INIS Centre de formation professionnelle en cinéma, télévision et documentaire basé à Montréal.

En route vers les Gémeaux! Notre diplômé Renaud Chassé a fait le plein de nominations et réfléchit à l'avenir de la télé...
09/10/2026

En route vers les Gémeaux! Notre diplômé Renaud Chassé a fait le plein de nominations et réfléchit à l'avenir de la télévision avec nous...

Aujourd'hui président chez Sphère Média et vice-président du conseil d'administration de L'inis, Renaud est bien placé pour saisir l'importance des prix Gémeaux au sein de l'industrie. Non seulement c'est une fête pour toute ses équipes, mais c'est aussi une occasion de rattraper ce qu'il a manqué!

Découvrez sa vision et ses réflexions fort pertinentes 👇

https://inis.qc.ca/blogue/renaud-chasse-producteur-sphere-media-gemeaux

COURT MÉTRAGE GRATUIT  « Quand tu boxes, tu te bats contre quelqu'un d'autre, mais aussi contre toi-même », dit Max Dufa...
09/09/2026

COURT MÉTRAGE GRATUIT

« Quand tu boxes, tu te bats contre quelqu'un d'autre, mais aussi contre toi-même », dit Max Dufaud, diplômé du programme cinéma 2017 et réalisateur de « Wood ». Le film a connu un très beau succès lors de sa sortie!

On y suit un jeune boxeur qui peine à assumer son homosexualité, et pour qui le seul mode d'expression reste ses poings... 🥊

Le réalisateur, le scénariste Jonathan Lemire et la productrice Suzanna Wojciechowska reviennent sur la création du film : un cours de boxe suivi en mode recherche, des scènes dessinées à même le scénario, des figurants recrutés directement dans la salle d'entraînement.

Découvrez l'article complet ici : https://inis.qc.ca/blogue/wood-30-ans-30-films

À lire, puis à voir gratuitement sur le site Web de L'inis, dans le cadre de notre rétrospective « 30 ans 30 films ».

L’école de formation professionelle en audiovisuel par excellence au Québec

09/02/2026

FILM GRATUIT

« L'USINE À BICEPS » : QUAND L'HUMOUR ABSURDE DÉNONCE LA MASCULINITÉ TOXIQUE

Un texte de Laetitia Demessence, diplômée du programme Écriture de long métrage 2021-2022 📝

Derrière son humour frontal et son ton absurde, le film L’Usine à biceps, tourné en 2019, explore une question bien actuelle : celle de la masculinité et de ses dérives.

Au cœur d’un gym où les corps se sculptent, un personnage dérange : Jimmy. Excessif, caricatural, profondément désagréable. C’est dans cet univers exagéré que prend vie L’usine à biceps, un court métrage réalisé par Kevin Champagne-Lessard dans le cadre de sa formation à L’inis, et que nous avons rencontré pour discuter du film plusieurs années plus t**d.

VISIONNEZ LE FILM : https://inis.qc.ca/projets-etudiants/lusine-a-biceps

Au départ, ce projet n’allait pas de soi. Porté par une équipe d’une dizaine de personnes, dont le scénariste Charles Sylvestre et la productrice Anaëlle Béglet, le film aborde frontalement la question de la masculinité toxique. Mais comment trouver le ton juste, sans tomber dans la caricature ou la complaisance ?

UN CHEMIN D'AUTODIDACTE

Avant d’intégrer L’inis, Kevin, qui travaille maintenant sous le nom d’artiste « Kevin de Laval », construit son parcours en marge des voies traditionnelles. Pas de formation académique en cinéma : il apprend sur le terrain, en réalisant des vidéos corporatives, des contenus pour des festivals, et en réinvestissant chaque cachet dans ses propres courts métrages.

Mais à force de tourner, un constat s’impose. S’il maîtrise l’image et la technique, quelque chose lui échappe encore.

« Je savais faire de belles images, j’avais une esthétique, mais j’avais de la difficulté avec la direction d’acteurs. » - Kevin Champagne-Lessard, réalisateur diplômé de L’inis

C’est ce manque qui le pousse à s’inscrire à L’inis.

Rapidement, son mentor Pierre Houle l’amène à déconstruire ses réflexes. Il le pousse à travailler avec Ann Arson, spécialisée en direction d’acteurs, pour sortir d’une approche purement technique : « Je me suis mis à réfléchir à la vie du personnage en dehors du film : qu’est-ce qu’il mange, où il habite, qu’est-ce qu’il fait quand il n’est pas à l’écran. »

Cette approche l’aide à transmettre aux acteurs une compréhension globale de leur rôle, tout en laissant place à leur vécu. « Je voulais qu’ils arrivent préparés, mais aussi qu’ils amènent quelque chose d’eux-mêmes. »

LES ACTEURS, LE CADEAU DE CE TOURNAGE

Sur L’usine à biceps, la présence d’acteurs expérimentés tel que Paul Ahmarani agit comme un levier déterminant.

