𝙎𝙖𝙣𝙨 𝙡𝙚 𝙙𝙚́𝙨𝙞𝙧 𝙙’𝙖𝙥𝙥𝙧𝙚𝙣𝙙𝙧𝙚, 𝙚𝙣𝙨𝙚𝙞𝙜𝙣𝙚𝙧 𝙚𝙨𝙩 𝙪𝙣𝙚 𝙚𝙣𝙩𝙧𝙚𝙥𝙧𝙞𝙨𝙚 𝙫𝙖𝙞𝙣𝙚.
𝙋𝙝𝙞𝙡𝙞𝙥𝙥𝙚 𝙈𝙚𝙞𝙧𝙞𝙚𝙪
Il y a là un phénomène d’une extrême banalité. Tellement banal qu’on l’oublie systématiquement. Tellement trivial qu’il en devient indécent, obscène même, au regard de notre rationalité d’adultes sérieux et responsables. Imaginez plutôt : voilà une institution, l’Éducation nationale, qui dispose du plus gros budget de la nation. Elle est le premier employeur de France. Elle mobilise une formidable armada d’experts reconnus, de services multiples, de conseils en tout genre et de commissions de toutes sortes… voilà une immense machine, dotée des structures les plus sophistiquées.
Chaque acteur, du ministre aux enseignants, en passant par les concepteurs de programme, les recteurs, les inspecteurs, les proviseurs, les directeurs et chefs d’établissement, les personnels administratifs et de service, se sent légitimement investi d’une mission essentielle… Et voici qu’in fine, tout est suspendu à la décision d’un élève qui peut, parce qu’il regarde un oiseau par la fenêtre, mettre en échec tout le système. Prévert a désespérément raison quand il met en scène son « cancre ». Des élèves irresponsables et immatures, ignorant tout de « ce qui est bon pour eux », sont capables – parce qu’ils « ne veulent rien entendre » - de rendre dérisoires les investissements colossaux qui sont consentis en leur faveur !
La chose est inavouable. Et, néanmoins, le fait est bien là, au quotidien, dans toutes les classes. Il résiste. Sans le désir d’apprendre, enseigner est une entreprise vaine.
Voilà le cœur du « malaise enseignant », l’objet du « malentendu » entre l’École et les familles, l’impensé de tous les débats savants sur l’éducation. Et, depuis Rousseau, depuis Pestalozzi, son disciple, qui tenta, pour la première fois, à Stans en 1799, d’instruire des « enfants du peuple » et se heurta à leur indifférence et leur hostilité.
La classe ouverte
Cadre de partage d'expériences
01/02/2022
LE ROMAN «LE DERNIER JOUR D'UN CONDAMNÉ» DE VICTOR HUGO.
Le dernier jour d’un condamné est un roman de Victor Hugo publié en 1829. Composé de 49 chapitres et 97 pages, ce roman est un récit à la première personne qui adopte des techniques de l’autobiographie, en particulier le journal intime. A travers ce roman, Victor Hugo traite différents thèmes à savoir la liberté ou l’absence de liberté et la peine de mort à laquelle il s’opposait.
Qu’est ce que la peine capitale?
La peine capitale ou la peine de mort est une peine prévue par la loi qui consiste à exécuter une personne reconnue coupable d’un crime capital. La sentence est prononcée par l’institution judiciaire à l’issue d’un procès.
A travers le roman Le dernier jour d’un condamné, Victor Hugo a voulu sensibiliser ses lecteurs au sujet de la peine capitale, ceci en laissant le narrateur nous faire vivre ces derniers moments troublants et angoissants en tant que condamné à mort, son envie de repentir, son amour pour la vie et comment la peine capitale peut affecter sa famille innocente. Selon Victor Hugo, la peine de mort est une abomination pour tous.
Cadre spatio-temporel du roman le dernier jour d’un condamné :
L’histoire du roman le dernier jour d’un condamné se passe à Bicêtre; qui est l’ensemble de grandes prisons de Paris, à la Conciergerie et à l’Hôtel de Ville. Elle commence au moment où le narrateur est condamné à mort jusqu’au moment où il monte sur la guillotine(5) pour être exécuté, ce qui fait une durée de 5 semaines.
LES PERSONNAGES DU ROMAN
Le condamné:
C’est le personnage principal du roman. Son identité n’est pas citée, la raison de sa condamnation non plus. Victor Hugo a voulu laisser son personnage anonyme pour qu’il représente tous les condamnés à mort, qu’ils soient coupables ou pas.
Le personnage principal du roman le dernier jour d’un condamné est une personne ordinaire, croyante, et assez cultivée. Il a une mère, une femme et une petite fille nommée Marie qu’il aime énormément et qui est la seule personne à le visiter, malheureusement elle ne le reconnait pas. Il cite aussi sa première rencontre amoureuse avec une fille de son enfance. Dans le roman, le condamné espère sans y croire une grâce royale qu’il n’obtiendra jamais.
Les geôliers (4):
Ce sont les gardiens de la prison, certain discutent avec le condamné et sont gentils avec lui, contrairement aux autres qui le traitent comme un animal..
La fille du condamné:
Selon le récit du roman, Marie a seulement trois ans au moment où elle visite son papa qu’elle ne reconnait pas. Elle a une grande envie de vivre et croit que son papa est déjà mort, ce qui pousse le père à désespérer.
