08/25/2023
LE VIEIL HOMME SUR LA PLAGE
La chaleur avait maintenant envahi notre autobus. Malgré les avertissements de Dora, la soeur aînée de mon amie Maria, plusieurs des adolescents présents, dont Ariel, le premier à défier l’autorité parentale, avaient ignoré ces recommandations intempestives d’éviter d’ouvrir les fenêtres de notre bus. L’air climatisé de notre autocar commercial Egged, une compagnie de transport fort populaire en Israël, avait à peine à fournir dans cette chaleur suffocante d’un mois d’août bien au-delà des températures moyennes à cette période l‘année. Vingt-trois membres de la famille de Maria prenaient place dans ce car nolisé pour des vacances familiales bien méritées en Égypte ! J’accompagnais ma grande amie Maria dans sa famille israélienne de laquelle j’avais été accueillie, dix jours auparavant, comme le roi Bien-Aimé. Déjà une heure s’était écoulée depuis notre départ du centre-ville de Tel Aviv et déjà notre transporteur s’était rapidement infiltré dans un désert aride, créant derrière lui un long corridor de poussière aveuglante. Dora, la leader incontestable du groupe, avait eu l’idée de commencer à chanter en arabe l’hymne national israélien: Hatikvah. Toute la famille s’était instinctivement ralliée en cœurs à l’unisson dans une énergie empreinte d’unité, de force et d’amour inconditionnelle. Moi et Maria étions installés à l’arrière de l’engin sur la dernière banquette rabougris ; nous pouvions observer, chez tous et chacun, des yeux remplis de bonheur et de larges sourires témoignant de la magie de ce grand moment tant attendu…Un long trajet de nuit de huit heures nous attendait dans cet immense désert avec comme destination un hôtel de luxe sur les berges de la mer dans la péninsule Égyptienne du Sinaï.
Ma tête se heurta dans la fenêtre et me sortit d’un sommeil agité. Notre autobus venait de freiner brusquement à l’approche des douanes égyptiennes. Je me rappelle avoir eu un frisson tellement l’air climatisé était puissant dans cette fin de nuit assez froide. On pouvait apercevoir les premières lueures du soleil pointées à l’horizon à la surface d’un bleu immaculé de cette majestueuse Mer Rouge. Les agents de ce poste frontalier étaient bien courtois envers nous assurément afin de préserver le tourisme qui détient, avec le patrimoine culturel, les premières positions pour l’économie de ce pays. En moins de dix minutes les agents informèrent à notre chauffeur la route à suivre jusqu’à notre destination finale. Il aura fallu cinq minutes supplémentaires pour atteindre l’Hôtel Movenpick, une station balnéaire de prestige cinq étoiles sur les berges de cette sublime Mer Rouge.
Elle était ma meilleure amie, ma complice et d’une certaine façon mon âme soeur ; Maria avait tous ces rôles indissociables et je suis persuadé, encore aujourd’hui, dix-sept ans plus t**d, qu’elle ressentait à mon égard les mêmes qualificatifs. J’adorais sa lumineuse présence, son charisme bienveillant et surtout sa spiritualité fort bien assumée. Maria était le genre de femme qui pouvait vous élever naturellement vers de plus hautes sphères fréquentielles ; je l’appelait souvent: “mon amour d’amie”. Elle m’avait invité dans sa famille de sang et je me sentais définitivement des plus privilégiés. La mère de Maria, Claire, enseignante du français dans une école de Tel Aviv, était devenue spontanément ma traductrice en assurant ma compréhension en temps réel de presque tous les échanges en arabe des membres de sa famille ; cet avantage indéniable m’avait permis de m’intégrer très rapidement à l’épicentre de cette famille aimante. Pendant que toute sa parenté s’était réunie dans l’un des restaurants pour déjeuner, nous avons décidé de nous retirer sur la plus magnifique des terrasses de l’hôtel. Nous observions cette mer infinie lorsque notre serveur déposa sur notre petite table ronde en marbre un Qamar al-Deen, un cocktail glacé fort populaire dans cette région du nord de l’Afrique, conçu à partir des meilleurs types d’abricots et composé de tranches de sucre et d’eau de fleur ; un rafraîchissement d’excellence tout à fait délicieux et délectable jusqu’à la dernière goûte…