D’abord intimidé, Kevin trouve en lui un allié.

« Paul Ahmarani a été super important pour moi. Il m’a beaucoup aidé dans la direction d’acteurs. Et tous les acteurs se donnaient des conseils entre eux. Moi, j’écoutais! » - Kevin Champagne-Lessard, réalisateur diplômé de L’inis

Pour Kevin, c’est un basculement. Là où, auparavant, le réalisateur se concentrait surtout sur la technique, il découvre ici l’importance du travail en profondeur avec les comédiens, et surtout, la nécessité de leur faire confiance.

UN FILM DIFFICILE À ASSUMER SI ON NE CHANGE PAS TOUT

Mais une fois le tournage terminé, un doute s’installe.

En postproduction, quelque chose ne fonctionne pas. Le sujet, un personnage masculiniste, misogyne, qui incarne tout ce que le réalisateur rejette, le place dans une position inconfortable.

« C’était difficile de dire que c’était moi qui avais fait ce film-là. » - Kevin Champagne-Lessard, réalisateur diplômé de L’inis

La solution arrive dans l’urgence. Insatisfaits du montage, Kevin et son équipe, le scénariste Charles Sylvestre et la productrice Anaëlle Béglet, décident de tout reprendre. Sans accès aux images, ils reconstruisent le film à la main, à l’aide de post-it collés sur un mur, en une seule nuit.

Le choix est radical : raconter l’histoire entièrement du point de vue de Jimmy, le « méchant ».

« On s’est rendu compte que le ton n’était pas le bon, et comme on avait tellement de matière avec Jimmy, on a décidé d’assumer complètement ce personnage-là », explique Kevin. Ils présentent le nouveau plan de montage au monteur, qui croyait avoir terminé le projet, et ils recommencent tout.

Une voix hors champ est ajoutée, le montage est refait, et le film bascule enfin vers l’absurde qui était recherché depuis le début.

Ce geste de dernière minute transforme le projet. En poussant le personnage à l’extrême, l’équipe comprend qu’elle ne le valorise pas, mais qu’elle le révèle pour ce qu’il est.

« On expose vraiment le personnage comme un imbécile. On comprend enfin qu’on le dénonce. » - Kevin Champagne-Lessard, réalisateur diplômé de L’inis

QUEL REGARD AUJOURD'HUI ?

Quelques années plus t**d, le regard de Kevin sur le film a évolué.

En le revoyant récemment, il redécouvre L’usine à biceps avec une certaine distance : « Si on avait été dans la demi-mesure, ça n’aurait pas fonctionné. Là, on est allés au bout. »

De projet difficile à assumer, le film devient alors une étape fondatrice. Une expérience où se croisent doute, remise en question et inconfort. Une preuve que ce sont souvent les détours, les erreurs et les risques qui permettent de trouver le ton juste.

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30 ans 30 films ! Afin de souligner son 30e anniversaire, L’inis présente tout au long de l’année 2026 une rétrospective de films tirés de ses archives. Pour en discuter, des diplômé·es récents ont rencontré les créateurs et créatrices des 30 films sélectionnés.

COURT MÉTRAGE GRATUIT  Nous poursuivons cet automne notre rétrospective de 30 films marquants de l'histoire de L'inis! 🎥...
09/01/2026

COURT MÉTRAGE GRATUIT

Nous poursuivons cet automne notre rétrospective de 30 films marquants de l'histoire de L'inis! 🎥

Mettre à l'image des changements sensoriels, émotionnels, corporels : c'est le pari réussi de « Paradoxe », réalisé par Aimé Majeau Beauchamp et produit par Tarek Bendahmane, tous deux diplômés du programme Documentaire 2022.

L'histoire suit Laure, musicienne, créatrice, femme trans, survivante d'une surdose… Elle porte en elle plusieurs récits qui se croisent sans jamais se résumer les uns aux autres.

À lire, puis à voir gratuitement sur le site Web de L'inis!

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08/28/2026

FILM GRATUIT

« GUANZILLUM » : LE DERNIER TOUR D'UN VIEUX MAGICIEN

Réalisé en 2017 dans le cadre de leur formation à L’inis, « Guanzillum » réunit le réalisateur Neegan Trudel, le scénariste Gabriel Pelletier, et le producteur Toma Parent autour d’un univers où la magie sert de point d’entrée à une réflexion plus intime sur la vieillesse et la transmission.

