Le gouvernement du Canada émet un avertissement pour les voyageur·euse·s + dans certains États des USA.
La nouvelle est sortie ce matin, de nulle part selon plusieurs personnes "concernées" cisgenres qui disent qu'elles n'ont eu aucun problème pendant leurs vacances et que c'est exagéré...
Dans les faits, ça fait des mois que ça se discute dans les communautés et non-binaires particulièrement. Parce qu'on est les plus à risque. Nos droits sont les plus menacés. C'est nous qui risquons la prison si on va dans des toilettes publiques qui ne correspondent pas à nos chromosomes, en Floride. C'est nous qui sommes à risque de ne même pas être transporté·e·s jusqu'à l'hôpital, en cas d'accident, parce que le personnel soignant a le droit de refuser de soigner les personnes qui vivent dans un contexte contraire à leurs valeurs (sauf en matière de sexe, de couleur de peau et de religion - mais donc en matière de DSG, et si on peut dire que notre conjoint·e est "un·e ami·e", en voyage, c'est pas mal plus complexe de prétendre que nos organes génitaux ne nous appartiennent pas...).
Ma première réaction en voyant cette nouvelle? ENFIN! Suivie très rapidement d'un "pourquoi maintenant?".
Et mon constat, il n'est pas agréable à faire. C'est probablement maintenant pour pouvoir ensuite plus facilement prétendre que cette idéologie s'est invitée ici depuis le sud de la frontière. Faire comme si le Canada n'était pas comme ça sans la mauvaise influence de ses voisins. Parce que c'est de moins en moins discret ici aussi.
Le Nouveau-Brunswick débat de l'idée d'imposer au personnel scolaire d'utiliser le prénom et les pronoms légaux des jeunes de moins de 16 ans sans l'accord explicite des parents. La Saskatchewan a passé ce règlement. C'est au cœur de la campagne électorale actuelle au Manitoba.
Le PPC a déjà sorti sa plateforme anti-trans - il voudrait même ramener les thérapies de conversion trans. Le PCC doit se prononcer sur "l'idéologie du genre" en congrès en septembre.
La CAQ n'a toujours pas retiré le financement du groupe PDF Québec malgré qu'il soit anti-trans. Elle n'a toujours pas réinstauré le titre de ministre responsable de la lutte à l'homophobie et à la transphobie. Elle n'a toujours pas régularisé la situation pour les mentions de genre X sur les documents d'identité.
Les médias ne couvrent toujours pas nos enjeux de manière équitable. Ce n'est pas normal de couvrir la manif de 200 personnes contre une heure du conte avec une drag, mais pas la Marche Trans avec 5000 personnes qui revendiquent pacifiquement pour avoir la même espérance de vie et les mêmes droits que leurs pairs cisgenres! Ce n'est pas normal qu'on publie plein de chroniques problématiques pleines de désinformation, mais qu'on ne donne aucune visibilité aux réponses écrites par les spécialistes du domaine!
La Floride est au stade 7/10 de l'échelle des génocides contre les personnes trans. Aidez-nous avant qu'on s'y retrouve aussi.
Formations DSG
Démystification des réalités de la diversité sexuelle et de genre et inclusion des personnes trans dans les milieux scolaire, associatif et professionnel
Mardi, le Le Journal de Montréal a publié un un article que je ne partagerai pas disant que des élèves aux UK dérangeaient les cours en s'identifiant comme chat, cheval ou dinosaure, et plaçant le personnel scolaire dans une épineuse position pour ne pas être accusé de discrimination.
Ces histoires d'élèves s'identifiant comme des animaux circulent depuis plusieurs années, et il s'agit de fakenews créées par la droite transphobe. (Histoire démentie notamment ici https://www.reuters.com/article/factcheck-furries-school-idUSL1N2YN1O2 et ici https://www.cbc.ca/news/canada/montreal/litter-box-cat-students-quebec-hoax-1.6832710 )
Honnêtement, c'est indécent de voir que les médias accordent toujours de l'attention à cette fausse-nouvelle alors qu'on parle à peine des lois hyper transphobes qui sont votées aux USA.
À la fin avril, on en était à plus de 500 projets de lois déposés dans plus de 49 États américains. Jusqu'à présent, parmi les lois empêchant l'accès aux jeunes mineur·e·s d'accéder à des soins transaffirmatifs - dans bien des cas en incluant la psychothérapie - il n'y a que celle de l'Arkensas qui a été déboutée en cour, pas plus t**d que cette semaine.