Nous venions de vivre, quelques jours auparavant lors d’une escapade en mer avec le cousin de Maria, une remarquable prise de conscience reliée au libre arbitre. Nous avions pleinement réalisé que les êtres humains sont, en définitive, des antennes émettrices et qu’ils ont le plein pouvoir, à chaque instant de leur vie, d’émettre le signal de leur choix. À travers des fous rires interminables, nous nous challengions à émettre délibérément des signaux positifs. On avait même créé de nouveaux mantras tels que: “J’attire ce que j’émets” ou encore: “La vie me montre le visage que je lui présente” . On s’amusait comme des enfants dans leur terrain de jeu en faisant des concours de celui ou celle qui réussit à conserver le plus longtemps l’émission de signaux positifs. C’est à travers une saine compétition qu’on adorait se surprendre quand on constatait que l’autre avait choisi, sans même sans rendre compte, d’émettre une vibration négative. On accumulait même des points afin de déterminer le vainqueur à titre de la “Je suis la meilleure antenne de l’univers”. Somme toute, notre objectif était de développer nos réflexes et notre capacité à s’auto responsabiliser en tant que créateur pour le nouveau monde à venir ! Je me rappelle que notre distingué serveur égyptiens, suite à une traduction éclair en version arabe de la part de Maria, s’était exclamé à propos notre complicité et de notre joie de vivre ! Quel moment magique nourrissant m’exclamais-je spontanément et Maria qui, d’un léger signe de la tête vers l’avant, signifia son approbation en ce sens. Le temps s’était arrêté sur cette terrasse devenue trop chaude à l’approche du dîner. Le temps de remercier Anoukis, notre serveur étoile, et la vie à titre de grande alliée, nous quittâmes les lieux afin de nous réfugier à l’intérieur de notre complexe hôtelier. Par ailleurs, on ressentait que la chaleur, à l’approche du dîner, s’intensifiait au point où nous allions devoir quitter notre terrasse pour s’engouffrer dans notre refuge hôtelier.
J’ouvris les yeux. Je réalisai au même moment que je venais de m’assoupir ; conséquence de la dernière nuit mouvementée en autobus. On avait frappé à la porte de ma chambre. Une enveloppe avait été glissée sous la porte de ma suite. Une note s’y trouvait de la part de la direction de l’hôtel recommandant à tous les clients d’éviter d’aller à l’extérieur entre onze heures trente et quatorze heures à cause de la chaleur trop excessive. Il était midi ; je savais que Maria s’était elle aussi assoupie dans ces appartements alors je décidai, tel le guerroyant que je suis, d’aller m’immerger dans cette mer idyllique. Lorsque les portes automatiques de l’hôtel se sont ouvertes j’ai cru que la porte d’un four, en mode cuisson depuis des heures, venait de s’ouvrir…Imperturbable et déterminé, je m’élançai à l’extérieur d’un pas très rapide en route vers cette plage de sable blanc et en moins de vingt secondes, le temps de retirer mes nouvelles sandales neuves et d’installer mon masque de plongée, je nageais sous l’eau accompagné d’une très grande raie pastenague à taches bleues fort populaire dans l’océan indien. Un instant plus t**d, j’aperçu un labre napoléon duquel j’ai pu toucher délicatement la pointe de sa nageoire dorsale. J’étais persuadé, dans ces eaux translucides sur fond de formations coralliennes multicolores, que mes yeux assistaient au plus grand festival de couleurs chatoyantes de tous les temps ! En position étoilée à la surface, cette fois-ci les yeux fermés, je me laissais transporter, complètement abandonné à ce moment présent gracieux.
