Promotion 2017-2019 de ENEP

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page de rencontre et d'échanges entre enseignants du Burkina et du monde

Photos from Ministère de l'Education nationale, de l'Alphabétisation et de la PLN's post 28/08/2025
20/06/2024

CONTE : LA QUEUE DES ANIMAUX

Jadis, les animaux n'avaient pas de queue. Le cheval ne pouvait pas chasser les mouches, l'écureuil sans queue avait du mal à sauter de branche en branche, le renard était bien moins beau et ne parlons pas du lion ! Le sage roi des animaux, le lion, prit la décision de remédier à cette situation. Il réfléchit pendant longtemps à la façon dont il allait s'y prendre et à la fin, il fit appeler le renard pour lui demander conseil.
- "Tous les animaux ne peuvent pas avoir la même queue ", estima le renard.
- "Je sais cela, moi aussi ", répondit le lion. "Mais comment départager les animaux sans se montrer injuste ? " Le renard réfléchit un instant, puis déclara :
- "C'est simple. Ceux qui arriveront les premiers recevront les plus belles queues. " Le lion acquiesça :
- "C'est une excellente idée. Cours vite dans la forêt et préviens tous les animaux qu'ils doivent se présenter à midi, au bord du ruisseau, pour la distribution des queues. "
Le renard transmit le message et courut vite vers le ruisseau pour arriver le premier. Il fut suivi de près par le cheval, l'écureuil, le chat et le chien qui arrivent toujours les premiers quand on distribue quelque chose. Vinrent ensuite les autres animaux : l'éléphant, le cochon et le lièvre se présentèrent les derniers.
Lorsque tous les animaux furent réunis dans la clairière, le lion se mit à distribuer les queues. Il se servit d'abord lui-même : ce fut une superbe queue, longue et dorée, terminée par un plumeau. Ensuite, le lion attribua de très belles queues bien touffues au renard et à l'écureuil. Le cheval opta pour une magnifique queue en crin. Le chien et le chat reçurent encore des queues fort présentables, mais les animaux qui arrivèrent les derniers, se trouvèrent bien démunis.
L'éléphant eut une maigre cordelette avec quelques soies au bout. Il en fut si navré qu'il en porte aujourd'hui encore la trompe basse. La queue du cochon était fine comme un ver de terre. Il la fit boucler

18/03/2022

L’origine des noms de pays africains.

Très souvent, l’origine du nom de chaque pays d’Afrique cache une histoire liée à son passé colonial, ou aux peuples et tribus locales. Petit tour d’horizon étymologique des pays africains.

Saviez-vous que Burkina Faso signifie « pays des hommes intègres » en moré et dioula ? Que Côte d’Ivoire fait référence au commerce d’ivoire sur la côte ? Que Cameroun tire son nom du mot « Crevettes » en portugais ?

AFRIQUE DU SUD
Descriptif de sa position géographique sur le continent africain. Les premiers colons néerlandais à s’implanter dans la région la surnommèrent simplement « Zuid Afrika ».

ALGÉRIE
Le nom vient du nom de la ville d’Alger (via le catalan Aldjère), du mot arabe الجزائر (al-gaza’ir), signifiant « les îles » et se référant aux quatre îles au large de la ville jusqu’à ce qu’elles fassent partie du continent en 1525. « جزائر بني مَزغَنّاي » al-jaza’ir est lui-même un raccourci d’un nom plus ancien jaza’ir bani mazgannay, soit « les îles de [la tribu] Bani Mazghannay ».

ANGOLA
De Ngola, titre utilisé par le monarque du royaume de Ndongo. Les Portugais ont nommé la région en honneur d’un Ngola qui leur était allié.

La librairie
BÉNIN
Benin est la prononciation portugaise du mot itsekiri Ubinu, qui signifie « capitale » ou « siège de la royauté » et qui désignait la capitale du royaume du Bénin, un des rares grands royaume d’Afrique de l’Ouest côtière à avoir atteint une taille importante en dehors de l’influence de l’islam, et avant tout contact avec les Européens. Le nom Ubinu viendrait lui-même du mélange du mot yoruba Oba, qui signifie « gouverneur », et du terme lié Bini, le nom du peuple Edo (majoritaire dans le royaume) pour se référer à lui-même.