Le film raconte l’histoire d’un vieux magicien qui refuse de céder la scène à son fils, malgré le déclin de sa carrière. Derrière cette prémisse mélancolique, l’équipe cherchait surtout à raconter une relation humaine. « On voulait parler de la passation », résume Neegan Trudel, « un jeune qui veut prendre la place de son père, mais le vieux ne décroche pas. »

VISIONNEZ LE FILM ICI : https://inis.qc.ca/projets-etudiants/guanzillum

Avant de se retrouver à L’inis, les trois collaborateurs arrivaient d’univers très différents. Toma Parent travaillait d’abord comme producteur de musique et dans une organisation dédiée aux jeunes et aux arts, après un parcours en cinéma et en théâtre.

Gabriel Pelletier, lui, baignait déjà dans l’écriture grâce à ses parents, tous deux scénaristes. Il entre à L’inis avec l’envie de raconter « des histoires ambitieuses qui font rêver ».

Neegan Trudel, de son côté, travaillait en animation 3D et en effets visuels avant de quitter les studios pour se rapprocher d’un cinéma plus humain et plus concret. Déjà impliqué dans le mouvement Kino, il était attiré par « la magie du cinéma », une fascination qui se retrouve partout dans « Guanzillum », jusque dans sa manière de transformer un petit budget en grand spectacle.

LE MONDE DE LA MAGIE : UN UNIVERS VISUEL TRÈS FORT

À l’origine, le projet naît d’une idée lancée presque spontanément par Neegan : raconter l’histoire d’un magicien capable d’arrêter le temps. Toma, chargé de choisir parmi plusieurs propositions de projets, est immédiatement attiré par ce personnage de prestidigitateur qui pratique une magie réelle.

« Le monde du cirque et du spectacle amenait quelque chose de très cinématographique. » - Toma Parent, producteur diplômé de L’inis

Gabriel hérite ensuite du concept pour développer le scénario. Rapidement, l’idée évolue vers une relation père-fils, permettant d’ancrer le fantastique dans quelque chose de plus émotionnel. « Le père a un amour de l’art tellement grand que ça vient bouleverser sa relation avec son fils », explique Neegan.

L'ENVIE DE L'AMBITION

Malgré son récit intime, Guanzillum assume pleinement son goût du spectacle. Inspirés notamment par The Prestige, un film de Christopher Nolan de 2006, les trois créateurs veulent profiter du contexte scolaire pour expérimenter librement.

« Comme c’était un film d’école, on voulait tester des affaires. » - Neegan Trudel, réalisateur diplômé de L’inis

Mouvements de caméra ambitieux, univers de théâtre et de cirque, effets visuels : l’équipe cherche constamment à créer quelque chose de plus grand que les moyens réels du projet.

Cette ambition se reflète particulièrement dans le choix du décor principal. Pour Toma, le théâtre où se déroule l’action est un personnage du film. « C’est la vedette cachée du projet », dit-il.

Après plusieurs démarches, il réussit à amener l’équipe à tourner au théâtre Le National, sur la rue Sainte-Catherine à Montréal, un lieu déjà chargé visuellement, permettant au film d’acquérir une ampleur inattendue malgré son petit budget. « Tout était déjà là : la salle, les coulisses, les rideaux… On sent qu’il se passe quelque chose. »

LE RÔLE INESTIMABLE DES COMÉDIENS

Le tournage est également marqué par la collaboration avec les comédiens Luc Proulx et Émile Schneider. Pour Neegan, cette rencontre devient rapidement un apprentissage important en direction d’acteurs. Il se souvient particulièrement de Luc Proulx, qu’il décrit comme une présence rassurante et structurante sur le plateau. « Je parlais beaucoup, et lui réussissait à condenser mes indications en quelques mots très simples », raconte-t-il.

À l’inverse, Émile Schneider arrive sur le plateau avec une énergie spontanée et imprévisible. Il propose constamment de nouvelles idées pendant les scènes. « Il voulait tester des choses », se souvient Toma. Une liberté créative qui oblige parfois l’équipe à jongler avec les contraintes de temps du tournage, mais qui enrichit le résultat final.

Avec le recul, les trois créateurs regardent aujourd’hui Guanzillum avec beaucoup de tendresse : « Je suis fier du film », résume simplement Neegan. Toma partage ce sentiment : malgré les années, il trouve que l’esthétique du projet tient encore la route.

