08/12/2026
« Le fascia constitue sans aucun doute notre principal organe de perception. »
Aujourd’hui, je poursuis ma série Regards sur le fascia en vous présentant Dr Robert Schleip, l'une des figures les plus connues de la recherche moderne sur le fascia.
Chercheur allemand en biologie humaine et spécialiste des sciences du mouvement, Robert Schleip consacre depuis plusieurs décennies une grande partie de ses travaux à mieux comprendre les propriétés du fascia.
Il a notamment travaillé pendant de nombreuses années au Fascia Research Group, puis au Fascia Research Project, à l’Université d’Ulm en Allemagne.
L’un de ses principaux champs de recherche concerne une caractéristique du fascia longtemps sous-estimée : son incroyable richesse sensorielle.
Le fascia est en effet très richement innervé, et Robert Schleip le considère comme un véritable organe sensoriel. On y retrouve une multitude de terminaisons nerveuses, au moins 10 fois plus nombreuses que dans les muscles, capables de détecter et de transmettre de l’information au système nerveux.
Le fascia joue donc un grand rôle dans la proprioception, qui nous permet de percevoir la position et le mouvement de notre corps dans l’espace.
Il participe également à l’interoception, notre capacité à ressentir ce qui se passe à l’intérieur du corps, ainsi qu’à la nociception, notre capacité à détecter les signaux pouvant indiquer une menace ou un danger.
Mais les travaux de Robert Schleip ne s’arrêtent pas là. Ils ont également contribué à mettre en lumière plusieurs autres propriétés fascinantes du fascia.
Il s’est notamment intéressé à son rôle dans la transmission des forces. Les muscles ne fonctionnent pas de façon complètement isolée : ils sont reliés entre eux et aux structures voisines par le fascia, qui contribue à leur action.
Et ses études ont également démontrées que les myofibroblastes, un type de cellules présent dans le fascia, ont la capacité de se contracter et de générer une force mécanique au sein des tissus.
À travers ses recherches, Robert Schleip a ainsi contribué à faire évoluer notre vision du fascia : non plus comme une simple enveloppe autour des muscles, mais comme un réseau vivant, sensoriel et dynamique qui participe pleinement au fonctionnement du corps.
08/09/2026
Voici le calendrier des prochaines formations en relâchement myofascial, au Québec (à gauche) et en France (à droite).
Ces formations s’adressent aux professionnels et praticiens du soin, de la thérapie manuelle et du travail corporel : massothérapeutes, kinés, physiothérapeutes, ostéopathes, chiros, et toute personne œuvrant dans le domaine du soin et du travail corporel (réfléxologue, masseur bien-être, professeur de yoga, praticien shiatsu, etc) souhaitant développer une expertise en fascia et en relâchement myofascial.
Le parcours de formation se décline en 3 niveaux progressifs :
Niveau 1 - Les fondements | 2 jours
Découvrez les principes du relâchement myofascial et apprenez les techniques fondamentales de l’approche. À l’issue de ces deux journées, vous aurez les bases nécessaires pour commencer à l’intégrer à votre pratique et offrir des séances complètes.
Niveau 2 - Perfectionnement | 5 jours
Approfondissez votre compréhension du système fascial, affinez votre toucher et élargissez votre répertoire de techniques. Ce niveau vous permet d’acquérir les compétences nécessaires pour devenir thérapeute en relâchement myofascial.
Niveau 3 - Spécialisation | 5 jours
Allez plus loin dans l’approche avec des techniques avancées. Développez votre intuition, votre autonomie et votre capacité à adapter le travail myofascial aux besoins propres à chaque personne.
Merci pour votre confiance, et au plaisir de vous voir ou de vous revoir en formation!
07/28/2026
La date limite pour profiter du tarif réduit approche pour les formations qui se donneront en France cet automne.
Jusqu'au 15 août, bénéficiez du tarif early bird pour les formations Niveau 1 - Les Fondements.
