04/05/2025
J'entends souvent des gens dire en suivi, qu'après de multiples tentatives infructueuses en amour, où ils admettent ouvertement avoir contribué de près ou de loin aux événements qui ont mené à ces ruptures, qu'ils se sont fait une promesse depuis de ne plus s'engager à long terme avec quelqu'un ou de vouloir attendre d'être complètement remis ou guéris de leurs relations ou blessures avant de retourner à la chasse 😜.
Ce genre de commentaires vient habituellement d'adultes qui ont souvent tout ou trop donné en amour jusqu'à tout perdre à part le chandail qu'ils avaient sur le dos. Et bien que je comprends totalement d'où part la réflexion, surtout avec la société "particulière" dans laquelle nous vivons, je trouve que c'est un peu extrémiste comme moyen de protection et de loin, le plus inefficace.
Qu'on soit bien clair, cependant, si un partenaire est violent, je n'encourage pas celui-ci à retourner en couple avant d'avoir complété avec succès une thérapie, c'est évident. Je parlais plutôt de thèmes courants en lien avec le couple comme les blessures de l'enfance, la communication, la fidélité, la vulnérabilité, la sexualité, l'affection, l'honnêteté, etc. Tous des sujets qui peuvent causer des blessures mais qui ne peuvent pas être complètement guéris en restant seul chez-soi et en évitant tout contact avec les gens.
Prenons une situation au hasard en lien avec le couple et analysons comment une personne peut mal interpréter certains événements et bloquer sa guérison. Mon personnage fictif est une femme qui a vécu une relation d'une durée de 13 ans et elle a des enfants. Après beaucoup de tentatives pour sauver sa famille sans succès, elle s'est séparée. Aujourd'hui elle me confie se sentir frustrée de la vie, se disant traumatisée par ce qu'elle a vécu avec son conjoint, qu'elle ressent constamment de la colère, car elle ne voulait pas finir comme ses parents divorcés et que maintenant, elle sent qu'elle ne pourra plus jamais faire confiance à personne.
Premièrement, je dois mentionner que je comprends la douleur que l'on peut ressentir après une rupture, surtout si on y a investi beaucoup de temps et d'énergie. En plus de devoir supprimer de son esprit tous les rêves que l'on souhaitait réaliser avec cette famille, on doit vivre son deuil comme un réel décès avec un coeur brisé.
Ceci étant dit, une fois les sentiments exprimés, je passe à la seconde étape, la plus importante selon moi, à savoir, avec le recul, quelle part de responsabilité elle croit mériter dans "l'échec" de sa vie de famille. Elle me répond "qu'elle ne sait pas, elle est une femme fidèle, s'est toujours occupée de ses enfants et que même avant qu'ils soient au monde, son conjoint ne lui démontrait jamais d'amour, lui disait qu'il allait changer mais continuait de la négliger". J'ai une p*ste. Je lui annonce, alors, que sa part de responsabilité fût d'avoir fermé les yeux sur l'évidence qu'il n'était pas capable de l'aimer à sa juste valeur depuis des années, qu'elle le savait et l'a accepté. Elle se fâche et me dit que" c'est de sa faute, car il lui avait promis toutes ces années de faire des efforts pour changer, ne l'a jamais fait et que c'était normal qu'elle voulait le croire, elle était amoureuse de lui." Stop! Dans un couple, normalement, entre 6 mois et 2 ans, nous avons amplement le temps de déterminer si deux personnes sont compatibles. Après ce temps, si des problèmes persistent et vont à sens unique, il faut ouvrir les yeux et se rediriger. Si la dame en question a décidé de rester 13 ans, je peux déjà sonner une alerte dans ma tête qu'elle a probablement tendance à se mentir régulièrement.
Elle me lance un "ah, tu ne peux pas comprendre, je suis tombée enceinte après 2 ans, mes parents se sont divorcés quand j'étais jeune et je me suis jurée que ça ne m'arriverait pas, je voulais que mes enfants aient un père présent, ce que je n'ai pas eu quand j'étais jeune, et je ne voulais pas qu'ils souffrent comme moi." Tout d'abord, le divorce ne fait souffrir personne. Au contraire, c'est un bris de contrat d'une relation, justement en cas de conflit, pour permettre aux deux personnes de partir chacun de leurs côtés. Si un des parents disparaît après un divorce, ce n'est pas la faute du divorce, c'est la faute du parent. Et si un parent décidait de ne plus contacter son enfant après un divorce, sachant qu'il souffre, ce n'est, encore là, pas la faute du divorce mais bien du parent qui n'a pas pris ses responsabilités vis-à-vis cet enfant. On ne divorce pas de ses enfants, on divorce d'un conjoint.