« Le film a bien vieilli. L’image est encore belle aujourd’hui. » - Toma Parent, producteur diplômé de L’inis

DES CARRIÈRES QUI SE POURSUIVENT

Presque dix ans plus t**d, leurs parcours ont continué à évoluer, mais les liens créatifs demeurent. Neegan a fondé sa propre boîte de production et travaille aujourd’hui sur plusieurs projets documentaires et séries pour APTN, tout en développant de nouvelles fictions. En 2026, il a été récipiendaire du concours Accès Sodec, volet court métrage, organisé par L’inis en collaboration avec la Sodec, ce qui lui permettra de produire un court métrage.

Gabriel poursuit l’écriture à travers différents projets, entre contenu de marque, humour, fiction et documentaire. Toma développe actuellement un long métrage qu’il coréalise avec Neegan.

Comme le magicien de Guanzillum, les trois créateurs ont gardé intact une même fascination : celle de raconter des histoires capables de suspendre le temps, ne serait-ce qu’un instant.

📝 Un texte de Laetitia Demessence, diplômée du programme Écriture de long métrage 2021-2022

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30 ans 30 films ! Afin de souligner son 30e anniversaire, L’inis présente tout au long de l’année 2026 une rétrospective de films tirés de ses archives. Pour en discuter, des diplômé·es récents ont rencontré les créateurs et créatrices des 30 films sélectionnés.

08/24/2026

FILM GRATUIT

« COUP DE BLUES », UN DOCUMENTAIRE QUI FAIT RÉSONNER LA LOUISIANE AU CŒUR DE MONTRÉAL

Venu·es tous les deux de France, Antoine Masson-MacLean (réalisateur) et Caroline Bergoin (productrice) s’inscrivent au programme documentaire de L’inis en 2013 avec l’envie assumée de faire du cinéma. Leur collaboration sur le projet de fin de programme donne naissance à « Coup de blues », un film empreint de vie et de musique qui marque la conclusion d’une belle année pour ces deux artistes.

VISIONNEZ LE FILM ICI : https://inis.qc.ca/projets-etudiants/coup-de-blues

UN COUP DE CŒUR ET UN COUP DE CHANCE

Pour se lancer dans la production de ce film, Antoine et Caroline doivent déjà trouver un sujet. Et l’idée vient d’Antoine, musicien dans l’âme, qui a aperçu un couple d’artistes se produire dans les rues du Vieux-Port de Montréal.

« Tout de suite, j’ai su que c’était ça le sujet. Ils faisaient du blues comme personne à Montréal. C’était un coup de cœur, je n’avais aucun plan B. » - Antoine Masson-MacLean, diplômé en réalisation documentaire

Mais, problème, après les avoir vus, Antoine n’a aucun moyen pour les contacter, pas de numéro, pas d’adresse, juste cette inspiration qu’il ne veut pas lâcher.
Heureusement pour Caroline et lui, la situation se débloque grâce à Ariane Louis-Seize, diplômée du programme Cinéma à L’inis, qui a aussi vu ce couple dans la rue et les a pris en photo.
En zoomant sur le cliché, Antoine retrouve le nom de leur groupe inscrit sur l’étui de la guitare, « Jitterbug Swing », et réussi à les contacter.

Parfois, les belles idées viennent aussi avec un coup de pouce du destin (et d’Ariane Louis-Seize).

À LA RECHERCHE DU BLUES ET DU SCÉNARIO

Dans un premier temps, Antoine se documente et fait des recherches sur l’histoire du blues et des bluesmen, mais aussi sur les parallèles qu’il pourrait faire avec l’histoire de Danielle et Brian, les deux artistes au cœur du film.
Très vite, des inspirations et des thématiques fortes se dessinent, ancrées dans la musique et le vécu des musiciens.

« Ça a été un coup de foudre avec eux. On est vraiment devenu une petite famille le temps de la production. » - Antoine Masson-MacLean, diplômé en réalisation documentaire

Mais un autre défi attend Antoine : l’écriture du scénario. Il nous confie qu’à l’époque, « je n’avais aucune idée comment écrire un scénario de documentaire. Ça a été toute une première expérience ».
Heureusement, l’encadrement de Raymonde Provencher à L’inis et le soutien de Caroline à la production qui l’aide à trouver les bonnes orientations tout en rebondissant sur les pré-entrevues, permettent d’arriver à une version écrite du film.

L'ART DE L'INTERVIEW

En tant que productrice, Caroline gère la logistique, l’organisation du tournage, les déplacements de l’équipe, les plans et les entrevues filmées par Antoine et sur lesquels elle apporte un regard précieux.
« Mon rôle, derrière la caméra, c’est aussi d’écouter et de savoir rapidement si ce qu’on entend est bon », explique Caroline, « ou si une question pourrait être reformulée, s’il manque une réplique qu’on avait en pré-entrevue et qui serait importante pour le film ».