• Nantes : 30 septembre et 1er octobre (COMPLET)
• Paris : 3 et 4 octobre
• Lyon : 6 et 7 octobre
Cette formation de deux jours vous permettra d'acquérir les fondements du relâchement myofascial selon l'approche de John F. Barnes, une approche globale des fascias, et applicable dès votre retour en pratique.
Au plaisir de vous accueillir en France cet automne!
07/21/2026
Évaluation posturale
Une séance en relâchement myofascial commence souvent par une évaluation posturale, qu'on fait à la fois debout et couché.
Pourquoi les deux? Parce que la gravité influence l'organisation du corps. Une personne peut présenter certaines compensations en position debout qui disparaissent ou se transforment lorsqu'elle est couchée.
Le fascia joue un rôle important dans la posture. Il forme un réseau continu qui transmet les tensions à travers tout le corps.
C'est le principe de la tenségrité : une restriction dans une région peut influencer l'équilibre de l'ensemble de la structure. En observant la posture, on peut donc commencer à identifier les principales zones d'influence et les adaptations développées par le corps.
John F. Barnes recommande de regarder le corps avec ce qu'il appelle un « soft focus » : on adoucit notre focus visuel et on tente de percevoir le corps dans son ensemble.
Ça nous permet de capter une sorte d'empreinte de la structure de la personne dans l'espace, et de voir les détails, oui, mais surtout de les percevoir dans le contexte global de l'organisation du corps.
07/14/2026
Aujourd'hui débute une nouvelle série de publications où je vous présente les personnes qui ont contribué à faire évoluer notre compréhension scientifique du fascia.
Pour commencer, je vous présente Dre Helene M. Langevin.
Médecin, chercheuse et professeure, Dre Langevin est reconnue internationalement pour ses travaux sur le fascia. Elle dirige le National Center for Complementary and Integrative Health (NCCIH) des National Institutes of Health (NIH). Elle est également professeure de médecine à la Harvard Medical School.
Ses recherches se sont principalement intéressées au rôle du fascia dans les douleurs musculosquelettiques chroniques, l'inflammation et le cancer. Au cours de sa carrière, elle a publié plus de 100 articles scientifiques.
L'une de ses découvertes les plus marquantes est que les fibroblastes, les principales cellules du fascia, réagissent aux contraintes mécaniques.
Une contrainte mécanique, c'est une force appliquée à un tissu. Il peut s'agir d'une pression, d'une mise en tension, d'une compression, d'un étirement, etc.
Concrètement, lorsque cette contrainte est maintenue pendant plusieurs minutes, les cellules du fascia s'adaptent : elles changent progressivement de forme et réorganisent même leur structure interne (le cytosquelette).
Ces travaux ont montré que les fibroblastes perçoivent les contraintes mécaniques et y répondent activement.
Elle a également permis de mieux comprendre comment une force mécanique peut être convertie en une réponse biologique au niveau cellulaire : c'est ce qu'on appelle la mécanotransduction.
Parmi les autres contributions importantes de ses recherches :
▸ Le fascia est un tissu vivant et dynamique, bien plus qu'une simple enveloppe autour des muscles.
▸ Il joue un rôle important dans les douleurs musculosquelettiques chroniques.
▸ Il participe à la transmission des forces à travers le corps.
▸ Les fibroblastes contribuent au maintien et à l'adaptation des tensions au sein du tissu conjonctif.
▸ Les effets mécaniques de l'acupuncture impliquent également le fascia et ses cellules.
Les recherches de Dre Langevin ont contribué à transformer notre vision du fascia et ont ouvert la voie à de nombreuses recherches qui continuent aujourd'hui d'enrichir notre compréhension du système fascial.
07/08/2026
De plus en plus d'ostéopathes s'intéressent au relâchement myofascial et choisissent de se former à cette approche.
Mais les ostéopathes travaillent déjà beaucoup les fascias, cela fait partie de leur formation. On me demande donc souvent quelle est la différence entre les techniques fasciales enseignées en ostéopathie et l'approche John F. Barnes en relâchement myofascial.
Car bien qu'elles s'intéressent toutes deux au fascia, l'intention et la manière de travailler sont plutôt différentes.
