08/24/2026
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« COUP DE BLUES », UN DOCUMENTAIRE QUI FAIT RÉSONNER LA LOUISIANE AU CŒUR DE MONTRÉAL
Venu·es tous les deux de France, Antoine Masson-MacLean (réalisateur) et Caroline Bergoin (productrice) s’inscrivent au programme documentaire de L’inis en 2013 avec l’envie assumée de faire du cinéma. Leur collaboration sur le projet de fin de programme donne naissance à « Coup de blues », un film empreint de vie et de musique qui marque la conclusion d’une belle année pour ces deux artistes.
VISIONNEZ LE FILM ICI : https://inis.qc.ca/projets-etudiants/coup-de-blues
UN COUP DE CŒUR ET UN COUP DE CHANCE
Pour se lancer dans la production de ce film, Antoine et Caroline doivent déjà trouver un sujet. Et l’idée vient d’Antoine, musicien dans l’âme, qui a aperçu un couple d’artistes se produire dans les rues du Vieux-Port de Montréal.
« Tout de suite, j’ai su que c’était ça le sujet. Ils faisaient du blues comme personne à Montréal. C’était un coup de cœur, je n’avais aucun plan B. » - Antoine Masson-MacLean, diplômé en réalisation documentaire
Mais, problème, après les avoir vus, Antoine n’a aucun moyen pour les contacter, pas de numéro, pas d’adresse, juste cette inspiration qu’il ne veut pas lâcher.
Heureusement pour Caroline et lui, la situation se débloque grâce à Ariane Louis-Seize, diplômée du programme Cinéma à L’inis, qui a aussi vu ce couple dans la rue et les a pris en photo.
En zoomant sur le cliché, Antoine retrouve le nom de leur groupe inscrit sur l’étui de la guitare, « Jitterbug Swing », et réussi à les contacter.
Parfois, les belles idées viennent aussi avec un coup de pouce du destin (et d’Ariane Louis-Seize).
À LA RECHERCHE DU BLUES ET DU SCÉNARIO
Dans un premier temps, Antoine se documente et fait des recherches sur l’histoire du blues et des bluesmen, mais aussi sur les parallèles qu’il pourrait faire avec l’histoire de Danielle et Brian, les deux artistes au cœur du film.
Très vite, des inspirations et des thématiques fortes se dessinent, ancrées dans la musique et le vécu des musiciens.
« Ça a été un coup de foudre avec eux. On est vraiment devenu une petite famille le temps de la production. » - Antoine Masson-MacLean, diplômé en réalisation documentaire
Mais un autre défi attend Antoine : l’écriture du scénario. Il nous confie qu’à l’époque, « je n’avais aucune idée comment écrire un scénario de documentaire. Ça a été toute une première expérience ».
Heureusement, l’encadrement de Raymonde Provencher à L’inis et le soutien de Caroline à la production qui l’aide à trouver les bonnes orientations tout en rebondissant sur les pré-entrevues, permettent d’arriver à une version écrite du film.
L'ART DE L'INTERVIEW
En tant que productrice, Caroline gère la logistique, l’organisation du tournage, les déplacements de l’équipe, les plans et les entrevues filmées par Antoine et sur lesquels elle apporte un regard précieux.
« Mon rôle, derrière la caméra, c’est aussi d’écouter et de savoir rapidement si ce qu’on entend est bon », explique Caroline, « ou si une question pourrait être reformulée, s’il manque une réplique qu’on avait en pré-entrevue et qui serait importante pour le film ».
« C’est une question de confiance et d’échanges avec ceux qu’on filme pour qu’ils puissent se livrer honnêtement, sans filtre. » - Caroline Bergoin, diplômée en production documentaire
Pour Antoine, il existe un véritable art de l’interview qu’il tente d’appliquer à son projet. « Au-delà des bonnes questions à poser, il faut aussi écouter les silences. C’est parfois plus puissant que les mots, il y a des choses derrière, un vécu. Dans le film, il y a un comme ça, un silence qu’on n’avait pas prévu, mais qui est beau et porteur de sens ».
