30/01/2024
1436- Pourquoi la sortie du Mali, Burkina et Niger signe la fin programmée de la Cedeao ?
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Extrait de la leçon d'intelligence stratégique n° 1436 de Jean-Paul Pougala, à lire avec 3 livres en PDF, dans son intégralité que www.pougala.net
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Partie 1/4 : La soumission, la servitude, l' l'asservissement est un acte volontaire de la part de celui qui subit, qui obéit. J. P Pougala
« Les oppresseurs ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. » auteur inconnu.
On ne sait pas vraiment qui est l’auteur de cette citation, elle est pourtant couramment attribuée à La Boétie parce qu’elle a le mérite de résumer son livre intitulé : « Le discours de la servitude volontaire » qui n’était en réalité qu’une simple dissertation rédigée par La Boétie à 18 ans, alors qu’il n’était qu’un étudiant en première année d’université.
En d’autres mots, les opprimés sont partie prenante dans la domination qu’ils subissent : c’est parce qu’ils acceptent la domination d’un oppresseur que ce dernier la met en place de manière à la rendre perpétuelle.
Les colonisateurs et leurs vassaux ne sont puissants que parce que nous avons cessé de combattre.
Les esclavagistes européens et leurs chasseurs de prime africains n'ont prospéré pendant 4 longs siècles sur le continent africain que parce que nos ancêtres les ont laissé faire.
La Cedeao dont le budget est financé par l’Union Européenne et qui a son ambassade à Bruxelles entièrement financé par l’Union Européenne, n’existe que comme instrument de domination et surtout, de perpétuation de l’esclavage européen sur une partie du peuple africain.
La Boetie nous dit que c’est une erreur de penser qu’un peuple est soumis parce qu’il est bête ou qu’il n’a pas les gens éclairés. Ce n’est pas le cas.
Il écrit : « le désir de liberté peut parfaitement s’accompagner d’une volonté de servitude. »
Il explique dans sa dissertation qu’un peuple peut naturellement désirer l’indépendance, la liberté, mais en même temps, par habitude ou par tradition, être heureux d’être sous un maître, être content de jouer les seconds couteaux d’un oppresseur, se croire dans le bonheur tout en restant soumis.
Dans ce cas, on dit qu’il est indépendant, on dit qu’il a même une monnaie, un président qui se respecte, mais il reste un peuple à genoux, servile.
La chance, dit la Boetie est le fait que la légitimité de tout pouvoir de mise en servilité de l’autre n’est pas acquise, puisqu’aucune domination ne peut se prévaloir d’une base naturelle.
Pour qu’une domination soit effective, il faut forcément quelqu’un qui accepte de servir, de se laisser humilier, de se laisser spolier sans rechigner. Pour que l’oppresseur soit debout, il faut forcément que l’opprimé accepte de se mettre à genoux.
Et très souvent, il est heureux de courir très vite se mettre à genoux parce qu’il a été éduqué en considérant cette place peu enviable comme son meilleur trophée.
Il y a selon la Boetie, trois façon d’amener quelqu’un a être heureux à renoncer à sa liberté pour se sentir exaucé, béat, chanceux de servir son bourreau :
1) L’habitude : Quand on est né esclavage, on ne peut pas s’organiser pour se libérer pour retrouver quelque chose qu’on n’a jamais connu, la liberté. Quand on est né dans un état de servitude, il est impossible de regretter quelque chose que l’on ne connait pas, et qu’on n’a pas connu, le libre arbitre, l’affranchissement.
2) La ruse des oppresseurs pour abrutir leurs victimes : selon la Boétie, « il est dans l’intérêt d’un oppresseur de maintenir ses proies dans l’ignorance de tout ce qui pourrait les attirer vers la liberté ».
Dans notre cas, il suffit de voir avec quelle virulence, les radios et télévisions françaises et britanniques telles BBC, RFI et France24 dont les écoutes sont destinées au africains, parler de la Chine et de la Russie pour se convaincre de ce deuxième point des préceptes sur le mécanisme de fonctionnement de la servitude, tels que décrits par la Boetie.
3) La chaîne de soumission : au début, un oppresseur n’est soutenu que par quelques hommes. C’est à ces derniers de se mettre au travail eux-mêmes pour être soutenus à leur tour par une centaine d’autres hommes, et ainsi de suite, jusqu’à ce que la totalité d’un territoire, d’un peuple, d’un continent soit soumise à une même autorité, à un oppresseur.
C’est ce troisième et dernier point qui nous intéresse dans notre analyse d’aujourd’hui.
Dans notre cas, la Cedeao, est l’instrument de cette chaine de soumission tel que décrit par la Boétie. Il a suffi que les Européens choisissent quelques africains dociles à placer au pouvoir en Afrique.
Ensuite, entre eux, il leur a suffi de créer la Cedeao, financée par le maître et comme nous verrons plus loin, il a suffi de la signature de la Cedeao, pour soumettre 15 pays d’Afrique de l’Ouest aux Accords de Partenariat Economique (APE), très désavantageux pour les africains.
Et tout cela va durer jusqu’au jour où des électrons libres que le système n’avait pas prévus, des gens audacieux, impétueux, téméraires, résolu vont décider de rompre la fameuse « chaîne de soumission » de la Béotie.
En rompant la chaine de soumission, c’est toute la fragilité, la vulnérabilité, la vanité et l’inconsistance de l’oppresseur avec ses valets qui sera mise en évidence.
Mais on assiste à un élément que la Boetie n’avait pas prévu, la formation des blocs dans la chaine de soumission. Que faire lorsque les dominants, font blocs et s’assurent à diviser les victimes en entités séparées et donc plus fragiles ?
Question : Pourquoi aucun africain ne trouve anormal que l’Union Européenne traite non pas avec son équivalente africaine, l’Union Africaine, mais individuellement avec chacun des pays africains ou à la rigueur avec des organisations sous-régionales, comme la Cedeao auxquelles elle a donné une légitimité à nulle autre pareille ?
Réponse : parce que les loups ne chassent qu’en meute !
Dans le livre : "Domination et colonisation", Flammarion Paris 1910, de Jules Harmand (1845-1921),
Sous-titre : "J'ai donné aux Athéniens non les lois les meilleures, mais les meilleures qu'ils pouvaient supporter" (Solon).
A la page 68, Jules Harmand écrit sur la force des Européens d’aller vers les autres unis, ceci :
"Dans toutes les circonstances normales, la tendance à une réaction commune contre le milieu « indigène » est frappante. Toutes les nationalités européennes et américaines, malgré leurs antipathies superficielles, leurs rivalités nationales, malgré les divisions particulières d'intérêts de chaque « colonie », forment bloc contre le milieu social qui les entoure.
L'unité foncière de l'Europe éclate à leurs yeux avec une évidence irrésistible. Partout, en ces pays, et non seulement dans ceux qui sont indépendants, mais dans ceux qui nous appartiennent, l'habitude s'est instinctivement établie de diviser la population en deux catégories seulement les « Européens » de toute nationalité, et les autres. Dans l'Inde, en Chine, au Japon, en Afrique, on ne dit pas dans le langage courant « les Anglais ou les Français, les Américains », mais « les Européens »"
LA RUPTURE
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Jean-Paul Pougala
Mardi le 30 janvier 2024