BOTSWANA
Nommé d’après le groupe ethnique le plus important du pays, les Tswana.

BURKINA FASO
Des deux langues principales du pays, signifiant « pays du peuple se tenant droit », « pays des hommes intègres », ou « pays des incorruptibles ». Burkina vient de la langue moré, Faso du dioula.

BURUNDI
De la langue locale, signifiant « pays de ceux qui parlent le kirundi ».

CAMEROUN
Du portugais Rio de Camarões (rivière de crevettes), le nom que les explorateurs portugais avaient donné au fleuve Wouri au XVe siècle, s’extasiant de l’abondance des crevettes dans ce cours d’eau. Les marins anglais adoptèrent ce nom en l’anglicisant (Cameroons) d’où le nom actuel de Cameroun.

CAP-VERT
Le nom du cap (Cabo Verde) lui a été donné en 1444 par le navigateur portugais Dinis Dias, la végétation luxuriante de ce promontoire rocheux contrastant avec l’aridité de l’arrière-pays.

CENTRAFRIQUE
Nom descriptif : le pays est géographiquement au centre du continent africain.

COMORES
De l’arabe Djazair al Kamar, les Îles de la Lune.

CONGO
Nommé d’après le royaume Kongo, lui-même dérivé du nom du peuple bakongo. 2) KONGO viens du mot (N'SENGO) outil du travail aidant à labourer la terre pour cultiver, donc c'est une allusion au travail.
Être un MUKONGO égal être un travailleur!
Donc KONGO C'est un tribut des travailleurs.
MANI-KONGO le titre de notre roi , qui insinuer la force et sa grandeur (Un grand travailleurs/Chef des travailleurs).
DU même on imploré le Dieu AKONGO (DIEU DE LA FORCE/ DIEU DU TRAVAIL) (DIEU CRÉATEUR).

RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO – ZAIRE
Nommé d’après le royaume Kongo, lui-même dérivé du nom du peuple bakongo. Zaïre, son ancien nom, vient du portugais Zaire, une adaptation du mot kongo nzere ou nzadi, « le fleuve qui avale tous les fleuves ».

2 Zaïre ne viens pas du portugais, lors du retours à l'authenticité le président Mobutu un Ngala de l'équateur n'arrive pas à prononcer NZADI comme les biso BAKONGO nous appelons FLEUVE, dans sa prononciation il l'appela Zaïre et par sa dictature tous les monde s'est adaptée à la manière.

CÔTE D’IVOIRE
Référence au commerce de l’ivoire dans la région. D’autres parties de la côte maritime africaine ont été nommées de manière similaire : « Côte des Céréales », « Côte de l’Or », et « Côte des Esclaves ».

DJIBOUTI
Une étymologie plausible mais non prouvée est que Djibouti signifie « Terre de Tehuti » ou « Terre de Thoth » (le dieu égyptien de la Lune). Ou peut-être dérivé du mot afar gabouti (un type de paillasson fait de fibres de palme).

ÉGYPTE
Du latin Aegyptus, à son tour du grec ancien (déjà attesté en mycénien) Αἴγυπτος (Aígyptos). Selon Strabon, le nom grec dérive de Αἰγαίου ὑπτίως (Aigaíou hyptíōs) : « la terre en dessous de la mer Égée ». Il peut aussi dériver du nom égyptien de Memphis, *ħāwit kuʔ pitáħ, signifiant « maison (ou temple) de Ptah ».

ÉRYTHRÉE
Nommé par les colons italiens, du nom latin pour la mer Rouge : Mare Erythraeum (« mer Érythrée »).

ÉTHIOPIE
Du mot grec Αἰθιοπία (Aithiopía ; latin : Æthiopia), de Αἰθίοψ (Aithíops), « Éthiopien », parfois décomposé par des chercheurs comme un terme purement grec signifiant « au visage (ὤψ) brûlé (αἰθ) ».
Toutefois, certaines sources éthiopiennes (par exemple, le Livre d’Aksoum des XVIe ou XVIIe siècles) déclarent que le nom est dérivé de « ‘Ityopp’is », un fils de Koush, fils de Cham, qui, selon la légende, fonda la ville d’Aksoum. Selon quelques chercheurs, minoritaires, le mot grec Αἰθιοπία dérive d’un mot local ancien qui signifierait « encens » ou « bon », réinterprêté par les Grecs.