La Floride mène le bal avec ses lois inhumaines :
- l'État peut saisir les enfants se trouvant en Floride - incluant ceux dont les parents ont des ententes de garde à l'extérieur de l'état - s'il y a soupçon que l'enfant «suit un traitement transaffirmatif» incluant la transition sociale ou vit avec une personne trans, mineure ou majeure (fraterie, parents, etc.)
- «Performer» publiquement en personnifiant un autre genre que son genre assigné (incluant les drags, mais également tout adulte trans qui ferait une performance publique de peu importe quoi!) dans un endroit où des mineur·e·s peuvent assister, est considéré comme un «sexual child abuse», et les «sexual child abuses» en Floride sont passibles de la peine capitale, en ne demandant que 8 des juré·e·s en faveur pour être valide plutôt que 12 comme dans les autres types de cas.
- Depuis le 17 mai, les infirmier·ère·s practicien·ne·s ne peuvent plus prescrire de soins transaffirmatifs ou en assurer le suivi, privant plus de 80% des adultes trans de leur accès à leur hormonothérapie.
- Les professionnel·le·s de la santé qui fournissent des soins d'affirmation de genre - à des adultes, parce que c'est illégal désormais pour les mineur·e·s - peuvent être poursuivi jusqu'à 40 ans après. Même chose pour les compagnies d'assurance qui couvriraient des soins transaffirmatifs, mais «seulement» pendant 25 ans...
- Les prestataires de soins et compagnies d'assurances peuvent refuser de traiter des personnes sur la base de leurs convictions personnelles (à l'exception du sexe biologique, de la race, de l'âge et de la religion, qui demeurent des motifs protégés), permettant ainsi aux services ambulanciers, aux pharmacies, aux hôpitaux, aux dentistes, aux opticien·ne·s, aux intervenant·e·s en santé mental, aux cliniques, bref à à peu près tout le monde, de refuser de soigner une personne si elle est trans, ou même homosexuelle, parce que c'est «contre ses valeurs»
- Dans les lieux publics sous juridiction gouvernementale, il faut utiliser les toilettes en fonction de l'assignation de sexe à la naissance. Ainsi, même une personne trans qui aurait obtenu un changement de mention légal doit utiliser les salles de bain associées à ses chromosomes - qui seront dans les moyens utilisés pour prouver qu'une personne a bel et bien sa place dans une salle de bain, en plus, notamment, de l'examen visuel des organes génitaux. En fait, si une personne soupçonne une autre personne d'être dans les toilettes qui ne correspondent pas à ses chromosomes, elle peut demander à un·e employé·e de lui demander de quitter les toilettes, et si la personne visée refuse, des accusations seront portées contre elle, et elle devra prouver son assignation à la naissance pour en être acquittée. Si elle était dans la toilette qui ne correspond pas à ses chromosomes, elle risque 1 an de prison pour la 1ère offense.
- Le fameux «don't say gay» s'étend désormais jusqu'aux high schools. Il est interdit de mentionner l'existence de l'homosexualité, de la bisexualité et de la transidentité en présence d'une personne mineure, dans un contexte d'enseignement. Ron DeSantis a également rendue illégal l'existence des programmes d'études juives, d'études noires, d'études q***r et d'études féministes dans les universités et collèges floridiens. Les associations étudiantes, fraternités, bourses et comités destinées aux personnes de ces communautés sont également rendues illégales car considérées discriminatoires pour les autres étudiant·e·s. Le gouvernement peut également retirer le poste des professeur·e·s universitaires qui ne répondent pas «aux standards de la profession», moyen à peine voilé de se débarrasser des universitaires qui travaillent en inclusion.
- Il est désormais illégal en Floride de «traiter» quelqu'un de raciste, d'homophobe ou de transphobe. À noter qu'il n'est pas illégal d'utiliser des termes offensants envers ces communautés.
Et tout ça, ce n'est qu'un aperçu... Mais évidemment, on n'en parle pas dans nos médias. On n'en parle tellement pas que j'ai dû avertir un ami trans de 20 ans que c'était une très très très mauvaise idée que sa famille choisisse la Floride comme destination pour ses vacances parce que lui serait à risque, et que sa soeur, mineure, serait à risque parce qu'elle habite avec lui.
Alors de voir que nos médias - bon, je sais, il s'agit du JdM, je n'ai plus de très hautes attentes envers eux - partagent ce type de fakenews sensationnalistes qui va continuer à rendre les communautés trans encore plus marginalisées et encore plus victimes des discours haineux au quotidien, je suis flabbergasté!