« C’est une question de confiance et d’échanges avec ceux qu’on filme pour qu’ils puissent se livrer honnêtement, sans filtre. » - Caroline Bergoin, diplômée en production documentaire

Pour Antoine, il existe un véritable art de l’interview qu’il tente d’appliquer à son projet. « Au-delà des bonnes questions à poser, il faut aussi écouter les silences. C’est parfois plus puissant que les mots, il y a des choses derrière, un vécu. Dans le film, il y a un comme ça, un silence qu’on n’avait pas prévu, mais qui est beau et porteur de sens ».

FILMER LE RÉEL COMME UNE FICTION

Le film nous embarque à bord de son train musical, de son ambiance chaleureuse et de ses chansons qui résonnent autant dans la voix de Danielle qu’à l’écran. Si on ressent l’été à Montréal, avec son atmosphère si caractéristique, on est aussi transporté ailleurs, vers la Louisiane et le blues comme Antoine l’imaginait.

« C’est un documentaire, mais je voulais qu’il raconte quelque chose comme une fiction, avec un univers propre, une signature unique. » - Antoine Masson-MacLean, diplômé en réalisation documentaire

Accompagné à la caméra par le directeur photo Michel La Veaux, Antoine déploie un univers riche avec des séquences marquantes : les chansons en pleine rue, l’essai d’une guitare « boite à cigare » chez Daddy Mojo ou le passage sur une voie ferrée.

Ces éléments ont aussi été l’occasion pour Caroline de s’impliquer en tant que productrice afin de tout coordonner, mais également pour vérifier qu’aucun problème ne survienne pendant le tournage.
« Si on prend l’exemple du plan sur les rails, c’est plus compliqué qu’il n’y paraît, nous dit-elle, il y a des questions de sécurité, d’assurances et d’autorisations. En se concertant, on a fini par trouver une solution alternative et qui fonctionnait aussi d’un point de vue artistique ».

TRAVAILLER LE SON POUR VOYAGER ENCORE PLUS

À la recherche d’un cachet authentique, Antoine travaille l’ambiance sonore du film comme on le ferait pour une œuvre musicale. Avec l’aide de Benoît Dame à la conception sonore, il récupère des bruitages et des sons qui alimentent le film et lui donne cette ambiance originale, celle d’un lieu unique quasi surréaliste, à mi-chemin entre Montréal et La Nouvelle-Orléans.

« On a ajouté des chants d’oiseaux, des chiens qui aboient, mais aussi le bruit d’une espèce de criquet typique de la Louisiane, et qui n’existe pas ici. » - Antoine Masson-MacLean, diplômé en réalisation documentaire

En plus de cette ambiance sonore unique, le film s’embellit aussi avec les chansons interprétées par le duo. Mais la présence de titres musicaux nécessite d’en avoir les droits, et pour régler ce problème « c’est Caroline qui a accompli des miracles », souligne Antoine. « Surtout avec le blues, c’est compliqué, il faut retrouver les artistes d’origines, qui en a les droits. »

UNE SUITE LOGIQUE POUR LES DIPLÔMÉ·ES

Le résultat est un film qui fait voyager, et qui voyage lui aussi, en festivals au Canada et à l’étranger.

Fort des contacts obtenus avec ce projet, Antoine trouve rapidement du travail dans le milieu après sa sortie de L’inis. Depuis, il a multiplié les grosses productions, canadiennes et américaines, sur lesquelles il opère comme assistant à la caméra. Parmi celles-ci, citons « Die Alone », « Chaos Walking », « Mr. Big », « Simetierre », « Reacher », « Marie Chapdelaine », et la liste est encore longue.

« L’inis m’a donné les outils pour devenir réalisateur et atteindre ce rêve. C’est quelque chose de très concret et qui t'apporte une façon de fonctionner et une manière de se préparer pour faire du cinéma. » - Antoine Masson-MacLean, diplômé en réalisation documentaire

Caroline est devenue une productrice renommée qui a multiplié les projets, notamment avec plusieurs diplômés de L’inis. Preuve de son talent, deux autres de ses films sont aussi à l’affiche des trente ans de l’Inis : « Chevette 83 », avec Luis Oliva, et « À trois pas de la scène », avec Judith Plamondon. Elle a récemment produit le documentaire N'oublie pas de regarder devant toi qui traite d’immigration par le prisme de femmes qui apprennent à faire du vélo.

Un texte d’Antoine Symoens, diplômé du programme Écriture de long métrage 2023-2024 📝

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30 ans 30 films ! Afin de souligner son 30e anniversaire, L’inis présente tout au long de l’année 2026 une rétrospective de films tirés de ses archives. Pour en discuter, des diplômé·es récents ont rencontré les créateurs et créatrices des 30 films sélectionnés.