GABON
De Gabão, le nom portugais donné à l’estuaire de la rivière Komo (en français : estuaire de Gabon). L’estuaire tient son nom de sa forme, qui ressemble celle d’un manteau à capuchon (gabão).

GAMBIE
Du fleuve Gambie qui coule dans le pays. Le mot Gambie dérive peut-être du mot portugais câmbio (« échange », « marché »), en référence au commerce que les Portugais y faisaient.

GHANA
Du nom du royaume du Ghana, royaume éponyme d’Afrique de l’Ouest. Toutefois, le territoire actuel du Ghana n’a jamais fait partie de ce royaume. Joseph Kwame Danquah, homme d’Etat, historien et panafricanisme ghanéen, a suggéré ce nom peu avant l’indépendance du pays. Ses recherches l’avaient amené à croire que les peuples ghanéens d’aujourd’hui descendaient de l’ancien royaume. Le terme de Ghana viendrait du soninké « nwana » signifiant « héros » ou « roi guerrier » et était le titre accordé aux rois de l’Empire du Ghana.
Le nom colonial du Ghana était Côte-de-l’Or, d’après la grande quantité d’or trouvée dans le pays par les colons européens. D’autres parties de la côte africaine ont également été nommées d’après leurs marchandises les plus importantes : « Côte d’Ivoire », « Côte des Esclaves », « Côte des Céréales ».

GUINÉE
Bien que le nom de Guinée ait été imposé à cette région par les Européens, on peut néanmoins le considérer comme d’origine africaine. Le mot Guinée étant, selon certains auteurs, la transformation des mots Ginyia ou Gineua par les marchands maures, avec lesquels les explorateurs portugais furent en rapport, désignait les royaumes subsahariens.
Une autre étymologie, qui n’est pas nécessairement incompatible avec la précédente, fait dériver le nom du Guinée, comme celui de l’ancien Ghâna du mot berbère Akal n-Iguinawen ou aguinaoui, Terre des Hommes Noirs.

GUINÉE ÉQUATORIALE
« Équatoriale », de Équateur. L’équateur ne passe pas par le territoire du pays, mais le pays enjambe l’équateur puisque son île d’Annobon est au sud, tandis que le continent se trouve au nord de cette ligne. « Guinée » vient peut-être du terme berbère aguinaoui, signifiant « noir ».

KENYA
Du nom du Mont Kenya, deuxième plus haut sommet d’Afrique, derrière le Kilimandjaro. Il a obtenu son orthographe actuelle après une série d’évolutions du nom que les tribus locales donnaient à la montagne. Les Kikuyu l’appellent « Kirinyaga », les Embu « Kirenia », et les Akamba « Kiinyaa » ; termes qui signifient tous « montagne blanche » ou « montagne brillante », en raison des glaciers visibles au sommet.

LIBERIA
Du latin liber (« libre »), parce que le pays fut fondé comme terre d’accueil africaine pour les esclaves Noirs libérés aux États-Unis et qui retournèrent en Afrique.

LIBYE
D’après le nom d’une ancienne tribu berbère appelée Libyans par les grecs et Rbw par les Egyptiens.

MADAGASCAR
Du nom de l’île en malagasy, Madagasikara, lui-même dérivé du proto-malais « la fin de la Terre », une référence à la longue distance à parcourir jusqu’à l’île depuis les terres d’origine d’une partie de la population : l’Asie du Sud-Est.

MALAWI
Peut-être basé sur un mot autochtone signifiant « eaux en flammes » ou « langues de feu », peut-être dérivé du reflet du soleil sur le lac Malawi.

MALI
Du royaume d’Afrique de l’Ouest du même nom (un grand pays moderne étant situé sur le territoire de ce royaume disparu). Mali était le nom donné par les voyageurs arabes à l’empire que ses propres habitants appelaient manden.

MAROC
De Marruecos, la prononciation espagnole du nom de la ville de Marrakech (plus précisément Marrakush).

MAURITANIE
Du latin signifiant « terre des Maures ». Nommée (par erreur) d’après la Mauritanie historique du nord du Maroc, elle-même nommée d’après une tribu mauri ou maure.

