12/05/2015
Depuis 2003, le Bénin s’est engagé dans un processus de décentralisation dans le but de moderniser l’organisation administrative territoriale et la rendre plus adaptée au contexte politique, économique et social actuel. Ce processus permet de faire rapprocher les administrations du citoyen à travers son intégration dans la procédure du choix des élus locaux, ce qui implique sa participation effective dans la gestion des affaires locales. La commune est donc considérée comme une entité réduite de proximité, constituée pour servir les citoyens et satisfaire l’ensemble de leurs exigences.
Paradoxe, après dix (10) ans de pratique de la décentralisation, ceux qui sont supposés être servis par ses entités ne sont pas au courant de leur statut actuel. Ils ignorent en grande partie les rôles, les attributions, les objectifs, les dépenses que les communes sont tenues d’assumer et exécuter et les ressources mises à leurs disposition par les lois et règlements en vigueur. Ils sont victimes d’un manque d’information sur l’essentiel de la vie communale et n’assument pas encore leur partition dans ce processus de la décentralisation.
La démocratie à la base ne s’aurait être effective sans un véritable engagement des populations, c’est-à-dire la participation citoyenne. La participation des communautés est susceptible de contribuer à l’émergence d’une nouvelle citoyenneté. Elle vise à renforcer la responsabilité des pouvoirs publics envers les populations.
La participation est garantie par la loi n° 97-029 du 15 janvier 1999 portant organisation des communes en République du Bénin, notamment son article 2 qui dispose que « la commune constitue le cadre institutionnel pour l’exercice de la démocratie à la base. Elle est devenue l’expression de la décentralisation et le lieu privilégié de la participation des citoyens à la gestion des affaires publiques locales ». C’est pourquoi, l’un des défis à relever aujourd’hui est la promotion de la participation citoyenne.
L’une des formes de participation citoyenne est à l’exercice du droit de vote lors des élections.
Pour permettre à chaque citoyen d’exercer utilement ses droits démocratiques lors des prochaines élections communales/municipales, il importe de l’aider à mieux connaître les différentes responsabilités des organes communaux : le conseil communal ou municipal et l’exécutif communal (le Maire).
LE CONSEIL COMMUNAL
Le conseil communal ou municipal est l’organe délibérant de la commune. Il est composé de conseillers élus par les populations au niveau de chaque arrondissement.
Le conseil communal ou municipal règle par ses délibérations les affaires de la commune. Il discute et vote le budget de la commune, administre les biens de la commune, décide de la création des services publics, décide de la passation d’un marché, autorise le maire à agir en justice et émet des vœux et avis. Il se réunit obligatoirement quatre fois l’an, aux mois de mars, juin, septembre, novembre. La session de novembre est la session budgétaire.
En matière de contrôle de l’exécution du budget, l’article 50 de la loi n° 98-007 du 15 Janvier 1999 portant régime financier des communes en République du Bénin dispose que « le Maire élabore le compte administratif à la fin de chaque exercice budgétaire. Le Conseil communal délibère au plus t**d le 1er juillet de l'année suivant l'exercice sur le compte administratif présenté par le Maire ».
Le Conseil communal crée obligatoirement en son sein trois commissions permanentes :
o Commission des affaires économiques et financières ;
o Commission des affaires domaniales et environnementales ;
o Commission des affaires sociales et culturelles.
Il peut créer d’autres commissions permanentes ou temporaires chargées d’étudier et de suivre les questions qui lui sont soumises.
Le rôle des commissions techniques permanentes consiste essentiellement à étudier les dossiers dont elles sont saisies par le Maire et à faire des propositions sous forme de rapports qui seront examinés par le Conseil communal. Les commissions techniques permanentes sont des structures constituant des forces de propositions pour le bon fonctionnement du Conseil Communal.
LE MAIRE
Le maire et ses adjoints sont élus par le Conseil communal ou municipal en son sein, au scrutin uninominal secret et à la majorité absolue pour un mandat de cinq (05) ans. Aux termes des dispositions de l’article 400 de la loi n2013-06 du 25 novembre 2013 portant code électoral en République du Bénin, le candidat aux fonctions de maire est proposé par la liste ayant obtenu la majorité absolue des conseillers.
Pour chacune de ces fonctions, en cas d’absence de majorité absolue lors du premier tour de scrutin, il est procédé, en cas d’égalité de voix, à autant de tours qu’il sera nécessaire pour que le candidat ayant obtenu le plus grand nombre de suffrages exprimés soit déclaré élu.
Mais dans l’hypothèse où aucune des listes n’a la majorité absolue des conseillers, l’article 38 al1 de la loi n°97 029 du 15 janvier 1999 portant organisation des communes en République du Bénin est appliqué.
Le maire est le premier responsable de la commune. Le maire assure non seulement l’exécution des délibérations du conseil communal ou municipal décrites supra, mais il a aussi des pouvoirs propres. Il s’agit de : la direction du personnel administrative (la nomination et la révocation à tous les emplois, le pouvoir de réglementer et d’organiser les services), la préparation et l’exécution des délibérations du conseil municipal, la sauvegarde des intérêts de la commune en ce qui concerne le domaine public, la passation et l’exécution des contrats et marchés publics, l’urbanisme.
Le maire a aussi d’autres pouvoirs qu’il exerce non pas en tant que représentant de la commune, mais comme représentant du pouvoir central : publication et exécution des lois et règlement, la police administrative (tranquillité, salubrité, sécurité), l’état civil et la police judiciaire. En ce qui concerne les adjoints, ils n’ont pas de pouvoirs que par délégation. Ainsi, la forte centralisation du fonctionnement de l’administration communale sur la personne du maire conduit parfois à l’isolement des adjoints.
Il apparait clairement que le maire est être le manager de l’administration communale. Le faible engagement du maire à induire le changement pour l’amélioration des performances des agents ainsi que l’absence de la coordination et le non-respect de la hiérarchie compromet dangereusement le développement local.
Le Maire est donc le principal responsable du succès ou de l’échec des politiques locales. Cette responsabilité transparaît dans les diverses attributions qui lui sont conférées par les textes.
Le Maire partage cette responsabilité avec le conseil communal qui est véritablement l’assemblée décisionnaire de la commune, c'est-à-dire que c’est au sein du conseil communal que devraient être, en tout état de cause, débattues les questions intéressant la vie de la commune. Le maire, même doté de pouvoirs propres, n’est en fait que l’exécutif du conseil dont il applique, sous son contrôle, les décisions. C’est pourquoi, face à la complexité des affaires locales, il est indispensable que les élus locaux aient les compétences requises.