Son épouse et sa mère:
Ces femmes ne sont pas décrites mais sont citées dans le dernier jour d’un condamné brièvement en référence à la souffrance qu’on leur fait subir à travers la peine de mort.
Le prêtre:
Selon le condamné, cet homme ne parle pas avec son cœur mais récite machinalement ce qu’il dit habituellement aux autres condamnés.
La foule:
Dans le roman le dernier jour d’un condamné, il s’agit de l’ensemble de gens de Paris qui veulent voir cet homme tué. Cette foule est très grande et elle ne veut pas la justice, mais plutôt un spectacle: celui de l’exécution de la peine de mot par la guillotine(5).
RÉSUMÉ DU ROMAN LE DERNIER JOUR D’UN CONDAMNÉ
:
“Le dernier jour d’un condamné” est le journal d’un condamné à mort rédigé pendant les dernières vingt-quatre heures de sa vie et dans lequel il raconte ce qu’il a vécu depuis le début de son procès jusqu’au moment de son exécution. Relatant ses pensées, ses souvenirs de sa vie précédente et ses souffrances, ce journal décrit aussi l’amour du condamné à sa fille et les conditions de vie dans la prison. Il sera exécuté devant la société de Paris et qui profitera du spectacle.
RÉSUMÉ DES CHAPITRES DU ROMAN LE DERNIER JOUR D’UN CONDAMNÉ:
Chapitre 1:
Le condamné fait une comparaison entre son passé et son présent tragique. Le récit du roman nous apprend qu’il est obsédé par l’idée d’être exécuté. Il ne peut pas penser à autre chose à part ce qui l’attend.
Chapitre 2:
Dans ce chapitre, le condamné raconte ce qui s’était passé il y’a 6 semaine lors de son procès. Il décrit sa réaction et l’agitation du public.
Chapitre 3:
Le condamné pense que “tout le monde est condamné à mourir un jour ou l’autre” et commence à accepter l’idée de mourir. Il pense aussi qu’à travers son exécution, il sera libéré de sa souffrance quotidienne.
Chapitre 4:
Dans ce chapitre, le condamné décrit la prison de Bicêtre où il vient d’être transféré.
Chapitre 5:
Il réussi à améliorer ses conditions de prisonnier à Bicêtre à l’aide de ses connaissances en langue latine et à sa flexibilité. Il découvre aussi dans ce chapitre du roman que les autres prisonniers parlaient un langage populaire et vulgaire qu’on appelle l’argot.
Chapitre 6:
Le prisonnier explique pourquoi il veut écrire un journal qui relate ses souffrances, il veut se distraire et décrire sa torture morale et ses angoisses. Le dernier jour d’un condamné nous apprend qu’il contribue d’une manière ou d’une autre à l’abolition de la peine de mort.
Chapitre 7:
Le condamné change d’avis et pense qu’il n’a rien à gagner s’il contribue à l’abolition de la peine de mort après son exécution.
Chapitre 8:
Le condamné ne lui reste presque rien avant son exécution.
Chapitre9:
Le roman « le dernier jour d’un condamné » raconte nous fait part de l’inquiétude du condamné lorsqu’il pense à sa femme, à sa mère et à sa petite fille. Il se dit que sa mère mourra après l’exécution de son fils, que sa femme mourra parce qu’elle a une faible santé, et que sa petite fille deviendra orpheline.
Chapitre 10:
Dans ce chapitre du roman, le condamné fait une description du cachot dans lequel il est emprisonné. Il dit qu’il s’agit d’une très petite cellule de 2 mètres carrés et des murs de pierres. Il arrive à voir les yeux d’un fonctionnaire de garde qui le fixent à travers la petite lucarne.
Chapitre 11:
Le récit du roman « le dernier jour d’un condamné » nous informe que le condamné arrive à déchiffrer des écritures, des noms d’autres condamnés et des dessins sur les murs de sa cellule écrits avec du sang, de la craie ou des crayons. Un dessin en particulier au coin du mur bouleverse notre prisonnier, il s’agit de l’échafaud (5).
Chapitre 12:
Il prend le temps de lire à travers les écritures sur le mur et découvre les noms d’autres condamnés qui ont été emprisonnés dans la même cellule.
Chapitre 13:
Le prisonnier est présent lors du ferrement des forçats. Des prisonniers condamnés aux travaux forcés sont enchaînés. Il décrit leur joie au début, et la chute de leur excitation dès que la pluie tombe. En le voyant, ils lui parlent cordialement. Le condamné s’évanoui.
Chapitre 14:
Après son évanouissement, il se retrouve à l’infirmerie. Il se dit que sa situation est meilleure que celle des forçats.
Chapitre 15:
Le roman « le dernier jour d’un condamné » nous fait part de l’espoir qu’a le condamné d’avoir la grâce royale, mais vu que son procès était en règle et qu’il doit donner l’exemple, il n’obtiendra sûrement pas.
Chapitre 16:
A l’infirmerie, le condamné entend la voix d’une jeune fille chantant une chanson en argot qui parle d’un meurtrier condamné à mort. Le prisonnier est stupéfait par les paroles et en même temps touché par la jolie voix. Il est aussi dégoûté du fait que la prison rend le monde pervers et sale.
Chapitre 17:
Le condamné rêve à maintes reprises de sa fuite tout en traçant un itinéraire, une fois qu’il arrive à destination, il se fait arrêté par les gendarmes.