MAURICE
Nommé Prins Maurits van Nassaueiland en 1598 en l’honneur de Maurice de Nassau (1567-1625), stadtholder d’Hollande et Prince d’Orange (1585-1625).

MOZAMBIQUE
Du nom de l’île de Mozambique, dont le nom vient probablement de celui d’un ancien dirigeant, le sheik M***a Ben Mbiki.

NAMIBIE
Du nom du désert du Namib, sur la côte de l’Atlantique. Namib signifie « une région où il n’y a rien » dans la langue nama.

NIGER
D’après le nom du fleuve Niger, du terme autochtone Ni Gir (« rivière Gir »), ou du touareg n’eghirren (« eaux qui coulent »). Souvent mal interprété (particulièrement par les latinistes) comme dérivé du latin niger (« noir »), une référence à la couleur de peau des habitants.

NIGERIA
D’après le nom du fleuve Niger. Voir Niger ci-dessus.

OUGANDA
De la version swahili de Buganda, le royaume des 52 clans du peuple Buganda, le plus grand des royaumes traditionnels du territoire actuel de l’Ouganda. Le pouvoir colonial britannique adopte le nom Ouganda (Uganda en anglais) en 1894. :

Buganda signifie « terre des Baganda ». Baganda (« frères et sœurs ») est le raccourci de baganda ba katonda (« frères et sœurs de Dieu »), une référence au mythe de la création.

RWANDA
Du nom du peuple Vanyaruanda. Le pays est poétiquement appelé « Terre des mille collines ».

SÃO TOMÉ-ET-PRINCIPE
Du portugais pour « Saint Thomas et Prince ». L’île de Sao Tomé (en portugais São Tomé) est ainsi nommée par les explorateurs portugais parce qu’ils la découvrent le jour de fête de ce saint, le 21 décembre 1470 ou 1471. L’île de Principe (en portugais Ilha do Príncipe (« île du prince ») est ainsi nommée en 1502, en référence au prince du Portugal auquel on payait les taxes sur le sucre, produit sur l’île.

SÉNÉGAL
L’étymologie du nom Sénégal est controversée depuis plusieurs décennies. David Boilat dans Esquisses sénégalaises (1850) soutient que le mot procéderait de la déformation de l’expression wolof suñu gaal, signifiant « notre pirogue ».
D’autres étymologies ont été avancées : Canaga ou Zanaga ; Singhane (terme hassanya par lequel les Maures désignent la province du Cayor) ; Sanhadja ou Senaga, Sanaga, Azanaga (voir Zenaga, une tribu berbère du Sahara) ; Siind (pour Aayeen, mal écrit et mal lu). Et enfin sagui nughal en berbère « notre frontière »….

SEYCHELLES
Nommé d’après Jean Moreau de Séchelles, ministre des Finances de Louis XIV de 1754 à 1756.

SIERRA LEONE
Adapté de Sierra Leona, la version espagnole du portugais Serra Leoa (montagne du lion). L’explorateur portugais Pedro de Sintra nomme le pays d’après la forme des montagnes qu’il y voit en 1462 en naviguant le long de la côte ouest-africaine. On ne sait pas pourquoi les montagnes lui faisaient penser à des lions : elles pouvaient ressembler aux dents d’un lion, ou des lions qui dorment, ou le tonnerre qui y résonnait ressemblait peut-être au rugissement d’un lion.

SOMALIE
Du nom des Somalis, le peuple y habitant. L’étymologie de leur nom reste incertaine, mais il y a deux possibilités : qu’il dérive de sac maal (« ceux qui gardent le bétail »), ou d’un patriache mythique appelé Samaale.

SOUDAN
De l’arabe Bilad as-Sudan (البلاد السودان), Terre des Noirs. Référait à l’origine à la plupart du Sahel.

SWAZILAND
Du peuple swazi, le principal groupe ethnique du pays. Le mot swazi vient du nom du souverain Mswati Ier, un roi de Swaziland.

TANZANIE
Un mélange des noms des deux anciens États qui forment ce pays : le Tanganyika et le Zanzibar.