La Floride est rendue au 7e stade (sur 10) sur l'échelle des génocides. Personne n'en parle. Et on laisse la même courbe se tracer ici. La plateforme du parti de Maxime Bernier pousse l'interdiction d'utiliser les toilettes publiques pour les personnes trans, le retour de l'autorisation des thérapies de conversion pour les personnes trans, la fin de l'accès aux soins transaffirmatifs également. La nouvelle première ministre élue en Alberta idolâtre Ron DeSantis et veut faire de l'Alberta la Floride du Canada. Une des membres de son cabinet a déjà comparé les jeunes trans à des matières fécales. Le premier ministre du Nouveau-Brunswick souhaite interdire au personnel scolaire d'utiliser les prénoms et pronoms demandés par un·e jeune sans l'accord de ses parents, alors que les recherches montrent que l'utilisation du prénom et du pronom choisis réduisent drastiquement les risques d'idéation suicidaire. Éric Duhaime, ici, a surfé sur la vague du Tennessee en souhaitant interdire la présence de drag queens en milieu scolaire. Le gouvernement de François Legault finance depuis 2019 un groupe ouvertement transphobe à même les fonds publics. Il a retiré le titre de ministre responsable de la lutte à l'homophobie et à la transphobie et a refusé d'inclure l'intersectionnalité dans la définition du féministe. Il n'a toujours pas réglé la question de la mention de genre X à la RAMQ et à la SAAQ malgré qu'elle est maintenant disponible sur les certificats de naissance depuis 1 an, laissant des centaines de personnes sans document d'identité les représentant.
Que le JdM publie ce texte, c'est tout simplement de l'incitation à la haine!
Assez, c'est assez.
🏳️⚧️✊🏽
05/18/2023
Je voulais faire ce partage hier, pour la journée internationale de lutte à l'homophobie, à la biphobie et à la transphobie, le 17 mai. Sauf que je me suis retrouvé tellement 𝘥𝘦́𝘤𝘢𝘭𝘪𝘤𝘩𝘪𝘦́ après avoir lu cet article que j'ai c̶h̶o̶k̶é̶̶ 𝘤𝘩𝘰𝘪𝘴𝘪 𝘥𝘦 𝘳𝘦𝘴𝘱𝘦𝘤𝘵𝘦𝘳 𝘮𝘢 𝘭𝘪𝘮𝘪𝘵𝘦. J'avais des publications à rédiger pour le travail, dans lesquelles je ne peux pas me permettre d'être aussi politique ou émotif, alors j'ai concentré le peu d'énergie qui me restait là-dessus.
D'un côté, on se fait dire qu'il n'y en a plus, de LGBTQphobies, au Québec, en 2023. Qu'on a la chance de vivre dans une société ouverte à la différence. D'un autre, nos institutions continuent de considérer les relations hétérosexuelles monogames comme le modèle «normal», et je ne parle même pas ici de la cisnormativité omniprésente dans toutes les sphères de la vie.
Je n'ai jamais eu aussi peur de m'afficher comme personne trans que dans la dernière année. J'ai un ami qui s'est fait volontairement mégenrer par une enseignante au collégial toute la session. J'ai reçu des messages haineux simplement parce que j'existe. J'ai des gens qui m'ont dit que je resterais toujours 𝘣𝘪𝘰𝘭𝘰𝘨𝘪𝘲𝘶𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵 𝘧𝘦𝘮𝘦𝘭𝘭𝘦 dans leur regard étant donné que c'est l'assignation qu'on m'a donné à la naissance. Une manifestation anti-drag/trans a eu lieu à moins de 20 minutes de chez moi. Il a été dit publiquement que le gouvernement du Québec finance à même les fonds publics une organisation ouvertement transphobe depuis 4 ans et rien n'a changé. On a continué de refuser de financer la mission essentielle d'Interligne. On a aboli le titre de ministre responsable de la lutte à l'homophobie et à la transphobie. De nombreuses personnes chercheuses et activistes ont reçu des menaces de mort les forçant à annuler des conférences ou des événements.