Chapitre 18:
Un guichetier entre dans la cellule du condamné. Ce dernier comment à douter que c’est le jour de son exécution car le guichetier lui parle avec politesse et courtoisie abusives.
Chapitre 19:
Le guichetier se fait suivre par le directeur de la prison qui vient rendre visite au condamné aussi. Ce dernier est aussi gentil avec le prisonnier. Il s’assure donc qu’effectivement c’est le jour de son exécution.
Chapitre 20:
Le prisonnier voit la prison enferme, garde et verrouille à travers son mélange de ciment, de bois et d’humains.
Chapitre 21:
Le prêtre vient à son tour visiter le condamné très tôt le matin et le prépare à vivre ses dernières minutes. Le condamné répond au prêtre qu’il n’est pas prêt à mourir. Le prêtre est suivi par un huissier qui confirme au condamné qu’il sera exécuté le jour même à la place de Grève.
Chapitre 22:
Le roman relate le transfert du condamné à la conciergerie, il attire les regards des passants et des enfants cours sur ses traces.
Chapitre 23:
Arrivé à la conciergerie, il rencontre le friauche qui sera transféré à Bicêtre et exécuté dans 6 semaines. Ce dernier raconte au prisonnier sa vie et comment il est devenu criminel dès son très jeune page. Le condamné et le friauche s’échangent leurs vestes.
Chapitre 24:
Le prisonnier se rend compte que le friauche lui a pris sa redingote et est furieux contre lui.
Chapitre 25:
Il est dans une autre cellule dans laquelle un gendarme ne le quitte plus. On lui donne de quoi écrire.
Chapitre 26:
Le dernier jour d’un condamné rapporte l’état furieux contre les jurés qui l’ont condamné et qui vont priver un père de sa fille et une fille de son père.
Chapitre 27:
Le condamné est obsédé par la guillotine(5), il essaie d’imaginer comment on l’utilise, et le terrorise.
Chapitre 28:
Le condamné se rappelle avoir déjà vu la guillotine (5), il dit que c’est une sorte d’estrade en bois rouge.
Chapitre 29:
Il se révolte contre la peine capitale et préfère les travaux forcés.
Chapitre 30:
Dans le roman « le dernier jour d’un condamné », le prisonnier décrit le prêtre comme étant une personne douce et charitable avec les prisonniers. Il réconforte le condamné. Mais ce dernier pense qu’il ne fait que répéter les mêmes mots à tous les condamnés, ce qui le laisse indifférent.
Chapitre 31:
Un architecte débarque pour mesurer la cellule et informe le prisonnier que la prison sera restaurée.
Chapitre 32:
On remplace le gendarme qui garait le condamné par un autre plus stupide. Le prisonnier propose à ce dernier de lui donner des numéros gagnants de loterie en échange de ses vêtements. Le gendarme refuse.
Chapitre 33:
Le condamné dans le roman sa première expérience amoureuse avec une petite espagnole qu’il aimait beaucoup et qui a grandit avec lui.
Chapitre 34:
Le prisonnier pense au crime qu’il avait commis et a une forte envie de se repentir. Il n’arrive pas à penser à autre chose à part son exécution.
Chapitre 35:
Le condamné pense à toutes ces personnes qui sont toujours en vie.
Chapitre 36:
Le prisonnier raconte le jour où il est parti voir la cloche de Notre Dame de Paris.
Chapitre 37:
La narration du roman décrit brièvement l’hôtel de ville.
Chapitre 38:
Il reste 2 heures et 45 minutes à vivre au condamné. Il a mal partout.
Chapitre 39:
Le condamné se demande comment des gens puissent dire que sous la guillotine (5) on ne souffre pas, sachant qu’aucun condamné déjà exécuté ne peut affirmer ceci. Il a envie de faire comprendre à ces gens que la souffrance du condamné commence dès que le procès soit prononcé.
Chapitre 40:
Le jeune détenu pense au roi qui est le seul ayant le pouvoir de lui sauver la vie. Il lui suffit de signer son arrêt. Il espère toujours.
Chapitre 41:
Le condamné pense à la vie après la mort et se confesse auprès du prêtre.
Chapitre 42:
Il dort et fait un cauchemar dans lequel une vieille dame le mord, il se réveille en sursaut plein de sueur froide.
Chapitre 43:
Le condamné est visité par sa petite fille qui le choque car elle ne le reconnait pas. Elle dit que son papa est déjà mort. D’après le récit du roman, le condamné est désespéré.
Chapitre 44:
Il essaie de s’habituer à l’idée de mourir malgré le désespoir dans lequel sa petite fille l’a poussé.
Chapitre 45:
Il pense à ces gens qui seront présents lors de son exécution et se dit que quelques uns parmi eux le suivront probablement.
Chapitre 46:
Le prisonnier a envie d’écrire à sa petite fille quelques pages pour se justifier auprès d’elle.
Chapitre 47:
Dans ce chapitre du roman, l’éditeur nous informe que les feuillets sont perdus ou alors, le prisonnier n’avait pas assez de temps pour les rédiger.
Chapitre 48:
Dans une chambre de l’hôtel de ville, on vient informer au condamné qu’il est temps. On lui coupe les cheveux et on lui lie les mains. On se prépare pour l’emmener alors à la place de Grève devant une foule de gens qui attendent avec impatience qu’on l’exécute.
Chapitre 49:
Le prisonnier demande qu’on lui accorde la grâce mais on le laisse seul dans la cellule avec le garde, puis on vient le chercher à la fin du roman.