Elle me répond "bon, tu comprends pourquoi j'ai décidé d'insister d'abord, je voulais les protéger". Erreur. Le fait de ne pas vouloir se séparer même lorsque ça va très mal "pour protéger les enfants" est un narratif qui ne tient pas la route. On doit protéger les enfants des disputes et leur offrir un endroit sain, calme et plein d'amour pour bien grandir. De rester dans une relation remplie de tension renforce le fait que vous ne protégez aucunement vos enfants, vous ne faites que les utiliser comme prétexte pour justifier votre dépendance à la relation. Vous savez, les jeunes enfants n'ont pas de concept concret de ce qu'une famille devrait avoir l'air. Un ou deux parents, biologiques ou non, qui travaillent ou non, beau-père ou belle-mère, ils s'en foutent un peu, en autant qu'il n'y a pas de chicane, qu'ils ne sont pas confrontés jour après jour à regarder des visages enragés ou sur le bord des larmes, que le frigo est plein, qu'ils peuvent jouer comme ils veulent, vous faites une belle job! Les enfants veulent se sentir en sécurité, aimés et par dessus tout, ils veulent voir leurs parents heureux et en paix, ça les sécurise, qu'ils soient ensembles, célibataires, en couple avec une autre personne, LGBTQxyz, etc. 🫂.
Alors, si vous utilisez cet argument la prochaine fois pour excuser votre manque d'initiative à mettre fin à une relation qui ne rend ni vos enfants ou vous-même heureux, retenez ceci: vos enfants observent TOUT ce que vous faites. Leur petit cerveau grandit et enregistre ce qu'ils voient comme un disque dur. Alors, si vous croyez que de rester dans une relation toxique à un point où vous en êtes malades n'affecte que vous, devinez le genre de relation qu'ils choisiront d'avoir quand ils deviendront adolescents? C'est de l'enseignement par l'exemple. Si vous ne vous respectez pas, pourquoi, eux, se respecteraient?
Puis, honnêtement, en étant des enfants issus de familles éclatées, on les connaît les raisons pourquoi on insiste autant, surtout lors de notre première relation de couple. De faire en sorte que notre famille reste unie nous donne l'impression de récrire notre propre histoire. On se dit qu'avec nous tout va changer et en étant la personne qui va se battre pour la famille qu'elle a créé, on se rend finalement notre justice une bonne fois pour toute. On se sent puissant, intelligent, persévérant mais, par dessus tout, on se sent ORGUEILLEUX! 😝
Oui, oui, arrêtez de vous cacher, je vous vois, je le sais, car je l'ai été moi aussi 😆. S'il y a bien une chose que j'ai eu de la misère à m'avouer après toutes ces années D'ACHARNEMENT et de RIGIDITÉ, c'est que... Ah, p*s tiens, disons-le ensemble, oui, je sais que ça sera pas facile pour certains mais vous êtes capables...
1, 2, 3, GO!
Je - me - suis - trompé! 😐😮💨
Je sais, à chaque fois que je dis cette phrase là, je me sens pas bien moi non plus 😜
Puis de toute façon, c'était quoi les chances d'y aller ALL-IN et d'être tombé sur la bonne personne dès la première relation, 1%, peut-être?
Mais vous connaissez mon lien avec le 1%, fallait que je l'essaie!
Bref, ce qui vous fait peur avec l'amour ce n'est pas le fait que vous ne pouvez plus faire confiance aux autres, c'est parce que vous n'avez plus de confiance en VOS décisions. Apprenez à vous connaître davantage et après une rupture, ne blâmez pas toujours les autres, car vous étiez deux et vous ne pouvez pas changer l'autre, en découvrant votre part de responsabilité, vous allez trouver vos réponses. Ne soyez pas trop craintifs si vous avez encore du travail à faire sur vous, en étant vrai dès le début et en prenant votre temps, vous ne jouerez pas de "game" et allez découvrir s'il y a une vraie compatibilité entre vous deux.
N'ayez pas peur, non plus, de démontrer vos émotions car c'est votre carte de visite, soyez seulement un peu plus prudents sur l'engagement. La constance est la clé car elle révèle les vraies intentions. En apprenant à bien connaître l'autre personne, vous pourrez vous sentir en sécurité et prendre la meilleure décision. Si vous voulez attendre d'être complètement guéris avant d'entamer une relation, vous allez devoir attendre très longtemps. J'ai beau dire, assis dans mon salon, que j'ai changé, que je suis beaucoup plus patient, mais placez-moi un lundi matin à Montréal, pris dans le traffic, p*s je vais me dévoiler sur un moyen temps. On est jamais totalement guéris, travailler sur soi c'est pour toute la vie.
Finalement, je vais vous dire une chose pour que ça se passe mieux la prochaine fois. Soyez le plus authentique possible, si au début d'une relation vous vous sentez manipulé, attaqué ou méprisé à cause de vos défauts, ce n'est pas la bonne personne. Le respect c'est la base de tout. Continuez de chercher, car la bonne personne acceptera où vous êtes rendus et n'utilisera pas vos faiblesses contre vous.
Mais bon, ce n'est pas important, car 99% d'entre vous sont encore en train de dire: "Non, jamais d'autre!", p*s c'est correct, vous n'êtes pas prêts, respectez vous. Néanmoins, je disais ca pour les gens en arrière, le 1% qui reste et qui y croit toujours.