Mais pire encore, aux États-Unis, on est en train d'assister à un génocide. Littéralement. L'extrême droite ne s'en cache même plus, elle veut 𝘦́𝘳𝘢𝘥𝘪𝘲𝘶𝘦𝘳 la transitude. Plus de 500 projets de lois anti-LGBT déposés en 2023 jusqu'à présent, dans 49 États. En Floride, une personne qui n'utilise pas les toilettes qui correspondent à ses ᴄʜʀᴏᴍᴏsᴏᴍᴇs risque désormais 1 an de prison. Pas en fonction des documents légaux actuels ni même du certificat de naissance : les chromosomes!! [𝒥𝑒 𝒿𝓊𝒷𝒾𝓁𝑒 𝒶̀ 𝓁'𝒾𝒹𝑒́𝑒 𝒹'𝓊𝓃 ℛ𝑜𝓃 𝒟𝑒𝒮𝒶𝓃𝓉𝒾𝓈 𝑜𝓊 𝓉𝑜𝓊𝓉 𝒶𝓊𝓉𝓇𝑒 𝒯ℰℛℱ 𝓃𝑜𝓉𝑜𝒾𝓇𝑒 𝓆𝓊𝒾 𝓇𝑒́𝒶𝓁𝒾𝓈𝑒𝓃𝓉 𝓆𝓊𝑒 𝓁𝑒𝓊𝓇𝓈 𝒸𝒽𝓇𝑜𝓂𝑜𝓈𝑜𝓂𝑒𝓈 𝓃𝑒 𝓈𝑜𝓃𝓉 𝓅𝒶𝓈 𝒸𝑒𝓊𝓍 𝒶𝓊𝓍𝓆𝓊𝑒𝓁𝓈 𝒾𝑒𝓁𝓈 𝓈'𝒶𝓉𝓉𝑒𝓃𝒹𝒶𝒾𝑒𝓃𝓉 - 𝑔𝑒𝓃𝓇𝑒 𝓊𝓃𝑒 𝓅𝑒𝓇𝓈𝑜𝓃𝓃𝑒 𝒜ℱ𝒜ℬ 𝒶𝓋𝑒𝒸 𝒹𝑒𝓈 𝒸𝒽𝓇𝑜𝓂𝑜𝓈𝑜𝓂𝑒𝓈 𝒳𝒴 𝑒𝓉 𝓊𝓃𝑒 𝒾𝓃𝓈𝑒𝓃𝓈𝒾𝒷𝒾𝓁𝒾𝓉𝑒́ 𝒶𝓊𝓍 𝒶𝓃𝒹𝓇𝑜𝑔𝑒̀𝓃𝑒𝓈. 𝒥𝓊𝓈𝓉𝑒 𝓅𝒶𝓇𝒸𝑒 𝓆𝓊𝑒 𝓈𝒾 𝒿𝑒 𝓃𝑒 𝓉𝓇𝑜𝓊𝓋𝑒 𝓅𝒶𝓈 𝓊𝓃𝑒 𝓂𝒶𝓃𝒾𝑒̀𝓇𝑒 𝒹'𝑒𝓃 𝓇𝒾𝓇𝑒 𝒿𝑒 𝓋𝒶𝒾𝓈 𝓅𝑒́𝓉𝑒𝓇 𝒶𝓊 𝒻𝓇𝑒𝓉𝓉𝑒.] Ça n'a jamais été uniquement les enfants.
Florida's Trans Bathroom Ban Signed: Arrests To Follow Regardless Of Legal Gender Status Governor Ron DeSantis signed several anti-trans bills today. One of these bills, a bathroom ban, is likely to lead to many arrests of transgender people in bathrooms.
We live in a freaking scary time!
On s'entend que je ne suis pas prêt d'aller aux États-Unis.
Juste exister en public en tant que personne trans en Floride fait maintenant de moi un abuseur d'enfants, et un abuseur d'enfants peut être condamné à la peine de mort si 8 juré·e·s sur 12 le décident.
Cette personne sur TikTok l'explique on ne peut plus clairement. Je sais, TikTok, c'est le mal, la Chine qui espionne...mais en ce moment, ce sont les gens citoyen·ne·s directement concerné·e·s par les lois fascistes qui passent aux USA qui s'en emparent pour nous les vulgariser.
Ça commence avec des discussions sur les femmes trans dans le sport. Ça commence avec des discussions sur les toilettes. Ça dit que c'est pour protéger les enfants... jusqu'à ce que ce soit way more than that! On le savait déjà, mais t'sais, ça devient vraiment évident quand on interdit les soins d'affirmation de genre aux mineur·e·s, mais en prenant bien soin de préciser que la jeune fille cisgenre qui veut une augmentation mammaire, ça, ça demeure permis.
Dans les plus récentes lois passées en Floride, il y a notamment que de dire que quelqu'un est transphobe, raciste ou homophobe est passible de poursuites, même si c'est dit en ligne en dehors de la Floride. La Floride veut aussi bannir les départements d'études Q***r, d'études Féministes et d'études Juives des universités. Avoir le droit de retirer le titre des professeur·e·s d'université. La Floride veut aussi obtenir le droit de renverser des arrangements de garde pour retirer les enfants de leur famille si un des parents est trans, si un frère ou une soeur est trans, ou si un·e jeune reçoit des soins transaffirmatifs incluant la transition sociale... même en dehors de l'État.