LE DERNIER JOUR D'UN CONDAMNÉ, QUELQUES DÉTAILS DU ROMAN:
(1): Bicêtre
Bicêtre était un hôpital que Louis XIII fut construire pour les militaires invalides. Il devint un asile pour les personnes atteintes de maladies mentales, puis devint une prison parisienne. Aujourd’hui, il est redevenu un hôpital.
Bicêtre en tant que prison. Les condamnés sont rivés à la même chaîne par le cou.
(2) Ferrage:
A l’époque de Victor Hugo, les forçats (les condamnés aux travaux forcés) étaient ferrés par une chaîne et envoyés à Toulon, l’un des célèbres bagnes français (lieux où l’on renfermait les forçats à la chaîne après les travaux forcés).
(3) La conciergerie:
La conciergerie est une prison qui était autre fois le palais de la cité, la résidence et le siège du pouvoir des rois de France. Aujourd’hui, elle est devenue le palais de justice.
Dans le roman, le condamné a été transféré de Bicêtre. Il y rencontre le friauche avec qui il échange sa veste. On lui donne une table et de quoi écrire, et il se met à sa rédaction.
(4)Geôlier:
Un geôlier est celui qui garde le prisonnier ou le concierge d’une prison autrefois.
(5) Échafaud/Guillotine:
Il s’agit d’une machine de conception française et qui fut utilisée pour l’application officielle de la peine de mort.
VIE DE L ’AUTEUR DU ROMAN LE DERNIER JOUR D’UN CONDAMNÉ:
Victor Hugo est un poète, dramaturge et romancier français, né le 26 Février 1802 à Besançon. Ses romans les plus connus sont : “Notre Dame de Paris” et “Les Misérables”. Ce génie ambitieux et acharné de la littérature française écrivait avec puissance tout ce qui est beau et tout ce qui laid dans la vie, dans le but de défendre une cause, sensibiliser ses lecteurs ou juste par pur plaisir d’exprimer ses idées et ses sentiments. Appelé “Chef du Romantisme”, Victor Hugo est mort à Paris en 1885 à l’âge de 83 ans...
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01/02/2022
𝟮𝟭 𝗰𝗹𝗮𝘀𝘀𝗶𝗾𝘂𝗲𝘀 𝗮𝗳𝗿𝗶𝗰𝗮𝗶𝗻𝘀 𝗮̀ 𝗹𝗶𝗿𝗲
Les débuts de la littérature africaine sont essentiellement ponctués par la tradition orale. Ce n’est qu’à partir des années 50 que ce que nous connaissons aujourd’hui comme classiques de la littérature africaine commencent à émerger. Les années 70 quant à elles correspondent ensuite à l’émergence d’une littérature lourde de désillusions face aux dictatures des régimes post-coloniaux. Par leurs écrits, nombreux auteurs ont incarné les différentes périodes de la littérature africaine; ils ont été les précurseurs ou les fondateurs des courants et mouvements de pensées les plus importants.
Romans, poésie, pièces de théâtre ou recueils historiques, la littérature africaine est riche de nombreux ouvrages de référence. Ces livres brillent aussi bien par les thèmes abordés que par leurs styles. Afrolivresque a sélectionné pour vous 21 de ces classiques de la littérature africaine que tout jeune devrait absolument avoir lus avant de quitter le cocon familial, avant d’atteindre la majorité légale, avant l’âge de 21 ans!
𝟮𝟭 – 𝗔𝗹𝗹𝗮𝗵 𝗻’𝗲𝘀𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝗼𝗯𝗹𝗶𝗴𝗲́ – 𝗔𝗵𝗺𝗮𝗱𝗼𝘂 𝗞𝗼𝘂𝗿𝗼𝘂𝗺𝗮
Allah n’est pas obligé est un roman d’Ahmadou Kourouma publié le 12 août 2000 aux Éditions du Seuil et ayant reçu le prix Renaudot la même année. Le titre est un raccourci de l’affirmation qui rappelle qu’«Allah n’est pas obligé d’être juste dans toutes ces choses ici-bas».
C’est l’histoire d’un petit garçon qui s’appelle Birahima. Il a dix ou douze ans, il ne sait pas trop. C’est un Malinké de la Côte d’Ivoire, ça il le sait et il est musulman et croit en son bienfaiteur Allah. Birahima est le personnage principal de ce roman et aussi le narrateur. A travers ses mots d’enfant souvent maladroits, il nous fait connaitre tout de son enfance en famille jusqu’à sa vie d’enfant soldat ou small-soldier en anglais.
Grâce à son écriture simple mais puissante, et en abordant le thème délicat d’enfants soldats, ce roman remporte aussi le prix Goncourt des lycéens. Il est traduit en arabe en 2005 par Touria Ikbal et publié aux éditions du Conseil suprême de la culture du Caire.
𝟮𝟬- 𝗣𝗲𝗮𝘂 𝗻𝗼𝗶𝗿𝗲, 𝗺𝗮𝘀𝗾𝘂𝗲𝘀 𝗯𝗹𝗮𝗻𝗰𝘀 – 𝗙𝗿𝗮𝗻𝘇 𝗙𝗮𝗻𝗼𝗻
La décolonisation faite, cet essai de compréhension du rapport Noir-Blanc garde toute sa valeur prophétique, car le racisme, malgré les horreurs dont il a comblé le monde, reste un problème d’avenir. Il est ici abordé et combattu de front, avec toutes les ressources des sciences de l’homme, et avec la passion de celui qui allait devenir un maître à penser pour beaucoup d’intellectuels.