Tanganyika tient son nom du lac éponyme. Sir Richard Burton est le premier Européen à voir ce lac, et explique que le nom dérive d’une langue autochtone : tou tanganyka (« rejoindre », dans le sens de « où se rejoignent les eaux »). En 1871, Henry Morton Stanley dit que le mot vient de tonga (« île ») et hika (« plat »). Les deux théories sont incertaines.
Zanzibar, quant à lui, dérive son nom des Zengi ou Zengj (زنكي), un peuple local dont le nom signifie « noir ». Cette racine est couplée à l’arabe barr (برر), signifiant « côte », « rivage ».

TCHAD
Nommé d’après le lac Tchad, dans le sud-ouest du pays. Le lac tient son nom du mot bomu tsade (« lac »).

TOGO
Du village Togo, aujourd’hui Togoville. De la langue ewe : to (« eau ») et go (« côte »).

TUNISIE
D’après le nom de sa capitale, Tunis, dont le nom provient probablement de celui de la déesse phénicienne Tanith, la ville antique de Tynes, ou de la racine berbère ens, signifiant « s’allonger ».

ZAMBIE
Du nom du fleuve Zambèze, qui coule dans l’est du pays et forme la frontière avec le Zimbabwe.

ZIMBABWE
Modification du shona Dzimba-dze-mabwe, signifiant « maisons de pierres » (dzimba étant le pluriel de imba, « maison », et mabwe étant le pluriel de bwe, « pierre »), en référence aux murs de pierre de l’ancien empire marchand du Grand Zimbabwe.

Cette liste peut contenir des erreurs merci de nous aider à l’enrichir dans les commentaires.

Source: Memoire de Thierno Souleymane baal

11/07/2021

HISTOIRE DES GRANDS EMPIRES AFRICAINS

INTRODUCTION

Pendant des siècles, l’Afrique a été décrite, présentée par les occidentaux comme un continent obscur, sauvage auquel il fallait y apporter la civilisation. Les voyages d’Henri le Navigateur et Christophe Colomb au XVe siècle montre cependant qu’il existait déjà une Afrique riche, organisée et structurée. Ainsi, les peuples d’Afrique se sont développés de façon analogue aux africains de la Vallée du Nil. Ils avaient une histoire réalité et une histoire connaissance qui leur a permis de bâtir des clans, des royaumes et des empires, bien structurés, politiquement, économiquement, socialement, culturellement et religieusement. Le moyen-âge marque la période faste de l’histoire africaine pendant laquelle l’histoire de l’Afrique a connu son apogée. Nous parlerons de trois grands empires qui ont marqué l’Afrique Occidentale, à savoir l’empire du Ghana (I), l’empire du Mali(II) et l’empire du Songhaï(III) en s’appuyant sur la naissance(A) de ses empires, leur apogée(B) et leur déclin(C).

I- EMPIRE DU GHANA
A- NAISSANCE
L’empire du Ghana (de Ghana “roi guerrier”) dont les origines sont mal connues a constitué le premier grand empire d’Afrique noire. Deux thèses existent néanmoins sur ses origines.
 D’après la première issue de la tradition orale, la fondation du royaume qui aurait eu lieu vers le 5e siècle avant Jésus-Christ, d’un homme venu de l’Est nommé DINGA CISSE.
 Selon la seconde issue des sources médiévales, rédigées par les chroniqueurs arabophones, et attestées par les historiens africains comme CHEICKH ANTA DIOP, le royaume aurait été fondé par les Soninké ou Sarakollé vivant à la limite Sud du Sahara. Désigné par ses habitants comme l’empire Wagadou qui signifie « ville des troupeaux » ; le mot « Dou » est un terme de la langue Mandé qui signifie « ville ». Ce royaume s’est constitué au VIIe siècle avant Jésus-Christ avec l’exportation d’or et de sel qui s’étendait du moyen Sénégal à la région actuelle Tombouctou.
L’occupation du Maghreb par les arabes favorise le trafic de l’or et des esclaves entre le Ghana et le Sijilmassa et du même coup son expansion et sa richesse.