Ce qui est en train de se produire aux États-Unis, c'est un génocide. Pur et simple. Pour les personnes trans, c'est déjà commencé.
Maintenant, ça s'en vient sur le droit des femmes. Certaines États veulent permettre la peine de mort sur n'importe quelle personne ayant un utérus qui "cause a miscarriage". Ça inclut évidemment l'avortement, mais aussi les stérilets, ou même le fait de ne pas avoir pu se permettre financièrement de suivis médicaux prénataux si on perd le fœtus.
D'autres États commencent à vouloir retirer le droit de vote de certaines personnes racisées.
De plus en plus d'États proposent leur propre version du "Don't say gay" de la Floride. T'sais, cette loi qui interdit de parler des sujets LGBTQ2+ devant des jeunes, celle qui est exactement dans le même type que celle adoptée en Russie peu avant les jeux de Sochi et qui avait fait un tollé? Quand ce sont les USA, on n'en parle pas?
D'autres veulent le définancement étatique de l'école publique, et le retour de la ségrégation scolaire des enfants en situation de handicap.
On regarde tout ça, et ça fait peur. C'est du fascisme à l'état pur. Et on se dit "une chance que je suis au Québec, au Canada"...mais même ici, on ressent les remous. Les manifestations anti-drag, anti-trans. Les pétitions. La montée des commentaires haineux dans les médias, autant venant du lectorat que des journalistes et chroniqueur·euse·s, qui demeurent impuni·e·s.
Qu'est-ce que le Canada attend pour permettre aux personnes trans et à leur famille d'obtenir le statut de réfugié·e·s? Qu'est-ce qu'on attend pour sévir afin de ne pas laisser un centimètre de jeu à la haine qui s'installe envers des populations techniquement protégées par les chartes? Ne voyez-vous pas l'urgence d'agir?
Pourquoi on n'en parle pas dans les médias? Un pays majoritairement musulman passerait ces lois que ce serait sur toutes les tribunes. Là, pas un mot. À peine un petit quelque chose sur l'interdiction des spectacles de drag aux mineur·e·s au Tennessee.
04/14/2023
Considérant qu'Éric Duhaime est celui qui a déjà déclaré, dans le contexte d'une des vagues de qu'il était content d'être gay et donc que ces histoires de consentement ne s'appliquent pas à lui (parce que t'sais, c'est connu, toute personne ayant une expression de genre masculine allant dans un bar ou un évènement LGBTQ2+ est nécessairement prête à se faire harceler/groper/agresser/etc. )...
Considérant qu'Éric Duhaime a admis ouvertement prendre encore régulièrement à l'âge adulte sa do**he avec ses parents...
Considérant qu'Éric Duhaime est à la tête d'un des groupes qui réclamaient la fin de "l'ingérence gouvernementale" dans nos droits et libertés fondamentales via l'arrêt des mesures sanitaires pendant la COVID, quand des centaines de personnes décédaient chaque jour, mais qu'il se permet maintenant de parrainer un pétition demandant au même gouvernement de s'ingérer dans le droit des drags d'offrir des heures du conte, aux bibliothèques, CPE et écoles de les mettre à leur programmation et aux parents de laisser leurs enfants y assister ou non, d'y inscrire leurs enfants, alors qu'aucun enfant n'a été tué ni même blessé lors de ces activités qui ont lieu au Québec depuis déjà au moins 2015...
Considérant le climat sociopolitique actuel pour les personnes issues de la diversité sexuelle et de genre, plus particulièrement pour les personnes trans et non-binaires, qui démontre surtout que plus que jamais, il est essentiel d'éduquer la population sur ces réalités afin de stopper l'escalade actuelle de la discrimination et de la haine...
Honnêtement, Éric Duhaime et ses idéologies sont un danger non seulement pour nos enfants, mais également pour de nombreux adultes, particulièrement les personnes trans et non-binaires ou autrement non conformes aux stéréotypes dans leur expression de genre, cette dernière catégorie incluant également les artistes drags.