08/21/2026

COURT MÉTRAGE GRATUIT

« CHEVETTE 83 », UN VOYAGE INTIME DANS UN EXERCICE INTROSPECTIF DE LUIS OLIVA

Un texte d’Antoine Symoens, diplômé du programme Écriture de long métrage 2023-2024 📝

En 2013, après s’être fait connaître comme acteur dans plusieurs séries, mais aussi en tant qu’animateur pour l’émission « Amérikologie » sur TV5, Luis Oliva saute le pas et s’inscrit au programme documentaire de L’inis en réalisation. Rapidement, il s’associe avec Caroline Bergoin, étudiante en production, et à deux ils accomplissent une première œuvre, « Chevette 83 », un exercice de style poétique et introspectif.

Le principe est simple : avec une banque d’images provenant des archives de l’Office National du Film (ONF), ainsi que des vidéos personnelles, les étudiant·es réalisent une œuvre qui relate un élément marquant de leur vie.

VISIONNEZ LE FILM ICI : https://inis.qc.ca/projets-etudiants/chevette-83

VOYAGE VERS NIAGARA

Parler de soi n’est jamais évident, et encore moins quand on projette d’en faire un film qui sera vu par des spectateurs.

Initialement, Luis s’interroge sur une quête d’identité, mais n’est pas satisfait par la tournure trop vague que cela prend. « C’est en cherchant dans un album photo chez ma mère que j’ai complètement changé d’angle », explique-t-il. « Je suis retombé sur un voyage qu’on avait fait, pendant quatre jours de mon enfance, un moment très précis, mais qui voulait dire beaucoup de choses pour moi ».

« Trouver comment raconter quelque chose de personnel, mais d’une façon détournée avec une histoire qui tient en haleine aussi. C’était ça la clé. » - Luis Oliva, diplômé en réalisation documentaire

Luis décide alors de prendre le point de vue du petit Luis, 10 ans, lorsque ses parents, pourtant séparés, décident de faire un voyage familial vers les chutes du Niagara à bord de leur vieille Chevette 83.

ÉCRIRE AU « JE », UN PREMIER DÉFI

Ce film vient aussi avec un défi de taille pour le réalisateur : inclure dans le scénario une narration personnelle qu’il devra lui-même enregistrer. « C’était tout un premier défi, écrire au “ je ” » se rappelle Luis. Pour Caroline, en tant que productrice sur cette œuvre intime de Luis, son travail a d’abord été de l’amener à se révéler et à lâcher prise, notamment dans l’écriture du texte.

« Je voyais tout le potentiel de ce que Luis voulait raconter, et je l’ai accompagné dans cette voie pour qu’il puisse vraiment se libérer dans son texte. » - Caroline Bergoin, diplômée en production documentaire

Amusé, Luis se souvient que Caroline lui a demandé d’écrire et de réécrire le scénario plusieurs fois. « Elle a refusé trois, quatre versions avant d’arriver à la bonne, et elle avait raison, elle m’a poussé à épurer pour être efficace ».

« Il y avait quelque chose de beau là-dedans, le fait d’oser être vulnérable, de prendre ce risque pour se mettre à nu dans le film. » - Luis Oliva, diplômé en réalisation documentaire

QUAND LES IMAGES ET LE SON SE MÊLENT AUX SOUVENIRS

Après le texte, le découpage technique puis le montage, avec le choix des images personnelles et des archives de l’ONF, sont des étapes clés. Rien n’est laissé au hasard et chaque décision est le fruit d’une réflexion poussée.

« Gino Civiero, le monteur, me challengeait sur chaque idée », précise Luis, « Il m’a poussé à ne pas aller vers la facilité et à justifier la présence de chaque image dans le film ».

« C’est le point de vue d’un enfant de dix ans, je voulais que ça soit éclaté, que ça aille dans tous les sens, mais avec une certaine profondeur. Et tout a pris du sens après, avec la musique aussi ! » - Luis Oliva, diplômé en réalisation documentaire

Il en ressort un film poétique, parfois léger, parfois intense, et qui, en l’espace de quatre minutes seulement, nous embarque dans une virée nostalgique vers Niagara. Mais derrière cette douceur d’époque, les réflexions que voulaient amener Luis sont là, sur les liens de la famille, du couple, des relations humaines et de tout ce qu’un enfant de dix ans peine à comprendre, et qu’on ne comprend pas beaucoup plus une fois adulte.