En ostéopathie, le fascia est généralement abordé comme l'un des nombreux tissus du corps. Le thérapeute adapte son toucher selon qu'il souhaite travailler un muscle, une articulation, un os ou le fascia.
Dans l’approche John F. Barnes, le fascia est plutôt vu comme un organe global et continu, à travers lequel on peut rejoindre l’ensemble des structures du corps. La pression ne change pas parce qu’on change notre cible, mais parce que la restriction peut se trouver plus en surface ou plus en profondeur.
Une autre différence importante concerne la profondeur du relâchement.
En ostéopathie, le travail fascial cible surtout la composante élastique du fascia, plus mobile et plus réactive. En relâchement myofascial, même si le toucher demeure doux, on apprend à aller un peu plus loin : vers le collagène et la substance fondamentale. Les mouvements sont donc moins rapides, en général plus profonds, et surtout maintenus beaucoup plus longtemps.
Enfin, dans l’approche John F. Barnes, lorsque le tissu relâche, on ne passe pas tout de suite à une autre zone. On attend. C’est souvent dans ce temps d’attente que le relâchement devient plus profond, et qu’on peut rejoindre non seulement la partie élastique du fascia, mais aussi sa partie fluide et collagénique.
Bon, c'est très technique tout ça. Mais dans les faits, c'est en essayant ce type de toucher, autant en le pratiquant qu'en le recevant, qu'on ressent vraiment la différence.
Si vous êtes ostéopathe, je vous encourage sincèrement à venir découvrir cette approche.
07/02/2026
Pendant longtemps, on croyait que la cicatrice était un phénomène de la peau et que la cicatrisation était terminé lorsque la plaie était bien refermée et que la cicatrice devenait lisse et blanche.
Mais une chirurgie ou une blessure ne touche pas seulement la peau. Sous celle-ci se trouve le fascia, un réseau continu de tissu conjonctif qui traverse l'ensemble du corps. Lorsqu'une incision est pratiquée, le fascia est lui aussi sectionné et doit cicatriser.
La partie visible de la cicatrice n'est souvent que la pointe de l'iceberg.
Même si la peau paraît parfaitement guérie, des restrictions fasciales peuvent persister en profondeur. Avec le temps, elles peuvent devenir de plus en plus denses et limiter le glissement naturel des tissus.
Comme le fascia est un organe continu et sans interruption, ces restrictions ne restent pas nécessairement confinées à la cicatrice elle-même. Elles peuvent créer des tensions qui se propagent dans le corps comme un réseau de racines.
C'est pourquoi, en relâchement myofascial, une cicatrice est toujours considérée comme bien plus qu'une simple marque sur la peau. Son apparence ne permet pas de savoir ce qui se passe sous la surface.
Même une cicatrice vieille de 5, 10 ou 30 ans peut encore présenter des restrictions importantes. C'est aussi pour cette raison qu'il n'est jamais « trop t**d » pour s'y intéresser.
06/27/2026
Les inscriptions pour le prochain Niveau 1 à Montréal sont maintenant ouvertes.
Deux jours pour découvrir les fondements du relâchement myofascial John F. Barnes et repartir avec des techniques que vous pourrez intégrer rapidement à votre pratique.
Montréal • 16-17 novembre
Les places sont limitées.
06/22/2026
Je reviens du merveilleux Healing Seminar en Arizona, enseigné par l’extraordinaire Donna Killion.
Le Healing Seminar est le seul cours des Myofascial Seminars de l’approche John F. Barnes qui est ouvert non seulement aux thérapeutes, mais aussi à tout le monde (proches, clients, amis, etc).
C’est la troisième fois que je fais celui-là, mais cette fois avec ma mère. C’était vraiment spécial de partager cette expérience avec elle. Elle dit que l’expérience de groupe lui a permis d’aller plus loin. Elle a aussi beaucoup aimé être dans le rôle de la thérapeute.
Je le recommande pour la qualité de l’expérience, mais aussi pour les paysages et randonnées extraordinaires!