Paru aux Éditions du Seuil en 1952 dans collection « La condition humaine » , Peau noire, masques blancs est désormais passé dans le domaine public au Canada et fait dorénavant partie des classiques des sciences sociales de l’université du Québec à Chicoutimi.
𝟭𝟵- 𝗔𝗺𝗸𝗼𝘂𝗹𝗹𝗲𝗹 𝗹’𝗲𝗻𝗳𝗮𝗻𝘁 𝗽𝗲𝘂𝗹 – 𝗔𝗺𝗮𝗱𝗼𝘂 𝗛𝗮𝗺𝗽𝗮̂𝘁𝗲́ 𝗕𝗮
Pour raconter l’enfance dans son pays, l’auteur choisit d’évoquer la savane ouest-africaine, la brousse dévorée par le soleil, battue par les tornades, griffée par le fleuve Niger qui traverse le pays. Au centre de son récit : le royaume de Bandiagra au début du siècle, régi par un islam sévère qui encadre la vie des jeunes enfants.
Ce roman autobiographique publié par les Éditions Babel en Septembre 1992 a connu plusieurs rééditions. La toute récente est celle du 12 avril 2000 éditée dans la collection « J’ai lu », un format de Poche de 442 pages.
𝟭𝟴- 𝗕𝗮𝘁𝗼𝘂𝗮𝗹𝗮 – 𝗥𝗲𝗻𝗲́ 𝗠𝗮𝗿𝗮𝗻
Batouala est en France le premier roman » n***e » écrit par un » n***e « . Son auteur, un fonctionnaire antillais du ministère des Colonies, soulève, en 1921, un vent de scandale ; et pourtant, cette même année, il remporte le Prix Goncourt… La lecture de ce roman et de son impérative préface permettra aux lecteurs de comprendre le contexte dans lequel ont pu naître une telle œuvre et un tel paradoxe. Elle leur permettra aussi de découvrir un des premiers textes de la » négritude « , mouvement littéraire et artistique du XXe siècle, qui entraîna l’émergence d’une culture noire et de sa conscience.
𝟭𝟳- 𝗘𝘁 𝗗𝗶𝗲𝘂 𝘀𝗲𝘂𝗹 𝘀𝗮𝗶𝘁 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗷𝗲 𝗱𝗼𝗿𝘀 –𝗔𝗹𝗮𝗶𝗻 𝗠𝗮𝗯𝗮𝗻𝗰𝗸𝗼𝘂
Un Antillais, Auguste-Victor, natif de Saint-Sauveur, est hanté par un passé ténébreux, par l’image permanente d’un enfant qui pleure dans un berceau et par une femme aux « traits indous », aux « longs cheveux ondoyants », au regard de nymphe, cette femme qui est la seule éclaircie de son existence, cette femme qui lui fit même oublier l’ingratitude de son physique. Et puis, il y a Makabana, le vieil Africain, bossu, personnage solitaire, énigmatique et curieux, échoué en Guadeloupe, à Vieux-Habitants, depuis un demi-siècle. Il croise pour la première fois Auguste-Victor, l’étrange homme toujours habillé en blanc les dimanches. A partir de ce jour-là, il ne dormira plus…
Le nouveau format de poche de ce romn d’Alain Mabanckou est publié aux Éditions Présence Africaine en 2001.
𝟭𝟲- 𝗟𝗮 𝘀𝗮𝗶𝘀𝗼𝗻 𝗱𝗲 𝗹’𝗼𝗺𝗯𝗿𝗲 – 𝗟𝗲́𝗼𝗻𝗼𝗿𝗮 𝗠𝗶𝗮𝗻𝗼
Dans ce roman puissant, Léonora Miano revient sur la traite négrière pour faire entendre la voix de celles et ceux à qui elle a volé un être cher. L’Histoire de l’Afrique sub-saharienne s’y drape dans une prose magnifique et mystérieuse, imprégnée du mysticisme, de croyances, et de « l’obligation d’inventer pour survivre ». Ce roman a remporté le prix Femina en 2013 et le Grand prix du roman métis. L’édition poche est publiée en 2013 par B. Grasset.
𝟭𝟱- 𝗟𝗮 𝗣𝗲𝘁𝗶𝘁𝗲 𝗙𝗶𝗹𝗹𝗲 𝗱𝘂 𝗿𝗲́𝘃𝗲𝗿𝗯𝗲̀𝗿𝗲 – 𝗖𝗮𝗹𝗶𝘅𝘁𝗵𝗲 𝗕𝗲𝘆𝗮𝗹𝗮
À travers le récit de la petite Tapoussière élevée par sa grand-mère en l’absence de sa mère, disparue, et de son père, inconnu, Calixthe Beyala revient au plus près de ses racines. Force d’imprécation, tendresse, lyrisme, mais aussi colère et humour, La petite fille du réverbère dévoile les secrets d’un héritage – celui d’une enfance misérable dont l’auteur n’a jamais pu guérir-.
Paru aux Éditions Albin Michel, ce roman a été élu Grand Prix du roman de l’Académie française et reçoit en 1998 le Grand prix littéraire d’Afrique noire – qui est le Grand prix de l’Unicef-.
