12/05/2026
Il refusait de cultiver la terre,
Craignant que les singes viennent cueillir sans payer,
Il regardait son champ comme un trésor de guerre,
Préférant la friche au partage imparfait.
Chaque matin, il comptait ses peines,
Ses rêves secs comme un soleil sans pluie,
Pendant que les singes, libres sous les chênes,
Trouvaient dans la forêt le bonheur de la vie.
Lui, prisonnier de sa peur et de son orgueil,
Vivait pauvre au milieu de ses propres refus,
Eux, sans richesse, sans maison, sans cercueil,
Riaient du vent et des fruits inattendus.
Car celui qui garde tout finit souvent vide,
Le cœur plus désert qu’un sentier abandonné,
Tandis que celui qui partage même l’invisible
Possède une paix qu’on ne peut voler.
La vie a parfois cette étrange justice :
L’homme avare dort avec ses tourments,
Et le singe affamé qu’il voyait comme un vice
Vit mille fois mieux… simplement.