FILMER LE RÉEL COMME UNE FICTION
Le film nous embarque à bord de son train musical, de son ambiance chaleureuse et de ses chansons qui résonnent autant dans la voix de Danielle qu’à l’écran. Si on ressent l’été à Montréal, avec son atmosphère si caractéristique, on est aussi transporté ailleurs, vers la Louisiane et le blues comme Antoine l’imaginait.
« C’est un documentaire, mais je voulais qu’il raconte quelque chose comme une fiction, avec un univers propre, une signature unique. » - Antoine Masson-MacLean, diplômé en réalisation documentaire
Accompagné à la caméra par le directeur photo Michel La Veaux, Antoine déploie un univers riche avec des séquences marquantes : les chansons en pleine rue, l’essai d’une guitare « boite à cigare » chez Daddy Mojo ou le passage sur une voie ferrée.
Ces éléments ont aussi été l’occasion pour Caroline de s’impliquer en tant que productrice afin de tout coordonner, mais également pour vérifier qu’aucun problème ne survienne pendant le tournage.
« Si on prend l’exemple du plan sur les rails, c’est plus compliqué qu’il n’y paraît, nous dit-elle, il y a des questions de sécurité, d’assurances et d’autorisations. En se concertant, on a fini par trouver une solution alternative et qui fonctionnait aussi d’un point de vue artistique ».
TRAVAILLER LE SON POUR VOYAGER ENCORE PLUS
À la recherche d’un cachet authentique, Antoine travaille l’ambiance sonore du film comme on le ferait pour une œuvre musicale. Avec l’aide de Benoît Dame à la conception sonore, il récupère des bruitages et des sons qui alimentent le film et lui donne cette ambiance originale, celle d’un lieu unique quasi surréaliste, à mi-chemin entre Montréal et La Nouvelle-Orléans.
« On a ajouté des chants d’oiseaux, des chiens qui aboient, mais aussi le bruit d’une espèce de criquet typique de la Louisiane, et qui n’existe pas ici. » - Antoine Masson-MacLean, diplômé en réalisation documentaire
En plus de cette ambiance sonore unique, le film s’embellit aussi avec les chansons interprétées par le duo. Mais la présence de titres musicaux nécessite d’en avoir les droits, et pour régler ce problème « c’est Caroline qui a accompli des miracles », souligne Antoine. « Surtout avec le blues, c’est compliqué, il faut retrouver les artistes d’origines, qui en a les droits. »
UNE SUITE LOGIQUE POUR LES DIPLÔMÉ·ES
Le résultat est un film qui fait voyager, et qui voyage lui aussi, en festivals au Canada et à l’étranger.
Fort des contacts obtenus avec ce projet, Antoine trouve rapidement du travail dans le milieu après sa sortie de L’inis. Depuis, il a multiplié les grosses productions, canadiennes et américaines, sur lesquelles il opère comme assistant à la caméra. Parmi celles-ci, citons « Die Alone », « Chaos Walking », « Mr. Big », « Simetierre », « Reacher », « Marie Chapdelaine », et la liste est encore longue.
« L’inis m’a donné les outils pour devenir réalisateur et atteindre ce rêve. C’est quelque chose de très concret et qui t'apporte une façon de fonctionner et une manière de se préparer pour faire du cinéma. » - Antoine Masson-MacLean, diplômé en réalisation documentaire
Caroline est devenue une productrice renommée qui a multiplié les projets, notamment avec plusieurs diplômés de L’inis. Preuve de son talent, deux autres de ses films sont aussi à l’affiche des trente ans de l’Inis : « Chevette 83 », avec Luis Oliva, et « À trois pas de la scène », avec Judith Plamondon. Elle a récemment produit le documentaire N'oublie pas de regarder devant toi qui traite d’immigration par le prisme de femmes qui apprennent à faire du vélo.
Un texte d’Antoine Symoens, diplômé du programme Écriture de long métrage 2023-2024 📝
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30 ans 30 films ! Afin de souligner son 30e anniversaire, L’inis présente tout au long de l’année 2026 une rétrospective de films tirés de ses archives. Pour en discuter, des diplômé·es récents ont rencontré les créateurs et créatrices des 30 films sélectionnés.