B- APOGEE
L’empire connait sa plus grande puissance fin Xe siècle et début XIe siècle sous le règne du souverain KHAYA-MAGHAN CISSE. Au XIe siècle l’empire s’étendait jusqu’aux mines d’or de la Falème et du Bambouck, touchait les rives du Niger et atteignait la région du Tombouctou. A l’Ouest, il couvrait les parties orientales et centrales de la Mauritanie actuelle. Au Nord, il se perdait dans le Sahara.
Son organisation politique était comme suit :
- L’empereur du clan des Cissé portait le titre de KHAYA-MAGHAN ce qui signifie « le roi de l’or ». Son pouvoir absolu et divin revenait à son neveu après sa mort.
Le gouvernement composé de nombreux ministres et dirigé par le premier ministre, le confident de l’empereur formait avec les anciens le conseil impérial qui décidait sur Tout.
 L’organisation militaire très précise était constituée de 12 patriarches conseillers, 18 généraux Nana, 12 Fado, gouverneurs militaires responsables des régions, 12 Hida officiers supérieurs, 18 éclaireurs, 7 notables, 4 responsables de la police.
 Les activités économiques reposaient sur l’agriculture (mil, blé dur, riz), l’élevage (petit bétail) et le commerce particulièrement de l’or, du sel sahélien, du cuivre et des esclaves.
 La société également était parfaitement organisée, la famille étant la cellule de base. Plusieurs familles formaient des clans organisés en tribus. L’empire était composé de deux cités : l’une musulmane constituée d’arabo-berbères vivant à l’écart dans leurs propres quartiers et l’autre où résidait le TOUNKARA d’autochtones « animistes » adorait les phénomènes de la nature, le Ougadou Bida (python) et croyaient à l’immortalité de l’âme.

C- DECLIN
Le déclin de cet empire est lié à deux causes :
 La cause économique :
L’écrivain IBRAHIM BABA KAKE dans « journal de l’Afrique » déclare ici que l’envahissement de la capitale par les Almoravides en 1076 est dû au fait que KOUMBI SALE capitale de l’or fut convoité par ceux-ci qui en avaient besoin pour assurer leur politique d’expansion.
 La cause religieuse :
Selon l’ouvrage « Histoire de l’Afrique Occidentale » les Arabes qui venaient faire du commerce en Afrique Occidentale créèrent dans la capitale un quartier et constituèrent ainsi une menace. Ils s’attaquèrent aux petits royaumes proches car ils pratiquaient l’islam fragilisant ainsi la stabilité de l’empire.

I- EMPIRE DU MALI
A- NAISSANCE
L’empire du Mali est né au Xe siècle issu de la chute du Ghana. Le mot « Mali » veut dire « Hippopotame » en Mandingue Bambara et Dioula car d’après la tradition le père fondateur SOUNDIATA KEITA se serait noyé dans le Sankani et serait donc devenu un « hippopotame ». Les habitants de l’empire, eux ont toujours appelés leur pays « Manden » et non « Mali ». Il importe toutefois de savoir que les peuls ethnies nomades présentent au Mali depuis sa création appellent les habitants du Manden Malinké littéralement « ceux qui portent chance » et le pays Mali c’est-à-dire « conclure un arrangement ».
L’empire dont l’origine reste obscure existe vraisemblablement depuis le Xe siècle lorsque le Ghana avait la suprématie dans la zone sahélienne. La tradition, elle fait remonter cette origine à BARAMANDANA qui suite à une sécheresse qui accablait son royaume se convertit à l’islam sur les conseils des Almoravides pour conjurer ce fléau. L’essor définitif d’après la tradition orale est dû à MAREFAMAGHAN dont les 11 fils qui lui succédèrent sur le trône et furent successivement tués par SOUMANGOUROU KANTE excepté un fils SOUNDIATA qui n’eut la vie sauvée grâce à son infirmité. Plus t**d SOUNDIATA prit la revanche et devint ainsi le fondateur réel de l’empire. Vainqueur prodigieux, il est proclamé roi des rois Mansa.