TROUVER LA RÉSONANCE DERRIÈRE LE RÉCIT

« Avec le recul, c’est un film qui touche parce que beaucoup de personnes ont vécu ça. Ce n’est pas juste un récit d’enfance vers Niagara, c’est une histoire humaine sur les relations, le couple et comment on vit le divorce de ses parents. » - Caroline Bergoin, diplômée en production documentaire

Luis insiste lui aussi sur ce point : « l’important, derrière l’histoire, c’était d’avoir quelque chose à dire, quelque chose qui parle aux autres ». Chaque détail du film est pensé selon cette optique, ce questionnement intime que chacun peut reprendre, à l’image de la phrase « je ne comprends pas » qui revient comme un refrain dans le film, et que Luis répète à la fin en précisant que « je ne comprends pas, mais j’accepte de ne pas comprendre ».

« C’est un des projets dont je suis le plus fier : raconter quelque chose de vrai, à tel point que plus on est personnel dans sa démarche, plus on arrive à être universel. » - Luis Oliva, diplômé en réalisation documentaire

DE LA SUITE DANS LES IDÉES

Après leur année à L’inis et ce film couronné de succès et de sélections en festival, Caroline est devenue productrice et a œuvré sur plusieurs films et séries documentaires. Parmi ceux-ci, citons « L’Athlète » de Marie-Claude Fournier (diplômée en 2010) ou « L’Amour à la plage » avec Judith Plamondon et Lessandro Sócrates (aussi diplômé·es en 2013) qui s’intéresse aussi aux relations de couple.

De son côté, Luis, véritable touche à tout, est devenu réalisateur de documentaires avec plusieurs films et séries à son actif (« Les Pêcheurs de l’Anse », « Mise à Nu », « Opération Narcos », etc.), mais a aussi continué sa carrière d’animateur (« Secrets de village ») et d’acteur (« Richelieu », « Fem », « Dérive », « Les Millimus » etc.). Luis n’hésite pas aussi à revenir à L’inis, un lieu qu’il a gardé dans son cœur, afin d’accompagner les jeunes cohortes dans leurs projets de fin d’études.

« L’inis, c’est un endroit parfait pour se casser la gu**le, pour expérimenter des choses et ne pas avoir peur d’être vulnérable. Treize ans après ma sortie, ça me manque, j’y retournerais sans hésiter. » - Luis Oliva, diplômé en réalisation documentaire

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30 ans 30 films ! Afin de souligner son 30e anniversaire, L’inis présente tout au long de l’année 2026 une rétrospective de films tirés de ses archives. Pour en discuter, des diplômé·es récents ont rencontré les créateurs et créatrices des 30 films sélectionnés.

Saviez-vous que notre diplômée Catherine Paiement-Paradis a signé un balado d'enquête sur OhDio? « L'affaire Lavallée » ...
08/20/2026

Saviez-vous que notre diplômée Catherine Paiement-Paradis a signé un balado d'enquête sur OhDio? « L'affaire Lavallée » remonte le fil d'une investigation menée par sa mère au Mexique en 1968!

« Le jour où j'ai découvert les articles de journaux de ma mère, j'ai réalisé que l'histoire était encore plus grande que ce que je croyais! »

Du journalisme à l'entrepreneuriat, découvrez son parcours et comment elle a trouvé, à L'inis, la confiance d'écrire pour incarner cette histoire.

https://inis.qc.ca/blogue/catherine-paiement-paradis-balado-ohdio

08/19/2026

COURT MÉTRAGE GRATUIT

« À L'HORIZON » : UN FILM QUI DONNE ESPOIR

Un texte de Anthony Leclair, diplômé du programme Écriture 2024-2025 📝

À l'horizon est un court métrage qui a été créé dans le programme Cinéma en 2013. Cette œuvre m’a fait un immense bien : elle permet de voir l’importance de ne pas avoir peur du changement.

VISIONNEZ LE FILM ICI : https://inis.qc.ca/projets-etudiants/a-lhorizon

UN SUJET BIEN CHOISI

L’histoire suit Roland, qui est passionné de sa moto depuis toujours. À contre-cœur, il doit s’en départir en raison de la vieillesse qui le rattrape. J’aime tellement l’angle utilisé pour parler de ce sujet et j’étais curieux de connaître les raisons derrière ce choix. J’ai eu la chance de rencontrer la réalisatrice, Émilie Baillargeon, et la productrice, Frédérique St-Pierre. La scénariste Ariane Louis-Seize, aujourd’hui connue comme coscénariste et réalisatrice de Vampire humaniste cherche suicidaire consentant, n’a pas pu participer à notre échange malheureusement.

« Avant À l’horizon, j’avais déjà fait un documentaire avec des personnes âgées. L’idée des étapes de la vie me fascinait beaucoup », explique Émilie.