𝟭𝟰- 𝗙𝘂𝗿𝗲𝘂𝗿𝘀 𝗲𝘁 𝗰𝗿𝗶𝘀 𝗱𝗲 𝗳𝗲𝗺𝗺𝗲𝘀 –𝗔𝗻𝗴𝗲̀𝗹𝗲 𝗥𝗮𝘄𝗶𝗿𝗶
Emilienne et Joseph s’aiment à l’étranger où ils poursuivent leurs études. Une fois rentrés au pays, ces deux jeunes gens décident de rencontrer les parents de l’un et de l’autre. Mais, la mère de Joseph s’oppose à cette union parce qu’Emilienne est une étrangère, une femme d’une autre langue, d’un autre groupe socioculturel; il n’en demeure pas moins que la mère d’Emilienne rejette le choix de sa fille d’épouser un homme du Nord. A ces oppositions il faut adjoindre le caractère volage de Joseph et la consolation d’Emilienne dans les bras de sa secrétaire Dominique. Ce roman classique gabonnais se déroule autour des situations à l’origine des frustrations, des infidélités et de la stérilité.
𝟭𝟯- Œ𝘂𝘃𝗿𝗲 𝗽𝗼𝗲́𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲 – 𝗟𝗲́𝗼𝗽𝗼𝗹𝗱 𝗦𝗲́𝗱𝗮𝗿 𝗦𝗲𝗻𝗴𝗵𝗼𝗿
Ce volume comprend l’œuvre poétique intégrale de Léopold Sédar Senghor : successivement Chants d’ombre, Hosties noires, Ethiopiques, Nocturnes, Lettres d’hivernage, Elégies majeures, Poèmes perdus (inédits au moment de la publication de la première édition poche), ainsi que les Dialogues sur la poésie francophone et un ensemble de poèmes de jeunesse. Ce livre a connu plusieurs rééditions et ajouts dont le tout dernier volume en date est celui des Éditions Points publié en 2006.
𝟭𝟮- 𝗨𝗻𝗲 𝘃𝗶𝗲 𝗱𝗲 𝗯𝗼𝘆 – 𝗙𝗲𝗿𝗱𝗶𝗻𝗮𝗻𝗱 𝗢𝘆𝗼𝗻𝗼
Décrivant son Cameroun natal à travers les yeux d’un jeune garçon, Toundi, Ferdinand Oyono signe une œuvre satirique en se jouant de la perception infantilisante des Blancs vis-à-vis des Noirs, dans le quotidien de la vie coloniale. D’inspiration largement autobiographique, l’histoire du jeune Toundi débute par le départ du logement familial pour rejoindre la Mission catholique Saint-Pierre de Dangan. Comme pour mieux placer le lecteur dans le schéma habituel, cet incipit se construit autour de la fuite d’un monde brutal et sauvage, incarné par un père violent, vers un monde rassurant et civilisé (l’Eglise). Mais au fil des pages, Oyono s’amuse à déconstruire cette vision sainte pour nous présenter un univers colonial oppressant (même si la vie y est décrite comme douce). Le père Gilbert qui l’accueille est visiblement un Homme bienveillant, généreux, que l’enfant admire et révère. Mais il perpétue les rapports inégalitaires et en fait son boy. La mort du missionnaire et le départ vers la « Résidence », la ville des Blancs plongera définitivement le garçon, que l’on appelle Joseph depuis son passage chez les Catholiques, dans un rapport de soumission vis-à-vis de l’administration coloniale.
Ce roman a connu plusieurs rééditions dont la toute dernière est celle de la maison d’édition Edicef effectuée en 2013 et parue dans la collection « Litterafrique :lecture suivie et dirigée ». Une vie de Boy est aussi adapté au théâtre par différents acteurs et comédiens camerounais.
𝟭𝟭- 𝗟𝗲 𝗽𝗮𝗴𝗻𝗲 𝗻𝗼𝗶𝗿 – 𝗕𝗲𝗿𝗻𝗮𝗿𝗱 𝗗𝗮𝗱𝗶𝗲́
Les textes de cet ouvrage manifestent la rencontre heureuse d’un écrivain avec son monde, cette afrique du pays baoulé recréée à travers le merveilleux de la fable, l’ironique bestiaire de la tradition, la gaîté d’un savoir ancien et la tendresse d’une longue mémoire. Les 16 contes provenant de la Côte d’Ivoire ancestrale ont été publiés de nouveau par les Éditions Présence Africaine en 2001.
𝟭𝟬- 𝗟𝗲 𝗙𝗶𝗹𝘀 𝗱’𝗔𝗴𝗮𝘁𝗵𝗮 𝗠𝗼𝘂𝗱𝗶𝗼 – 𝗙𝗿𝗮𝗻𝗰𝗶𝘀 𝗕𝗲𝗯𝗲𝘆
Le Fils d’Agatha Moudio se présente comme le roman d’un monde en décomposition, d’un monde pris entre deux civilisations. L’ambiguïté qui s’y dégage et devient envahissante montre la difficile assimilation qui découle du contact de deux cultures diamétralement opposées. Que ce soit au niveau de la structure du roman ou au niveau des thèmes qui y sont développés, que ce soit même au niveau des actions des personnages, on se rend compte que Francis Bebey, en choisissant l’ambiguïté comme mode d’écriture, a voulu inscrire son roman dans une dimension réaliste. Le faisant, il est resté fidèle à la fonction assignée à l’écrivain, à savoir sa fonction sociale.
