22/08/2026
«Moi-même j'ai failli ne pas naître» expliquait le Président du Faso, Ibrahim Traoré rappelant comment sa grand-mère avait eu une maternité très tardive comme conséquence de la violence coloniale.
La révolte du Bani-Volta encore appelé la révolte des Bwaba et (Bani-Kêlê en langue locale) est une grande insurrection anticoloniale déclenchée le 19 Novembre 1915 à Bona. C'est dans ce village que vivait la grand-mère du président Ibrahim TRAORÉ !
Entre novembre 1915 et septembre 1916, une vaste insurrection éclate dans la région du Bani-Volta, située à la frontière entre l'actuel Burkina Faso et le Mali.
Elle constitue l'une des plus importantes révoltes de populations contre la domination coloniale française en Afrique de l’Ouest au début du XXᵉ siècle
L’insurrection mobilise notamment les Dafing, Bwa, Marka, Samo et d’autres populations locales, unies par un même rejet des contraintes et violences inhumaines imposées par l’administration coloniale.
L’administration coloniale française n'ayant pas les moyens de financer son projet colonial décide de faire financer par les populations locales, les charges de l'administration, la construction des infrastructures... La loi d'autofinancement des colonies est actée dans la loi de finance du 13 Avril 1900 en France.
Pour se financer, l'administration coloniale impose des taxes audieuses, des prélèvements en nature et des réquisitions très lourdes pour les populations: le travail forcé (en réalité l'esclavage) impose aux populations de constituer la main-d'oeuvre de construction des ouvrages nécessaires a l'exploitation des colonies. Des routes, des chemins de fer et divers travaux d’infrastructures sont ainsi exécutés par les populations dans des conditions épouvantables. Affamés, maltraités par le fouet et épuisés, des milliers de personnes meurent sur ces chantiers.
Au titre des taxes audieuses, il y a l'impôt de capitation, littéralement un impôt sur le droit de vivre sur son propre sol, imposé pour renflouer les caisses coloniales. Il pèse fortement sur les communautés rurales.
Les réquisitions forcées de combattants pour la défense de la France pendant la Première Guerre mondiale, ont également vidé les communautés de leurs jeunes et hommes les plus valides.
Ces contraintes alimentent progressivement une profonde hostilité légitime envers l'administration coloniale. Le type de révolte légitime que Macron appellerait aujourd'hui «sentiments anti français».
Le 19 Novembre 1915 dans le village de Bona , une femme enceinte est battue et maltraitée dans la corvee du chantier de construction d'une route. Elle en meurt. Un déferlement de colère des populations déclenche l'insurrection du Bani-volta. Trop c'est trop. Les populations avaient trop subi en silence. Désormais ils étaient déterminés à mourir, au besoin, pour leur dignité.
Cet événement devient le point de départ d'un soulèvement qui va rapidement s'étendre à de nombreux villages.
La contestation dépasse alors largement le cadre d'un incident local. Des communautés entières refusent de continuer à se soumettre aux exigences de l'administration coloniale.
Une vaste résistance populaire s'organise et la révolte prend rapidement de l'ampleur. Des villages s’organisent et des chefs locaux prennent la tête de la résistance.
L'objectif était clair : refuser les réquisitions, les impôts, les travaux forcés et l'autorité coloniale.
Les trois premières grandes batailles sont remportées par les populations locales usant d'une rare finesse tactique et stratégique malgré leurs moyens rudimentaires.
Il s'agit de:
La bataille de Bona les 19 et 21 Novembre 1915
La bataille de Bondokuy du 27 Novembre au 5 Décembre 1915
La Bataille de Yankasso le 23 Décembre 1915.
Face à cette résistance, l'administration française décide de lancer une campagne de terreur de grande ampleur. Des colonnes de répression sont envoyées dans les zones insurgées, avec des tirailleurs africains encadrés par des officiers français. Possédant des armes modernes et notamment des mitrailleuses et des canons, ils font des carnages.
De nombreux villages sont détruits et rasés. Dans les villages, les populations (combattantes ou pas) sont massacrées. Les autres sont déplacées ou contraintes de fuir.
Plus d'une centaine de villages sont ainsi détruits au cours de la campagne de terreur en représailles. Le conflit provoque des milliers de morts parmi les populations locales (femmes, enfants, jeunes et vieillards) les historiens évaluent le bilan humain à environ 30.000 morts chez la population locale.
Cette révolte rappelle à la France que les peuples africains sont également des humains d'égale dignité. Qu'elles ont des sentiments, ressentent la douleur et sont sensibles a l'humiliation.
Elle va aboutir à la création de la colonie de Haute-Volta. «Diviser pour mieux régner» cette division devait permettre de mieux contrôler les peuples colonisés.
En septembre 2022, Ibrahim TRAORÉ, petit fils d'une survivante de ce massacre arrive au pouvoir au pays des hommes intègres. Il refuse l'amnésie et la capitulation que d'autres dirigeants ont choisies pour survivre.
Cette fois, c'est l'ensemble des peuples du Sahel et du Burkina Faso en particulier qui refusent l'amnésie collective et le paternalisme: assez ! Ça suffit ! C'est terminé !
Le colon a encore été chassé et le peuple burkinabè s'est mis au travail pour bâtir sa nation, pour bâtir l'avenir.
Pourtant a l'exemple de la révolte du Bani-volta en 1915 et de la révolution du 04 Août 1983, pendant que le peuple Burkinabè lutte pour sa dignité, «le colon» lutte pour l'assujettir.
De 1915 a 2026, la quête de dignité et de liberté du peuple Burkinabè est restée la même. Mais parallèlement, la quête d'assujettir et d'humilier les peuples africains est restée la même chez la France.
Les peuples africains devront se battre pour ériger des nations fortes, puissante afin de se mettre a l'abri de l'assujettissement et de l'humiliation des nations aux visées éternellement coloniales comme la France.
Texte original de , R***e et complété par Deux Heures Pour Nous, Deux Heures Pour Kamita