Elle me dit aussi qu’Ariane avait un grand-parent qui a perdu son permis de conduire et que ça l’avait beaucoup chamboulée. La scénariste a donc été grandement inspirée par cette histoire.

« Je voulais travailler avec Émilie et Ariane en raison de leur sensibilité. J’ai pu choisir mon équipe et je trouve que ce fonctionnement est très représentatif du milieu. » - Frédérique St-Pierre, productrice diplômée de L’inis

UN HUMAIN BIEN CHOISI

Le personnage de Roland est interprété par Luc Proulx qui est parfait pour ce rôle. J’ai la sensation que Luc existe pour jouer Roland : son jeu est tellement réaliste, j’ai de la difficulté à croire qu’il n’est pas Roland.

« J’ai beaucoup travaillé le personnage avec l’acteur qui est lui-même aussi mécanicien, c’était sa moto qui est à l’écran. Luc ressemble énormément à ce que j’imaginais de Roland. On était dans la fiction et dans le réel en même temps », dit Émilie.

« Je pense que les observations de l'humain, que je fais dans ma pratique documentaire, m'aident beaucoup dans la création de personnages. » - Émilie Baillargeon, réalisatrice diplômée de L’inis

UN TOURNAGE EXTÉRIEUR

Au-delà de la bonne équipe, Frédérique voulait être la productrice du film parce que l'histoire se déroule en campagne. Émilie ajoute que le rapport au paysage et l’idée de se projeter plus loin sont directement liés.

Presque l’entièreté du film se déroule à l’extérieur. La réalisatrice considère que c'est une belle richesse. « Ça nous à permis de transposer des scènes passives et de les rendre plus actives. Comme les moments d'attente où Roland travaille sur son terrain », explique-t-elle.

Le défi qui me vient à l'esprit quand je pense « dehors » est la météo. Mais la chance était de leur côté. À la blague, Frédérique dit que, dans le milieu, les gens racontent qu'il y a un dieu du cinéma. « Il y a seulement eu de la petite pluie 15 minutes après la fin du tournage », explique Émilie.

UN MESSAGE D'ESPOIR

La réalisatrice dit que la fin de « À l'horizon » représente l’idée que la vie continue. « C’est peut-être inconscient, mais c’est en Émilie et Ariane de montrer la lumière, d’exprimer un message d’espoir », ajoute Frédérique.

Ce n'est pas seulement la fin de l'histoire qui se termine en beauté, mais aussi la fin du tournage. « La dernière scène était celle du feu. On avait donc un beau décor pour fêter la fin du tournage! », raconte Émilie.

APPRENDRE À L'INIS

Durant L’inis, Louis Bélanger, réalisateur et scénariste, a mentoré Émilie. Encore à ce jour, elle utilise plusieurs de ses conseils. Par exemple, être conscient du travail de tout le monde et ne voir aucune hiérarchie.

Pour Frédérique : « ce qui m’a surtout marqué de L’inis est le concept de la triade, c’est comme ça que je crée les équipes. Un film, c’est un projet qu’on doit défendre pendant longtemps, on doit être certain que ce soit les bonnes personnes qui travaillent ensemble », dit la productrice.

Sans surprise, « À l’horizon » a été sélectionné dans plusieurs festivals. La liste est longue, en voici quelques-uns : Festival de Cinéma de la Ville de Québec, les Rendez-vous Québec Cinéma et Regard.

« Après L’inis, j’ai continué de faire beaucoup de documentaires, mais le programme Cinéma m’a énormément aidé, comme en ayant un plus grand contrôle sur la mise en scène », dit la réalisatrice.

En ce moment, Émilie développe un long métrage documentaire. Pour ce projet, elle va probablement travailler avec François Messier-Rheault qui est justement le directeur photo d’À l’horizon. C’est donc grâce à L’inis que cette magnifique collaboration est née.

Depuis cinq ans, Frédérique travaille au développement des fictions chez Trio Orange. Par exemple, elle a été productrice au contenu sur « Mustang », une série écrite par Simon Boulerice, Stéphanie Lapointe et Yannick Éthier qui se tournera cet été.

En ce qui concerne Ariane, son film « Vampire humaniste cherche suicidaire consentant » a connu un succès autant public que d’estime. Il a notamment remporté le prix IRIS du meilleur film au gala Québec Cinéma en 2024.

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30 ans 30 films! Afin de souligner son 30e anniversaire, L'inis présente tout au long de l'année 2026 une rétrospective de films tirés de ses archives. Pour en discuter, des diplômé·es récents ont rencontré les créateurs et créatrices des 30 films sélectionnés.

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