Ce roman de Francis Bebey a été traduit en anglais, allemand et polonais.
𝟬𝟵- 𝗟𝗲𝘀 𝗕𝗶𝗺𝗮𝗻𝗲𝘀 – 𝗦𝗲́𝘃𝗲𝗿𝗶𝗻 𝗖𝗲́𝗰𝗶𝗹𝗲 𝗔𝗯𝗲𝗴𝗮
Dans cette œuvre de 128 pages, à travers sept nouvelles, l’auteur transmet sa chaude sympathie pour les gens de la brousse, pour les travailleurs de la ville. Son humour caustique s’exerce volontier contre les fonctionnaires, les nantis, les profiteurs de tout poil.
𝟬𝟴- 𝗧𝗿𝗼𝗶𝘀 𝗽𝗿𝗲́𝘁𝗲𝗻𝗱𝗮𝗻𝘁𝘀… 𝗨𝗻 𝗺𝗮𝗿𝗶 – 𝗚𝘂𝗶𝗹𝗹𝗮𝘂𝗺𝗲 𝗢𝘆𝗼̂𝗻𝗼̂-𝗠𝗯𝗶𝗮
Trois prétendants… un mari (1960) est la première pièce de théâtre du Camerounais Guillaume Oyônô Mbia. Dans un pays où le système de la dot semble pousser les jeunes au travail et encourager les vieux à la paresse, il est intéressant de voir sur scène les implications de cette pratique. Cette pièce a remporté un énorme succès partout où elle a été jouée et a reçu le prix El Hadj Ahmadou Ahidjo en 1970.
𝟬𝟳- 𝗟𝗲𝘀 𝗖𝗼𝗻𝘁𝗲𝘀 𝗱’𝗔𝗺𝗮𝗱𝗼𝘂 𝗞𝗼𝘂𝗺𝗯𝗮 – 𝗕𝗶𝗿𝗮𝗴𝗼 𝗗𝗶𝗼𝗽
Les Contes d’Amadou Koumba est une collection de contes venant de la tradition orale sénégalaise. Ce livre est une des premières tentatives de mettre en écriture les contes oraux des griots Wolofs.
𝟬𝟲- 𝗨𝗻𝗲 𝘀𝗶 𝗹𝗼𝗻𝗴𝘂𝗲 𝗹𝗲𝘁𝘁𝗿𝗲 – 𝗠𝗮𝗿𝗶𝗮𝗺𝗮 𝗕𝗮̂
Ce roman épistolaire de Mariama Bâ est assurément l’un des plus grands classiques de la littérature africaine. Il rassemble les lettres échangées entre Ramatoulaye Fall, la narratrice et sa meilleure amie Aïssatou Bâ. Ramatoulaye vient de perdre son mari Modou. Il est mort, loin de sa femme qu’il a épousée malgré le désaccord de sa famille qui voit ce mariage, entre personnes de clans différents, comme une insulte à la tradition. Aïssatou a également épousé un homme moderne. Mais à l’instar son amie, le désespoir s’invite dans son existence. Son mari finit par céder à sa mère qui lui demande de prendre une seconde épouse imposée par la famille. Le long de leurs lettres, plus que le récit de leurs vies qui sombrent dans la morosité, c’est une lutte acharnée entre modernité et tradition que nous présentent les deux femmes. Le livre de Mariama Bâ se distingue comme l’un des tout premiers romans engagés écrits par une femme africaine, le tout dans un style dont la fraicheur défie les époques.
Il a aussi été traduit en Anglais sous le titre « So long a letter » et a été réédité en 2001, à Paris par les Éditions Serpent à plumes
𝟬𝟱- 𝗩𝗶𝗹𝗹𝗲 𝗰𝗿𝘂𝗲𝗹𝗹𝗲 – 𝗘𝗭𝗔 𝗕𝗼𝘁𝗼
Ville Cruelle d’Eza Boto est un roman très critique sur la période coloniale. Le livre raconte l’histoire de Banda, un garçon uniquement élevé par sa mère à Tanga Nord, après la mort de son père. Il désire se marier pour réaliser la dernière volonté de sa mère presque mourante. Mais il n’a pas assez d’argent pour la dot de sa fiancée. Il décide alors de se rendre à Tanga Sud, la zone commerciale de la ville, entièrement contrôlée par les colons, pour vendre du cacao en ville. Entre bastonnades, vols, brimades et exploitation, le jeune home sera très rapidement confronté aux réalités violentes de l’administration coloniale. Véritable satyre du passé colonial africain, ce livre est passé à la postérité, en majeure partie, pour sa description imagée des atrocités de la période coloniale. L’œuvre comprend 223 pages dont 13 chapitres divisés en trois grandes parties.
Le livre reçoit le Prix Sainte-Benice en 1958 et est édité en 1954 par les Éditions Présence Africaine. De son vrai nom, Alexandre Biyidi Awala, l’auteur de « ville cruelle » écrit sous les pseudonymes d’ Eza Boto ou Mongo Beti.
