12/04/2026
Que retenir de ce verset (Jean 20,23) ?
Bien-aimés dans le Seigneur, la Parole de Dieu nous place aujourd’hui devant une réalité à la fois spirituelle et profondément humaine : le pardon. Dans l’Évangile selon Jean, après sa résurrection, Jésus apparaît à ses disciples, souffle sur eux et leur dit : « Recevez le Saint-Esprit ». Puis il ajoute cette parole troublante : « Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés ; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus » (Jean 20,23). À première vue, cette parole peut sembler difficile, comme si Jésus donnait aux hommes le pouvoir de décider qui est pardonné et qui ne l’est pas. Mais en réalité, Jésus ne donne pas un pouvoir arbitraire, il confie une mission spirituelle. Les disciples deviennent les témoins du pardon de Dieu. Ils sont envoyés pour annoncer que le pardon est possible en Jésus-Christ, et pour appeler les hommes à la repentance. Ainsi, lorsqu’une personne se tourne sincèrement vers Dieu, ils peuvent lui annoncer avec assurance : tes péchés sont pardonnés. Mais lorsqu’une personne refuse de se repentir, ils peuvent aussi dire avec vérité : tu restes dans tes péchés. Ce n’est donc pas un pouvoir humain, mais une responsabilité spirituelle.
Cependant, cette parole de Jésus nous renvoie aussi à nous-mêmes. Car il ne suffit pas d’annoncer le pardon, encore faut-il le vivre. Et c’est là que la tension apparaît dans notre cœur. Car Jésus a aussi dit ailleurs : « Si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père céleste ne vous pardonnera pas non plus ». Cela signifie que le pardon n’est pas seulement un message à prêcher, c’est une vie à incarner. Nous ne pouvons pas réclamer la grâce de Dieu tout en refusant de la donner aux autres. Le pardon reçu de Dieu doit devenir un pardon partagé.
Mais soyons honnêtes : pardonner n’est pas facile. Dans la vie, il y a des blessures profondes, des trahisons, des injustices. Dans nos familles, dans nos communautés, même dans nos églises, il arrive que les relations soient brisées. Quelqu’un t’a fait du mal, quelqu’un t’a humilié, quelqu’un t’a rejeté. Et naturellement, le cœur humain veut se protéger, se refermer, parfois même se venger. Alors la question se pose : peut-on refuser de pardonner ? Oui, cela peut arriver. Nous sommes humains, et certaines douleurs sont réelles. Mais refuser de pardonner durablement devient un piège spirituel. Car celui qui ne pardonne pas reste lié à sa blessure. Il croit punir l’autre, mais en réalité, il s’emprisonne lui-même.
Le pardon n’est pas un sentiment d’abord, c’est une décision. C’est un acte de foi. C’est dire : Seigneur, je choisis de ne pas laisser cette offense diriger ma vie. Pardonner ne veut pas dire que ce qui s’est passé est normal ou acceptable. Pardonner ne veut pas dire oublier automatiquement. Pardonner ne veut pas dire se remettre dans une situation dangereuse. Pardonner signifie : je remets cette situation entre les mains de Dieu, je refuse de garder la haine dans mon cœur, je libère l’autre et je me libère moi-même.
Lorsque Jésus donne cette parole en Jean 20,23, il souffle sur ses disciples. Ce détail est très important. Cela signifie que le pardon est lié au Saint-Esprit. Nous ne pouvons pas pardonner véritablement par nos propres forces. C’est l’Esprit de Dieu qui nous en rend capables. Là où le cœur est dur, l’Esprit vient adoucir. Là où il y a de la colère, l’Esprit apporte la paix. Là où il y a de la blessure, l’Esprit apporte la guérison. Le pardon devient alors une œuvre de Dieu en nous.
Bien-aimés, il y a aussi une dimension communautaire. Jésus confie cette parole à un groupe, à l’Église. Cela signifie que nous sommes appelés à être une communauté de réconciliation. Une Église où le pardon circule, où les offenses ne sont pas nourries, où les relations sont restaurées. Car une Église sans pardon devient un lieu de tensions, de divisions et de blessures. Mais une Église qui pardonne devient un témoignage vivant de l’amour de Dieu.
Aujourd’hui, le Seigneur nous interpelle personnellement. Peut-être que tu portes encore une blessure. Peut-être que tu dis dans ton cœur : « Je ne peux pas pardonner ». Peut-être que la douleur est encore vive. Le Seigneur ne minimise pas ta souffrance, mais il te dit : ne reste pas dans cette prison. Fais un pas, même petit. Dis simplement : « Seigneur, je veux pardonner, aide-moi ». Et Dieu commencera son œuvre en toi.
Et à l’inverse, peut-être que toi aussi, tu as besoin d’être pardonné. Peut-être que tu sais que tu as fait du mal à quelqu’un. Alors n’attends pas. Va, reconnais, demande pardon. Car le pardon ne doit pas seulement être donné, il doit aussi être reçu.
Ainsi, Jean 20,23 prend tout son sens : nous sommes porteurs d’un message de pardon, mais aussi responsables de vivre ce pardon. Là où le pardon est accueilli, la vie de Dieu circule. Là où il est refusé, le cœur se ferme.
Alors aujourd’hui, faisons ce choix spirituel : choisir le pardon. Non pas parce que c’est facile, mais parce que c’est le chemin de la liberté. Non pas parce que l’autre le mérite, mais parce que Dieu nous a fait grâce.
Que le Seigneur nous donne un cœur capable de pardonner, comme lui nous a pardonné en Jésus-Christ. Amen.
Semaine de réconciliation et de restauration dans la présence divine.
Olatutu FAYOMI LEOTO , pasteure