B- APOGEE
C’est SOUNDIATA KEITA qui en battant son puissant rival SOUMANGOUROU en 1235, inaugura l’ère de puissance du nouvel empire qui englobera alors une bonne partie des territoires entre le Sahara et la forêt équatoriale, l’océan atlantique et la boucle du Niger soit les actuels Mali, Sénégal, Gambie, Guinée, Guinée Bissau, Mauritanie et une grande partie de la Côte d’Ivoire.
 Organisation de l’empire
 Sur le plan politique :
L’empereur appelé MANSA était respecté pour sa sagesse. Il mit en place une organisation militaire et administrative et établit aussi une charte appelé Charte Mandingue. Celle-ci contenait 7 paroles ressortant le respect de la vie humaine, la liberté et la justice.
1. Toute vie est vie
2. Le tort demande réparation
3. Pratique l’entraide
4. Veille sur la patrie
5. Ruine la servitude et la faim
6. Que cessent les tourments et les guerres
7. Chacun est libre de dire, de faire et de voir.
 Sur le plan social :
Il repartit la population en 30 clans : 16 clans composés de nobles et d’hommes libres, 4 clans composés de griots ou Nasa Nani, 5 clans de Marabouts gardiens de la foi ou Nori Kanando Kulu et 5 clans d’artisans.
- Son économie était basée sur l’agriculture, l’artisanat, l’exploitation des mines d’or et le commerce de l’ivoire vers le bassin méditerranéen.
SOUNDIATA KEITA meurt en 1255 et son règne fut considéré comme une période de paix, liberté et de prospérité. Après sa mort, le Mali qui connait sa plus grande extension du Cap Vert à Agadès, du Sud de la Mauritanie à la forêt, se fait internationalement connaitre sous le règne de KANKOU MOUSSA qui succède en 1322 à son père ABOUBAKAR II. Souverain intelligent et très pieux, il entreprit un pèlerinage à la Mecque entre 1324 et 1325. Les conséquences furent de tous ordres.
 Sur les plans politiques et commerciaux :
Le Mali mena une politique de bon voisinage, s’ouvrit au grand commerce méditerranéen et remboursa les prêts d’or contractés.
 Sur les plans intellectuels et religieux :
L’islam se rénova, se répandit et permit l’installation des arabes et berbères lettrés au Mali. Il fit construire des mosquées- écoles et des bibliothèques dans la plupart des grandes villes comme Tombouctou, Diaka, Oualata, Niani la capitale.

C- DECLIN
Après la mort de MANSA SOULEYMANE, des querelles de succession affaiblirent l’empire ainsi que sa stabilité :
• Vers 1400, les Mossis du YATENGA occupent les provinces de l’Est.
• En 1443, toute la boucle du Niger est perdue au profit du nouvel empire Songhaï. Les Touaregs s’emparent de Tombouctou et de Djenné.
• Après 1450, l’arrivée des portugais sur les côtes d’Afrique Occidentale contribue à désorganiser toute la vie de l’Afrique intérieur.
• En 1465, le Songhaï indépendant depuis le règne de MAGHAN annexe les provinces de la région du Niger et domine les provinces du Nord.
• En 1480, les Mossi attaquent Oualata.
• Le déclin au XVe siècle se fit par l’attaque des Touaregs, caravaniers liés aux Arabes.

II- EMPIRE SONGHAÏ
A- NAISSANCE
L’empire Songhaï nait au XVe siècle avec la chute de l’empire du Ghana. Le Songhaï était un mélange de peuples nommés Sorkos qui étaient des pêcheurs, des nomades qui se mélangèrent aux agriculteurs pour former le Songhaï. C’est de Songhaï que naîtra la dynastie ASKIA. Le royaume Songhaï existait sous le Mali comme un vassal. Il commença à être considéré comme empire lorsqu’il débutera les conquêtes et annexions des petits royaumes au XIVe siècle. C’est sous SONNI ALI BER (1464-1492) autrefois appelé ALI GOLON employé à des opérations militaires pour le compte du Mali qui s’enfuit vers le Songhaï son pays d’origine et s’empara du pouvoir sous le titre de SONNI qui veut dire « Sauveur ».

