêtes, parce que faire plaisir à ceux qu’elle aime fait partie de son ADN. D’ailleurs, devinez qui a invité l’ensemble du personnel à un dernier rassemblement chez elle pour souligner la fin de l’année scolaire? De quoi ne pas se faire oublier. Comment serait-ce possible?
Bonne retraite chère France!