𝟬𝟰- 𝗖𝗮𝗵𝗶𝗲𝗿 𝗱’𝘂𝗻 𝗿𝗲𝘁𝗼𝘂𝗿 𝗮𝘂 𝗽𝗮𝘆𝘀 𝗻𝗮𝘁𝗮𝗹 – 𝗔𝗶𝗺𝗲́ 𝗖𝗲́𝘀𝗮𝗶𝗿𝗲
Cahier d’un retour au pays natal, sorti en 1939, est la première œuvre poétique publiée par Aimé Césaire. Elle est l’acte de naissance d’un des plus grands poètes francophones du vingtième siècle, elle comporte pour la première fois l’emploi poétique du terme négritude autour duquel se cristallise un nouveau mouvement littéraire et politique composés d’artistes et intellectuels noirs et fait preuve d’anticolonialisme radical. C’est donc une œuvre majeure dans lequel art, histoire et politique ne peuvent être dissociés.
Ce roman a été traduit en plusieurs langues dont l’allemand, l’espagnol, l’anglais et le catalan. Il existe une édition bilingue par Brentano’s publiée en 1947. Cahier d’un retour au pays natal a été réédité plusieurs fois.
𝟬𝟯- 𝗟’𝗮𝘃𝗲𝗻𝘁𝘂𝗿𝗲 𝗮𝗺𝗯𝗶𝗴𝘂𝗲̈ – 𝗖𝗵𝗲𝗶𝗸𝗵 𝗛𝗮𝗺𝗶𝗱𝗼𝘂 𝗞𝗮𝗻𝗲
Publié en 1954, L’aventure ambiguë de Cheikh Hamidou Kane raconte l’histoire de Samba Diallo, un enfant diallobé confié par son père au chef de la tribu. Il est éduqué selon les valeurs de l’école coranique, jusqu’à être en âge d’aller à l’école européenne. Justement, les chefs traditionnels sont dubitatifs à l’idée de laisser un enfant ayant fait montre de qualités exceptionnelles, perdre ses valeurs endogènes au contact de l’éducation européenne. Finalement, Samba ira à l’école française. Il est si brillant qu’il va continuer ses études à Paris. Mais la vie en France, s’il s’en accommode, plus qu’il ne l’apprécie, lui montre le fossé existant entre sa culture originelle et sa culture d’adoption. Il rentre vivre en Afrique, sur la demande de son père. Finalement, au contact des valeurs de son enfance, il se rend compte que ses racines ne sont plus aussi ancrées dans sa terre natale qu’avant. Cela causera sa perte. Ce livre est l’histoire d’une guerre entre deux cultures, et le malheur de certains est que cette guerre se mène à l’intérieur d’eux-mêmes.
𝟬𝟮- 𝗟𝗲 𝗺𝗼𝗻𝗱𝗲 𝘀’𝗲𝗳𝗳𝗼𝗻𝗱𝗿𝗲 – 𝗖𝗵𝗶𝗻𝘂𝗮 𝗔𝗰𝗵𝗲𝗯𝗲
À travers le destin d’Okonkwo, un notable de son clan, Chinua Achebe évoque le choc culturel qu’a représenté pour les autochtones l’arrivée des Britanniques à Igbos, à la fin du XIXe siècle et la colonisation du Nigéria par les Britanniques. Traduit de l’anglais « Things Fall Apart » par Michel Ligny, ce livre présente la destruction de la vie tribale à la fin du siècle dernier par suite de l’arrivée des Européens ; tragédie d’un homme dont toute la vie a tendu à devenir l’un des personnages les plus importants de son clan mais qui finit de la façon la plus misérable ; conversion au christianisme – cette abomination – de son fils qu’a éloigné de la vie ancestrale un rite cruel et sanguinaire dont a été victime son meilleur ami d’enfance ; vie quotidienne des femmes et des enfants d’un village de la forêt qui, presque totalement coupé du monde extérieur, pouvait se croire « le » monde avec ses dieux et ses ancêtres, ses coutumes et ses interduts, l’inépuisable littérature orale de ses contes et de ses proverbes ; voilà quelques-uns des thèmes d’un roman qui est sans doute l’un des plus riches et des plus pondérés que nous ait donnés l’Afrique Noire.
𝟬𝟭- 𝗟’𝗲𝗻𝗳𝗮𝗻𝘁 𝗡𝗼𝗶𝗿 – 𝗖𝗮𝗺𝗮𝗿𝗮 𝗟𝗮𝘆𝗲
Véritable classique, le roman de Camara Laye traverse les époques et ne prend pas une ride. Publié en 1953, cet ouvrage est considéré comme « l’un des textes fondateurs de la littérature africaine contemporaine ». Il s’agit d’une autobiographie racontant la vie de l’auteur, de ses 5 ans à son départ pour étudier en Europe. La particularité de ce livre réside dans le fait qu’il présente une Afrique qui, bien que colonisée, ne semble pas en souffrir outre mesure. Cela donnera lieu à de nombreux débats entre les auteurs de l’époque. En dehors de cette polémique, le style de Camara Laye fait l’unanimité. Le livre reçoit le prix Charles Veillon en 1954 et inspire un film éponyme en 1995. C’est un roman pré-indépendance qui occulte le colon.
Ce roman d’inspiration autobiographique est étudié dans les lycées, collèges et universités d’Afrique. Il existe un format Jeunesse destiné aux enfants de 08 à 12 ans publié aux Éditions Pocket Jeunes pour réveiller en eux la passion de la littérature africaine.
La sélection ci-dessus est un florilège d’ouvrages d’exception, et nous avons eu du mal à devoir en écarter de nombreux classiques qui n’y figurent pas. L’ultime critère est celui du coeur, et n’enlève en rien la qualité des nombreux autres classiques dont l’Afrique regorge.
Source : https://www.afrolivresque.com/
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