B- APOGEE
C’est sous le règne de SONNI ALI BER que cet empire va connaître son apogée.
 Sur le plan politique :
Il a constitué une puissante armée constituée de cavaliers avec une flotte. Maître de la magie et fin tacticien, il employait la méthode de rapidité d’attaque. Il utilisa la technique d’embargo pour conquérir la ville de Djenné (7ans). Il avait un tempérament très puissant et était dur de cœur. Il était comparé à César, Néron. Il existait un ministre de l’argent KALISA FARMA, un ministre des eaux. Le type d’administration était indirect.
 La puissance économique :
Elle était basée sur le commerce transsaharien, l’agriculture, l’élevage et la pêche.
 Sur le plan social :
La société était structurée comme les autres sociétés. Mais c’est sous le règne de l’ASKIA MOHAMMED, à partir de 1493 que l’empire Songhaï connut son « âge d’or ».
 Sur le plan politique :
L’ASKIA empereur décidait de tout. L’empire était divisé en provinces, à la tête de laquelle se trouvaient des gouverneurs (Fan, Balama) et des villes importantes (Djenné, Tombouctou).
• L’activité commerciale de type moderne (import-export) : existait dans l’empire Songhaï et était facilitée par l’existence des voies de communications maritimes et terrestres. La monnaie utilisée était l’or, le cuivre, les barres de sel.
• L’organisation judiciaire était linaire et le Coran était le code civil et pénal. Il existait également une justice religieuse rendue par le Cadi (juge religieux) et la justice royale.
La puissance économique du royaume était basée sur le commerce.
- Sur le plan intellectuel :
L’empire comptait de nombreuses universités à l’intérieur des mosquées. Ce qui fit dire à LEVY-BRAHL dans La rédaction de la mentalité primitive que : « A cette époque, la ville était remplie d’étudiants soudanais, gens de l’Ouest pleins d’ardeur pour la science et pour la vertu ».

C- DECLIN
Deux causes vont contribuer à la ruine de cet empire :
 D’abord son immensité et son hétérogénéité. Ces deux éléments sont favorables aux rebellions qui se manifestèrent dès 1516 et s’intensifièrent faisant du Songhaï un Etat faible, vulnérable à tout moment. De même, les luttes internes entre héritiers à la succession affaiblissent l’empire.
 L’autre cause résidait dans la prospérité de l’empire surtout après la conquête des mines de sel de Teghaza, les placers d’or, le contrôle des voies commerciales Nord-Sud, Est-Ouest vont exciter la convoitise des marocains qui annexeront l’empire de 12 Mars 1591 sous le commandement de l’eunuque espagnol DJOUDER instruit à l’utilisation des armes à feu et la complicité d’un réfugié Songhaï en détruisant les forces de l’ASKIA ISHAQ II à Tondibi. L’empire éclata en une douzaine de principautés et dès lors entra en décadence.

CONCLUSION

L’exposé développé sous le thème des « grands empires de l’Afrique Occidentale » nous a permis de faire des recherches non seulement passionnantes ; mais aussi éducatives. Les constats suivants peuvent en être relevés :
1. L’Histoire Réalité Africaine a réalisé des sociétés Africaines qui se sont développées de manière analogue a d’autres peuples (Asie, Europe) sur le plan politique, économique, culturel et religieux mais n’ont également rien à leurs envier. Les grands empires constitués du Ghana, du Mali et du Songhaï sont des preuves irréfutables de civilisation africaines anciennes prouvant que l’Afrique a non seulement connu une période prospère au moyen-âge mais aussi une histoire.
2. Le destin de ces empires caractérisés par une naissance, une apogée, un déclin est identique.
3. Il importe donc plus que jamais à l’heure actuelle et en tant que africain de se replonger dans nos racines, source du patrimoine culturel et renforçateurs de notre identité présente et future.
D’après Léon Halkins : « l’histoire est pour l’humanité ce que la mémoire est pour la personne ; elle répond au besoin universel de connaître ses origines, de comprendre son évolution, d’affirmer la parenté profonde des êtres, au-delà de leurs diversités et à travers leur évolution ».

BIBLIOGRAPHIE :

o L’ère des grands empires, IBRAHIMA BABA KAKE et ELIKIA M’BOKOLO
o L’Afrique noire, Histoire et culture, PIERRE SALMON
o L’Afrique noire précoloniale, CHEIKH ANTA DIOP
o Collection d’Histoire Hatier A.M.M Bow. I. KI-ZERBO. J. DEVISSE africain et malgache Hatier
o Histoire de l’Afrique occidentale, SEKENE-MODY SISSOKO club africain du grand livre.
o Semence et moisson coloniale, Pr. KANGUE EWANE
o www.google.fr
o www.wikipedia.fr

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