(Is this petition a joke? Probably! Does it still give a little little ease to my trans heart? Definitely! 🏳️⚧️✊🏽)
Sign the Petition Protéger nos enfants d'Éric Duhaime
03/24/2023
Ça fait leur affaire de dire qu'il n'y a pas d'athlètes trans de haut niveau : il n'y en aura pas plus si elles n'ont pas le droit de concourir, parce que les fédérations nationales ne vont pas investir dans le développement de ces athlètes. Les études universitaires rigoureuses qui ont été réalisées avec des athlètes trans amateures sur d'autres types de compétition, ou simplement sur des personnes qui faisaient du sport non compétitif, montrent que lorsque les taux de testostérone des athlètes transféminines est dans les standards féminins pour 12 mois, elles n'ont plus aucun avantage athlétique sur les autres concurrentes.
Et pour celleux qui disent que "oui mais elles sont souvent plus grandes/masives, c'est un avantage dans plein de sport", ben je m'excuse, mais personne ne chiale quand une joueuse de volley ou de basket cisgenre mesure 6'2", p*s oui c'est un avantage considérable contre des femmes cisgenres de 5'1" dans ces mêmes sports. De plus, leur "grand" corps, aux femmes trans qui sont plus grandes, était conçu pour fonctionner avec de la testostérone initialement, alors il devient souvent un désavantage parce qu'elles doivent "rebâtir" leurs capacités d'endurance from the scratch.
Par ailleurs, personnellement, à mon bilan hormonal pré-transition, mon taux de testostérone était supérieur à 2.5nmol/L, et il était encore considéré dans la norme acceptable pour une personne assignée fille de 21 ans. Et je ne suis pas une personne intersexe. Je n'avais jamais pris aucun traitement hormonal. Et quiconque me connaît un peu sait que je n'ai absolument aucune aptitude athlétique (dans mon 2e cours d'édu au cégep, à l'époque, on avait fait le test navette Léger-Boucher - mon cauchemar - 2 fois dans la session, et il fallait s'être amélioré·e·s entre les 2 fois, alors j'avais fait le palier 2 puis le 2.5, de peine et de misère. Ça vous donne une idée! 😅)
Athlétisme | Les personnes transgenres bannies des compétitions féminines La Fédération internationale d’athlétisme a pris un important virage dans sa politique vis-à-vis des athlètes transgenres en les excluant de la catégorie féminine, qu’elle entend « protéger », a annoncé son président Sebastian Coe jeudi.
03/16/2023
J'avoue que je me tiens plus loin des réseaux sociaux, récemment. Question de préservation de ma santé mentale...
On voit la montée du conservatisme transphobe aux . La avec son "Don't Say Gay", qui interdit de mentionner l'existence des personnes de la diversité sexuelle et de genre en présence de mineur·e·s (exactement le même genre de lois adoptée en Russie avant les jeux de Sotchi en 2014 et qui avaient dont été décriées partout - notamment aux USA...). Le qui criminalise les soins d'affirmation de genre pour les personnes mineures, incluant le soutien psychologique, les changements de garde-robe et le fait de respecter les prénoms et pronoms choisis. Le qui criminalise les spectacles de qui ont lieu à des endroits où des mineur·e·s pourraient les entrevoir, et en fait toute "performance" dans un genre autre que celui qui a été assigné à la naissance. La Floride qui en remet avec son projet pour pouvoir invalider les jugements de garde légale effectués dans d'autres États si on y laisse un·e enfant faire une , ou si le parent qui a la garde est , ou vit avec une personne trans (oui, ça serait en fait du kidnapping légalisé 🤷🏽♂️). Sans compter les attaques et menaces à grandeur du pays contre des lieux et des événements q***r.
On se dit "une chance que je vis de ce côté de la frontière"... sauf que le fait est que les manifestations -LGBTQ+, mais particulièrement anti-trans et anti-drag sont de plus en plus fréquentes au aussi. En 2 mois et demi, on a dépassé le nombre d'événements du genre rapportés en 2021. On s'enligne pour battre 2022. Pas étonnant qu'on ne le lise pas dans les médias de Québecor Media, puisqu'ils sont les premiers à publier chaque semaine des chroniques de propagande de cette haine. Et La Presse est à peine plus nuancée...
Et disons qu'avec la méconnaissance de nos réalités qu'affiche la Coalition Avenir Québec, je ne suis pas rassuré. Interligne se démène depuis des mois pour sauver sa ligne de crise de nuit, et le ministre Lionel Carmant, député de Taillon à l'Assemblée nationale dit que les gens devront appeler le 811...qui ne connaît pas nos réalités spécifiques et nous réfère bien souvent à Interligne. Pendant ce temps, le gouvernement finance à hauteur de 147k$ cette année encore les activités de PDF Québec, un groupe "féministe" TERF transphobe qui s'en prend publiquement aux activistes trans depuis des années impunément - notamment Gabrielle Bouchard, Céleste Triannon, Fae Johnston - et bat la motion de Ruba Ghazal pour souligner le 8 mars parce qu'il y est question d'intersectionnalité et que ce n'est pas la vision du féminisme du gouvernement...😤
C'est ce gouvernement qu'on a au pouvoir pour nous faire traverser cette montée de la haine basée sur l'identité ou l'expression de genre - pourtant interdite dans les chartes canadiennes et québécoises? Le même qui nous a servi cette première mouture inconcevable du PL2 en 2021?