Une ombre tournoyait au-dessus de moi. En ouvrant les yeux, j’aperçus un albatros qui semblait me chanter sa chanson préférée. Comme si l’univers me faisait un séduisant clin d’œil. Instinctivement j’abandonnai cette position étoilée et je réalisai que j’étais beaucoup trop loin de la rive. Mes yeux brûlaient et je goûtais abondamment le sel de cette mer neuf fois plus salée que la mer Méditerranée. J’entrepris donc de nager vers la rive afin de suffisamment me réhydrater. À l’approche de la péninsule sablonneuse, j’aperçus sur la plage ce qui semblait être un vieil homme. Il était confortablement assis sur une chaise longue, à l’abri du soleil infiniment ardent, sous un parasol aux couleurs défraîchies. J’avais maintenant regagné la rive égyptienne ; j’étais assis en indien dans quelques centimètres d’eau et j’accueillais ces vagues en les laissant périodiquement m’envelopper. Ce vieil homme avait définitivement capté mon attention ; assurément puisqu’il était l’un des seuls courageux à défier cette chaleur insupportable. Habillé d’un ensemble de chemisier, bermuda et sandales d’un blanc absolu, ce vieil homme, immobile sur cette chaise, semblait incarner le rôle d’un personnage énigmatique. Malgré tout, mon intuition m’informait déjà de l’importance d’aborder cet être ! Tout à coup j’aperçus nul autre que Anoukis s’approchant du vieil homme afin de lui servir deux bouteilles d’eau citronnées. Sans même m’apercevoir, Anoukis retourna immédiatement vers l’hôtel et disparut derrière les portes étanches de celle-ci. J’étais déjà debout, décidé à honorer mon puissant ressenti, quand soudain le vieil homme tourna la tête vers moi, leva une de ses bouteilles, baissa légèrement la tête en signe de salutations distinguées. Quand j’ai aperçu l’albatros venir se poser sur la pointe du parasol du vieil homme, je compris que je ne devais plus perdre de temps. À peine rendu à proximité de lui, il déplia une chaise demeurée à ses côtés et la positionna droit devant lui. Il tendit la main pour m’inviter à prendre place. Ce que je fis sur le champ. Il retira ses lunettes de soleil, m’offrit une de ses bouteilles d’eau et à ma grande stupéfaction il me salua en français !
Vous parlez couramment le français ? Lui demandais-je
Je suis Français d’origine. Je m’appelle Jean. Enchanté. Répondit-il
Enchanté. Je suis Canadien. Je m’appelle Louis. Rétorquai-je
On dirait que vous m’attendiez ? Lui demandais-je
Je ne suis jamais en attente de quoi que ce soit mais pour l’instant cette place vous revient. M’annonça-t-il gentiment
Il ajouta immédiatement que la chaise sur laquelle je prenais place était en fait destinée à son épouse mais que, suite à un appel inattendu de leur petit-fils, elle t**dait à le rejoindre à ses côtés. Le temps d’un moment de silence , un large sourire riche d’authenticité, de bonté et de bienveillance apparut sur son visage rougi. Je ressenti, à travers ces yeux, son appréciation sincère pour cette rencontre avec moi. Il m’expliqua que l’univers faisant bien les choses puisqu’il ressentait l’importance de vivre cette présente rencontre…Nous étions seuls au monde, nos regards soutenus en continu ne formant qu’un, la magie d’un moment en action. Cette eau, offrande de l’univers, s’infiltrait tout doucement en moi par petites gorgées comme si, la Fontaine de Jouvence, synonyme d’immortalité et de perpétuel rajeunissement, s'était manifestée devant moi. Subitement Jean me révéla que, plus tôt dans la matinée, il avait entendu sur la terrasse l’intégralité de ma conversation avec Maria à propos du libre arbitre. J’étais estomaqué ! De plus, il m’informa que, sans trop savoir pourquoi, il ressentait devoir me partager des éléments importants. Il me demanda mon accord auquel je consentais dans l’instant. Voici donc l’essentiel de son vibrant partage:
“Louis, être conscient du libre arbitre et de son pouvoir créateur en choisissant délibérément une pensée est une bénédiction. Toutefois, tu dois savoir qu’une pensée est de nature électrique tandis qu’un sentiment est de nature magnétique. Par conséquent, au niveau vibratoire, la pensée peut être comparée à la flamme d’une bougie tandis qu’un sentiment peut être comparé à un feu de camp. En définitive, l’univers répond incomparablement et plus puissamment à un sentiment cultivé et maintenu qu’à une pensée. À ce titre, savais-tu que le plus important dans la vie est de se sentir bien. Si tu te sens bien, c’est que tes pensées sont orientées vers des éléments qui génèrent en toi du bon et du bien. Je t’invite à développer le réflexe et la capacité à entretenir en toi des sentiments qui feront naître en toi les états d’être suivants: « en ce moment je me sens bien » ou encore « je suis si bien en ce moment ». Le fait de te sentir bien plus souvent va te permettre d’émettre dans l’univers un signal de bonheur, de bien-être et de paix. Évidemment, conséquamment à ton puissant sentiment cultivé, tu attireras des circonstances de vie qui viendront soutenir ton état d’être positif. Ainsi il sera toujours de plus en plus facile pour toi de te sentir bien. En somme, se sentir épanoui, ressentir la grâce d’un moment ou se sentir heureux sont d’excellents catalyseurs, comme des tremplins, pour attirer intensément, avec une corrélation parfaite, les circonstances de vie à l’image de tes sentiments dominants.
On vit dans un univers d’énergie, de vibrations et de fréquences. Dans cet univers, le vide n’existe pas puisqu’il est rempli d’éther. Cet élément représente non seulement la substance dans lequel tout se produit mais il est aussi l’outil grâce auquel l’être incarné peut se connecter au grand tout. Chaque atome de l’univers est infiniment relié au reste de l’univers. Nous sommes donc tous non seulement reliés les uns les autres mais aussi au reste de l’univers. Il n’y a qu’un, indissociable et indivisible. Rappelle-toi, Louis, quand tu te sens bien, tu fais danser chaque atome de notre cosmos.
Un changement de paradigme pointe à l’horizon. Notre civilisation est en route vers un nouveau monde sans frontières dépourvu de nationalités et de pays où tous les êtres humains seront des habitants de la terre. Un monde où la terre ne sera plus à vendre. Le faire, la possession, la dualité et la compétition n’existeront plus et auront été substitués par l’être, le partage du bien commun, l’unité et la coopération. Une nouvelle humanité pleinement consciente que cette terre est un organisme vivant et que Dieu créateur repose à l’intérieur de nous plutôt qu’à l’extérieur. D’ailleurs, Jésus disait: « Le Royaume des cieux est à l’intérieur de vous ». Rappelle-toi aussi, Louis, le fait de te sentir bien le plus souvent dans une journée est le signal dans l’univers que tu reconnais, par consentement, ta divinité. À l’opposé, quand tu ne te sens pas bien, tu transmets dans l’univers, par résistance, le signal que tu as oublié qui tu es au niveau le plus fondamental. Après tout, te sentir bien fera de toi l’incarnation par excellence du passeport vibratoire pour ce nouveau monde à venir ».
Soudainement je vis ce qui devait être l’épouse de Jean approchée. Après quelques rapides présentations de courtoisie et un remerciement attentionné envers Jean, je quittai la plage en route vers l’hôtel pour m’abriter de cette chaleur tellement difficile à supporter.
Je me rappelle qu’en pénétrant dans l’hôtel j’étais euphorique et je me suis tout à coup arrêté de marcher pour constater que je me sentais super bien ! À ce moment, j’ai réellement pris conscience que la clé est, dans une simplicité déconcertante, de se sentir bien le plus souvent possible. Finalement, tout le reste de ce voyage, même sur le chemin du retour, ma seule mission était de trouver dans mon environnement, un ou des éléments, qui allaient me permettre de me sentir bien.
Sans même y penser, ce qui est extraordinaire, c’est que pour se sentir bien on a pas grand chose à faire…Seulement d’être.
08/25/2023