L’Académie de ballet de Drummondville fut fondée en septembre 1946 par Berthilde Lachance, Thérèse Ringuet et Germaine Morin Proulx, trois jeunes filles de Drummondville qui voulaient y promouvoir la danse classique. Madame Morin Proulx prit la direction de l’école en 1948 et l’a dirigée jusqu’à son décès le 10 juillet 2011. « Ma mère était enseignante et elle possédait une solide formation artist
ique. Le chant et la danse étaient ses grandes passions. Elle a consacré soixante-cinq ans de sa vie à l’Académie, lui dévouant tout son cœur, son temps et son argent, sans jamais être salariée », affirme sa fille Christiane Proulx, qui l’a secondé avant de lui succéder. Femme forte et tenace, remplie d’énergie et de projets, engagée dans sa communauté à travers de multiples implications, cette véritable ambassadrice des arts et de la culture fut une pionnière de la danse, une activité alors mal vue par l’Église. Certains parents inscrivaient même leur enfant en cachette. Cette grande dame de Drummondville a fait l’objet de plusieurs reportages dans les médias, et elle fut honorée à maintes reprises au niveau local, québécois et canadien pour sa contribution exceptionnelle au monde des arts. À la Maison des arts Desjardins, la salle Germaine Morin Proulx et une plaque souvenir perpétuent son souvenir. L’Académie de ballet de Drummondville fut l’une des premières institutions de formation de danseurs de ballet au Québec et au Canada. Née avant les Grands Ballets canadiens de Montréal et Ballet national de Toronto, elle a accueilli en sept décennies plus de 15 000 danseurs, dont plusieurs ont atteint le niveau professionnel. En 1967, l’Académie fut le premier organisme à s’établir dans le nouveau Centre culturel, ayant alors acquis ses lettres de noblesse après tant d’années de lutte contre les préjugés et les vieilles mentalités. À partir de 1970, l’école accueillit des adultes pour apprendre, au fil des années,le ballet jazz, la danse à claquettes, le mime, le tango argentin, le baladi et le flamenco. Une trentaine de professeurs, une vingtaine de pianistes et des milliers d’élèves ont reçu une formation à l’Académie, devenue une corporation à but non lucratif en 1983. « Il s’agit d’une école privée, à caractère classique, académique et de culture personnelle », souligne Christiane Proulx, qui y enseigne depuis 32 ans et se définit d’abord comme une créatrice. La directrice générale crée et chorégraphie des ballets, tout en assurant de façon générale la bonne marche des opérations. L’Académie de ballet s’est forgée une solide renommée dans le milieu culturel de Drummondville. Elle présente des productions de très grande qualité sur la scène principale de la Maison des arts Desjardins, soit un spectacle annuel au mois de mai et tous les deux ans un ballet de Noël intitulé Floconville. L’école est toujours présente pour participer aux activités de la communauté, notamment Urbanités, l’art dans la ville!, depuis les débuts. « Mon objectif est de conserver l’institution que ma mère a créée et d’assurer sa pérennité », affirme Christiane Proulx.