Ajoutons pour ceuzes qui n'ont pas suivi ce dossier, qu'au début mars, lors de la Conservative Political Action Conference (CPAC) aux USA, la majorité des personnes présentes ont abordé les questions trans dans leurs allocutions, n'y allant pas avec le dos de la cuillère et mégenrant le plus possible les personnes trans mentionnées, notamment Rachel Levine, sous-secrétaire à la santé et personne trans nommée au gouvernement américain la plus haut-gradée.
Michael Knowles, un commentateur politique de droite, a carrément déclaré que "for the good of society...transgenderism must be eradicated from public life entirely". Même d'autres politicien·ne·s de droite ont condamné son propos comme étant un appel au génocide! Il a précisé sur Twitter ensuite qu'il ne référait pas aux personnes trans mais à la "fausse idéologie du transgenrisme"...
Faudrait surtout pas que les enfants américain·e·s lisent les livres de Sophie Labelle (dont on n'a pas parlé de la mise à l'indexe de ses livres alors qu'elle est bien réelle) ou d'Élise Gravel, ni même qu'iels puissent apprendre que chez les hippocampes, c'est le mâle qui portent les enfants, parce que c'est beaucoup trop subversif... 🙄 Watch out quand iels sauront pour Némo, parce que chez les poissons clowns, si la mère meurt, le père devient la mère est le plus vieux des enfants devient le père?😅
On parle de groupes organisés, financés, qui ont des tentacules un peu partout, qui visent explicitement une population marginalisée avec l'intention de la faire disparaitre, de la réduire au silence.
Permettez-moi d'avoir peur...
J'y repense à deux fois ces derniers temps avant de m'exposer en ligne. Avant de m'engager dans des activités militantes, même dans des formations. Avant de me rendre visible. Me cacher, c'est les laisser gagner, mais jusqu'à quel prix je dois accepter les contre-coups de la visibilité - pourtant plus nécessaire que jamais pour redonner espoir à nos jeunes?
3 lectures - en anglais - en ce sens...
https://www.theguardian.com/us-news/2023/mar/07/cpac-anti-trans-rhetoric
https://globalnews-ca.cdn.ampproject.org/c/s/globalnews.ca/news/9542496/anti-lgbtq2-protests-rise-canada-explainer/amp/
Quebec government funding group that promotes anti-trans views | CBC News Pour les droits des femmes du Québec (PDF Québec)'s Twitter account targeted prominent trans activists who were shocked to discover the group is funded by the government.
11/21/2022
J20 🏳️⚧️🕯️✊🏽
[TW - Deuil. Violence. Transphobie. Su***de.]
Le 20 novembre est un jour de deuil pour les communautés trans, où nous honorons la mémoire des personnes trans et non-binaires qui nous ont quitté·e·s, victimes de la transphobie.
Elles seraient 389 mondialement cette année, selon l'organisme The519.
D'autres sources font plutôt état de 327 victimes. En fait, ça dépend ce qu'on inclut dans la définition de «victimes de la transphobie». La violence, les homicides, les crimes haineux, ça va de soi. Les su***des? C'est plus ambigu.
Mais selon moi, tant que nous vivrons dans un monde qui accepte socialement et légalement qu'on déshumanise les personnes trans, qu'on invalide leur identité, qu'on criminalise les parents qui tentent de suivre la science et d'embrasser l'approche transaffirmative avec leur(s) enfant(s), qu'on punisse les personnes qui fournissent des soins transaffirmatifs, qu'une autrice milliardaire puisse dire les pires atrocités TERFs sur ses plateformes et quand même être adulée par des millions de personnes, que les éditorialistes de Québécor disent tout et n'importe quoi sur les personnes trans sans un reproche... Tant qu'on va accepter tout ça, comme société, et que les choses ne changeront pas, les morts par su***de devront compter comme des victimes de la transphobie.
La plus jeune victime dont l'âge est répertorié avait 10 ans. Un jeune de Saint-Jérôme, au Québec. Pas un jeune du texas, là. Saint-Jérôme. Avoir tellement peur de l'idée-même de grandir trans qu'il a choisi d'en finir.
Et combien d'autres jeunes et moins jeunes qui ne font même pas partie des stats parce qu'iels ont emporté ce secret avec elleux?
Et quand je pense aux victimes de crimes haineux, de violences, de meurtres, majoritairement des femmes trans racisées, je ne peux m'empêcher de me demander combien sont en fait des victimes du patriarcat? Combien ont été victimes d'hommes qui avaient tellement peur de perdre leur statut d'hommes viril et machos et dominants si on apprenait qu'ils avaient couché avec une femme trans...ou même juste été attirés! Combien ont péri aux mains d'un amant, ou d'un client, qui avait trop peur du jugement?
Combien de vies détruites parce qu'on a trop peur de ce qui est différent de nous?
De ce qu'on ne comprend pas, ce qu'on ne connait pas.
Ne pourrions-nous pas simplement être des pour faire changement? Écouter la science - la vraie science, celle qui fait preuve de rigueur méthodologique, qui passe par des comités éthiques et des révisions par les pairs - et arrêter de prendre des décisions sur des pseudos-vérités qui incitent à la haine?
À mes comparses des communautés trans et non-binaires : ne laissez personne vous dire que vous n'avez pas le droit d'exister.
Mon travail, je le fais pour moi, mais je le fais pour que les futures générations puissent peut-être libres 🏳️⚧️✊🏽
Formations DSG
11/07/2022
Jour 6 🏳️⚧️
Journée internationale des parents trans
Je m'éloigne un peu de ma propre réalité, aujourd'hui. Parce que je ne suis que le parent d'un chat. J'ai envie de vous partager quelques tranches de vie de parents trans autour de moi. (Par respect pour ces personnes, je ne les nommerai pas, toutefois. Je ne voudrais particulièrement pas les 𝘰𝘶𝘵𝘦𝘳.)
Je pourrais vous parler de cet ami qui a porté ses deux enfants. Un bien avant sa transition, et l'autre tout juste avant de commencer sa transition médicale. Il les a élevés seul. Sa progéniture l'appelle par son prénom, simplement.
Je pourrais vous parler de cette amie qui s'est séparée de la mère de ses enfants alors qu'iels étaient en bas âge, au moment d'entamer sa transition. Ses enfants ne l'ont jamais vraiment connue comme étant leur père, alors c'est tout naturel pour elleux d'avoir deux mères. Son gros combat a été de pouvoir se faire identifier comme mère ou à la limite comme parent sur le certificat de naissance de ses enfants, c'est récent que c'est possible de changer la désignation parentale au Québec.
Je pourrais aussi vous parler de cet ami pour qui il était important d'être lié génétiquement à son enfant, et qui a donc arrêté sa prise de testostérone pour pouvoir faire prélever des ovules. C'est sa conjointe qui a porté son ovule fécondé.
Cet autre gars dans mon réseau, ses enfants les plus âgé·e·s étaient déjà à la fin de l'adolescence au moment où il a entamé sa transition. Pour lui, c'est ok de se faire appeler «maman» par elleux, et iels le genre au masculin quand même.
Il y a aussi cette personne non-binaire qui s'identifie comme parent, simplement. Et cette autre personne non-binaire qui a choisi de porter elle-même ses enfants. Et cette femme trans qui n'a plus de contact avec son enfant adulte, parce qu'iel n'a jamais pu accepter la transition de «père».
Et l'État civil, de comme sa réglementation est faite, permet maintenant le changement du titre parental, mais pour les enfants de 14 ans et plus, il est possible de s'y opposer. Dans les faits, on n'imposera pas à une femme trans de rester désignée comme père ou à un homme trans d'être désigné comme mère, on tranchera alors pour «parent», mais on permet quand même à l'enfant de plus de 14 ans d'ouvertement indiquer à son parent qu'iel ne l'accepte pas, de manifester ouvertement sa transphobie.
Mais il y a aussi d'autres types de «parents» trans. Celleux dont on entend moins parler. Celleux qui prennent sous leur aile des jeunes q***r et trans qui ne savent plus où aller, pour éviter qu'iels ne se fassent avaler tout rond par la vie. Ces 𝘦𝘭𝘥𝘦𝘳𝘴 trans qui partagent les trucs et astuces aux générations futures. Plusieurs vont se considérer beaucoup plus comme des grands frères/grandes soeurs, mais d'autres vont littéralement s'identifier comme parents.
Shout out aux parents trans en tout genre, aujourd'hui! ✊🏽
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